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Si l'art était conté... - Page 23

  • Maximilien Luce (1858-1941) à Giverny

     

     

     Un pointilliste méconnu

     

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     Delannoy – Maximilien Luce, Les hommes du jour n°60, 1909

     

           Je pousse les portes de ce charmant musée normand de Giverny proche de la maison rose de Claude Monet située à une centaine de mètres.

          Je me suis violenté pour ne pas arriver, comme trop souvent, le dernier jour de cette exposition…

          Il s’agit de la première rétrospective consacrée au peintre néo-impressionniste Maximilien Luce. 70 œuvres, dessins et peintures sont exposées jusqu’au 31 octobre au Musée des impressionnismes de Giverny.

          J’aime ces peintres du petit point et de la division des couleurs…

     

     

           Au moment où les impressionnistes commençaient seulement à être appréciés, Georges Seurat allait devenir le chef de file d’une nouvelle école néo-impressionnistes en présentant, en 1886, lors de la huitième et dernière exposition commune du groupe des impressionnistes, un tableau intitulé Un Dimanche à la Grande Jatte qui était son manifeste.

          Le système divisionnisteSeurat - grande jatte 1886.jpg des tons de Seurat était rigoureusement scientifique. La technique paraissait simple : couvrir le tableau de petits points juxtaposés de couleurs pures soucieuses les unes des autres selon le principe des complémentaires. Ainsi, les couleurs ne se mêlaient plus sur la toile, mais dans l’œil du spectateur. La toile vibrait sous le regard. Certains critiques de l’époque utilisaient des expressions imagées en parlant de « confettisme », de « semis de menues touches colorantes » ou de « tourbillonnantes cohues de menues macules ».

    Georges Seurat – Un dimanche à la Grande Jatte, 1886, Art Institute, Chicago

     

              La luminosité du mélange optique obtenu allait ainsi rallier à cette théorie de grands peintres comme Paul Signac et Camille Pissarro. Plusieurs autres, moins connus, allaient suivre : Cross, Angrand, le belge Van Rysselberghe et, un certain… Maximilien Luce.

          Je ne connaissais guère ce Maximilien Luce dont j’avais aperçu trop rapidement quelques toiles au musée d’Orsay. C’est pourquoi j’ai pris soin, avant de venir, de faire sa connaissance en me procurant le catalogue de l’expo.

          Je vous invite à me suivre.

      

    Des portraits

               

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    M. Luce – La toilette, 1887, Association des amis du Petit Palais, Genève

         

          Pour sa première exposition au Salon des Artistes Indépendants de 1887, Luce fait la connaissance de Paul Signac qui lui achète La toilette représentant un homme torse nu se lavant dans une bassine. Cette toile fut qualifiée de « rude morceau de peinture ». Un critique lança : « monsieur Luce peint des prolétaires ». Une grande amitié allait ainsi naître entre Signac et Luce.

    Luce - portrait de paul signac 1890 particulier.jpg 

     

         Luce a souvent peint ses amis. J’apprécie le superbe portrait qu’il fait de Paul Signac, représenté de profil à contre-jour penché sur sa toile.

     

     

     

      

     

     M. Luce – Portrait de Paul Signac, 1890, Collection particulière 

     

           Je reconnais le seul portrait de femme du catalogue de l’expo. Luce - femme se peignant 1901 - mantes la jolie.jpg

          Luce vit depuis plusieurs années avec Ambroisine Bouin lorsqu’il peint en 1901 la sœur de celle-ci, Eugénie Bouin, âgée de 24 ans. Le peintre s’est inspiré de Jo, la belle irlandaise de Courbet qu’il a vue chez Durand-Ruel. Eugénie peigne ses longs cheveux bruns. Le corsage très décolleté, la jupe en tissu épais et son visage poupin lui donnent un physique sensuel bien différent de celui de sa sœur, la fine et élégante Ambroisine dont j’ai vu une photo. Malheureusement, Eugénie, malade, mourra l’année suivante.

     

      

    M. Luce – Madame Bouin à sa toilette, 1901, Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie

     

     Des paysages somptueux

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     M. Luce – Vue de Montmartre, 1897, Kröller-Müller Museum, Otterlo

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                                                   M. Luce – Le Port de Saint-Tropez, 1893, Collection particulière

     

          Je suis frappé par la puissance coloriste du peintre. La qualité de son pinceau illumine une vue montmartroise et des quais de Saint-Tropez éclaboussés de soleil, grouillant de monde.

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          M. Luce – Le Louvre et le pont du Carrousel, effet de nuit, 1890, Collection M. et Mme Walter F. Brown

     

    Je circule un long moment devant toute une série de « nocturnes » aux tonalités mauves et vertes. Un coup de foudre… Les crépuscules marins contrastés et les effets d’éclairage urbain sont somptueux.

     

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     M. Luce – Bord de mer Pointe du Toulinguet, 1893, Amis du Petit Palais, Genève

                                                         

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                                                M. Luce – Quai à Camaret, Finistère, 1894, Springfield, Massachusetts

     

          Je contemple un long moment ces chefs-d’œuvre. Une question me taraudait l’esprit : comment avait-on pu oublier un artiste aussi talentueux ?... Peut-être ces convictions politiques anarchistes ?

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                            M. Luce – Le Louvre et le Pont Neuf, la nuit, éventail, 1892, musée d’Orsay, Paris

      

     

     Un dessinateur de talent

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                   Luce - louise michel 1905 - musée de saint-denis.jpg         M. Luce – La Famille Pissarro, 1890, musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-jolie

     

          Des nombreux dessins et lithographies sont exposés. Je remarque, crayonné sur une même feuille, toute la famille du peintre Pissarro, ami de Luce, et un portrait expressif  de Louise Michel, héroïne de la Commune, à son retour de déportation en Nouvelle Calédonie.

     

     

       M. Luce – Louise Michel à son retour de Nouméa, 1905, d’après une photo, musée d’Art et d’Histoire, Saint-Denis

     

     Un univers industriel

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          Maximilien Luce s’intéresse au monde du travail. En 1895, il découvre le Pays noir du Borinage à Charleroi où la production du charbon et de l’acier se fait dans la vallée de la Sambre. De grandes toiles montrent la fascination du peintre pour ce spectacle de hauts fourneaux impressionnant de beauté.

           « Partout des feux de Bengale multicolores, des étincelles. Les ouvriers ne sont plus rien, je vois le règne du feu ! Jamais je le crois je n’ai eu une pareille joie de couleur ! dit Signac en rejoignant Luce à Charleroi en 1897. » 

     

     

    M. Luce – L’aciérie, 1895, Amis du Petit Palais, Genève

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    M. Luce – La Fonderie, 1899, Kröller-Müller Museum, Otterlo

     

    La peinture d’histoire

     

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                                                    M. Luce – Les Batteurs de pieux, 1903, musée d’Orsay, Paris

     

             L’humanisme de Luce perce dans ses tableaux d’histoire. Il aime montrer des hommes et femmes du peuple, de simples travailleurs ou des syndicalistes.

