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Si l'art était conté...

  • Une éternelle jeunesse

     

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    Johannes Vermeer – Jeune fille à la perle, 1665, Mauritshuis, La Haye

     

     

         Tout en vous souhaitant une excellente année 2019, je tenais à débuter l’année par un sourire. Pas n’importe lequel, celui de cette jeune femme qui ne cesse de nous éblouir depuis si longtemps et dont on ne se lasse pas.

     

         Une lueur d’espoir vient de s’ouvrir pour les amateurs, comme moi, de très belles images d’œuvres d’art. Le célèbre musée du MAURITSHUIS à La Haye nous offre dorénavant le téléchargement libre en Haute Définition des œuvres de sa collection. Je viens d’obtenir La jeune fille à la perle en HD que je m'empresse de montrer ci-dessus. C’est du très haut niveau… Ne vous en privez pas.

         Le Mauritshuis rejoint ainsi les quelques grands musées dans le monde qui permettent déjà le libre téléchargement en HD de leurs images dont les droits d’auteur sont tombés dans le domaine public. La culture est au prix de la qualité des oeuvres que l'on peut voir et, une nouvelle fois, je cite cette superbe phrase de la National Gallery of Art à Washington :

    Le Musée croit que l'accès accru à des images de haute qualité de ses œuvres nourrit la connaissance, l'érudition et l'innovation, des utilisations inspirantes qui transforment continuellement la façon dont nous voyons et comprenons le monde de l'art.

     

     UNE TRÈS MAUVAISE NOTE : Le musée du Louvre est devenu en 2018 le premier musée mondial en nombre de visiteurs (plus de 10 millions). Malgré cela, il est toujours impossible, sans payer, d’obtenir des images en HD de ses œuvres, ainsi que celles des autres musées français. Personnellement, je n'ai pas encore réussi à en obtenir une, même en payant un prix que l'on ne m'a pas donné. Je réessaierai... 

     

     

         À La vue si touchante de cette Jeune fille à la perle, merveilleuse création de Johannes Vermeer, j'ai tenté de relever mon niveau. Pas facile... Durant les fêtes j'ai écrit le poème qu'elle m'a inspiré et que je vous offre ci-dessous :

     

     

    Bouche humide entrouverte, yeux brillants, 

    Regard caressant.

    Deux perles de lumière rose

    Aux commissures des lèvres, se posent.

     

    La jeune femme me fait face, souriante

    Dans l’éclat de sa jeunesse insolente.

    L’aurai-je dérangée ? 

    Mon rythme cardiaque s’est accéléré.

     

    Son regard croise le mien.

    Il irradie, me retient.

    Son souffle est parfumé,

    Va-t-elle me parler ?

     

    Aériennes, fluides, lisses,

    En glacis superposés, les couleurs glissent

    Vers cette fabuleuse lumière

    Qui n’appartient qu’à Vermeer.

     

    Dans cette figure lumineuse aux contours indécis.

    Galbe de la joue, bouche, nez, semblent imprécis.

    Faut-il compléter les parties manquantes 

    Laissées dans cette peinture fascinante ?

     

    Poussière de perles écrasées,

    Peau douce immaculée,

    Etrange turban exotique dont les plis frémissent,

    À qui appartint-il jadis ?

     

    Qui peut être cette femme troublante

    Une fille de Delft, une jeune servante ?

    Beauté irréelle au visage précieux, fragile,

    Sous son oreille, une perle brille.

     

    Par ce portrait hors du temps

    L’artiste nous transporte habilement

    Bien au-delà de l’apparence,

    Au-delà même de notre propre existence.

