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27 avril 2017

VERMEER AU LOUVRE : Au théâtre

 

Johannes Vermeer - La Lettre d’amour, 1670, Rijksmuseum, Amsterdam

 

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     Depuis le 10 mars dernier, je présente chaque semaine une visite virtuelle de l’exposition « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre » qui se tient au Louvre. Celle-ci se terminera le 22 mai prochain.

     Six de mes œuvres préférées (sur 12 exposées) du maître de Delft ont été présentées. Je laisse aux futurs visiteurs du musée le plaisir de découvrir par eux-mêmes les 6 dernières, montrant : 3 musiciennes, 2 épistolières et une Allégorie de la foi catholique.

     Pour terminer, je souhaite vous proposer, aujourd’hui, la visite d’une œuvre qui avait été prévue par le Louvre dans l’exposition. Elle figure bien dans le catalogue, mais, malheureusement, est absente : La Lettre d’amour. Pourquoi ? Elle devrait être montrée dans les musées qui prolongeront l’exposition parisienne jusqu’en 2018 : « National Gallery of Ireland », « National Gallery of Washington ».

     Ayant déjà écrit dans le passé un récit sur La Lettre d’amour, ma visite virtuelle, ci-dessous, a utilisé ce récit que j’ai largement remanié.

 

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20 avril 2017

VERMEER AU LOUVRE : Juger c'est peser

 

Johannes Vermeer – Femme à la balance, 1664, National Gallery of Art, Washington

 

 

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    - Attention chef-d’œuvre, dis-je en riant à une jeune femme qui fixe intensément le petit tableau !

     Le nez collé sur la toile, elle se recule un instant, puis me regarde bizarrement, dérangée dans son observation. Je m’installe à côté d’elle et, à mon tour, examine le portrait.

    Je suis devant une de mes toiles préférées de Vermeer : La Femme à la balance qui m’attire irrésistiblement.

 

 

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04 mai 2011

L'OBSESSION VERMEER - 6. La leçon de musique

 

 

Suite…

 

      Mon sécateur à la main, je contemple amoureusement la symphonie des verts tendres libérés par le départ de la végétation printanière. Le froid vif des jours précédents a laissé la place à cette tiédeur agréable que les derniers jours d’avril nous réservent parfois.

      A travers l’ouverture libérée par le déplacement récent d’un deutzia, une tête souriante se découpe. Elle est charmante ma voisine ! J’entretiens d’excellents rapports avec ce couple de jeunes retraités. 

      Leur récente oisiveté leur a redonné le goût des escapades : l’hiver, le soleil des tropiques ; l’été, ils sillonnent la France en camping-car. Ils s’investissent à fond dans les voyages que les contraintes de la petite entreprise artisanale qu’ils géraient ensemble auparavant ne leur permettaient guère d’assouvir.

      - Vous profitez du soleil, me dit-elle !

      - Quel bonheur ! J’en profite pour préparer le jardin au grand rendez-vous annuel. Je ne suis pas trop en avance cette année. Ce temps pourri… Je redonne une forme aux arbustes.

      - Vaste programme ! Vous avez du courage !… Moi je n’ai encore rien fait, mais je n’ai pas votre jardin.

      Les rayons lumineux lui arrivaient pleine face lui donnant bonne mine.

      - Ouah ! Je n’avais pas remarqué vos superbes couleurs, m’exclamai-je ! Il me semblait bien que votre maison était fermée ces derniers temps. Quelle île enchanteresse avez-vous visitée cette fois ci ?

      - Enchanteresse est bien le mot qui convient ! La Martinique est un petit paradis. Nous étions vers le « rocher du diamant », au sud de Fort-De-France. Quinze jours de rêves ! Chaleur, soleil, couleurs bigarrées, fruits exotiques, mer d’émeraude et… punch à volonté. En bordure de plage, les poissons aux teintes fascinantes se laissent approcher, presque caresser. Nous avons même vu des chirurgiens et des demoiselles à queue jaune identiques à ceux que vous m’avez montrés dans votre aquarium !

      - Quelle chance ! Pour le moment, je dois me contenter de contempler mon aquarium. Le temps me manque pour voyager aussi loin. Néanmoins, nous partons en Hollande dans une quinzaine de jours. Le climat est différent, mais je ne n’y vais pas pour la plage.

      - La Hollande ! Qu’allez vous faire là-bas en cette saison ?

      - Chut ! Voyage culturel… J’ai rendez-vous avec un vieil ami à moi : Vermeer…

      - Vermeer ? Drôle de nom… Ami d’enfance ?

      - Presque ! Je plaisante… C’est un grand peintre hollandais du 17ème siècle. Je vous raconterai.

      Du coin de l’œil, je voyais, au loin, le mari de ma gentille voisine se diriger vers nous. Un artiste cet homme. Il gardait de son ancien métier le plaisir du travail manuel et passait des journées à sculpter des petits personnages naïfs en fer forgé. Je lui lance un grand bonjour enjoué : « Excusez-moi, mais mes travaux de jardinage ne peuvent attendre. J’ai encore pas mal de boulot à terminer avant ce soir. Je ne suis pas oisif, moi ! ».