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    M. Luce – La Gare de l’Est sous la neige, 1917, musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie

     

          Il témoigne de la réalité sombre de la guerre de 1914-1918 en peignant des scènes de « l’arrière » montrant la Gare de l’Est et les soldats permissionnaires blessés, fatigués, affalés sur le sol. Résignés, ceux-ci sont indifférents à l’éclatante lumière du nouveau Paris d’Haussmann que l’on voit derrière eux, au loin.

                                    

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        M. Luce – La gare de l’Est, 1917, Musée de l’Armée, Paris

     

          Je remarque dans ces tableaux, comme dans certaines toiles du borinage précédentes, que les pointillés ont disparus. Le style est plus classique…

      

     Un peintre et illustrateur engagé

     

           La politique…

           Une large partie de l’œuvre de Luce est inspirée par ses convictions politiques. Avec son crayon et ses pinceaux, tant dans les journaux, affiches, textes illustrés de chansons et programmes de théâtre, il accorde une grande place aux thèmes sociaux.

              A l’âge de 13 ans, Luce découvre les horreurs et l’écrasement sanglant de la Commune de Paris en 1871 qui le marque profondément et qu’il n’oubliera pas. Il devient un anarchiste convaincu et militant actif. Du fait de ses amitiés et de sa participation au « Père Peinard » il fera un mois de prison après l’attentat qui coûtera la vie au président Sadi Carnot en 1894. Il est finalement relâché.

           Vers le 30ème anniversaire des massacres de la Commune, il peint une toile d’une grande puissance évocatrice. « Nulle allégorie, nulle généralisation ne saurait être pour nous aussi pathétique que cette vision des morts » dira l’anarchiste Jean Denauroy.

          Cette grande toile clôture l’exposition. Je m’installe à côté d’écoliers méditatifs.

     

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      Maximilien Luce – Une rue de Paris en mai 1871, La Commune, 1905, musée d’Orsay, Paris

     

          Des communards gisent sur les pavés près d’une barricade renversée lors des combats. Les agresseurs « Versaillais » ont quitté les lieux. Des fédérés, jeunes ouvriers, et une femme aux longs cheveux bruns sont criblés de balles au premier plan. J’ai le sentiment que la jeune femme ressemble à Eugénie, la sœur de la compagne de Luce, qu’il avait peinte en train de se coiffer ?

           C’est une scène étrange. La rue est déserte, silencieuse. Curieusement, cette toile n’est pas sombre... Les couleurs sont chaudes, lumineuses sur les façades des maisons. Tout en haut, sur la gauche, un petit coin de ciel bleu apporte une note d’espoir inepte au-dessus des cadavres. Un minuscule chat perché sur un toit semble contempler le spectacle, indifférent...

      

     

           L’exposition est terminée.

            J’étais enchanté de mon après-midi. Curieux, j’étais venu voir la rétrospective d’un peintre mal connu, et j’avais découvert un grand artiste. Pas un simple suiveur, mais un des tout meilleurs du mouvement néo-impressionniste. A mes yeux, il méritait d’être comparé à Paul Signac qui l’avait initié à cette technique et avec lequel il allait souvent peindre les bords de Seine.

           Je venais de rencontrer un homme libre, dans ses idées politiques comme dans sa peinture. Plusieurs des toiles que j’avais vues montraient que Luce avait su, comme l’avait fait un Van Gogh, prendre ses distances avec des règles pointillistes parfois trop contraignantes et les adapter à son tempérament.

           J’aspire une grande bouffée d’air en sortant du musée.

            Le ciel normand délavé s’ennuageait. Curieusement, mes yeux distinguaient des petites paillettes colorées dansant dans le bleu du ciel.

       

                                                                                                        Alain

      

     

  • Un joyeux luron en Hollande - STEEN Jan, 1626 - 1679

     

     

          Il y a bien longtemps que je souhaitais parler de Jan Steen, ce peintre inclassable ayant vécu la grande période picturale du 17e siècle hollandais. Le fameux siècle d’or…

          Jan Steen est certainement, au milieu de tous les peintres surdoués qui marquèrent cette période de l’histoire de l’art, celui qui m’intrigue le plus.

          Il est un maître de premier ordre et a laissé une œuvre quantitativement importante. Il pouvait tout peindre : tableaux historiques, paysages, portraits, natures mortes, mais l’essentiel de sa production appartient à la peinture de genre. Dans ce style de peinture, il pouvait égaler les plus grands : De Hooch, Van Mieris, Ter Borch, Metsu, Dou, Maes... et parfois Vermeer.

          Ce qui le distingue réellement de ses collègues peintres hollandais est la complexité de certaines de ses compositions. C’était un marginal, car la préférence à cette époque allait habituellement aux intérieurs raffinés et élégants avec peu de figures.

          Dans ses compositions, il nous montre de multiples personnages de milieu populaire présentés dans une ambiance de joyeux désordre. Les faiblesses humaines sont son domaine : personnages peu recommandables, ivrognes, prostituées, truands. Son voyeurisme nous fait entrer dans des auberges, fêtes de famille ou lieux de débauche.

          Les parents de ce joyeux luron tenaient une auberge depuis plusieurs générations et lui-même gérera une brasserie à Delft ainsi que, sur la fin de sa vie, une taverne à Leyde. Ces lieux durent lui inspirer toutes ces scènes de beuveries, rixes et paillardises qu’il peindra et qui sont du plus grand comique dans ce siècle puritain. Par ailleurs, il possédait un sens étonnant de la mise en scène théâtrale, du détail soigneusement observé et une belle richesse dans l’utilisation des couleurs.

          Je prends un grand plaisir à montrer quelques-unes de ses œuvres que j’ai pu observer au Louvre ou dans des musées hollandais.

      

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    Jan Steen - La famille de l'artiste, 1665, Mauritshuis, La Haye
     

          La famille de l’artiste me réjouit dès le premier regard.

          De nombreux personnages joyeux semblent fêter la naissance d’un enfant qui dort dans les bras de sa nurse. Ce farceur de Steen se représente lui-même avec un sourire taquin en train d’apprendre à fumer à son fils qui aspire goulûment une longue pipe. Près de la fenêtre, une femme écarlate, probablement la femme de Steen, les pieds reposant sur une chaufferette, scrute l’écoulement du vin qu’un homme lui verse dans un grand verre qu’elle tend complaisamment. Quand à la grand-mère, au centre, elle paraît totalement éméchée. Elle chante en lisant un papier. A l’extrémité droite du tableau, un jeune garçon joue d’un instrument à vent qui s’apparente à nos binious bretons. Placide, un perroquet contemple la scène.