     

     

     

  • Le poète de Noël

     

    peinture, Van Gogh, roman Que les blés sont beaux

    Vincent Van Gogh – Portrait d’Eugène Boch, août 1888, Musée d’Orsay, Paris

     

     

         Le 18 août 1888, dans une lettre à Théo, Vincent Van Gogh lui parle d’un ami belge, le peintre Eugène Boch, qu’il a rencontré à Arles :

    « Je voudrais faire le portrait d'un ami artiste, qui rêve de grands rêves, qui travaille comme le rossignol chante, parce que c'est ainsi sa nature. Cet homme sera blond. Je voudrais mettre dans le tableau mon appréciation, mon amour que j'ai pour lui. Je le peindrai donc tel quel, aussi fidèlement que je pourrai [...]. Derrière la tête, au lieu de peindre le mur banal du mesquin appartement, je peins l'infini, je fais un fond simple du bleu le plus riche, le plus intense, que je puisse confectionner, et par cette simple combinaison la tête blonde éclairée sur ce fond bleu riche, obtient un effet mystérieux comme l'étoile dans l'azur profond ».

         Le 31 août, il rajoute dans une lettre :

    « Eh bien, grâce à lui, j’ai enfin une première esquisse de ce tableau, que depuis longtemps je rêve – le Poète. Il me l’a posé. Sa tête fine au regard vert se détache dans mon portrait sur un ciel étoilé outremer profond, le vêtement est un petit veston jaune, un col de toile écrue, une cravate bigarrée. Il m’a donné deux séances dans une seule journée. »

         Ce portrait est, à mes yeux, le plus beau du peintre.

     

     

         Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont gentiment répondu à mon appel, et cela me touche, en achetant ma récente publication QUE LES BLÉS SONT BEAUX dont les bénéfices seront reversés, comme je le mentionne dans le livre, à l’association RÊVES venant en aide aux enfants malades.

       Noël approche… Il est toujours possible de passer commande en cliquant sur l’image du roman en haut du blog.

         En ces veilles de fêtes, je sais que les romans historiques sont très recherchés : les choix se portent essentiellement sur les auteurs célèbres que tout le monde connaît et qui monopolisent cette rubrique Amazon dans laquelle l’art n’est guère représenté. Je vous suis donc d’autant plus reconnaissant de votre geste car je suis l’un des très rares auteurs de romans dont le récit est consacré essentiellement à un peintre.

         Je ne peux me retenir de mentionner une courte partie des très belles phrases qui m'avaient été adressées à l'occasion de la première version numérique du livre il y a presque deux ans :

     

    « Alain n’existait plus. J’imaginais Vincent, narrant au fil des jours son retour de Provence, sa première journée auprès de Théo. J’entendais leurs rires près du portrait du Facteur Roulin. J’étais sans doute une petite souris cachée pas loin et qui rêvait des amandiers en fleurs qui ouvraient ce premier chapitre.

    J’ai entendu déjà des historiens de l’art présenter des tableaux… ils savaient tout, ou presque, de leurs auteurs, de leur style, de ce et ceux qui pouvaient leur être comparés. Mais je n’avais jamais vu le peintre leur tenir la main, les guider dans leur analyse jusqu’à les remplacer.

    Et si les larmes sont venues à la page 229, et que je les ai laissé couler, c’est que comme Alain, alors qu’il déposait le point final sur la dernière page du journal de Vincent, je venais de perdre un ami. »

         Encore merci Quichottine. Quel beau commentaire cela ferait sur le site Amazon du livre !

     

     

    TRÈS HEUREUSES FÊTES DE FIN D’ANNÉE À TOUS AVEC UN SAPIN CROULANT DE CADEAUX

     

     

  • Le VAN GOGH nouveau est arrivé

     

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        Mon roman « Que les blés sont beaux » est désormais disponible (cliquez sur l’image).

     

         Comme je l’ai signalé dans mon article précédent, il se présente en deux versions :

    • Version numérique format Kindle : 4,99 €
    • Version brochée, 250 pages : 16,50 €

        

        Je suis heureux de voir enfin tout le travail de nombreuses années se concrétiser définitivement sous la forme d’un livre.

         C’est notre récompense :

    • La mienne bien évidemment,
    • Celle de Vincent Van Gogh qui a bien voulu me conter sa vérité de ses deux derniers mois dans la petite commune d’Auvers-sur-Oise. Je pense qu’il aurait apprécié cette histoire qui est la sienne,
    • Celle d’enfants gravement malades que les bénéfices résultant de la vente de ce livre reversés à l’association Rêves aideront à s’évader de leur monde de douleur et à reprendre confiance en l’avenir.