      J’entendis un grand éclat de rire. J’adressai une œillade complice à sa femme. Heureusement, ils avaient le sens de l’humour. Je me dirigeai vers la maison. Le lilas proche de l’entrée dispersait des effluves parfumés.

 

 

      L’éclosion brutale de mon jardin m’a revigoré. Quelle merveille cette renaissance annuelle qui se renouvelle imperturbablement à date fixe chaque année, fidèle aux règles immuables de la nature !

      Bon ! Il n’est plus temps de rêvasser ! Cet entracte sans Vermeer, un peu comme une courte séparation dans un couple, a renforcé mon désir de le retrouver. Impatient, j’allume Jojo. Il semblait s’être refait une santé depuis avant-hier et les troublantes jeunes femmes qui s’affichaient sur son écran.

      J’ai sélectionné les cinq tableaux que je souhaite partager avec Jojo pour terminer mon étude avant le grand départ pour La Haye : deux toiles avec deux personnages, un géographe seul, et je me garderai, en bouquet final, les deux portraits de jeune fille que j’adore. Des tonnes d’émotions en perspective !

      Je choisis La leçon de musique. Cette toile est la seule qui soit entrée dans une collection royale. J’ai appris que son attribution à Johannes Vermeer ne fut seulement reconnue définitive que lors de son exposition à la Royal Academy à Londres en 1876.

 

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Johannes Vermeer – La leçon de musique, 1663, Collection royale, Palais de Buckingham, Londres

      Une femme joue du virginal dans un intérieur élégant. Quelques notes de musique distraient le calme apparent. Les deux personnages apparaissent un peu raides debout de chaque côté du dossier de la chaise bleutée à tête de lion qui les sépare. Le gentilhomme regarde affectueusement la jeune femme… Est-ce un professeur ou un amant ? A moins que ce ne soit l’amour de la musique qui les rapproche comme le suggère l’inscription en latin que je déchiffre sur le couvercle du virginal aux éléments décoratifs d’une extrême finesse : MUSICA, LAETITIAE COMES, MEDICINA DELORUM (La musique, compagne de la joie, médecine de la douleur).

      Des diagopeinture,vermeer,nales invisibles partent dans toutes les directions agrandissant la pièce en lui donnant sa profondeur. On sent que Vermeer a longuement pensé la perspective. Toutes les lignes, y compris le joli dallage noir et blanc, convergent vers le point central de la toile : le miroir. Un peu comme dans L’entremetteuse ou Vermeer se serait représenté sur la toile, l’artiste laisse percevoir sa présence. Il trouve le moyen d’insérer, au-dessus du charmant visage de la jeune femme que l’on découvre de face dans ce miroir, les pieds de son chevalet de peintre qui apparaît tout au fond de la pièce, hors du tableau. Une signature discrète…

 

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      L’imposant tapis d’orient recouvrant la table vibre d’une multitude de tonalités colorées réchauffant le bleu clair froid de la chaise accolée. Une formidable cruche lisse en céramique blanche, tout en contrastes savamment dosés, est posée au centre du tapis. Une basse de viole est étendue sur le sol. Un éclair bleuté transperce les larges vitraux. La lumière semble intentionnellement stoppée sur le mur du fond ocre et bleu pâle afin de mieux renvoyer l’image de la femme dans le miroir.

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     Avant de passer à la toile suivante, je pense à la reine d'Angleterre. J’envie la chance inouïe qu'elle a de pouvoir contempler à satiété cette merveilleuse peinture de sa collection.

 

      Je clique sur Le géographe qui met un temps inaccoutumé à s’installer. Jojo devait apprécier la lumineuse beauté de l’image venant de disparaître pour réagir aussi lentement à ma nouvelle sollicitation.

 

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Johannes Vermeer – Le géographe, 1669, Städelsches Kuntinstitut am Main, Francfort

 

      Au cours des années 1668-1669, Le Géographe et L’astronome seront les seulspeinture,vermeer,l'astronome,anthony van leeuwenhoek tableaux de l’artiste dont le personnage unique sera un homme. Ma documentation me dit que tout au long de leur existence ces deux toiles ont constamment été réunies, leurs acquéreurs successifs les achetant comme des pendants dans les ventes aux enchères. Même Louis XVI faillit les acheter ! Elles furent séparées définitivement lors d’une vente en 1797. Orphelin, L’astronome termina son parcours au Louvre et ce pauvre Géographe, inconsolable, s’exila dans un musée de Francfort.

      Je regrettai, ce qui aurait été un événement, que les retrouvailles des deux frères, le temps de l’exposition de La Haye, ne se produise pas puisque le Louvre a gardé L’astronome. Heureusement, j’ai lu récemment qu’une expo pourrait les réunir à nouveau prochainement. Ce sera un moment exceptionnel à ne pas manquer.