           

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    Jan Steen - La vie de l'homme, 1666, Mauritshuis, La Haye

     

           La vie de l’homme, montre un décor d’auberge. Des convives boivent et se régalent d’huîtres qu’une jeune servante, accroupie sur le sol au premier plan, prépare sur des plateaux. Assis sur le carrelage, un garçonnet espiègle fait danser un chaton qui ne semble guère apprécier le jeu.

           Par hasard, mon regard se dirige vers le premier étage de l’auberge. J’ai la surprise de distinguer dans l’ombre, allongé sur le plancher près des grandes fenêtres, un gamin, indifférent au spectacle convivial du rez-de-chaussée, tranquillement occupé à faire… des bulles.

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                                       Jan Steen - Fête dans une auberge, 1674, Musée du Louvre, Paris

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                                             Jan Steen - Dans la taverne, 1660, Rijksmuseum, Amsterdam

     

          Jan Steen a vu beaucoup de ces scènes d’auberge dans son existence. Il les retranscrit avec un réalisme jouissif dans ces deux autres toiles : Fête dans une auberge et Dans la taverne.

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                            Jan Steen - L'arrracheur de dents, 1651, Mauritshuis, La Haye

     

           L’arracheur de dents est armé d’une tenaille et tente d’extirper la dent d’un jeune homme assis sur une chaise, la bouche déformée dans un rictus de souffrance, les jambes trépignant violemment sur le sol. Sa pauvre mère, en prière devant lui, tente d’atténuer sa douleur. Sans pitié, des enfants  s’amusent beaucoup.

          Quelle horreur ! Moi qui n’aime pas les dentistes…

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    Jan steen - La femme ivre, 1673, Mauritshuis, La Haye
     

          Ce peintre ne reculait devant aucun genre de motif ! Cette fois, c’est vraiment dégoûtant ! Dans La femme ivre, une paysanne chancelante, le buste penché, sa robe largement entrouverte laissant échapper une poitrine opulente, est soutenue par une femme derrière elle dans le même état d’ébriété avancé. Autour d’elles, tous les villageois s’esclaffent et rient à gorge déployée. L’un d’entre eux joue du violon en se moquant ouvertement de la femme malade. Au fond, un cochon semble se délecter de la vomissure d’un homme écroulé sur le sol ivre mort…

     

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    Jan Steen - La mauvaise compagnie, 1665, Musée du Louvre, Paris
     

          Le lieu de La mauvaise compagnie semble être un endroit peu recommandable. Un joyeux désordre règne dans la pièce : des coquilles d’huîtres jonchent le sol avec des cartes à jouer, un verre brisé et le chapeau du garçon passablement éméché endormi sur les genoux d’une courtisane tenant un verre à la main.

          Pendant son sommeil, le jeune homme se fait tranquillement détrousser, par une femme placée derrière lui, de certains de ses accessoires, dont sa montre, que celle-ci remet à une vieille entremetteuse toute réjouie. Au fond, deux larrons, ricanent devant le spectacle.

     

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    Jan Steen - Enfants apprenant à danser à un chat, 1666, Riksmuseum, Amsterdam
     

          Les Enfants apprenant à danser à un chat semblent beaucoup s’amuser de ce jeu que l’on retrouve dans d’autres toiles du peintre. Il paraîtrait d’ailleurs qu’il s’agirait d’une race de chien néerlandaise ? En attendant, l’animal ne me paraît guère apprécier de devoir sauter sur ses pattes arrière.

     

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    Jan Steen - La joyeuse famille, 1668, Rijksmuseum, Amsterdam
     

          Cette Joyeuse famille profite largement des plaisirs de la table et du vin. Les enfants paraissent aussi éméchés que les parents. Serait-ce une scène moraliste dénonçant le mauvais exemple de l’ivresse suivi par les enfants ?

     

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    Jan Steen - Repas de famille, Musée du Louvre, Paris
     

          Un autre Repas de famille ou le vin coule à flot.

     

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    Jan Steen - L'offre galante, 1665, Musée royale des Baux-Arts, Bruxelles
     

          Malgré la piètre qualité de l’image, Je ne résiste pas à montrer L’offre galante qui présente le peintre en conteur facétieux. Un jeune homme bondit dans la pièce en grimaçant. Il porte un chapeau à plume de coq, symbole du fou, personnage populaire. Il offre à une femme un hareng et tient deux oignons dans l’autre main. Steen dénoncerait la vanité des plaisirs de l’ivresse et des jeux de l’amour.

          Du plus haut comique !

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                    Jan Steen - Femme à sa toilette, 1659, Riksmuseum, Amsterdam

     

          Je termine par cette adorable toile Femme à sa toilette que j’ai vue l’année dernière dans l’expo parisienne « L’âge d’or hollandais ».

          Ce n’est pas une scène de fête mais, dans la peinture de cette femme assise sur son lit, l’humour du peintre reste perceptible. La jeune femme, probablement une courtisane, fait sa toilette dans une attitude un brin érotique. Son visage souriant semble indiquer qu’elle est satisfaite d’elle-même et de son pouvoir de séduction.

          Cela ne semble pas émouvoir le petit chien qui a pris la place dans le lit…

          J’apprécie cette très belle petite toile d’une grande finesse.

     

     

           On est loin de la merveilleuse pureté et de l’intériorité des œuvres de Vermeer…

           Pourtant l'humour constant de ce peintre me plait. Son regard est incisif, humoristique, coquin, mais pas vulgaire. Son regard ne condamne pas. Il montre le plaisir que les personnages prennent à manger, boire, s’amuser. Il regarde et peint une manière d’être et de vivre.

          Cette peinture hollandaise ne nie pas les vices et les vertus mais les transcende dans une joie communicative que procure les plaisirs de la vie.

          Thoré Bürger, le découvreur de Vermeer, disait à ses lecteurs : « Les intentions burlesques de Jan Steen ont toujours une signification morale. » Peut-être avait-il raison ?

     

                                                                               Alain

        

  • La puce

     

     

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    Georges de la Tour – La femme à la puce, Musée historique lorrain, Nancy

     

       

     

    Poème

     

      Une jeune puce insouciante

     Escaladait nonchalante

     La manche tricotée

     D’un vieil homme attablé.

      

    Celui-ci, brusquement, leva son verre

     Dans une attitude familière,

     Bousculant la bestiole volage

     Qui plongea dans l’épais lainage.

      

    Le calme revenu aux alentours

     Et profitant d’un contre-jour,

     La puce se remit à sauter

     Sous l’œil surpris du bonhomme amusé.

      

    Etonné par son allure peu farouche

     Il l’examinait d’un œil louche,

     Evitant de trop bouger

     Ne voulant pas la déranger.