     

         Certains d’entre vous ont déjà lu le roman plus ou moins partiellement et sous une autre forme - je pense à ceux qui me suivent depuis le début du blog comme Richard ou Fan, ou Quichottine plus récemment - finalement peu l’ont lu dans son intégralité.

         Pour ceux qui le feuillèteront en entier, j’accueillerais avec grand plaisir sur le site Amazon ou sur le blog (ou les deux), vos remarques et commentaires, positifs ou négatifs, résultant de ces lectures.

     

         Merci par avance et bonne lecture.

     

     

  • VAN GOGH donne sa vérité

     

    écriture, roman, van gogh, édition

    Vincent Van Gogh – Rue d'Auvers, 1890, Ateneum, Helsinki

     

     

         L’autoédition de mon roman « Que les blés sont beaux » a été envoyée ce matin. Je ne suis pas mécontent d’avoir réussi à surmonter les difficultés inhérentes à ce genre de projet. Mes amies Quichottine et Emma connaissent bien… Ce fut un combat.

         J’ai dû me résigner, comme je le pressentais un peu, à publier un livre sans pouvoir montrer, à mon grand regret, les tableaux couleur de l’artiste. La publication d’un ouvrage de 252 pages avec intérieur couleur coûtait trop cher.

         Lorsque j’ai démarré ce projet d’autoédition j’avais deux soucis en tête :

         - Réhabiliter la vraie version que Vincent m’a soufflée de ses deux derniers mois de vie à Auvers-sur-Oise. Grâce aux informations contenues dans son importante correspondance avec sa famille et ses amis, et à notre rencontre dans l’ambiance d’Auvers, il a pu me raconter son activité durant ces deux mois : sa recherche, ses joies, ses doutes, ses souffrances parfois. Il m’a parlé de son amour pour son frère Théo qui l’aidait financièrement, et, surtout, m’a expliqué sa technique et son immense passion pour cette peinture que personne ne comprenait.

        - M’inspirer d’une femme généreuse, Quichottine, qui publia l’année dernière le livre « Voyage » fait à plusieurs mains aux éditions The BookEdition.com. Les bénéfices de ce livre furent versés à l’association Rêves qui permet à des enfants gravement malades de réaliser leurs rêves. J’ai décidé, moi aussi, je sais qu’elle en sera heureuse, de donner intégralement tous les éventuels bénéfices de ma publication à cette association afin d’offrir aux enfants malades la possibilité de s’évader un instant de leur monde de douleur.

         La parution du livre pourrait se faire le week-end prochain ou semaine prochaine. Il sera proposé en deux versions : version numérique (tablettes, liseuses, Smartphones, ordinateurs) à 4,99 €, et version papier à 16,50 € qui pourront être commandées sur le site d’Amazon.fr.

         Je vous préviendrai de la parution. Les étrennes approchent. Merci infiniment.

     

     

    Extrait du premier chapitre QUE LES BLÉS SONT BEAUX :

     

     

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  • Commémorations

     

          Un centenaire…

        Déjà 100 ans sont passés depuis la fin des combats de la Grande Guerre… Les célébrations du jour de l’armistice le 11 novembre 1918 ont duré toute la semaine dernière et m’ont imbibé d’images, paroles patriotiques, musiques militaires, chants, défilés, hommages.

         Un sentiment trouble envahit mes pensées… Tous disparus. Les derniers « poilus » de cette époque sont devenus des fantômes.

