Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18 août 2008

Nostalgie parisienne

 

   Je dédie ce poème à une jeune landaise de seulement 60 ans, nouvelle retraitée depuis quelques mois. C'est une nouvelle vie qui commence...

 

La tour Eiffel - Raoul Dufy.jpg
 

                                                                La tour Eiffel - Raoul Dufy

 

 

  

 

1967, tu te souviens, c’était hier,

Le jour où tu partis peu fière,

Toi la petite provinciale,

En direction de la Capitale.

 

Tu quittais tes parents, les Landes, ce que tu aimais ;

Tu avais dix neuf ans et plein de projets.

Le monde, lui, était immense,

Tu voulais faire sa connaissance.

 

Tu t’imaginais la ville lumière

Belle et altière,

Et tu ne vis que des murs gris

Un tant soit peu décrépis.

 

Pourtant, tout te parut beau,

Notre-dame, la Seine, les rues et leurs tacots ;

La Tour Eiffel touchait le ciel,

Tu entendais des ritournelles.

 

A ton premier jour de travail,

Le métro, grosse chenille, avait un air canaille.

Les collègues te firent la bise ; l’un d’eux dit hypocrite :

« Elle paraît brave cette petite ! »

 

Qu’elle était grande cette ville ! ;

Tu te sentais si fragile.

Ensuite le temps passa très vite,

Et vinrent les grèves de soixante-huit.

 

Au milieu des manifs tu devenais parisienne ;

Leur cause était la tienne.

Les pavés pleuvaient, les sirènes hurlaient, les CRS couraient…

Et le grand Charles causait.

 

08_17_1.JPEG

 
 

 

Tu te disais : « Vive la liberté

 
 
Pourvu qu’elle rime avec gaîté ! »

Slow-club, Mimi Pinson, Boléro, bals musettes,

Olé ! Tous les soirs c’était la fête.

 

08_17_0.JPEG

 

Te souviens-tu des périodes de disette

Où tu te sentais moins guillerette ?

Les Landes et ses victuailles étaient bien loin,

Certains jours tu avais faim.

 

Alors, seule dans ta chambrette couleur pastel,

Le foie gras de ta mère avait un goût de miel.

Sur une biscotte, tu l’étalais avec entrain,

La lueur d’une bougie éclairant ce royal festin.

 

Tout a une fin !

Il fallut redescendre, quitter les amis, les copains.

Sur le quai en arrivant tu avais le cœur gros,

Heureusement, il y avait Nano !    *

 

Du temps a passé 

Depuis Paris et ces trois longues années.

Tu nous en parles parfois,

Avec des frissons dans la voix…

 

 

 

                                                                  Alain

 

 

 

 

*    Nano deviendra son mari