     

    L'animal s’aventura jusqu’à la main

     Qu’il escalada d’un bond opportun,

     Atterrissant sur le pouce

     Qui frémit sans aucune secousse.

      

    Le vieillard solitaire, en manque de tendresse,

     De la puce appréciait la joliesse,

     Admirait sa grâce coquine

     Et son allure mutine.

      

    Il s’apitoyait devant sa petitesse,

     Son apparente faiblesse,

     Pouvait-elle devenir son amie

     Pensait-il attendri ?

      

    La puce sautillait sur la peau accueillante,

     Souple et attirante.

     L’homme séduit, ravi,

     Etait heureux, déjà conquis.

        

    La puce prenait ses aises,

     Un petit doigt lui servit de trapèze,

     Elle s’élança vers l’annulaire

     D’une savante pirouette dans les airs.

     

    Le bonhomme voulu dans un élan de tendresse

     Lui donner une simple caresse.

     Il approcha doucement l’autre main

     Dans un geste incertain.

     

    Du vieillard, le discret mouvement furtif

     effraya l’insecte craintif.

      La puce hésita à piquer

     Et d’un saut s’enfuit apeurée.

      

    Accablé par sa maladresse,

     Le vieil homme, en grande détresse,

     contempla sa main désertée

     Par son amie soudainement envolée.

     

    Effondré, il saisit la bouteille familière,

     Sans hésiter approcha son verre,

     L’emplit du liquide carmin

     Et dans l’alcool noya son chagrin.

     

     

                                                                                               Alain

     

      

  • Un brin de bonheur

     

     

          muguet.jpgIl est enfin arrivé ! Je veux parler du muguet annonciateur de douceur et d'escapade aérée.

          Je suis heureux de vous offrir quelques clochettes du jardin. Ce n'est que du muguet virtuel mais je pense que ces petits brins graciles vous feront plaisir.

          Un bon mois est passé depuis que j'ai quitté, à regret, Vincent Van Gogh le long d'un champ de blé. Il me manque... Ces deux mois passés en sa compagnie à Auvers-sur-Oise m'ont mangé pas mal d'énergie visuelle et cela m'incite à souffler un peu.

          Ce problème de santé oculaire va me contraindre durant ce l'on appelle « la belle saison » à me faire plus rare sur le blog.

          Néanmoins, pas d'inquiétude, mon cerveau fonctionne parfaitement et j'ai des idées. Mon grand ami Johannes Vermeer, et aussi beaucoup d'autres peintres, taquinent mes pensées. J'attendrai donc de pouvoir les côtoyer à nouveau dans une condition physique optimale.

          Je ne vous oublie pas et je continuerai à fréquenter assidûment vos blogs.

          A bientôt

     

     

                                                                               Alain

     

  • A Jean, le poète

     

     
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    JEAN FERRAT

     

     

          La mort d'un poète est toujours une perte pour l'humanité.

          Nous n'entendions plus assez cette voix chaude, ce timbre clair, cette musique lumineuse et ces textes tendres, provocateurs parfois. Jean Ferrat était un homme discret, pudique, engagé, retiré dans l'Ardèche depuis quarante ans, loin des paillettes du monde médiatique.

          J'ai ressenti le besoin de réécouter des anciennes cassettes que je possédais. Je partage avec vous quelques bouts de refrains et phrases dont je dépose les mots en vrac :

     

    Pour les enfants des temps nouveaux

    Restera-t-il un chant d'oiseau

     

    Ils s'appelaient Jean-Pierre Natacha ou Samuel

    Certains priaient Jésus Jéhovah ou Vichnou

    D'autres ne priaient pas mais qu'importe le ciel

    Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

     

    Je twisterais les mots s'il fallait les twister

    Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

     

    Et c'était comme si tout recommençait 

    La vie l'espérance et la liberté

    Avec le merveilleux le miraculeux voyage

    De l'amour

     

    Ma môme elle joue pas les starlettes

    Elle met pas des lunettes de soleil

    Elle pose pas pour des magazines

    Elle travaille en usine

    A Créteil

     

    Pourtant que la montagne est belle

    Comment peut-on s'imaginer

    En voyant un vol d'hirondelle

    Que l'automne vient d'arriver

     

    Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

    Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant

    Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

    Que serais-je sans toi que ce balbutiement

           

    Au grand soleil d'été

    Qui court de la Provence

    Des genets de Bretagne

    Aux bruyères d'Ardèche

    Quelque chose dans l'air a cette transparence

    Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche

    Ma France

     

     M'en voudrez-vous beaucoup

    Si je vous dis un monde

    Où celui qui a faim va être fusillé

    Le crime se prépare et la mer est profonde

    Que face aux révoltés montent les fusillés

    C'est mon frère qu'on assassine

    Potemkine

     

    Enfin enfin je te retrouve

    Toi qui n'avais jamais été

    Qu'absente comme jeune louve

    Ou l'eau dormant au fond des douves

    S'échappant au soleil d'été

    Tu peux m'ouvrir cent fois les bras

    C'est toujours la première fois

     

    Faut-il pleurer faut-il en rire

    Fait-elle envie ou bien pitié

    Je n'ai pas le cœur à le dire

    On ne voit pas le temps passer

     

    Aimer à perdre la raison

    Aimer à n'en savoir que dire

    A n'avoir que toi d'horizon

    Et ne connaître de saison

    Que par la douleur du partir

    Aimer à perdre la raison

     

    Tu aurais pu vivre encore un peu

    Mon fidèle ami mon copain mon frère

    Au lieu de partir seul en croisière

    Et de nous laisser aux chiens galeux

    Tu aurais pu vivre encore un peu

     

     

    Au revoir Jean, nous ne t'oublierons pas

     

     

  • L'âge d'or hollandais - De Rembrandt à Vermeer

     

    Mes "coups de coeur"

     

     

          Je reviens une dernière fois sur l'exposition qui se tient actuellement jusqu'au 7 février prochain à la Pinacothèque de Paris. Le Rijksmuseum d'Amsterdam qui s'est séparé de quelques-unes des œuvres qui font sa richesse, les a confiées à la France pour quelques mois. Les reverrons-nous un jour ?

          J'ai consacré mon dernier article exclusivement à Vermeer et sa Lettre d'amour. Je me devais de montrer quelques-unes des autres toiles présentes dans l'exposition.

          Aujourd'hui, je décris mes « coups de cœur » rencontrés tout au long du parcours de visite menant à la petite toile de Vermeer qui clôture l'exposition. Mon choix est évidemment subjectif compte tenu de l'exceptionnelle qualité des toiles présentées.

          Au départ, j'avais prévu de me limiter à 8 tableaux seulement et, finalement, je n'ai pu me résigner à en supprimer certaines. J'ai donc choisi 12 tableaux qui viennent tous du Rijksmuseum. Ceux-ci m'ont paru les plus représentatifs de l'extrême diversité des talents qui oeuvraient dans le bouillonnement artistique de ce siècle d'or.