         Seul le souvenir reste : En ce samedi 1er août 1914 le tocsin avertit la population de la mobilisation générale. La veille Jean Jaurès a été assassiné au café du Croissant à Paris. Le 3 août c’est la guerre. Les français sont confiants, on leur a tellement dit que nous étions les plus forts. « A Berlin ! Il faut reprendre l’Alsace et la Lorraine ! Ce ne sera pas long… Quelques jours seulement… » En ce début d’été ensoleillé, dans un climat d’optimisme les jeunes hommes quittent leurs familles, femmes et enfants, et, « la fleur au fusil », partent, superbes dans leurs casaques bleues et leurs pantalons garance datant de la guerre de 70. Pouvaient-ils se douter…

         Dimanche soir j’ai vu partiellement à la télé le film « Apocalypse » : des archives de la Grande Guerre montraient l’atrocité des combats d’un réalisme effrayant. Le même jour, l’Arc de Triomphe parisien avait réuni autour du Président de la République une soixantaine de chefs d’Etat pour commémorer l’héroïsme, le sacrifice des soldats français morts pour la patrie. La France avait gagné la guerre après quatre années de douleur… L’écrivain académicien Maurice Genevoix allait entrer au Panthéon…

        Pour me changer les idées, j’allume l’ordinateur et décide de faire une recherche dans internet. Je voulais connaître la vision des artistes ayant peint cette guerre. De nombreux tableaux m’apparaissent, mais l'un d'entre eux m’attire l’œil tout particulièrement car je connais bien ce peintre : John Singer Sargent, un artiste essentiellement connu pour ses portraits d’hommes et de femmes, d’une grande virtuosité.

         Le tableau que j’ai devant les yeux est affreux : l’horreur de la guerre dans ce qu’elle a de plus terrible. Des hommes gazés, aux yeux bandés, aveugles, guidés par des soignants, marchent sur une file au milieu d’hommes souffrant atrocement, agonisants ou morts, étendus sur l’herbe.

     

     

    guerre 14, verdun,

    John Singer Sargent – Gazés, 1918, Imperial War Museum, Londres

     

         Chargé par le Comité britannique des monuments aux morts de peindre un tableau sur la guerre, John Singer Sargent s’était rendu sur le front de l’Ouest en juillet 1918 et avait peint cette scène poignante à laquelle il assista : les allemands avaient utilisé du gaz moutarde contre une division d’infanterie du Royaume-Uni pendant la bataille d’Arras.

         On était loin des portraits raffinés habituels de ce peintre.

         guerre 14, verdun, Je repensais à son superbe portrait de Lady Agnew de Lochnaw.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

     

    John Singer Sargent – Lady Agnew de Lochnaw, 1892,Galerie nationale écossaise, Edinbourg

     

     

         Un ancien souvenir me revenait en mémoire. Il y a quelques années je voulais voir le site de Verdun, lieu de terribles affrontements en 1916, faisant plus de 700.000 victimes, morts et blessés, françaises ou allemandes. Un enfer… j’étais arrivé à la tombée de la nuit, seul dans cet immense cimetière silencieux. Les multiples croix blanches étaient illuminées par les derniers rayons du soleil couchant. Longtemps, j’étais resté sur place, ému, tellement impressionné.

     

     

    https://www.youtube.com/watch?v=iwrc8yV6MJ8

     

    La chanson de Craonne - 1917

     

     

         Cette chanson m’interrogeait...

       Ces hommes partis pour défendre leur pays, ceux dont les noms s’afficheront éternellement sur les monuments aux morts dans les villes et villages de France, ceux dont les commémorations toute cette semaine ont célébré le patriotisme, ces héros… Ces jeunes hommes qui espéraient vivre un futur, possédaient-ils cet esprit de sacrifice lorsqu’ils montaient, vaillants, à l’assaut des mitrailleuses ? Comprenaient-ils quelque chose à tout cela : la boue, leurs compagnons massacrés à leur côté, bientôt ce serait leur tour... Ils partaient faire la guerre au nom de la France ce beau pays dans lequel ils étaient nés ; ils participaient à une boucherie… Où étaient les responsables de ce drame dans lequel l’humain n’était plus que chair à canon ? : Gouvernements, hiérarchie militaire, industriels…

         Je ne savais plus… J’étais mal…

         Perturbé, j’éteins l’ordinateur.

     

     

     

  • Un pastelliste heureux

      

       Comme promis à certains d’entre vous, je montre des toiles de ma période de pratique du pastel. J'utilisais la touche divisionniste des impressionnistes, ce qui n’était pas évident avec la technique du pastel.