Johannes Vermeer – L’astronome, 1668, musée du Louvre, Paris

 

         Le 17ème siècle fut une période d’intense activité scientifique. Vermeer s’intéressait à la connaissance de l’univers à travers la cartographie, la géographie, l’astronomie et l’optique. Il semble probable que Le géographe comme L’astronome, au-delà de leur inspiration scientifique, ont pour l’artiste une signification allégorique. 

         Le géographe, habillé comme un savant d’un habit bleu bordé de rouge, est penché peinture,vermeer,sur son bureau entouré de ses accessoires : quelques cartes devant lui et à ses pieds ; un globe terrestre surmonte l’armoire derrière lui ; une carte marine est accrochée au mur. Une intense réflexion intellectuelle suspens son compas dans l’espace. La lumière solaire entrant par la fenêtre dessine son fin profil. Etonnamment, la signature du peintre apparaît deux fois : sur le mur du fond avec la date, ainsi que sur l'armoire. Je m'interrogeai sur l'authenticité de ces deux signatures ?peinture,vermeer,

     

     

      L'homme représenté pourrait être Anthony van Leeuwenhoek, le fameux scientifique Delftois spécialiste des lentilles optiques et microscopes, que Vermeer connaissait bien. Ses longs cheveux et sa ressemblance frappante avec L’astronome laissent penser qu’il servit de modèle pour les deux toiles. 

      Beau travail, pensai-je. J’avais quand même, comme Jojo, une petite préférence personnelle pour les toiles de jeunes femmes contemplatives du peintre que j'avais examinées hier…

  

      Le balancement insistant de ma petite pendule en ardoise au dessus de mon bureau me ramène à la réalité. 11 Heures… J’ai largement le temps de finir la matinée sur l’unique tableau à deux personnages féminins de mon étude : La lettre d’amour. Il me restera ensuite tout l’après-midi pour m’extasier devant les deux exceptionnels portraits de jeunes filles, La jeune fille à la perle et La jeune fille au chapeau rouge, que j’ai gardés pour le feu d’artifice final. Elles clôtureront mon étude, volontairement limitée, sur l’œuvre de Vermeer.

 

      peinture,vermeer,La lettre d’amour est le seul tableau avec une œuvre de jeunesse ressemblante, La jeune fille endormie, où le peintre nous fait pénétrer l’intimité d’un intérieur bourgeois par une porte judicieusement entrouverte.

      Un drame se noue…

      Curieuse mise en scène qui ressemble à un décor de théâtre. Au premier plan, un réduit à balais sombre où l'on distingue une chaise sur laquelle un linge et une partition de musique chiffonnée ont été déposés. Des objets sont dispersés un peu partout dans la pièce éclairée : un balai, un panier à linge, un coussin, des tableaux au mur, des chaussures traînent par terre. Deux femmes, une servante et sa maîtresse, sont au centre de ce bric-à-brac et semblent préoccupées par une seule chose : la lettre que la servante vient d’apporter.

 

 Johannes Vermeer – La lettre d’amour, 1669, Rijksmuseum, Amsterdam

 

      Je n’avais pas encore vu chez Vermeer ce type de représentation de la vie domestique qui était pourtant courante dans la peinture de ses contemporains. Pieter de Hooch aurait d’ailleurs pu l’inspirer dans une toile que je connais dont la mise en scène est ressemblante : Le couple au perroquet.

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Pieter de Hooch – Le couple au perroquet, 1668, Wallraf-Richartz Museum, Cologne

 

      peinture,vermeer,Je retrouve dans cette peinture le quadrillage de la perspective savamment ordonné que j’avais déjà remarqué dans La leçon de musique. Les dalles noires et blanches sont les mêmes. La lumière du jour tombe en plein sur les personnages faisant ressortir la robe en satin jaune de la musicienne contrastant avec le bleu éclatant du tablier de la servante. Une jolie marine est accrochée au mur juste derrière elles. Je lis sur le catalogue que, dans les traditions hollandaises, une mer tranquille était un bon présage en amour…

      Le temps semble arrêté. La domestique, impatiente, espère toujours l’ouverture de la lettre : rupture ou rendez-vous ?

 

      Le cœur léger et l’estomac criant famine, je m’accorde une pause déjeuner bien méritée. J’ai besoin de recharger les accus avant l’apothéose finale de l’après-midi qui s’annonce très chaude…

 

A suivre…

 

1. Deux petits tableaux   2. Hantise  3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or   5. Vue de Delft  6. La leçon de musique

 

 

 

07 avril 2011

L'OBSESSION VERMEER - 4. Le siècle d'or

 

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Johannes Vermeer – L’officier et la jeune fille riant, 1658, The Frick collection, New York

 

Suite…

 