     

          Un état de grâce submerge la peinture au cours de ce 17ème siècle hollandais...

          Pour la première fois, au Pays-Bas, ce n'est plus l'histoire sainte, la mythologie grecque ou l'histoire qui deviennent le thème central du tableau, mais la vie quotidienne des gens.

          Un art libre s'installe. Le peuple néerlandais est prospère et la demeure familiale s'impose comme le modèle idéal pour le pays. Les principaux acheteurs deviennent des bourgeois aisés. Les peintres se spécialisent en fonction de la demande et de leurs goûts propres : portraits, paysages, natures mortes, églises et scènes de genre. Ces dernières, de dimensions réduites, s'accrochent plus facilement dans les salons. L'art est présent partout, même dans les demeures les plus humbles.

          Quelques uns des plus grands peintres de l'histoire mondiale de la peinture s'épanouissent dans cet âge d'or : Rembrandt, Vermeer et Hals rayonnent, accompagnés par un bouquet de peintres exceptionnels aux talents variés.

     

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    Rembrandt Harmensz van Rijn – Le reniement de Saint-Pierre, 1660

     

          A tout seigneur, tout honneur !

          Rembrandt est considéré comme un des plus grands peintres de tous les temps. Il est le génie universellement admiré.

          Dans ma sélection, il est le seul peintre pour lequel j'ai choisi de présenter deux œuvres. La deuxième œuvre clôturera ma sélection. Je montre Le reniement de Saint-Pierre en premier.

          Je suis resté longtemps planté devant ce tableau qui est, à mes yeux, avec La lettre d'amour de Vermeer, l'œuvre majeure de l'exposition.

          Toute la virtuosité du peintre est concentrée dans cette grande toile montrant une scène biblique. « On ne peut voir un Rembrandt sans croire en Dieu, disait Van Gogh ».

          Quel morceau de peinture ! Une obscurité aux tonalités brunes est percée d'une lumière irréelle qui jaillit en son centre. Cette clarté provient d'une bougie dont la lueur traverse la main d'une servante et éclabousse l'habit et le visage de Saint-Pierre. Sur la droite, dans la pénombre, le Christ se tourne vers le saint dans un ultime reproche.

          La manière exceptionnelle de Rembrandt nous saisit : ambiance crépusculaire, empâtements, transparences lumineuses, couleurs monochromes. Quelque chose de surnaturel...

     

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          Pas facile d'être une femme peintre à cette époque !

          Fille de botaniste et femme de peintre, elle acquiert une technique éblouissante dans la peinture des fleurs. La finesse dans le rendu des détails est d'une précision étonnante.

     

     

     

     

     

     

     

     Rachel Ruysch – Nature morte de fleurs sur une table de marbre, 1716

     

       

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    Hendrick ter Brugghen – Adoration des rois mages, 1619 

     

          Le peintre voyage en Italie et revient ébloui par Le Caravage dont il reproduit la lumière artificielle et les contrastes dramatiques.

          Les grandes toiles religieuses ne sont pas très courantes à cette époque. J'ai été frappé par l'étrange enfant Jésus au visage de vieillard trempant ses mains dans la coupe qui lui est tendue. Les personnages sont superbement modelés. La finesse et l'harmonie des couleurs éclatent.

     

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    Nicolaes Berchem – Troupeau de bétail traversant le gué, 1656 

     

          Parmi plusieurs paysages, mon choix a porté sur celui-ci. Ce peintre, ami du plus connu des paysagistes hollandais Jacob van Ruysdael, bénéficia d'un important succès de son vivant. Il peignait des paysages remplis de personnages et d'animaux d'une grande maîtrise technique.

          J'aime le coucher de soleil éclairant la scène d'une couleur automnale.

      

    portraithomme.jpg         Un style peu conventionnel. Ce peintre est incontestablement le plus talentueux avec Rembrandt dans l'art du portrait. Rembrandt aurait bien pu s'inspirer de cette liberté de touches sans rivale à Haarlem où il résidait. Il avait le talent de fixer à grands traits, rapidement, par des coups de pinceaux forts et vivaces, l'impression fugitive donnée par ses modèles. Déjà l'impressionnisme ?

           Je n'ai pas oublié La bohémienne au regard coquin du Louvre ! Les contemporains de Hals appelaient « l'écriture du maître » cette technique audacieuse et vivante.

           Dans ce portrait, d'une touche relachée et souple il saisit le caractère aristocratique et l'élégance de l'homme. La virtuosité du rendu de la collerette impressionne...

     

          Frans Hals – Portrait d’homme, 1635 

     

       gérard ter borch-jeunefilleassiseencostumepays.1650.jpg

     

          Peintre d'un monde élégant, raffiné.

          Une impression d'éternité poétique se dégage de la jeune femme fille, probablement la sœur de l'artiste, travestie en paysanne.

           Le clair-obscur, la virtuosité des coloris, la douceur de la lumière ne sont pas très éloignés des toiles de Vermeer. Les deux hommes devaient d'ailleurs être intimes car Ter Borch apposa sa signature sur un acte notarié, à côté de celle de Vermeer, deux jours après le mariage de celui-ci.

     

     

                                                                    Gérard ter Borch – Jeune fille en costume de paysanne, 1650 

     

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          On discute les prix dans un atelier de tailleur où de jeunes apprentis sont concentrés sur leur ouvrage.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Quiringh van Brekelenkam – L’atelier du tailleur, 1661

     

     Nicolas maes-vieillefemmeenprière.jpg 

     

          C'est un éloge de la piété dans la vie quotidienne.

          La femme prie devant son repas. La jouissance des biens du monde doit conduire à Dieu, disait-on. Le chat, symbole de convoitise, tente de profiter de l'extase de cette femme âgée pour s'approprier quelques aliments.

          Une belle lumière accentue l'intimité de la scène.

     

      

                                                                                      Nicolaes Maes - Vieille femme en prière, 1656

     

       Bega-la bénédicté.jpg

     

          On prie beaucoup à cette époque ! Cette fois, il s'agit d'un couple d'humbles paysans. La lumière modestement dispensée par une lucarne sur le côté enveloppe la jeune femme magnifiquement.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Cornelis Bega – Le bénédicité, 1663 

       

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    Pieter de Hooch – Scène d’intérieur avec une mère épouillant son enfant, 1660
     

           De Hooch fut l'artiste novateur de cette nouvelle peinture de genre hollandaise représentant la vie quotidienne dans des scènes familiales d'intérieurs bourgeois ouverts sur des cours illuminées où des enfants s'amusent.

          Dans cette toile, l'épouillage de l'enfant par sa mère symbolise le bonheur familial et la propreté dont la ville de Delft avait la réputation. L'échappée sur une autre pièce où la lumière pénètre de l'extérieur accentue la perspective et les effets de contre-jour éclairant tout le tableau.