     

         Ces pastels ont été réalisés à l'aide de photos prises au cours de mes promenades.

     

     

     

     

     

    Cliché pris lors d'une balade sur les bords du Loing 

     

     

    peinture,pastel

    Alain Yvars – La Seine à Moret-sur-Loing, 2004

     

    (Alfred Sisley est décédé dans cette ville en 1899)

     

     

         En cette saison de Toussaint et d'Halloween, pourvu que la vision de ces modestes tableaux ne vienne pas irriter les âmes des grands artistes qui dorment tranquillement dans les cimetières…

     

    Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
    Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
    Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
    Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
    A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
    Tandis que, dévorés de noires songeries,
    Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
    Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
    Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
    Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
    Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

     

    La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse (extrait) - Les Fleurs du Mal 

    Charles Baudelaire

     

     

     

     

    Cliché pris en cachette au jardin du Luxembourg

     

     

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    Alain Yvars – Mère et sa fille au jardin du Luxembourg à Paris, 2004

     

     

     

     

         Un petit dernier pour la route. 

     

     

     

    Cliché pris sur la cote d'azur. Ma photo du tableau n’est pas excellente.

     

     

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    Alain Yvars – Paysage sur la cote varoise, 2007

     

     

          Ma galerie est bien plus importante, mais sans photos...

         J'ai tenu ma parole. 

         A bientôt.

     

     

  • 5. Des bâtons de toutes les couleurs : Jean Siméon CHARDIN

     

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    Jean Siméon Chardin – Autoportrait à l’abat-jour, 1779, The Art Institute of Chicago

     

         Réédition d’un de mes textes consacré à la technique du pastel et plus particulièrement aux pastels de Jean Siméon Chardin qui figurent parmi les plus beaux de l’exposition parisienne terminée récemment : PASTELS du musée du Louvre 17e et 18e siècles. J’ai apporté quelques modifications mineures à ce récit en partie autobiographique.

     

    « (…) Comme le vieil habit qui enveloppe son corps, sa peau elle aussi a durci et passé. Comme l’étoffe, elle a gardé, presque avivé ses tons roses et par endroits s’est enduite d’une sorte de nacre rosée. Et l’usure de l’une rappelle à tous moments les tons de l’usure de l’autre, étant comme les tons de toutes les choses finissantes, depuis les tisons qui meurent, les feuilles qui pourrissent, les soleils qui se couchent, les habits qui s’usent et les hommes qui passent, infiniment délicats, riches et doux. On s’étonne en regardant comme le plissement de la bouche est exactement commandé par l’ouverture de l’œil à laquelle obéit aussi le froncement du nez. Le moindre pli de peau, le moindre relief d’une veine, est la traduction fidèle et très curieuse de trois originaux correspondants : le caractère, la vie, l’émotion présente. » 

                             Marcel Proust, devant l’Autoportrait aux bésicles en 1895

     

     

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  • 4. Boucher, Perronneau, Russell, et les autres

     

         Ma visite de l’exposition « PASTELS du Musée du Louvre 17e et 18e siècles » se termine. De très beaux pastellistes arrivent...

     

     

    François BOUCHER

     

    « Quelles couleurs ! quelle variété ! quelle richesse d'objets et d'idées ! Cet homme a tout, excepté la vérité. (…) Il est fait pour tourner la tête à deux sortes de personnes, les gens du monde et les artistes. Son élégance, sa mignardise, sa galanterie romanesque, sa coquetterie, son goût, sa facilité, sa variété, son éclat, ses carnations fardées, sa débauche, doivent captiver les petits-maîtres, les petites femmes, les jeunes gens, les gens du monde, la foule de ceux qui sont étrangers au vrai goût, à la vérité, aux idées justes, à la sévérité de l'art. Comment résisteraient-ils au saillant, au libertinage, à l'éclat, aux pompons, aux tétons, aux fesses, à l'épigramme de Boucher. Les artistes qui voient jusqu'où cet homme a surmonté les difficultés de la peinture (...) fléchissent le genou devant lui. C'est leur dieu. Les autres n'en font nul cas. » 

                           Admiration et réprobation de Denis Diderot, Salon de 1761

     

         François Boucher fut l’un des plus célèbres peintres du 18e siècle, essentiellement dans des peintures à l’huile aux coloris vifs et des scènes voluptueuses qu'il ne dédaignait pas parfois de rehausser de pastel.

         Il a fait un très beau pastel de sa fille Marie-Émilie Boucher, dans lequel les bleus et les roses se marient harmonieusement.

     

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    François Boucher – Marie-Émilie Boucher, 1756, Louvre

     

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  • 3. Autres grands pastellistes de l'exposition du Louvre

     

         Je continue ma visite de l’exposition « PASTELS du Musée du Louvre 17e et 18e siècles » qui s’est terminée le 10 septembre dernier.

         Les deux premiers articles étaient consacrés aux célèbres pastellistes Rosalba Carriera et Maurice Quentin de La Tour. Dans ce troisième article et un quatrième article prochain, je montre un aperçu de mes préférés parmi les autres pastellistes exposés.

     

     

    Jean-Marc NATTIER

     

        Jean-Marc Nattier consacra une grande partie de sa vie professionnelle aux portraits, en particulier ceux des dames de la cour de Louis XV qui appréciaient ces charmantes représentations qui les embellissaient.

       Qui peut être cette jolie jeune femme ? Il s’agit du seul pastel de Nattier possédé par le Louvre. L’heureux contraste entre la carnation rosé et les rubans bleutés du visage légèrement incliné, le regard tourné vers nous, en font un des superbes portraits du musée.

     

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    Jean-Marc Nattier – Buste de jeune femme, vue de trois quarts, 1744, musée du Louvre

     

     

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  • 2. Maurice Quentin de La Tour, prince du pastel

     

         A la suite de ma visite au Louvre de la superbe exposition « PASTELS du musée du Louvre 17e et 18e siècles », et après un premier article sur Rosalba Carriera dont la venue à Paris en 1720 lança la mode du pastel en France au 18e siècle, je consacre le présent article au plus célèbre des pastellistes français Maurice Quentin de la Tour qui s’inspirera beaucoup de la vénitienne.

     

    « Que d’attentions, que de combinaisons, que de recherches pénibles pour conserver l’unité de mouvements malgré les changements que produit sur la physionomie et dans les formes la succession des pensées et des affections de l’âme ! »

     

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    Maurice Quentin de La Tour – Autoportrait à l’œil-de-bœuf ou à l’index, 1737, musée du Louvre, Paris

     

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  • 1. Rosalba Carriera : une vénitienne à Paris

     

         En pleine période estivale, je me suis offert une visite au Louvre. La clim était la bienvenue ! Il faut dire que l’affiche était alléchante : PASTELS du Musée du Louvre 17e et 18e siècles.

        Le musée a la chance de posséder la plus importante collection mondiale de pastels des 17e et 18e siècles : 156 pastels du siècle des lumières, uniquement des portraits de nobles et bourgeois fortunés, étaient présents dans cette exposition qui s’est terminée le 10 septembre dernier.

         Un imposant compte-rendu de ma visite montre un aperçu de quelques-uns des chefs-d’œuvre qui ont retenu mon attention. Le choix était particulièrement ardu car la collection du Louvre est exceptionnelle.

        Je me suis vu contraint de laisser de côté les pastels du 17e, moins importants et peu nombreux, pour concentrer mes articles sur le 18e siècle, le siècle d’or du pastel en France. Je vous donne ci-dessous le programme des cinq articles que je vous propose de partager avec moi, tous entièrement consacrés à cette merveilleuse technique du pastel que j'ai beaucoup utilisée à une certaine époque lorsque je peignais pour le plaisir :

         1. À tout seigneur, tout honneur, je parlerai en premier d’une femme, Rosalba Carriera, une vénitienne, à qui l’on doit la mode du pastel au 18e siècle en France. Lors de son passage à Paris en 1720, elle enthousiasma les peintres français par son talent et inspira le grand Quentin de La Tour.

