Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

berthe morisot

  • Voir la peinture autrement

     

    Un noir joyeux

     

     

        Esperiidae, mon amie donneuse de voix sur Litterature audio.com, site beaucoup fréquenté par les non-voyants et malvoyants, mais aussi par les curieux de littérature, m’a fait le plaisir d’enregistrer pour la quatrième fois une de mes nouvelles qu'elle sait si bien mettre en valeur.

         Hésitant lorsqu’elle m’a proposé ce projet car je m’imaginais que la vision des tableaux était indispensable à une bonne perception de ceux-ci, je découvre, une nouvelle fois, que la seule force de la voix, sa sensibilité, son timbre, ses modulations et son rythme, permettent une nouvelle approche de la peinture. Les mots parlés donnent vie aux tableaux et confirme la phrase d’un peintre suisse enseignant la peinture à des non-voyants, parlant de « Voir autrement »...

         Ce récit : « Un noir joyeux » conte l’étrange complicité unissant Edouard Manet et Berthe Morisot qui lui servit de modèle durant une quinzaine d’années. 

    Lire la suite

  • Berthe Morisot, modèle d'Edouard Manet

     

    Un noir joyeux

     

     

     

       Jeudi 3 mai 1883

     

         Je ne le reverrai plus…

        Accompagnée d’un soleil déjà chaud à cette heure matinale, une foule nombreuse est venue lui rendre un dernier hommage.

        Toute la famille Manet et des amis entourent le cercueil au cimetière parisien de Passy. Quelques curieux et des amateurs d’art circulent dans les allées. Les amis d’Edouard portent les cordons du drap mortuaire : Antonin Proust, Claude Monet, Emile Zola, Alfred Stevens, Fantin-Latour et Théodore Duret. Rudolf Leenhoff, son beau-frère a sculpté la pierre tombale.

         - Tenez-vous à mon bras Berthe, me dit Renoir debout à mes côtés.

        Trois jours que je porte le deuil. Ma détresse est profonde. Tout s’est passé si vite. Depuis plusieurs années, j’assistais, impuissante, à la terrible maladie d’Edouard. Il y a une dizaine de jours un docteur avait décidé l’amputation d’une jambe, ce qui n’avait eu pour effet que d’augmenter les souffrances du malade. Chaque jour, avec Eugène, nous venions le voir. L’agonie avait été cruelle.

         J’aimais cet homme, ces moments d’intimité joyeuse où il me racontait tout ce qui lui passait par la tête, les longues heures de pose offerte à son regard malicieux, nos fous rires.

         Quinze années déjà…

     

     

    Lire la suite

  • 1886 - 8ème et dernière exposition impressionniste

     

    peinture, morisot, marmottan

    Edouard Manet – Portrait de Berthe Morisot étendue, 1873, musée Marmottan, Paris

     

          Cette note termine le cycle en 3 parties que j'ai consacré à cette femme de grand talent que fut Berthe Morisot.

          Comme je l'avais fait pour la première exposition impressionniste de 1874, j'ai imaginé cette nouvelle lettre envoyée par Berthe Morisot à sa soeur Edma, douze années plus tard. Le groupe des peintres impressionnistes traverse des difficultés internes...

     

    Lire la suite

  • 1874 - Première exposition impressionniste

     

    peinture,écriture,berthe morisot,impressionnisme

     

           La première rétrospective présentée à Paris depuis 1941 de l’œuvre de Berthe Morisot s’est ouverte le 8 mars dernier au Musée Marmottan à Paris. Je suis un amoureux fervent, et depuis longtemps, de cette femme impressionniste aux talents multiples. On la disait austère, triste, mélancolique. Elle peignait le bonheur…

          Ayant visité l’expo sans tarder, j’en parlerai dans une prochaine note.

          Dans un article déjà ancien, j’avais imaginé une lettre écrite par Berthe à sa sœur Edma, habitant à Lorient depuis son mariage. Elle lui parlait de cette importante exposition d'avril 1874 organisée par les peintres avant-gardistes que le Salon officiel s’obstinait à refuser.

          A l’occasion de cette brillante rétrospective parisienne, j’ai eu envie de modifier et publier à nouveau ce courrier que Berthe Morisot aurait pu avoir rédigé elle-même…

       

    Lire la suite

  • Le temps qui passe

     

     

     

    berceau.jpg

    Berthe Morisot – Le berceau, 1872, Musée d’Orsay, Paris

     

     

    Je me souviens encore de ce premier jour de décembre

    où j'entrai anxieux dans la chambre.

    Tu étais là, petit être fragile,

    Dans un lit douillet tu reposais tranquille.

     

    Intimidé, presque ridicule,

    Je m'approchai et frôlai tes mains minuscules.

    Tu le sentis et tes doigts agiles

    Agrippèrent mon pouce d'un geste déjà habile.

     

     

    Ta maman dormait dans une pièce voisine ;

    Ravi, je contemplai ton expression mutine.

    Devant toi ce jour là je compris

    Pour la première fois l'importance de la vie.

     

    La plus belle oeuvre d'art

    Est éclipsée par le premier regard

    D’un nouveau-né qui ne demande rien

    Hormis un tendre câlin.

     

    Nous avons vieilli toi et moi,

    Le temps nous a imposé sa loi,

    Mais j’ai encore en mémoire ce jour de ta naissance

    Où je fis ta connaissance.

     

     

     

                                                                    Alain

     

     

     

     J'adresse ces mots à ma fille née un 1er décembre