      Flo a raison ! Cette passion me ronge…

      Je me saisis du gros catalogue de l’exposition qui séjourne imperturbablement à l’extrémité gauche de mon bureau depuis le début de mes recherches. Cet ouvrage est vraiment à la hauteur de l’événement qui se déroule en ce moment à La Haye. Je prends le temps d’apprécier chaque toile, toutes plus belles les unes que les autres. Je vérifie à nouveau la présence de La dentellière. Elle figure en bonne compagnie, coincée entre Le géographe et La lettre d’amour. Penchée sur son travail, sa main gauche tient les fuseaux, concentrée…

      Pénétrer dans l’art de Vermeer me fait l’effet d’entrer en religion : les vanités, les futilités de la vie terrestre s’effacent. Un autre monde se dévoile : silencieux, pur, pudique, presque chaste. Une douce lumière allume des feux tamisés sur les vitraux…

      Je dois continuer mes investigations pour tenter d’élucider ce qui a bien pu se passer durant cette courte période d’une quarantaine d’années dans cette bonne ville de Delft… La vie de l’homme Vermeer m’a déjà fournie quelques renseignements intéressants que je ne mésestime pas mais j’ai parfaitement conscience que « La réponse » est dans sa peinture si dérangeante.

      Je souhaite éclaircir encore deux points essentiels qui me permettront de clore mon étude. Je ressors mon carnet d’enquêteur, le stylo aux aguets. Sans plus attendre, j’interroge :

 

      Vermeer a-t-il été en relation avec les peintres du siècle d’or hollandais ?     

      Le siècle d’or hollandais…

      Lorsque Vermeer meurt en 1675, la Hollande, du fait de guerres incessantes, va vers son déclin. Mais auparavant, quel éclat ! La République des Provinces-Unies est à son apogée et domine l’Europe, aussi bien dans les domaines économique et social, que littéraire, scientifique et artistique. La marine néerlandaise sillonne les routes maritimes mondiales où ses navires de la Compagnie des Indes implantent de nombreux comptoirs commerciaux. A leur retour, les cales sont pleines de pierres précieuses, d’or, de porcelaines, de soieries, d’épices…

      A la veille de l’âge d’or, la peinture italienne est la référence pour les artistes des Pays-Bas du Nord qui partent en Italie pour s’inspirer des plus grands maîtres dont les noms raisonnent encore à nos oreilles : Giotto, Boticelli, Raphaël, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Véronèse, Titien.

      Ce siècle d’or hollandais du 17e va voir s’épanouir quelques-uns des peintres les plus importants de l’histoire de la peinture. Outre Vermeer, Rembrandt et Frans Hals vont rayonner, accompagnés par de nombreux autres peintres exceptionnels. Le reste de l’Europe ne pourra rivaliser qu’avec quelques talents : la France avec Poussin, La Tour et Claude Gelée dit « Le Lorrain », l’Espagne avec Velasquez et Murillo, la Flandre avec Van Dyck et Rubens.

      En ce début de siècle, le dernier grand peintre religieux italien Le Caravage meurt mystérieusement en 1610 seul et abandonné. Après lui, Le choix des thèmes religieux s’altère et un grand marché de l’art libre s’installe. Le peuple néerlandais est sédentaire et la demeure familiale s’impose comme le modèle idéal pour le pays. Les principaux acheteurs deviennent des bourgeois. Il en résulte une demande accrue de portraits, paysages, natures mortes et peintures de genre qui, de dimensions réduites, s’accrochent plus facilement dans les salons.

      Vermeer va vivre ce bouillonnement artistique exceptionnel. Je cherche dans mes documents les peintres avec lesquels Vermeer aurait pu entrer en relation dans sa bonne ville de Delft qu’il quittera peu.

      peinture,delft,ter borch,Il semble que Leonard Bramer, témoin à son mariage, et Gerrit Ter Borch soient les seuls peintres avec lesquels Vermeer eut un lien certain. Il co-signa d’ailleurs un document avec Ter Borch dont le style était voisin du sien au point que leurs toiles furent souvent confondues.

 

 

 

 

 

 

 

Gerrit Ter Borch – Jeune fille en costume de paysanne, 1650, Rijksmuseum, Amsterdam

 

      Carel Fabritius, une personnalité importante de Delft, élève de Rembrandt, inspirapeinture,fabritius, certainement le jeune Johannes à ses débuts et le formera peut-être. Malheureusement, il mourut trop jeune dans l’explosion de la poudrière de Delft en 1654. Vermeer eut-il, par l’intermédiaire de Fabritius, la possibilité de connaître l’immense Rembrandt ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Carel Fabritius - Le chardonneret, 1654, Mauritshuis, La Haye

 

       peinture,delft,de hoochPieter de Hooch fut le peintre novateur de cette nouvelle peinture de genre hollandaise représentant la vie populaire dans des scènes familiales d’intérieurs bourgeois ouverts sur des cours illuminées où des enfants s’amusent. Il arriva à Delft en 1654 et Vermeer le connut obligatoirement. Cet artiste sera d’ailleurs le peintre hollandais dont la sensibilité sera la plus proche de Vermeer.

