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Mary Cassatt de retour à Paris

 

   Le Musée Jacquemart-André présente actuellement l’exposition : Mary Cassatt, une impressionniste américaine à Paris qui rassemble diverses œuvres de l’artiste et permet de redécouvrir son talent.

     C’est la première fois depuis le décès du peintre en 1926 qu’une rétrospective lui est consacrée à Paris. Je montre, ci-dessous, un échantillon représentatif des œuvres que j’ai préférées.

     Cela va me donner l’occasion de rapprocher les toiles de deux amies : Mary Cassatt et Berthe Morisot. Elles faisaient partie du groupe des peintres impressionnistes et exposaient ensemble. Leurs thèmes de prédilection étaient souvent les mêmes : la féminité, les enfants, les maternités.

 

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Mary Cassatt – Autoportrait, 1880, Galerie nationale du portrait, Washington

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Berthe Morisot – Autoportrait, 1885, musée Marmottan, Paris

 

 

 

     Courageuse et déterminée cette petite américaine qui parlait couramment français, adorait la France, et vivra plus de soixante ans dans notre pays !

    Déçue par des études artistiques à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie, elle n’hésite pas en 1865, à 21 ans, à partir pour Paris pour continuer son apprentissage. Elle restera plusieurs années dans la capitale française et visitera l’Europe pour s’inspirer des maîtres anciens. A ces débuts, plusieurs de ses œuvres seront acceptées par le jury du Salon officiel.

     Sa grande chance va survenir en 1877. Le peintre Edgar Degas la repère par hasard dans un salon et l’invite à se joindre au groupe des impressionnistes. Elle expose pour la première fois avec le groupe en 1879, propose une douzaine d’œuvres, et vend deux tableaux. Elle montre son premier chef-d’œuvre : Petite fille dans un fauteuil bleu, dont la touche libre la révèle comme « impressionniste ».

  

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Mary Cassatt – Petite fille dans un fauteuil bleu, 1878, National Gallery of Art, Washington

 

    L’aventure peut commencer. Sa carrière va se faire au même rythme que celle des membres du groupe impressionniste qui exposent indépendamment du Salon. Elle participe à leurs expositions annuelles, jusqu’à la dernière qui a lieu en 1886. Elle devient très vite amie avec Edgar Degas, Camille Pissarro et Berthe Morisot.

     A partir des années 1890, sa contribution, avec le soutien de son amie madame Havemeyer, grande collectionneuse américaine d’œuvres impressionnistes, de sa famille américaine, et du marchand d’art Durand-Ruel, permettra de faire connaître et vendre la peinture impressionniste aux Etats-Unis. Ses amis peintres lui doivent beaucoup !

   Sa célébrité va devenir grandissante dans son pays et en France où elle jouit rapidement d’une notoriété comme « peintre de la Madone moderne ».

    Encouragé par Degas, elle se mettra à la gravure par la technique de l’eau-forte et deviendra une grande spécialiste de l’estampe. Pour s’amuser, Degas fera deux estampes de Mary Cassatt en visite au Louvre, l’une en contemplation dans la Galerie étrusque, et l’autre dans la Galerie de Peintures. Je les montre ci-dessous :

 

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     Très intéressée par la mode, Mary peint sa sœur Lydia dans une élégante robe rose. peinture,mary cassatt,impressionnismeCe tableau est admiré à l’exposition de 1881.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mary Cassatt – La tasse de thé, 1880, The Metropolitan Museum of Art, Washington

 

     Berthe Morisot apprécie elle aussi l'élégance des femmes : peinture,berthe morisot,impressionnisme 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Berthe Morisot – Femme à l’éventail ,ou Au bal, 1875, musée Marmottan, Paris

 

     Le canotage était à la mode en cette fin du 19e siècle en France.

 

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Mary Cassatt – L’été, 1894, Fondation Terra pour l’Art Américain, Chicago

 

   Je retrouve dans le tableau de Berthe Morisot la même touche totalement impressionniste, toute en vibration lumineuse :

 

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Berthe Morisot – Le lac du bois de Boulogne, 1879, The National Gallery, Londres

 

     Les peintures, plus particulièrement les pastels, de Mary Cassatt atteignent des sommets dans un style très libre constitué de touches nerveuse, incisives, et la propension à laisser les toiles inachevées. Une nouvelle fois, nous pouvons la rapprocher de Berthe Morisot dont Emile Blanche disait : « La seule femme peintre qui ait su garder la saveur de l’incomplet et du joliment inachevé. »

 

     Des enfants :

 

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Mary Cassatt – Portrait de mademoiselle Anne-Marie Durand-Ruel, 1908, Collection particulière

 

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Berthe Morisot – La lecture, 1888, musée des Beaux-Arts, Saint-Pétersbourg

 

     D'autres enfants :

 

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Mary Cassatt – Fillette au chapeau bleu, 1911, collection particulière 

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Mary Cassatt – Simone portant un chapeau à plume, 1900, collection particulière

 

     L’on retrouve la même technique chez son amie Berthe.

 

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Berthe Morisot – Les pâtés de sable, 1882, collection particulière

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Berthe Morisot – Fillette au jersey bleu, 1886, collection particulière

 

     La Madone moderne… Mary Cassatt va rapidement devenir la spécialiste des sujets mère-enfant. Elle va se concentrer sur ce thème de manière sérielle comme le faisaient Monet avec ses meules ou Degas avec ses scènes de ballet. Le public est conquit et ses maternités sont hautement appréciées au niveau international.

 

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Mary Cassatt – Mère  à l'enfant – le miroir ovale,1899, The Metropolitan Museum of Art New York

 

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Mary Cassatt – Bébé dans un costume bleu, regardant par-dessus l'épaule de sa mère, 1885, Musée d’art de Cincinnati

 

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Mary Cassatt – Jenny et son enfant, 1889, Terra Foundation for American Art, Chicago

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Mary Cassatt – Femme assise avec un enfant dans ses bras, 1890, musée des Beaux-Arts de Bilbao

 

     On ne retrouve pas chez Berthe Morisot de maternités comparables à celles de Mary Cassatt. Par contre, j’aime la paternité ci-dessous, montrant son mari Eugène Manet jouant avec sa toute jeune enfant Julie. C’est une scène intime entre le père et la fille, les deux amours de l’artiste. La toile est parcourue de vibrations colorées et de touches nerveuses multiples qui lui donnent toute son harmonie.

 

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Berthe Morisot – Eugène Manet et sa fille à Bougival, 1881, Musée Marmottan, Paris

 

 

Mary Cassatt restera dans l’histoire de l’art comme une des artistes qui a le mieux réussi à transmettre le sentiment de tendresse entre une mère et son enfant.

 

 

Commentaires

  • Il faudra que j'aille voir l'expo.
    J'aime énormément ces tableaux.
    Passe une douce journée.

  • Ce ne sera pas une journée de perdue. D'autant plus que ce musée à lui tout seul est une oeuvre d'art.
    Belle journée.

  • Que j'ai apprécié ta présente intervention, Alain, certes pour avoir "rendu vie " à Marie Cassatt dont, avant d'autres articles dans lesquels tu y faisais allusion, je ne connaissais pas vraiment l'oeuvre, mais surtout pour ta mise en lumière des sujets traités en commun par ces deux immenses talents féminins de cette époque impressionniste si riche, dont les hommes, il faut bien le remarquer, constituent essentiellement, à tout le moins dans le chef des historiens de l'Art, les seules figures marquantes.

  • En ce beau 19e français pour les arts, l’immense majorité des peintres étaient effectivement des hommes, mais quelques femmes peintres de grand talent s’immisçaient parmi eux.
    Parmi les impressionnistes, outre Berthe Morisot et Mary Cassatt, il ne faut pas oublier leurs amies, excellentes peintres qui exposèrent avec elles : Marie Bracquemond et Eva Gonzalès, muse, comme Berthe Morisot, d’Eugène Manet. A la même période, il faut rajouter la célèbre peintre animalière Rosa Bonheur, et Nélie Jacquemart, à qui l’on doit le musée, ainsi que Léonide Bourges, amie de Daubigny et Corot, sans oublier l’excellente Madeleine Lemaire.
    Personnellement, je rajouterai sur une partie du 19e, la grande Elizabeth Vigée Lebrun, et, à la fin du siècle, Suzanne Valadon.
    Toutes ces femmes apportaient leur sensibilité féminine et étaient très respectées par les peintres masculins qui reconnaissaient leurs qualités.

  • l'expo est elle centrée sur le thème mère enfant ? un thème charmant qu'elle a formidablement bien servi, mais qui semble réduire ces femmes peintres à ce qu'on attend d'elles, douceur et tendresse.
    Peut être parleras tu de ses autres œuvres, dont la vigueur, la somptuosité, la hardiesse n'ont rien à envier à celles de leurs collègues masculins ? ce qui est étonnant aussi, est l’étendue et la variété de ses styles, d'un presque classicisme précieux comme son toreador, au dépouillement qui confine à l'estampe, et à la touche nerveuse de certains pastels qui fait penser à Toulouse Lautrec... sans aucun doute une belle artiste, merci, Alain

  • Je pense avoir donné un parfait échantillon de l’expo. A part des estampes colorées que je n’ai pas montrées, la grande spécialité de Mary tournera toujours autour de la féminité, de l’enfance et de la maternité. Elle excellait dans le genre mère-enfants qu’elle faisait en série car sa clientèle lui réclamait. Elle n’a jamais eu d’enfant et cela lui permettait peut-être d’assouvir un manque.
    Mary aborda peu d’autres thèmes. Curieusement, contrairement à ses amis impressionnistes, les paysages et les jardins où elle habita ne l’inspiraient guère.
    Mary Cassatt était à l’avant-garde des artistes américains puisqu'elle avait adopté le style parisien le plus novateur.
    A ses débuts, elle savait qu’il existait parmi les collectionneurs américains un marché pour les thèmes espagnols. Cela l’incita à faire un voyage de plusieurs mois en Espagne et le torero date de cette période. Une joueuse de mandoline sera son premier envoi au salon officiel et sera acceptée. C'était sa période classique.
    L’inachevé, surtout au pastel, restera ce qu’elle faisait à la perfection, comme son amie Berthe, ainsi que Toulouse-Lautrec, Degas ou Van Gogh.
    Cette grande artiste aurait du avoir depuis longtemps une reconnaissance officielle.
    Bel fin d’après-midi, Emma.

  • Je me souviens avoir vu quelques unes de ses oeuvres à Giverny au musée de l'art américain lors mon périple dans ce merveilleux village où les artistes abondent et où je me suis assise sur le canapé de Monet dans son atelier!! Mary a beaucoup aidé les peintres de son époque tout en étant talentueuse!! Bisous Fan

  • Le canapé de Monet… Quelle fierté de s’asseoir dessus ! Je ne me moque pas car je l’ai fait moi aussi.
    Il y avait effectivement quelques toiles de Mary dans ce musée. Celui-ci, avec la maison de Monet non loin, reste une des visites les plus intéressantes à faire dans cette région.
    L’auberge du village, refuge des artistes américains fréquentant Giverny à cette époque, accueilli Mary Cassatt qui aimait la Normandie.
    Excellente fin de journée.

  • Bonsoir Alain,
    Que j'aime cette petite fille dans un fauteuil bleu... Expression "d'entre deux rives", petit bout de femme "croqué" par un pinceau plein de charme et de fraîcheur... Et ce tourbillon de féminité si beau, si doux... Des talents à l'état pur avec une exigence artistique qui n'a rien à envier à celle des peintres "hommes" célèbres.
    Et comme j'apprécie de pouvoir lire votre article et regarder ces tableaux (trop de journées écoulées à ne rien voir en raison d'un méchant sillage de crises épileptiques qui m'ont explosé la vue pendant un temps qui n'en finissait pas...)
    J'ai pu profiter des fleurs du Printemps entre deux giboulées de crises et je vous remercie de votre gentil petit mot que je viens de trouver.
    Vous nous alléchez avec cet article et vous donnerez sûrement envie aux promeneurs de votre blog de se rendre là où s'épanouissent ces oeuvres remarquables.
    Merci à vous
    Et comme vous faisiez allusion au muguet dans votre commentaire, je prends plaisir à vous déposer ici, en pensée, des brins nacrés et parfumés
    Belle soirée à vous et bon premier mai
    Amitiés
    Cendrine

  • Une grande femme peintre cette petite américaine qui débarqua à Paris pour s’instruire et ne nous quitta plus.
    La fillette dans un fauteuil bleu est superbement mise en valeur dans l’expo. Sa conception a été supervisée par son ami Degas qui l’a même aidée pour certains détails de perspective. Ces deux là étaient faits pour s’entendre malgré que Degas était assez bourru, mais moins avec les femme comme Berthe Morisot aussi.
    Le musée Jacquemart-André fait plaisir à de nombreux amoureux de cette femme impressionniste qui aida beaucoup à faire connaître ses amis du groupe. Ce musée à lui tout seul est une œuvre d’art qu’une autre femme peintre Nélie Jacquemart a créé avec son mari. C’est toujours un bonheur de s’y rendre, même si je le connais vraiment très bien.
    J’espère que vous vous portez mieux. J’ai vu que vous publiez beaucoup d’articles printaniers. Cela remonte le moral et permet de positiver cette belle saison dont nous avons tellement besoin.
    Merci pour les brins nacrés et parfumés que vous déposez sur ce blog. J’adore le muguet qui est une de mes fleurs préférés, ne serait-ce que par la délicatesse de sa forme et, surtout, ce parfum qui s’infiltre en nous sans nous lâcher. Si le temps le permet, il faudrait que j’aille voir en forêt comme je le fais tous les ans. La forêt d’Armainvilliers est un réservoir de muguet. J'ai voulu mettre une photo de muguet sur votre blog mais j'ai toujours du mal à le faire. Il va falloir que j'étudie cela.
    Joyeux 1er mai en pleine forme, Cendrine.
    Amicalement.

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