          C'est un éloge de la vie domestique dans un foyer hollandais net et serein...

     

     toilette.jpg       J'adore Jan Steen ! Un surdoué pouvant tout peindre !

          On retrouve son humour décapant dans beaucoup de ses toiles montrant de nombreux personnages de milieu populaire dans des ambiances festives. Ce sont des scènes burlesques ou des représentations des faiblesses humaines : ivrognerie, amour vénal, gourmandise, jeux.

          Même dans la peinture de cette femme assise sur son lit l'humour du peintre reste perceptible. La jeune femme, probablement une courtisane, fait sa toilette dans une attitude un brin érotique. Son visage souriant semble indiquer qu'elle est satisfaite d'elle-même et de son pouvoir de séduction.

           Cela ne semble pas émouvoir le petit chien qui a pris la place dans le lit...

      

     Jan Steen – Femme à sa toilette, 1660

     

     

           C'est une étonnante toile du fils de Rembrandt, Titus, habillé en moine.peinture hollandaise,pinacothèque,rembrandt,

          A cette époque, le peintre est vieillissant, fatigué. Sa femme Saskia et trois de ses enfants sont morts. Ce portrait exprime de la tristesse.

          Une lumière céleste semble éclairer le visage du jeune homme qui émerge de l'obscurité ocre. Rembrandt pressent-il que ce fils mourra avant lui à 27 ans ?

           « Pour peindre comme ça, il faut être mort plusieurs fois, disait Van Gogh ».

     

     

     

     

     Rembrandt Harmensz van Rijn – Portrait de son fils Titus, habillé en moine, 1660, Rijksmuseum, Amsterdam

     

     

             C'est fini...

          J'ai pris beaucoup de plaisir à montrer ces peintures. De nombreux autres peintres présents dans l'exposition auraient pu figurer dans mes « coups de cœur ». Je pense à Van Ruisdael, Mignon, De Heem, Van de Velde, Pynacker, De Witte... Mais il fallait faire un choix.

          Je pense que vous aurez apprécié la qualité de cette douzaine de toiles qui ne peut que donner envie d'aller les voir de plus près.

      

                                                                                     Alain

     

          J'espère que la vision de ces magnifiques tableaux s'ouvrira pour vous et vos familles sur un Noël lumineux et une excellente fin d'année.

          Je serais heureux de vous retrouver début janvier avec mon ami Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise.

     

     

     

  • Le temps qui passe

     

     

     

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    Berthe Morisot – Le berceau, 1872, Musée d’Orsay, Paris

     

     

    Je me souviens encore de ce premier jour de décembre

    où j'entrai anxieux dans la chambre.

    Tu étais là, petit être fragile,

    Dans un lit douillet tu reposais tranquille.

     

    Intimidé, presque ridicule,

    Je m'approchai et frôlai tes mains minuscules.

    Tu le sentis et tes doigts agiles

    Agrippèrent mon pouce d'un geste déjà habile.

     

     

    Ta maman dormait dans une pièce voisine ;

    Ravi, je contemplai ton expression mutine.

    Devant toi ce jour là je compris

    Pour la première fois l'importance de la vie.

     

    La plus belle oeuvre d'art

    Est éclipsée par le premier regard

    D’un nouveau-né qui ne demande rien

    Hormis un tendre câlin.

     

    Nous avons vieilli toi et moi,

    Le temps nous a imposé sa loi,

    Mais j’ai encore en mémoire ce jour de ta naissance

    Où je fis ta connaissance.

     

     

     

                                                                    Alain

     

     

     

     J'adresse ces mots à ma fille née un 1er décembre

  • Le sang des chaînes

     

     

    Une aide bien modeste...

    Je suis heureux de participer à faire connaître un blog dont le propriétaire vient de publier son premier recueil de nouvelles - Le sang des chaînes - le 17 août dernier.

    Je m'attarde parfois à lire ses nouvelles et descriptions de paysages qui expriment toujours une grande sensibilité.

    C'est de la belle écriture comme je l'aime.

    Le lien que je fais sur l'article qu'il a écrit le jour de la publication du livre vous permettra de faire connaissance :

    Pat de bigorre

     

                                                                                                                     Alain                           

     

  • Un musée des impressionnismes à Giverny - Le jardin de MONET

     

      

     

    afficheexpogiverny.JPG

     

          Il était temps ! L'exposition se termine samedi prochain, 15 août.

          L'ancien Musée d'Art Américain n'a pas changé de look mais de nom en 2009. Il est devenu le Musée des impressionnismes et veut s'intéresser à l'histoire de l'impressionnisme et à ses conséquences sur l'art du 20ème siècle.

          Blotti dans un jardin découpé à l'ancienne en carrés fleuris éclatants de couleurs, il est toujours aussi agréable de se rendre dans ce musée proche de quelques centaines de mètres de la maison et des jardins de Claude Monet à Giverny. L'artiste y vivra de 1883 à sa mort en 1926, soit 43 ans.

          Comme souvent, le ciel normand bleu diaphane, presque délavé, est morcelé de nuages moutonneux qui laissent filtrer quelques rayons de soleil au gré de leurs humeurs. Pour une fois, la chaleur est présente.

          - Is that parking free ?

          Je ne suis pas encore sorti de la voiture que déjà un touriste japonais s'inquiète de savoir si son budget vacances résistera durablement aux prix exorbitants des places de parkings en France.             

          Je lui souris béatement pour le rassurer.

          - Oh ! Yes, it is free !

          J'accompagne ma réponse d'un geste significatif en arrondissant les doigts de ma main droite : « Zero !... Free ! ».

          Rassuré l'homme s'éloigne rejoindre sa compagne qui semble s'impatienter.

     

          Il fait toujours frais dans ce musée. J'inspecte les lieux. Je constate que les tableaux des excellents artistes américains que je voyais souvent exposés dans ce lieu semblent avoir disparu.

          « Ce n'est qu'un œil, mais bon dieu, quel œil ! » s'exclamait Paul Cézanne en parlant de Claude Monet.

          Je savais avant de venir que l'expo était entièrement consacrée à Claude Monet et à son travail dans la région de Giverny. Effectivement, il n'y a pratiquement que des toiles de l'artiste. Une bonne vingtaine de tableaux du peintre semblent un peu perdus dans les grandes salles du musée. Ils représentent son jardin, quelques vues des bords de la Seine ou de l'Epte et, surtout, son fameux étang aux nymphéas.

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    Claude Monet – En norvégienne ou La barque à Giverny, 1887, Musée d’Orsay, Paris

     
     

         

          Faute de la quantité, je vais me contenter de la qualité ! Sur ce plan, aucun souci à se faire. Avec Claude Monet, nous sommes dans le meilleur de l'impressionnisme. Un régal !

          Le Musée d'Orsay s'est délesté, à regret certainement, de sept de ses toiles. J'en reconnais certaines d'entrée : Le bassin au nymphéas avec son pont japonais et, mon préféré, le jardin de l'artiste aux iris bleu mauve vibrants dans la lumière.

     
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    Claude Monet - Le bassin aux nymphéas, harmonie rose, 1900, Musée d’Orsay, Paris

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    Claude Monet – Le jardin de l’artiste à Giverny, 1900, Musée d’Orsay, Paris

     

     

     

          La visite est entrecoupée de documents historiques divers se rapportant à la vie de l'artiste : courriers autographes signés, livres sur le jardin et beaucoup de photos d'époque dont plusieurs de Théodore Robinson, peintre faisant partie de l'importante colonie d'artistes américains venus s'installer à Giverny autrefois, attirés par la présence de Monet.
     
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        Photo de Claude Monet, vers 1888-1890                                  

                                                                                                             Photo de Claude Monet près du bassin aux nymphéas, 1905

     
     

          Sur une photo, la famille Hoschedé Monet est installée au grand complet dans le jardin. Ils sont nombreux car Claude Monet, veuf de sa première femme Camille décédée à 32 ans, a épousé en 1892 Alice Hoschedé, veuve également. Ils ont déjà 8 enfants à eux deux de leur premier mariage. Cela fait du monde. Je reconnais Blanche au premier plan, beaucoup plus jeune que la Blanche vieillissante aux cheveux blancs que l'on voit sur les photos de la fin de vie de l'artiste. La belle-fille de Monet fut la compagne attentive et dévouée de ses dernières années. Elle peignait souvent avec lui dans la campagne environnante et une de ses toiles est exposée.

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    Théodore Robinson – photo des Monet et des Hoschedé, 1892, Musée Marmottan, Paris

     

         

          Evidemment, de nombreuses études de nymphéas sont exposées. La plupart ont été retrouvées dans l'atelier du maître après son décès. Elles servaient d'études préparatoires pour les « Grandes Décorations » données à l'Etat par Monet, celles qui enthousiasment les visiteurs du musée de l'Orangerie à Paris depuis 1927.   

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    Claude Monet – Nymphéas bleu, 1916/19, Musée d’Orsay, Paris

                                                                                            Claude Monet – Nymphéas, 1904, Musée des Beaux-Arts, Le Havre

          

          Etrange ! Mes yeux se sont posés par hasard sur les signatures en noir  « Claude Monet » apposées au bas des études. Je ne reconnais pas le jambage minutieux des signatures habituelles du peintre ? Serait-ce des signatures rajoutées par Michel Monet, son fils, qui donna nombre de ces études au Musée Marmottan Monet à Paris ?

           Bof ! L'essentiel est que la peinture soit bien du maître. On ne peut s'y méprendre. L'harmonie picturale des fameux Nymphéas est bien présente : la symphonie des couleurs, les saules pleureurs trempant dans l'onde, les reflets des nuages et les éclats du soleil primesautier, les vibrations des feuillages dans l'eau troublée par le vent, la lumière volage. Seul Monet était capable de rendre ce fouillis aquatique de façon aussi réaliste, souvent proche de l'abstraction.

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    Claude Monet – Nymphéas, 1908, Musée municipal de Vernon

          Je vois un beau paysage du musée d'Orsay ne se rapportant pas à la région de Giverny : Champ de tulipe en Hollande. L'artiste aimait le pays des moulins et des canaux.

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    Claude Monet – Champ de tulipe en Hollande, 1886, Musée d’Orsay, Paris

     
     

          Je reconnais deux des nombreux nymphéas que possède le Musée Marmottan Monet. Les courbes gracieuses de l'agapanthe et de l'hémérocalle ne pouvaient qu'inspirer l'artiste.

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    Claude Monet – Les hémérocalles, 1914, Musée Marmottan Monet, Paris

                                                                     Claude Monet – Nymphéas et agapanthes, 1914, Musée Marmottan Monet, Paris

     

     

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          Finalement, la visite a été trop rapide. Je m'assois un long moment, pensif, au milieu des grandes toiles, immense jardin d'eau qui m'entoure.

          Cet homme âgé avait fait un travail colossal, pensai-je. Monet n'avait plus besoin de se déplacer sur le motif, il lui suffisait de piocher dans la « palette » de son jardin. Son style de peinture en fin de vie, peut-être dû à ses problèmes visuels, était proche de l'art moderne...

         

         

     

     

    Claude Monet – Saule pleureur, 1920/22, Musée d’Orsay, Paris

     

          En sortant du musée, je ne suis pas retourné visiter la maison rose de Monet et son jardin. Je les connais si bien.

          J'aperçois le couple de japonais qui m'a accosté en arrivant se diriger d'un pas allègre en direction de la maison rose. Je leur fais un signe de la main. L'homme sifflote, heureux.

                                                                          

                                                                                                    Alain

     

    J'indique ci-dessous, deux récits que j'ai déjà publiés se rapportant au jardin et à l'étang aux nymphéas de Claude Monet :

      Le Clos Normand, un jardin à Giverny - Claude Monet, 1900

      Les Nymphéas - Claude Monet, 1922

     

     

     

     
     
  • Adieu l'abbé, on t'aimait bien

     

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    Le français préféré des français est décédé le 22 janvier 2007.

    A cette occasion, j'avais eu envie d'adresser au Mouvement Emmaüs ce petit poème en leur demandant de le lui transmettre.

    Je pense qu'il ne m'en voudra pas de le publier sur ce blog.

     

     

     

     

     

    Adieu l’abbé

     

     

     

     

      

    Adieu l’abbé, on t’aimait bien,

    Nous les français, on t’aimait bien, tu sais.       (Merci Brel…)

    Tu étais fripé, pas rasé, vieux.

    Petit curé malingre, tu en as fait des envieux !

     

    Champion des causes perdues,

    Tu n’as jamais déçu.

    Tu bravais les lois

    Pour qu’une femme, un vieillard, dorment sous un toit.

     

    Les puissants te craignaient.

    Bien sûr, tu les bousculais !

    Tu ne lâchais rien, vieux coquin,

    Pour aider les clodos, les moins que rien,

    Que la société rejetait

    Parce qu’ils étaient suspects.

     

    « Mes amis, je veux partir », disais-tu,

    Le criant sans cesse, d’un air têtu.

    « Vivement les grandes vacances ! »

    Clamais-tu avec impatience.

     

    C’est fait !

    Ton Seigneur t’attendait depuis longtemps, vieille canaille,

    Mais il savait que tu avais encore du travail.

    Il a dû être satisfait en voyant ton sourire d’éternel gamin

    Et ton regard malin.

     

    Tu voulais retrouver le « Dieu amour »,

    Te voila avec lui pour toujours.