 

 

 

 

 

Pieter de Hooch – La cour d’une maison à Delft, 1658, The national Gallery, Londres

 

      Johannes a certainement connu aussi Jan Steen cet homme original peignant despeinture,delft,steen, scènes de beuveries et de paillardises du plus grand comique dans ce siècle puritain. Il teint un moment une brasserie à Delft.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jan Steen – La femme malade, 1665, Rijksmuseum, Amsterdam

 

 

      Quel environnement stimulant pour Vermeer, pensai-je ! Même s’il ne fréquentait pas les nombreux artistes de talent travaillant ailleurs qu’à Delft, il devait, en tant que marchand d’art, connaître leur peinture.

      J’inscris quelques notes sur mon carnet. Mon attention se relâche légèrement. Je décide de faire un break.

 

 

      Je vais faire un tour dans mon atelier, en quête de détente.

      Depuis ma nouvelle passion dévorante pour Vermeer, j’ai complètement délaissé mes peintures. Plus envie… De quoi ai-je l’air avec mes petits tableautins à côté de ce génie ?

      Mes boîtes sont bien alignées sur une table, prêtes à servir. Il suffit d’en avoir la volonté… J’en ouvre une.

      La vision de toutes ces couleurs méticuleusement rangées dans un savant dégradé de pimpantes tonalités, me fit du bien. Je me fis la réflexion : « lorsque j’aurai compris Vermeer, j’y reviendrai ! »

 

 

      Requinqué par la vue de mes pastels, je lance la dernière interrogation de mon enquête sur le peintre. J’ai besoin de connaître l’itinéraire pictural, le cheminement qui permettra d’enfanter un jour la gracieuse Dentellière et la magnifique Jeune fille à la perle.

 

Qu’en est-il de l’évolution artistique du peintre ?

      Vers le milieu des années 1650, l’artiste abandonne les scènes bibliques et mythologiques de ses débuts, qui s’inspirent de la manière de peindre caravagesque très en vogue, pour s’adonner à la peinture de genre. J’examine une Sainte Praxède signée et datée de 1655 par Vermeer. Les couleurs éclatent.

 

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Johannes Vermeer – Sainte Praxède, 1655, The Barbara Piasecka Johnson Collection, Princeton

 

      Je remarque que l’artiste n’aura peint que deux paysages dans toute son oeuvre : lapeinture,vermeer,delft, fameuse Vue de Delft, puis La ruelle, un minuscule tableau dont je me réjouis de constater la présence à La Haye : Une maison en briques roses, quelques personnages dont deux enfants jouant accroupis sur le sol. J’apprends que ce sont les seuls enfants que Vermeer ait représentés dans ses toiles. Cela me paraît presque incroyable pour un homme qui eut une telle progéniture ! Comment se fait-il que les petits minois espiègles de ses propres enfants ne l’aient jamais inspiré ?

 

 

 

Johannes Vermeer – La ruelle, 1657, Rijksmuseum, Amsterdam

 

 

      La fin des années 1650 est une période charnière entre les premières peintures de jeunesse et celles à venir de la pleine maturité. Je scrute attentivement deux œuvres significatives des premières années du nouveau langage du peintre dont je possède plusieurs reproductions. Je regrette qu’elles ne soient pas du voyage à La Haye.

 

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       Johannes Vermeer – L’entremetteuse, 1656, Staatliche Kunstsammlungen, Gemäldegalerie, Dresde

 

      L’entremetteuse nous montre une scène à plusieurs personnages : un jeune hommepeinture,vermeer,delft, hilare et une vieille femme au regard cupide sont très intéressés par le marché qui va se conclure entre un gentilhomme élégant et une jeune femme. Je pense que Vermeer avait dû souvent observer ce genre de scène à l’auberge Mechelen où il vivait. Il est même généralement admis que l’un des entremetteurs, le jeune homme souriant sur la gauche de la toile, aux cheveux longs ondulés, serait un autoportrait du peintre… Mais rien n’est moins sûr avec ce diable de Vermeer !

 

 

 

 

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                Johannes Vermeer – Une jeune femme assoupie, 1657, Metropolitan Museum of Art, New York

 

peinture,vermeer,delft,      La jeune femme assoupie est la première des nombreuses représentations du peintre d’une jeune femme seule dans une attitude méditative. Son visage ressemble étrangement à celui de la Sainte Praxède des débuts. Assoupie, le corsage légèrement entrouvert, elle semble attendre quelqu’un. La porte derrière elle est entrebâillée. Le silence est troublant, inquiétant…

      J’admire longuement ces deux toiles.

 

 

 

 

      A partir de 1660, j’entre dans la période qui m’enchante. Que voit-on ? : Des personnages, peu nombreux, enfermés dans un monde clos où une fenêtre entrouverte ne montre pas l’environnement extérieur. Nous voici pris au piège… Des accessoires, souvent les mêmes : Au premier plan, un tapis, une table, une chaise à tête de lion. Les personnages tiennent un pichet, un verre, une balance. Accroché au mur, un miroir, une carte ou un tableau. Au sol, parfois, un carrelage en damier accentue la perspective. Les gestes sont suspendus, presque arrêtés.