         2. Maurice Quentin de La Tour, le plus célèbre des pastellistes français mérite par la quantité et la qualité de sa production un article pour lui seul.

        3. et 4. Il me faudra deux articles pour montrer les meilleurs à mes yeux parmi les autres pastellistes exposés. Et ils sont nombreux…

         4. Je garderai Jean-Baptiste Siméon Chardin pour le final. Spécialiste de peinture à l’huile, il laissera, sur la fin de sa vie, des pastels parmi les plus beaux de l’exposition. A cette occasion, je rééditerai, avec quelques modifications, un de mes anciens récits dont le thème était consacré au pastel et à Chardin.

         Cinq articles consacrés au pastel vont donc se suivre. Vive le pastel !

     

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    Rosalba Carriera – Autoportrait en hiver, 1730, Gemäldegalerie, Dresde

     

     

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  • Jean Piat, le panache

     

    jean piat,cyrano de bergerac

     

     

         J’ai déjà publié plusieurs articles au moment du décès de personnes que j’aimais : France Gall, Michel Delpech, Jean Ferrat, Aimé Césaire. Tous des grands dans la chanson ou la poésie.

         Une nouvelle fois, un immense artiste vient de nous quitter : Jean Piat. Cela m’a particulièrement touché car j’ai suivi une bonne partie de sa carrière d’homme de théâtre. Le cinéma le délaissa, mais la télévision lui offrit l'un de ses plus grands rôles qui le fit connaître du grand public : l'inoubliable Robert d'Artois des Rois maudits de Maurice Druon. 

         Au cours de ces dix dernières années, je suis allé deux fois voir l’artiste dans des pièces qu’il interprétait avec toujours autant de talent malgré le poids des années : La maison du lac et Pièces d’identité de sa compagne Françoise Dorin décédée elle aussi en début d’année. Il jouait encore l'année dernière sa dernière pièce Love Letters avec Mylène Demongeot.

         Sociétaire de la Comédie Française durant 27 années, Jean Piat joua la plupart des grands rôles du répertoire : Don César du Ruy Blas de Victor Hugo, Figaro du Barbier de Séville de Beaumarchais, et de nombreux autres. "Ah ! Molière, disait-il". Il possédait des qualités d’homme de théâtre exceptionnelles : finesse d’esprit, humour, élégance, un charme amplifié par une voix chaude et des yeux bleus constamment malicieux.

         Il restera l’un des plus brillants interprètes du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand qu’il joua près de 400 fois dans les années 1960. Valeureux, héroïques, tendres, les vers de Rostand vibraient, raisonnaient, s'entrechoquaient dans cette voix superbement timbrée immédiatement reconnaissable. 

         Au moment du grand départ, le 18 septembre dernier, peut-être s’est-il souvenu des dernières paroles de Cyrano mourant qui venait d’avouer à Roxane un amour que sa laideur avait toujours empêché de déclarer.

     

     

    CYRANO DE BERGERAC - Edmond Rostand

     

    Cinquième acte, fin de la scène VI

     

     

     

    Je crois qu’elle regarde…
    Qu’elle ose regarder mon nez, cette Camarde !

    (Il lève son épée.)



    Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais !
    Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !
    Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !
    — Qu’est-ce que c’est que tous ceux-là ! – Vous êtes mille ?
    Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !
    Le Mensonge ?

    (Il frappe de son épée le vide.)



    Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,
    Les Préjugés, les Lâchetés !…

    (Il frappe.)



    Que je pactise ?
    Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !
    — Je sais bien qu’à la fin vous me mettrez à bas ;
    N’importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !

    (Il fait des moulinets immenses et s’arrête haletant.)



    Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose !
    Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
    Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,
    Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
    Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
    J’emporte malgré vous,

    (Il s’élance l’épée haute.)



    et c’est…

    (L’épée s’échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau.)

     

     

    Roxane, se penchant sur lui et lui baisant le front.



    C’est ?…

     

    Cyrano, rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant.

     

     

    Mon panache.