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05 juillet 2010

La puce

 

 

 la tour - la femme à la puce - musée nancy.jpg

Georges de la Tour – La femme à la puce, Musée historique lorrain, Nancy

 

   

 

Poème

 

  Une jeune puce insouciante

 Escaladait nonchalante

 La manche tricotée

 D’un vieil homme attablé.

  

Celui-ci, brusquement, leva son verre

 Dans une attitude familière,

 Bousculant la bestiole volage

 Qui plongea dans l’épais lainage.

  

Le calme revenu aux alentours

 Et profitant d’un contre-jour,

 La puce se remit à sauter

 Sous l’œil surpris du bonhomme amusé.

  

Etonné par son allure peu farouche

 Il l’examinait d’un œil louche,

 Evitant de trop bouger

 Ne voulant pas la déranger.

 

L'animal s’aventura jusqu’à la main

 Qu’il escalada d’un bond opportun,

 Atterrissant sur le pouce

 Qui frémit sans aucune secousse.

  

Le vieillard solitaire, en manque de tendresse,

 De la puce appréciait la joliesse,

 Admirait sa grâce coquine

 Et son allure mutine.

  

Il s’apitoyait devant sa petitesse,

 Son apparente faiblesse,

 Pouvait-elle devenir son amie

 Pensait-il attendri ?

  

La puce sautillait sur la peau accueillante,

 Souple et attirante.

 L’homme séduit, ravi,

 Etait heureux, déjà conquis.

    

La puce prenait ses aises,

 Un petit doigt lui servit de trapèze,

 Elle s’élança vers l’annulaire

 D’une savante pirouette dans les airs.

 

Le bonhomme voulu dans un élan de tendresse

 Lui donner une simple caresse.

 Il approcha doucement l’autre main

 Dans un geste incertain.

 

Du vieillard, le discret mouvement furtif

 effraya l’insecte craintif.

  La puce hésita à piquer

 Et d’un saut s’enfuit apeurée.

  

Accablé par sa maladresse,

 Le vieil homme, en grande détresse,

 contempla sa main désertée

 Par son amie soudainement envolée.

 

Effondré, il saisit la bouteille familière,

 Sans hésiter approcha son verre,

 L’emplit du liquide carmin

 Et dans l’alcool noya son chagrin.

 

 

                                                                                           Alain