      Je feuillette le catalogue se rapportant à cette période. Le style est délicat, précis, la lumière douce et diffuse, les couleurs tendres. Les formes sont effleurées. Les ombres demeurent transparentes. L’artiste utilise souvent un coloris qui lui est cher : une opposition de jaunes et bleus clairs lumineux sur un fond gris pâle. Il est le premier, avant les futurs impressionnistes, à utiliser une technique pointilliste dans plusieurs de ses tableaux.

      Je m’aperçois que les hommes tiennent peu de place dans la peinture de Vermeer, à l’exception de quelques toiles, peu nombreuses, comme L’astronome du Louvre, un Géographe, L’atelier du peintre ou L'art de la peinture qui est une allégorie de la peinture.

 

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 Johannes Vermeer – L’art de la peinture, 1666, Kunsthistorisches Museum, Vienne

 

      Dans cette dernière toile, l’artiste, de dos, qui pourrait bien être Vermeer lui-même,peinture,vermeer,delft, se tient au milieu de la toile. Il peint près de la fenêtre une jeune femme, qui joue le rôle de Clio, la muse de la poésie et de l’histoire éclairée par une lumière délicatement colorée. Elle esquisse un curieux sourire…

 

 

 

 

 

 

 

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                        Johannes Vermeer – La maîtresse et la servante, 1667, The Frick collection, New York

 

      A l’évidence, les rares hommes représentés ne servent que de faire valoir aux femmes de Vermeer. Ses femmes… Elles sont transfigurées, le plus souvent seules, méditatives. Elles ont des occupations toutes simples : elles lisent des lettres ou écrivent sous l’œil d’une servante. Parfois, elles pèsent de l’or sur une balance ou jouent du virginal et même de la guitare. Une laitière verse du lait dans une jatte. Une autre admire son collier de perles dans un miroir ou s’apprête à faire sa toilette. Et voici qu’une jeune fille sourit, séduite par ce gentilhomme au large chapeau. Une perle étincelle…

 

 

      A travers la vitre, j’aperçois Flo plantée devant le massif de tulipes, dont je suis si fier, qu’Agnès m’avait aidé à installer à l’automne. Elle m’interroge ironiquement du regard. Sûr qu’elle se moque encore de ma fièvre Vermeerienne ? Elle voit que je la fixe bizarrement. Prudente, elle s’éclipse.

      Demain, j’attaquerai une investigation plus précise des œuvres de Vermeer. Puisque les deux tiers de ses tableaux connus sont à La Haye, je limiterai celle-ci à quelques-unes des toiles, les plus représentatives de l’art du peintre, celles de la pleine maturité à partir des années 1660.

      Le peintre sera peut-être plus bavard que l’homme ?

      Une idée inattendue apparaît dans mon esprit fatigué… Je pourrais scanner ?

      Je possédais depuis peu un scanner d’excellente qualité que j’utilisais habituellement pour agrandir mes plus belles photos personnelles. Il me suffirait de scanner les meilleures reproductions des toiles de Vermeer que je possédais pour obtenir une image parfaite sur mon grand écran de 19 pouces. De plus, je pourrais zoomer sur certaines parties de la toile afin de mieux comprendre la technique du peintre.

       Aussitôt dit, aussitôt réalisé. Parmi les trois ou quatre photos de La jeune fille à la perle que j’ai sous les yeux, je choisis la plus belle, la plus saturée en couleurs. Le turban bleu et jaune éclabousse. Le regard est troublant. J’hésite à l’enfermer dans l’appareil… Allez, c’est pour son bien ! Je la scanne et allume l’ordinateur. Celui-ci, flambant neuf comme le scanner, répond dès la première sollicitation. Il était temps que je change mon matériel informatique dont la décrépitude faisait peine à voir. Notre complicité est telle dans les moments difficiles où je m’efforce de rattraper l’aspect cadavérique d’une image anémiée que je me suis permis d’appeler familièrement mon ami ordinateur « Jojo ».

      Au bout de quelques instants, la jeune fille envahit l’écran, lumineuse. La grande dimension de l’image numérique est extrêmement confortable à regarder et complète admirablement la qualité des photos sur papier glacé.

      Devant mon bureau, les petits carreaux jaunes de la double porte scintillent. C’est pile l’heure où le soleil, en fin de journée, s’enfonce dans les vitres du colombage donnant dans le salon. Les vitraux s’empourprent incrustés de petites paillettes dorées. Cela me rappelle quelque chose, pensai-je rêveur…

 

A suivre…

 

1. Deux petits tableaux    2. Hantise      3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or

 

 

18 décembre 2009

L'âge d'or hollandais - De Rembrandt à Vermeer

 

Mes "coups de coeur"

 

 

      Je reviens une dernière fois sur l'exposition qui se tient actuellement jusqu'au 7 février prochain à la Pinacothèque de Paris. Le Rijksmuseum d'Amsterdam qui s'est séparé de quelques-unes des œuvres qui font sa richesse, les a confiées à la France pour quelques mois. Les reverrons-nous un jour ?

