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28 juin 2014

Caillebotte dans la maison familiale d'Yerres

 

 peinture,caillebotte,yerresGustave Caillebotte - Autoportrait au chapeau d'été, 1875, collection privée

 

 

     Paris met l’impressionnisme en vedette cette année !

     Après « Les impressionnistes en privé » à Marmottan, je viens de rencontrer Gustave Caillebotte. Pas besoin d’aller loin de chez moi… il se cachait dans son ancienne propriété familiale de Yerres dans L’Essonne à laquelle je m’étonne encore de n’avoir jamais rendu visite. 

  

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13 mai 2014

L'impressionnisme dans tous ses états

 

Les impressionnistes en privé à Marmottan

 

 

  

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  Claude Monet - Impression, soleil levant, 1873, musée Marmottan, Paris

 

 

     Le musée Marmottan fête ses 80 ans cette année ! Si vous n’avez rien à faire de spécial, si vous aimez la peinture impressionniste et passez dans la région parisienne, ne foncez surtout pas aux Galeries Lafayette dépenser votre argent. Il y a mieux à faire…

     Courez à Marmottan voir la toute nouvelle exposition temporaire : « Les impressionnistes en privé ». J’en reviens… Un bonheur vous attend ! Celui de ressentir, en fin de journée, cette sensation d’éblouissement que vous réservera la visite de ce charmant ancien hôtel particulier proche du bois de Boulogne. 

 

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05 janvier 2014

Un anversois à Paris - Jacques Jordaens (1593-1678)

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Jacques Jordaens –  La famille du peintre, 1622, musée du Prado, Madrid

 

     Pourquoi Jacques Jordaens n’a-t-il jamais connu de grande rétrospective de son œuvre à Paris et en France ?

     Parmi les trois grands peintres anversois du 17ème siècle, Rubens serait-il le génie, Van Dyck le surdoué mort jeune en pleine gloire, et Jordaens un homme simple, bon vivant, jouisseur volontiers vulgaire dans ses représentations de banquets de famille ?

     La France qui possède dans ses musées, notamment au Louvre, de nombreuses toiles du maître, a décidé de rendre à Jacques Jordaens la place qui lui revient parmi les célébrités de la peinture flamande du 17: plus de 120 œuvres venues du monde entier sont encore actuellement présentes, jusqu’au 19 janvier 2014, au Petit Palais à Paris.

     A travers une douzaine de toiles, je montre celles qui me sont apparues les plus représentatives du travail de ce peintre excellant dans tous les types de peinture de cette époque.

 

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03 novembre 2013

Le feu sous la glace - Félix VALLOTTON (1865-1925)

Un classique moderne

 

 

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Félix Vallotton - Autoportrait, 1897, musée d'Orsay, Paris

 

     La première manifestation consacrée au peintre Félix Vallotton dans un musée national parisien, depuis une cinquantaine d’années, vient de s’ouvrir au Grand Palais à Paris.

     Je m’y suis rendu récemment, plus par curiosité que par véritable désir. Un nabi, disait-on ! Je le connaissais très mal…

 

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29 mai 2013

Le roi des ciels - BOUDIN Eugène

 

Faire éclater l’azur

 

 

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Eugène Boudin –  Concert au casino de Deauville, 1863, National Gallery, Washington

 

      « Devant la nature, c’est à méditer qu’il faut s’exercer. De grands ciels puissants, profonds, vaporeux, légers, et, là-dessous, un morceau de la terre ou des bateaux, mais que ce soit grand, idéalisé, comme je l’entrevois. »  

                                                                                                        Eugène Boudin 

 

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20 avril 2012

Berthe Morisot à Marmottan : Enfin !

 

Fixer quelque chose de ce qui passe

 

 

      Le musée Marmottan Monet, charmant hôtel particulier en lisière du bois de Boulogne à Paris, est un haut lieu de l’impressionnisme.

      Deux peintres, plus particulièrement, attirent les visiteurs amoureux de cet art de lumière qui révolutionna la peinture à la fin du 19e :

- Claude Monet : La collection d’œuvres du peintre est impressionnante en quantité et qualité. Le tableau star du musée est le fameux « Impression soleil levant » qui donnera son nom au mouvement impressionniste.