    Fini les combats, les disputes, les perfidies,

    Cela n’existe pas dans ta nouvelle vie.

     

    Alors profite l’abbé,

    Tu l’as bien mérité.

    Dieu doit avoir près de lui quelques jolies naïades,

    Mais modère tes embrassades.

    Garde un peu d’énergie,

    Si par hasard tu croisais quelques sans-logis.

     

    Dans l’esprit de beaucoup, Pierre, tu es un saint.

    L’église ne le reconnaîtra pas, mais cela ne fait rien.

    Pour nous, un saint est celui qui fait le bien,

    Et là, Pierre, tu étais le meilleur

    Toujours à l’écoute de ton cœur.

     

    Si tu as un peu de temps, l’abbé, demande à Dieu

    Qu’il s’occupe un peu plus des gueux,

    Des miséreux qui n’ont rien,

    Ce sont des humains…

    Qu’il soit un Dieu pour tous et pas pour quelques-uns.

    Mais on y pense, Pierre, toi… en Dieu… tu aurais été bien.

     

                                                                                                              Alain

     

  • Sommeil étoilé

     

     

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    Vincent Van Gogh – La nuit étoilée, 1889, The Museum of Modern Art, New York

     

         

          2 heures... Impossible de dormir...

          On m'a dit : « Buvez une tasse de lait mixée d'une cuillère de miel avant de vous coucher ». Tu parles... Cela ne marche pas...

           Je me retourne une nouvelle fois. Généralement, le côté gauche est meilleur que le droit. Je contemple le réveil. Je tente à nouveau : 10 minutes côté droit, 10 minutes côté gauche. J'entends une voix lointaine: « Dormez... dormez... ».

          Je cogite. Les pensées se mélangent, se cognent, s'agitent.

          Heureusement, la semaine prochaine, je pars. Marre de cette grisaille généreuse qui nous recouvre éternellement ! J'ai besoin de soleil, chaleur, senteurs marines...

          Et ce roman que je suis en train d'écrire dans le blog ? Ce « Van Gogh à Auvers » n'en finit pas !... Je savais quand je me suis lancé dans ce projet que ce serait long. Mais à ce point... J'en suis déjà au quinzième épisode. Il en reste bien autant ? Quand aurai-je terminé : fin d'année... année prochaine ?

           Pourquoi me suis-je embarqué dans cette histoire ? Pff ! Va savoir... J'avais lu la correspondance du peintre... j'avais eu envie d'en savoir plus... l'aventure avait commencé...

          C'est ainsi que Vincent est devenu un ami au fil des pages.

          Récemment, quelqu'un m'avait posé la question : « Penses-tu que Van Gogh apprécierait que l'on romance sa vie ? ». Cette réflexion m'avait surpris...

          Adieu le sommeil ! Je vais lire ! Je cherche à tâtons un livre qui tombe sur le sol avec un bruit mat. Mes doigts fouillent la moquette et le récupèrent. Pas envie... Je le repose sur la table de chevet. A quoi bon...

           Pourquoi Van Gogh n'apprécierait-il pas ? Cette question me tracasse... Mon récit respecte son image, sa pensée, sa sensibilité. Les paroles que je lui fais dire, il aurait pu les prononcer... Je suis certain que, lui, le solitaire, l'incompris, aurait aimé cette histoire qui est la sienne.

          Je montre les œuvres de l'artiste. Elles sont les personnages principaux du récit. Je me souviens de certaines phrases de Vincent : « Il y a du bon de travailler pour les gens qui ne savent pas ce que c'est qu'un tableau. » ou encore : « Ma peinture est faite pour être vue surtout sur un fonds simple : cuisine, escalier, corridor, et parfois je m'aperçois que cela fait bien dans un salon aussi. » Il ne connaissait pas encore l'ordinateur...

          3 heures... Mon esprit agité se calme. Un chien hurle à l'extérieur, puis, plus rien...

          La Nuit étoilée peinte par Vincent à Saint-Rémy-de-Provence m'apparaît, immense. Des étoiles dorées scintillantes s'enroulent et s'allongent en forme de comètes dans un ciel bleu mauve. Un croissant de lune tremblote...

          Cette image m'a apaisé. Mon corps et mon esprit glissent lentement dans cette nuit étrange.

                                                                                            

                                                                                                   Alain

     

     

  • Ode aux femmes

     

    Je ne peux résister au plaisir de faire connaître un blog de talent qui publie régulièrement des écrits d'une grande sensibilité poétique qui me touchent souvent :

     http://bullesetmots.blogspot.com/

     Elle ne m'en voudra certainement pas de vous montrer le dernier texte qu'elle vient de publier qui est un hommage vibrant à toutes les femmes :

     

    A toutes les femmes ...

    A mère, à ma grand-mère, qui furent les premières femmes de ma vie, sans doute mes références, malgré d’autres envies …

    A ma fille, ma petite fée, mon autre moi-même, ma presque réincarnation, mon prolongement, mon espoir en demain …

    A ma belle-fille, qui m’a donné mon autre petite merveille, mon bébé sourire, ma princesse de l’aurore, promesse de vie …

    A mes amies, celles qui cheminent avec moi depuis longtemps, celles que j’ai perdu en cours de route, celles qui ont traversé ma vie en laissant leur trace, celles que je rencontrerai encore …

    A celles qui ont déjà pris l’ascenseur vers les petits nuages blancs, mais reviennent souvent, fantômes légers, hanter les allées de ma mémoire …

    A mes institutrices et mes professeurs, qui m’ont fait découvrir la beauté des mots, le pouvoir de la lecture, la paix studieuse des bibliothèques …

    A ces relations dites virtuelles, qui parfois sont plus proches de moi que des voisins …


    A ces cuisinières qui ont inventé ou collectionné toutes ces recettes que j’aime expérimenter …

    A celles qui ont été des pionnières et à celles qui timidement suivent le mouvement …
    A celles que j’apprécie et à celles que je ne sais pas apprécier …

    A mes collègues passées et présentes avec qui je partage les joies et les peines de mon travail …

    A toutes ces inconnues qui offrent leur sourire, leur bonne humeur, leur aide bénévole …

    A toutes les filles tendres et fortes, féministes et féminines de mon entourage … à celles qui se battent pour leurs sœurs … à celles qui les réconfortent …

    A toutes celles qui ont moins de chance, qui connaissent la guerre, la misère, la violence, le deuil, le malheur … à celles là, tout particulièrement …

    A toutes les femmes qui sont sur la brèche au quotidien, du matin au soir … qui aiment, qui nourrissent, qui lavent, qui travaillent, qui rient, qui pleurent, qui lisent, qui s’amusent, qui éduquent, qui vivent … tous les jours et pas seulement le 8 mars …

    A vous toutes, je dis : JE VOUS AIME !!!


    SW