      J'ai consacré mon dernier article exclusivement à Vermeer et sa Lettre d'amour. Je me devais de montrer quelques-unes des autres toiles présentes dans l'exposition.

      Aujourd'hui, je décris mes « coups de cœur » rencontrés tout au long du parcours de visite menant à la petite toile de Vermeer qui clôture l'exposition. Mon choix est évidemment subjectif compte tenu de l'exceptionnelle qualité des toiles présentées.

      Au départ, j'avais prévu de me limiter à 8 tableaux seulement et, finalement, je n'ai pu me résigner à en supprimer certaines. J'ai donc choisi 12 tableaux qui viennent tous du Rijksmuseum. Ceux-ci m'ont paru les plus représentatifs de l'extrême diversité des talents qui oeuvraient dans le bouillonnement artistique de ce siècle d'or.

 

      Un état de grâce submerge la peinture au cours de ce 17ème siècle hollandais...

      Pour la première fois, au Pays-Bas, ce n'est plus l'histoire sainte, la mythologie grecque ou l'histoire qui deviennent le thème central du tableau, mais la vie quotidienne des gens.

      Un art libre s'installe. Le peuple néerlandais est prospère et la demeure familiale s'impose comme le modèle idéal pour le pays. Les principaux acheteurs deviennent des bourgeois aisés. Les peintres se spécialisent en fonction de la demande et de leurs goûts propres : portraits, paysages, natures mortes, églises et scènes de genre. Ces dernières, de dimensions réduites, s'accrochent plus facilement dans les salons. L'art est présent partout, même dans les demeures les plus humbles.

      Quelques uns des plus grands peintres de l'histoire mondiale de la peinture s'épanouissent dans cet âge d'or : Rembrandt, Vermeer et Hals rayonnent, accompagnés par un bouquet de peintres exceptionnels aux talents variés.

 

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Rembrandt Harmensz van Rijn – Le reniement de Saint-Pierre, 1660

      A tout seigneur, tout honneur !

      Rembrandt est considéré comme un des plus grands peintres de tous les temps. Il est le génie universellement admiré.

      Dans ma sélection, il est le seul peintre pour lequel j'ai choisi de présenter deux œuvres. La deuxième œuvre clôturera ma sélection. Je montre Le reniement de Saint-Pierre en premier.

      Je suis resté longtemps planté devant ce tableau qui est, à mes yeux, avec La lettre d'amour de Vermeer, l'œuvre majeure de l'exposition.

      Toute la virtuosité du peintre est concentrée dans cette grande toile montrant une scène biblique. « On ne peut voir un Rembrandt sans croire en Dieu, disait Van Gogh ».

      Quel morceau de peinture ! Une obscurité aux tonalités brunes est percée d'une lumière irréelle qui jaillit en son centre. Cette clarté provient d'une bougie dont la lueur traverse la main d'une servante et éclabousse l'habit et le visage de Saint-Pierre. Sur la droite, dans la pénombre, le Christ se tourne vers le saint dans un ultime reproche.

      La manière exceptionnelle de Rembrandt nous saisit : ambiance crépusculaire, empâtements, transparences lumineuses, couleurs monochromes. Quelque chose de surnaturel...

 

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      Pas facile d'être une femme peintre à cette époque !

      Fille de botaniste et femme de peintre, elle acquiert une technique éblouissante dans la peinture des fleurs. La finesse dans le rendu des détails est d'une précision étonnante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rachel Ruysch – Nature morte de fleurs sur une table de marbre, 1716

 

   

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Hendrick ter Brugghen – Adoration des rois mages, 1619 

      Le peintre voyage en Italie et revient ébloui par Le Caravage dont il reproduit la lumière artificielle et les contrastes dramatiques.

      Les grandes toiles religieuses ne sont pas très courantes à cette époque. J'ai été frappé par l'étrange enfant Jésus au visage de vieillard trempant ses mains dans la coupe qui lui est tendue. Les personnages sont superbement modelés. La finesse et l'harmonie des couleurs éclatent.

 

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Nicolaes Berchem – Troupeau de bétail traversant le gué, 1656 

      Parmi plusieurs paysages, mon choix a porté sur celui-ci. Ce peintre, ami du plus connu des paysagistes hollandais Jacob van Ruysdael, bénéficia d'un important succès de son vivant. Il peignait des paysages remplis de personnages et d'animaux d'une grande maîtrise technique.

      J'aime le coucher de soleil éclairant la scène d'une couleur automnale.

  

portraithomme.jpg         Un style peu conventionnel. Ce peintre est incontestablement le plus talentueux avec Rembrandt dans l'art du portrait. Rembrandt aurait bien pu s'inspirer de cette liberté de touches sans rivale à Haarlem où il résidait. Il avait le talent de fixer à grands traits, rapidement, par des coups de pinceaux forts et vivaces, l'impression fugitive donnée par ses modèles. Déjà l'impressionnisme ?