- Berthe Morisot : Mine de rien, ce discret musée parisien est l’institution publique qui possède la collection la plus importante au monde de ses œuvres. 

      Invariablement, chacune de mes visites à Marmottan se terminait par la même interrogation : Quand verra-t-on en ce lieu une exposition consacrée à Berthe Morisot, cette femme peintre impressionniste ?

      Les organisateurs ont dû finir par m’entendre car mon souhait est enfin exaucé ! La première rétrospective présentée à Paris depuis 1941 de l’œuvre de Berthe Morisot s’est installée à Marmottan du 8 mars au 1er juillet 2012. 150 œuvres provenant des musées et collections particulières du monde entier retracent la vie artistique de cette femme exceptionnelle.

      Curieusement, le musée est situé non loin de l’hôtel de la rue Villejust que possédaient Berthe et son mari Eugène Manet. Elle aimait y recevoir chaque jeudi soir ses amis impressionnistes, sa garde rapprochée : Auguste Renoir, Claude Monet, Edgar Degas et le poète Stéphane Mallarmé, accompagnés de quelques autres peintres et poètes.

 

 

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20 mars 2012

1874 - Première exposition impressionniste

 

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       La première rétrospective présentée à Paris depuis 1941 de l’œuvre de Berthe Morisot s’est ouverte le 8 mars dernier au Musée Marmottan à Paris. Je suis un amoureux fervent, et depuis longtemps, de cette femme impressionniste aux talents multiples. On la disait austère, triste, mélancolique. Elle peignait le bonheur…

      Ayant visité l’expo sans tarder, j’en parlerai dans une prochaine note.

      Dans un article déjà ancien, j’avais imaginé une lettre écrite par Berthe à sa sœur Edma, habitant à Lorient depuis son mariage. Elle lui parlait de cette importante exposition d'avril 1874 organisée par les peintres avant-gardistes que le Salon officiel s’obstinait à refuser.

      A l’occasion de cette brillante rétrospective parisienne, j’ai eu envie de modifier et publier à nouveau ce courrier que Berthe Morisot aurait pu avoir rédigé elle-même…

   

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09 août 2011

De Corot à Renoir - La collection Clark à Giverny

 

 

Mes expositions « coups de cœur » de l’été 2011

 

 

       Une fois de plus, je suis fidèle au rendez-vous estival annuel de Giverny.

      Je ne me lasse pas de visiter ce charmant musée des Impressionnismes proche de Vernon en Normandie, situé le long de ce petit chemin jouxtant la Seine, à mi-chemin entre la maison rouge où Claude Monet passa les dernières années de sa vie et sa tombe isolée, éternellement fleurie, collée contre la petite église du village.

      Depuis le 12 juillet dernier, le musée a la chance d’accueillir la seule étape française de l’exposition itinérante organisée à travers l’Europe par le Sterling and Francine Clark Institute de Williamstown, Massachusetts. Près de 70 œuvres de peintures essentiellement françaises du 19e siècle, parmi les plus belles de la collection, sont présentées. Des chef-d’œuvres impressionnistes et pré-impressionnistes rarement visibles dans notre pays se regroupent autour d’une vingtaine de tableaux d’Auguste Renoir, l'artiste chouchou des Clark.

      Ceux-ci étaient de la race de ces riches collectionneurs américains du début du 20e siècle nommés Barnes, Philipps, Frick, Palmer, Getty, Ryerson, parmi les plus célèbres.  Fortunés, mécènes, passionnés d’art moderne, ils bâtirent des collections enviées de nos jours par les plus importants musées dans le monde.

      J’avais eu la chance de voir la collection Barnes lors de son passage en France il y a quelques années ; celle des Clark envoyée en Europe est du même niveau en qualité, sinon en quantité.

 

 

      C’est l’histoire d’une fortune, d’un collectionneur amateur d’art éclairé Sterling Clark, et d’une romance amoureuse en plein Paris.

      peinture,clark,givernyEpris de la France et riche héritier des machines à coudre Singer, Sterling décide de s’installer à Paris dans les années 1910 où il rencontre Francine Clary, une actrice de la Comédie-Française ayant pris pour nom de scène Clary. Ils se marient en 1919.

