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14 mars 2010

A Jean, le poète

 

 
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JEAN FERRAT

 

 

      La mort d'un poète est toujours une perte pour l'humanité.

      Nous n'entendions plus assez cette voix chaude, ce timbre clair, cette musique lumineuse et ces textes tendres, provocateurs parfois. Jean Ferrat était un homme discret, pudique, engagé, retiré dans l'Ardèche depuis quarante ans, loin des paillettes du monde médiatique.

      J'ai ressenti le besoin de réécouter des anciennes cassettes que je possédais. Je partage avec vous quelques bouts de refrains et phrases dont je dépose les mots en vrac :

 

Pour les enfants des temps nouveaux

Restera-t-il un chant d'oiseau

 

Ils s'appelaient Jean-Pierre Natacha ou Samuel

Certains priaient Jésus Jéhovah ou Vichnou

D'autres ne priaient pas mais qu'importe le ciel

Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

 

Je twisterais les mots s'il fallait les twister

Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

 

Et c'était comme si tout recommençait 

La vie l'espérance et la liberté

Avec le merveilleux le miraculeux voyage

De l'amour

 

Ma môme elle joue pas les starlettes

Elle met pas des lunettes de soleil

Elle pose pas pour des magazines

Elle travaille en usine

A Créteil

 

Pourtant que la montagne est belle

Comment peut-on s'imaginer

En voyant un vol d'hirondelle

Que l'automne vient d'arriver

 

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement

       

Au grand soleil d'été

Qui court de la Provence

Des genets de Bretagne

Aux bruyères d'Ardèche

Quelque chose dans l'air a cette transparence

Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche

Ma France

 

 M'en voudrez-vous beaucoup

Si je vous dis un monde

Où celui qui a faim va être fusillé

Le crime se prépare et la mer est profonde

Que face aux révoltés montent les fusillés

C'est mon frère qu'on assassine

Potemkine

 

Enfin enfin je te retrouve

Toi qui n'avais jamais été

Qu'absente comme jeune louve

Ou l'eau dormant au fond des douves

S'échappant au soleil d'été

Tu peux m'ouvrir cent fois les bras

C'est toujours la première fois

 

Faut-il pleurer faut-il en rire

Fait-elle envie ou bien pitié

Je n'ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer

 

Aimer à perdre la raison

Aimer à n'en savoir que dire

A n'avoir que toi d'horizon

Et ne connaître de saison

Que par la douleur du partir

Aimer à perdre la raison

 

Tu aurais pu vivre encore un peu

Mon fidèle ami mon copain mon frère

Au lieu de partir seul en croisière

Et de nous laisser aux chiens galeux

Tu aurais pu vivre encore un peu

 

 

Au revoir Jean, nous ne t'oublierons pas

 

 

12:49 Publié dans NOTES DIVERSES (25) | Commentaires (6) | Tags : jean ferrat, poésie |