       Je n'ai pas oublié La bohémienne au regard coquin du Louvre ! Les contemporains de Hals appelaient « l'écriture du maître » cette technique audacieuse et vivante.

       Dans ce portrait, d'une touche relachée et souple il saisit le caractère aristocratique et l'élégance de l'homme. La virtuosité du rendu de la collerette impressionne...

 

 

 

 

 

      Frans Hals – Portrait d’homme, 1635 

 

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      Peintre d'un monde élégant, raffiné.

      Une impression d'éternité poétique se dégage de la jeune femme fille, probablement la sœur de l'artiste, travestie en paysanne.

       Le clair-obscur, la virtuosité des coloris, la douceur de la lumière ne sont pas très éloignés des toiles de Vermeer. Les deux hommes devaient d'ailleurs être intimes car Ter Borch apposa sa signature sur un acte notarié, à côté de celle de Vermeer, deux jours après le mariage de celui-ci.

 

 

 

 

 

                                                                Gérard ter Borch – Jeune fille en costume de paysanne, 1650 

 

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      On discute les prix dans un atelier de tailleur où de jeunes apprentis sont concentrés sur leur ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Quiringh van Brekelenkam – L’atelier du tailleur, 1661

 

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      C'est un éloge de la piété dans la vie quotidienne.

      La femme prie devant son repas. La jouissance des biens du monde doit conduire à Dieu, disait-on. Le chat, symbole de convoitise, tente de profiter de l'extase de cette femme âgée pour s'approprier quelques aliments.

      Une belle lumière accentue l'intimité de la scène.

 

 

 

 

 

 

                                                                                  Nicolaes Maes - Vieille femme en prière, 1656

 

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      On prie beaucoup à cette époque ! Cette fois, il s'agit d'un couple d'humbles paysans. La lumière modestement dispensée par une lucarne sur le côté enveloppe la jeune femme magnifiquement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cornelis Bega – Le bénédicité, 1663 

   

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Pieter de Hooch – Scène d’intérieur avec une mère épouillant son enfant, 1660

       De Hooch fut l'artiste novateur de cette nouvelle peinture de genre hollandaise représentant la vie quotidienne dans des scènes familiales d'intérieurs bourgeois ouverts sur des cours illuminées où des enfants s'amusent.

      Dans cette toile, l'épouillage de l'enfant par sa mère symbolise le bonheur familial et la propreté dont la ville de Delft avait la réputation. L'échappée sur une autre pièce où la lumière pénètre de l'extérieur accentue la perspective et les effets de contre-jour éclairant tout le tableau.

      C'est un éloge de la vie domestique dans un foyer hollandais net et serein...

 

 toilette.jpg       J'adore Jan Steen ! Un surdoué pouvant tout peindre !

      On retrouve son humour décapant dans beaucoup de ses toiles montrant de nombreux personnages de milieu populaire dans des ambiances festives. Ce sont des scènes burlesques ou des représentations des faiblesses humaines : ivrognerie, amour vénal, gourmandise, jeux.

      Même dans la peinture de cette femme assise sur son lit l'humour du peintre reste perceptible. La jeune femme, probablement une courtisane, fait sa toilette dans une attitude un brin érotique. Son visage souriant semble indiquer qu'elle est satisfaite d'elle-même et de son pouvoir de séduction.

       Cela ne semble pas émouvoir le petit chien qui a pris la place dans le lit...

 

 

 

 Jan Steen – Femme à sa toilette, 1660

 

 

       C'est une étonnante toile du fils de Rembrandt, Titus, habillé en moine.peinture hollandaise,pinacothèque,rembrandt,

      A cette époque, le peintre est vieillissant, fatigué. Sa femme Saskia et trois de ses enfants sont morts. Ce portrait exprime de la tristesse.

      Une lumière céleste semble éclairer le visage du jeune homme qui émerge de l'obscurité ocre. Rembrandt pressent-il que ce fils mourra avant lui à 27 ans ?

       « Pour peindre comme ça, il faut être mort plusieurs fois, disait Van Gogh ».

 

 

 

 

 

 Rembrandt Harmensz van Rijn – Portrait de son fils Titus, habillé en moine, 1660, Rijksmuseum, Amsterdam

 

         C'est fini...

      J'ai pris beaucoup de plaisir à montrer ces peintures. De nombreux autres peintres présents dans l'exposition auraient pu figurer dans mes « coups de cœur ». Je pense à Van Ruisdael, Mignon, De Heem, Van de Velde, Pynacker, De Witte... Mais il fallait faire un choix.

      Je pense que vous aurez apprécié la qualité de cette douzaine de toiles qui ne peut que donner envie d'aller les voir de plus près.

  

                                                                                 Alain

 

      J'espère que la vision de ces magnifiques tableaux s'ouvrira pour vous et vos familles sur un Noël lumineux et une excellente fin d'année.

      Je serais heureux de vous retrouver début janvier avec mon ami Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise.