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01 décembre 2009

Le temps qui passe

 

 

 

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Berthe Morisot – Le berceau, 1872, Musée d’Orsay, Paris

 

 

Je me souviens encore de ce premier jour de décembre

où j'entrai anxieux dans la chambre.

Tu étais là, petit être fragile,

Dans un lit douillet tu reposais tranquille.

 

Intimidé, presque ridicule,

Je m'approchai et frôlai tes mains minuscules.

Tu le sentis et tes doigts agiles

Agrippèrent mon pouce d'un geste déjà habile.

 

 

Ta maman dormait dans une pièce voisine ;

Ravi, je contemplai ton expression mutine.

Devant toi ce jour là je compris

Pour la première fois l'importance de la vie.

 

La plus belle oeuvre d'art

Est éclipsée par le premier regard

D’un nouveau-né qui ne demande rien

Hormis un tendre câlin.

 

Nous avons vieilli toi et moi,

Le temps nous a imposé sa loi,

Mais j’ai encore en mémoire ce jour de ta naissance

Où je fis ta connaissance.

 

 

 

                                                                Alain

 

 

 

 J'adresse ces mots à ma fille née un 1er décembre

20 juillet 2009

Adieu l'abbé, on t'aimait bien

 

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Le français préféré des français est décédé le 22 janvier 2007.

A cette occasion, j'avais eu envie d'adresser au Mouvement Emmaüs ce petit poème en leur demandant de le lui transmettre.

Je pense qu'il ne m'en voudra pas de le publier sur ce blog.

 

 

 

 

 

Adieu l’abbé

 

 

 

 

  

Adieu l’abbé, on t’aimait bien,

Nous les français, on t’aimait bien, tu sais.       (Merci Brel…)

Tu étais fripé, pas rasé, vieux.

Petit curé malingre, tu en as fait des envieux !

 

Champion des causes perdues,

Tu n’as jamais déçu.

Tu bravais les lois

Pour qu’une femme, un vieillard, dorment sous un toit.

 

Les puissants te craignaient.

Bien sûr, tu les bousculais !

Tu ne lâchais rien, vieux coquin,

Pour aider les clodos, les moins que rien,

Que la société rejetait

Parce qu’ils étaient suspects.

 

« Mes amis, je veux partir », disais-tu,

Le criant sans cesse, d’un air têtu.

« Vivement les grandes vacances ! »

Clamais-tu avec impatience.

 

C’est fait !

Ton Seigneur t’attendait depuis longtemps, vieille canaille,

Mais il savait que tu avais encore du travail.

Il a dû être satisfait en voyant ton sourire d’éternel gamin

Et ton regard malin.

 

Tu voulais retrouver le « Dieu amour »,

Te voila avec lui pour toujours.

Fini les combats, les disputes, les perfidies,

Cela n’existe pas dans ta nouvelle vie.

 

Alors profite l’abbé,

Tu l’as bien mérité.

Dieu doit avoir près de lui quelques jolies naïades,

Mais modère tes embrassades.

Garde un peu d’énergie,

Si par hasard tu croisais quelques sans-logis.

 

Dans l’esprit de beaucoup, Pierre, tu es un saint.

L’église ne le reconnaîtra pas, mais cela ne fait rien.

Pour nous, un saint est celui qui fait le bien,

Et là, Pierre, tu étais le meilleur

Toujours à l’écoute de ton cœur.

 

Si tu as un peu de temps, l’abbé, demande à Dieu

Qu’il s’occupe un peu plus des gueux,

Des miséreux qui n’ont rien,

Ce sont des humains…

Qu’il soit un Dieu pour tous et pas pour quelques-uns.

Mais on y pense, Pierre, toi… en Dieu… tu aurais été bien.

 

                                                                                                          Alain

 

18 août 2008

Nostalgie parisienne

 

   Je dédie ce poème à une jeune landaise de seulement 60 ans, nouvelle retraitée depuis quelques mois. C'est une nouvelle vie qui commence...

 

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                                                                La tour Eiffel - Raoul Dufy

 

 

  

 

1967, tu te souviens, c’était hier,

Le jour où tu partis peu fière,

Toi la petite provinciale,

En direction de la Capitale.

 

Tu quittais tes parents, les Landes, ce que tu aimais ;

Tu avais dix neuf ans et plein de projets.

Le monde, lui, était immense,

Tu voulais faire sa connaissance.

 

Tu t’imaginais la ville lumière

Belle et altière,

Et tu ne vis que des murs gris

Un tant soit peu décrépis.

 

Pourtant, tout te parut beau,

Notre-dame, la Seine, les rues et leurs tacots ;

La Tour Eiffel touchait le ciel,

Tu entendais des ritournelles.

 

A ton premier jour de travail,

Le métro, grosse chenille, avait un air canaille.

Les collègues te firent la bise ; l’un d’eux dit hypocrite :

« Elle paraît brave cette petite ! »

 

Qu’elle était grande cette ville ! ;

Tu te sentais si fragile.

Ensuite le temps passa très vite,

Et vinrent les grèves de soixante-huit.

 

Au milieu des manifs tu devenais parisienne ;

Leur cause était la tienne.

Les pavés pleuvaient, les sirènes hurlaient, les CRS couraient…

Et le grand Charles causait.

 

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Tu te disais : « Vive la liberté

 
 
Pourvu qu’elle rime avec gaîté ! »

Slow-club, Mimi Pinson, Boléro, bals musettes,

Olé ! Tous les soirs c’était la fête.

 

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Te souviens-tu des périodes de disette

Où tu te sentais moins guillerette ?

Les Landes et ses victuailles étaient bien loin,

Certains jours tu avais faim.

 

Alors, seule dans ta chambrette couleur pastel,

Le foie gras de ta mère avait un goût de miel.

Sur une biscotte, tu l’étalais avec entrain,

La lueur d’une bougie éclairant ce royal festin.

 

Tout a une fin !

Il fallut redescendre, quitter les amis, les copains.

Sur le quai en arrivant tu avais le cœur gros,

Heureusement, il y avait Nano !    *

 

Du temps a passé 

Depuis Paris et ces trois longues années.

Tu nous en parles parfois,

Avec des frissons dans la voix…

 

 

 

                                                                  Alain

 

 

 

 

*    Nano deviendra son mari