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20 juillet 2009

Adieu l'abbé, on t'aimait bien

 

AbbePierre.jpg

Le français préféré des français est décédé le 22 janvier 2007.

A cette occasion, j'avais eu envie d'adresser au Mouvement Emmaüs ce petit poème en leur demandant de le lui transmettre.

Je pense qu'il ne m'en voudra pas de le publier sur ce blog.

 

 

 

 

 

Adieu l’abbé

 

 

 

 

  

Adieu l’abbé, on t’aimait bien,

Nous les français, on t’aimait bien, tu sais.       (Merci Brel…)

Tu étais fripé, pas rasé, vieux.

Petit curé malingre, tu en as fait des envieux !

 

Champion des causes perdues,

Tu n’as jamais déçu.

Tu bravais les lois

Pour qu’une femme, un vieillard, dorment sous un toit.

 

Les puissants te craignaient.

Bien sûr, tu les bousculais !

Tu ne lâchais rien, vieux coquin,

Pour aider les clodos, les moins que rien,

Que la société rejetait

Parce qu’ils étaient suspects.

 

« Mes amis, je veux partir », disais-tu,

Le criant sans cesse, d’un air têtu.

« Vivement les grandes vacances ! »

Clamais-tu avec impatience.

 

C’est fait !

Ton Seigneur t’attendait depuis longtemps, vieille canaille,

Mais il savait que tu avais encore du travail.

Il a dû être satisfait en voyant ton sourire d’éternel gamin

Et ton regard malin.

 

Tu voulais retrouver le « Dieu amour »,

Te voila avec lui pour toujours.

Fini les combats, les disputes, les perfidies,

Cela n’existe pas dans ta nouvelle vie.

 

Alors profite l’abbé,

Tu l’as bien mérité.

Dieu doit avoir près de lui quelques jolies naïades,

Mais modère tes embrassades.

Garde un peu d’énergie,

Si par hasard tu croisais quelques sans-logis.

 

Dans l’esprit de beaucoup, Pierre, tu es un saint.

L’église ne le reconnaîtra pas, mais cela ne fait rien.

Pour nous, un saint est celui qui fait le bien,

Et là, Pierre, tu étais le meilleur

Toujours à l’écoute de ton cœur.

 

Si tu as un peu de temps, l’abbé, demande à Dieu

Qu’il s’occupe un peu plus des gueux,

Des miséreux qui n’ont rien,

Ce sont des humains…

Qu’il soit un Dieu pour tous et pas pour quelques-uns.

Mais on y pense, Pierre, toi… en Dieu… tu aurais été bien.

 

                                                                                                          Alain