      En quelques dizaines d’années, entre 1910 et 1950, le couple va acquérir un ensemble d’œuvres diversifié de maîtres anciens et modernes de grande valeur. Les achats de Sterling étaient toujours faits en étroite concertation avec sa femme dont l’opinion lui était d’une grande valeur.

« J’aime toutes les formes de l’art pourvu qu’il soit bon. » 

 

 Sterling et Francine Clark à l’inauguration de l’Institut en 1955

 

       La peinture impressionniste française le ravit et il enrichit sa collection des meilleurs d’entre eux : Degas, Manet, Sisley, Jongkind, Pissarro, Monet et, surtout, Renoir.

      A partir des années 1930, Auguste Renoir devient le peintre favori de Sterling dont il achète plus de trente toiles : « Quel grand maître ! Peut-être le plus grand qui ait jamais vécu, en tout cas l’un des dix ou douze premiers. Personne jusqu’ici n’a jamais eu l’œil si sensible à l’harmonie des couleurs ! »

      A l’approche de ses 70 ans, Sterling décide que le moment était venu de réaliser enfin son idée ancienne de musée afin de montrer sa collection. En 1955, Francine Clark coupe le ruban de l’inauguration de l’Institut situé à Williamstown en Nouvelle-Angleterre. Au décès de son mari, l’année suivante, elle continuera à s’occuper du musée jusqu’à sa mort en 1960.

 

 

      L’exposition présente quelques peintres académiques comme Bouguereau ou Gérôme et seulement trois toiles post-impressionnistes de Toulouse-Lautrec et Gauguin. Un original Bonnard de jeunesse clôt le parcours. Afin de correspondre à l’esprit du musée des Impressionnismes, j’ai choisi de montrer une galerie restreinte de mes choix personnels allant de Corot à Renoir. Ce choix est évidemment subjectif et limité compte tenu de l’exceptionnelle qualité de la collection.

 

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 Camille Corot – La route au bord de l’eau, 1866, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

       Le « père Corot » était admiré par tous les artistes de la jeune peinture, ceux qui allaient devenir les futurs « impressionnistes ». Cette route longeant une rivière inspire la quiétude d’une belle journée ensoleillée. Une légère brise fait remuer les feuilles des arbres. La lumière est douce, quelques personnages s’affairent dans ce paysage où la « patte » tremblante de Corot est facilement reconnaissable.

  

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 Claude Monet – Les falaises à Etretat, 1885, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

       Combien de peintres ont été inspirés par les falaises de cette côte normande ? Claude Monet peindra de nombreuses fois l’aiguille et l’arche rocheuse de la falaise d’Etretat. La lumière matinale sur les rochers et la mer est travaillée par petites touches nerveuses caractéristiques du style de l’artiste cherchant à saisir l’aspect éphémère des choses.

  

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 Claude Monet – Champ de tulipes à Sassenheim près de Haarlem, 1886, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

      L’intensité des couleurs des champs de tulipes hollandais ne pouvait qu’inspirer Monet lors de son troisième et dernier voyage dans ce pays de canaux, de moulins et d’immenses champs fleuris.

  

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Alfred Sisley – La Tamise à Hampton Court, 1874, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

       Les coloris d’Alfred Sisley s’assemblent en nuances subtiles. Le ciel ennuagé de teintes rosées se reflète dans l’eau de la Tamise. Deux cygnes sur la gauche semblent avoir été placés à cet endroit pour équilibrer les deux voiliers voguant sur la droite.

   

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 Camille Pissarro – Saint-Charles, Eragny, 1891, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

      A mes yeux, cette toile est l’une des plus belles de la manière pointilliste adoptée un moment par Camille Pissarro sur les conseils de ses amis Georges Seurat et Paul Signac. Le résultat est lumineux. Les petites touches juxtaposées de couleurs pures donnent une vibration étonnante à ce paysage.

    

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Mary Cassatt – Offrant le panal au torero, 1873, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

 

      Il y a un petit côté de Diego Velázquez dans cette toile de jeunesse de Mary Cassatt qui appréciait « sa manière belle et simple ». La jeune femme offre un verre d’eau au torero habillé de lumière pour qu’il y trempe un rayon de miel appelé panal en espagnol. La qualité de peintre de l’artiste transparaît déjà dans cette grande toile.

  

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Edouard Manet – Roses mousseuses dans un vase, 1882, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

     

      Edouard Manet n’a plus qu’un an à vivre lorsqu’il peint ces roses enfoncées dans un petit vase. C’est simple, sans prétention, loin des grandes compositions passées, souvent scandaleuses, de l’artiste. Sterling Clark disait qu’il s’agissait d’un « Manet d’une beauté merveilleuse ».

  

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Edgard Degas – Danseuses au foyer, 1880, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

 

        Ah les danseuses de Degas ! J’aime ! Cette toile a des dimensions étonnantes, toute en longueur comme une frise. Les danseuses de l’artiste étaient souvent peintes au pastel donnant un aspect velouté aux couleurs chatoyantes des robes et tutus. Ces Danseuses  au foyer, croquées à l’huile, sont éclatantes de vie après l’effort physique intense imposé par leur exercice.

  

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Edgard Degas – Avant la course, 1882, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown 

       Degas s’intéressait aux couses de chevaux qu’il peignait souvent. Les mouvements nerveux des chevaux avant le départ donnent une belle spontanéité à cette toile composée dans un style à la touche très impressionniste.

  

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 Berthe Morisot – Le bain, 1885, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

       Je connaissais cette toile de Berthe Morisot, femme peintre comme Mary Cassatt, que j’affectionne tout particulièrement. L’artiste a fait poser une jeune fille de dix-sept ans qui, sortant du bain, se coiffe, se maquille et s’apprête certainement à sortir. Par son travail tout en délicatesse, Morisot apporte sa sensibilité féminine à l’impressionnisme nouveau.

 

 

      peinture,impressionnisme,renoir,clark,givernyL’exposition se termine par une vingtaine de toiles d’Auguste Renoir. Renoir, c’est la joie de vivre et de peindre ! Une fête permanente de la lumière, des chairs et des corps ! Ses amis peintres mettaient beaucoup de blanc dans leurs couleurs pour éclaircir leurs toiles. Renoir préférait plutôt une technique basée sur l’utilisation des glacis, une superposition de couleurs transparentes où les teintes bleutées dominaient.

      

 

Auguste Renoir – Autoportrait, 1875, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

  

       Je montre ci-dessous un échantillon des tableaux de l'artiste présents à l’exposition :

        Au premier coup d’œil, on perçoit des toiles de Renoir dans cette Ingénue et cette Jeune femme au crochet peintes tout en finesse. C’est le Renoir des années de jeunesse, à l’époque de la première exposition impressionniste de 1874. Les couleurs s’entremêlent, se modulent avec virtuosité pour donner aux jeunes femmes cette grâce vaporeuse inimitable de l’artiste.

 

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Auguste Renoir – L’ingénue, 1874, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

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 Auguste Renoir – Jeune femme au crochet, 1875, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

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Le père Fournaise ! Je retrouve le propriétaire de ce restaurant de l’île de Chatou au bord de la Seine où j'aime me rendre à l'automne lorsque les feuilles des arbres s'enluminent. Renoir y peignit de nombreuses toiles dont le célèbre Déjeuner des Canotiers dans lequel les enfants Fournaise posaient. Des touches légères donnent vie aux yeux pétillants bleus clairs de l’homme. 

 Auguste Renoir – Père Fournaise, 1875, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

       Renoir affectionnait les tableaux de genre qui font penser à la peinture hollandaise dupeinture,impressionnisme,renoir,clark,giverny 17e dont la représentation de femmes écrivant une lettre était courante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auguste Renoir – La lettre, 1896, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

  

      Je termine mon parcours en montrant les trois toiles de Renoir que j’ai préférées dans l’exposition :

      

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      Angèle, une gamine de dix-huit ans, habituée du Moulin de la Galette à Montmartre, aux allures canailles et à la vie dissolue, est croquée dans son sommeil. La pose alanguie est un peu voyeuriste. Renoir la représente les cheveux coupés en frange sur le front, un visage au teint doré, un nez retroussé, une bouche pulpeuse, habillée d’une robe bleue et de bas à rayures de paysanne. Il l’a affublée d’un curieux petit chapeau à plume et d’un chat endormi sur sa robe. Les rouges et les bleus se répondent... Superbe

 

Auguste Renoir – Jeune fille endormie, 1880, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

      Ce tableau d'une enfant portant un faucon est d'une grande fraîcheur. Commepeinture,impressionnisme,renoir,clark,giverny toujours, je discerne en premier les bleus du peintre que des orangés et rouges proches mettent en valeur. Une belle harmonie de coloris se dégage de l'ensemble de la toile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auguste Renoir – L’enfant à l’oiseau (mademoiselle Fleury en costume algérien), 1882, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

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      Renoir exigeait de ses modèles une peau qui ne repousse pas la lumière. L’épiderme de la jeune femme assise à gauche en robe de soirée noire est nacré comme une perle. Le bouquet de roses de la jeune fille sur la droite associé aux couleurs chaudes du décor, fait ressortir les chairs lumineuses. La jeune femme nous regarde et nous sourit. Ce tableau délicieux me rappelle La loge peinte quelques années plus tôt dans des tonalités ressemblantes.   

 

Auguste Renoir – Une loge au Théâtre, 1880, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown

 

 

       Je pense que cette quinzaine de toiles vous donnera un aperçu de la grande qualité des toiles présentées. Il s’agit d’un avant-goût, une mise en bouche, de ce qui attend ceux qui pourront se rendre à cette exposition.

      Pas de panique ! Vous avez jusqu’au 31 octobre prochain.

      La collection Clark continuera ensuite sa tournée internationale en Espagne, au Texas, en Angleterre, au Québec, pour se terminer au Japon et en Chine en 2013. Un beau voyage en perspective et beaucoup d'émotions pour les visiteurs.

      Bonne visite à tous.

 

 

                                                                                  Alain

 

 Rendez-vous le mardi 27 septembre prochain pour le 10ème chapitre de "L'obsession Vermeer".

 

 

14 juillet 2011

La nuit, puis le jour - Odilon REDON (1840-1916)

 

 

Mes expositions « coups de cœur » de l’été 2011

 

 

      C’est l’histoire d’une surprise, puis d’un émerveillement, le mien…

 

      L’exposition Odilon Redon se tient dans l'imposant Grand Palais proche des Champs-Elysées et ferme ses portes le 20 juin prochain. J’étais venu insouciant en cet après-midi de début juin, sans idées préconçues, dans un esprit de découverte d’un peintre moderne que l’on disait symboliste.

      Je savais que cet artiste avait vécu l’aventure impressionniste puisqu’il avait participé à la dernière exposition du groupe en 1886. Etrangement, je ne connaissais que son nom et ignorais son œuvre. On le disait discret, renfermé, singulier dans son travail…

      Je gardais précieusement dans ma bibliothèque un vieux bouquin « Peints à leur tour », daté de 1948, écrit par Thadée Natanson, important critique d’art, fondateur et rédacteur en chef de la Revue Blanche à la fin du 19e. Il avait bien connu Odilon Redon. Avant de venir, j’avais relevé quelques phrases concernant ce peintre :

      « Pour donner de formes sensibles, mais aussi de cheminements abstraits, une expression toujours purement plastique, […] personne n’aura trouvé de moyens plus simples, mais plus efficaces et plus originaux. »

      « Dans le royaume lointain du lithographe, […] les noirs d’Odilon Redon, qui sont parmi les plus noirs qui aient été tirés, réalisent sur le papier les ténèbres. Monsieur Degas, connaisseur difficile, disait son admiration de ces noirs. »

      « Les créations de Redon ne ressemblent qu’à elles-mêmes. Tantôt grâce à une sagacité de l’inachevé, tantôt par un très personnel accent de tristesse. »

      Thadée Natanson avait surnommé Odilon Redon le « prince du rêve ». Ses phrases m’avaient intrigué.

 

 

      En entrant dans la première salle, silencieuse, je ne vois que des petites œuvres accrochées l’une après l’autre dans la pénombre. Il est indiqué que les dessins et pastels supportent mal la lumière.

      Dessins au fusain, eaux-fortes, gravures. Noir… Je lis sur un mur que l’essentiel de l’œuvre du peintre, jusque vers sa cinquantième année, reste de façon presque exclusive dans le noir.  

      « Le noir est en somme la couleur la plus essentielle, n’est-ce pas ? disait Redon à Emile Bernard. »

      La plupart des gravures de Redon qu’il avait publiées dans une douzaine de recueils lithographiques, sont exposées : Dans le rêve, A Edgar Poe, Les origines, Hommage à Goya, La tentation de Saint Antoine, A Gustave Flaubert, Les fleurs du mal, Les songes

      Je prends le temps d’examiner chaque gravure. Une grande liberté anime le travail de cet artiste original. Tous les sujets ont retenu l’attention du dessinateur : visages, corps, chevaux, arbres, fleurs, paysages. L’univers de Redon, exprimé sur un mode intimiste à la façon d’un Gustave Moreau, est sombre, fantastique, énigmatique :

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Un œil sous la forme d’un  ballon se dirige vers l’infini

 

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Grand ballon captif, 1878, BNF, Paris

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Une tête sans corps repose sur un plateau

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Tête de martyr posée sur une coupe, 1877, Kröller-Müller Museum, Otterlo

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Une fleur sort des marécages, face d'enfant aux traits pensifs

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Tête sur une tige, 1885, The Art Institute of Chicago

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Un homme cactus s’hérisse de piquant

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – L’homme cactus, 1882, The Ian Woodner Family Collection, New York

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Un œuf, enfoncé jusqu’au yeux dans son coquetier, semble épouvanté

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – L’œuf, 1885, Musée National, Belgrade

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Une étrange araignée à tête humaine nous sourit

 

 

 

 

 

 

 Odilon Redon – L’araignée qui sourit, 1881, Musée du Louvre, Paris

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Un homme ailé marche à tâtons dans une ambiance bleutée. 

 

 

 

 

 Odilon Redon – L’homme ailé, 1880, Musée des Beaux-Arts, Bordeaux

 

      Un petit tableau est accroché seul au milieu de la salle. Une vision en bleu et or surprend dans le noir environnant. L'image rappelle les peintres primitifs, tout en étant d’une grande modernité.

 

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Odilon Redon – La cellule d’or, 1892, The British Museum, Londres

 

      La première partie de l’exposition se termine. Résonance intime de l’âme de Redon… Emerveillement et angoisse de la petite enfance… Les yeux d’enfants de Redon exploraient-ils ses origines ?

      « L’art est une fleur qui s’épanouit librement, hors de toute règle ; il dérange singulièrement, ce me semble, l’analyse au microscope de savants esthéticiens qui l’expliquent. »

 

      La couleur jaillit… Le jour succède soudainement à la nuit…

      Un sentiment d’espace métaphysique, de légèreté, de joie simple, transfigure les toiles qui m’entourent. Les murs présentent une symphonie musicale dont les couleurs chatoyantes sont les notes.

      Odilon Redon a 50 ans en 1890. Jusqu’à son décès en 1916, le peintre va travailler sur la couleur, avec une préférence pour la technique du pastel, qu’il épouse définitivement. Son art est ravivé. Il écrit à Emile Bernard en 1895 : « Je délaisse de plus en plus le noir. Entre nous, il m’épuisa beaucoup, il prend, je crois, sa source aux endroits profonds de notre organisme. »

      Les yeux clos, daté de 1890 par l’artiste lui-même, est l’œuvre qui semble faire la transition du noir vers la couleur. La figure surgit dans l’aube grise comme émergeant de l’eau, sorte d’image christique de la résurrection. 

 

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Odilon Redon – Les yeux clos, 1890, Musée d’Orsay, Paris

 

      Venant à la suite des premières salles sombres, cette lumière éclatante m’éblouit… Je repense à ces levers de soleil qui trouent la nuit à l’aurore et envahissent d’un coup le ciel de lueurs flamboyantes.

      Des motifs divers m’apparaissent :

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Des portraits d’Arï, le fils du peintre, né tardivement après la perte d’un premier enfant

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Arï Redon au col marin, 1897, Musée d’Orsay, Paris

 

 

      peinture,odilon redonSon épouse : le passage du temps...peinture,odilon redon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Portrait de madame Redon, 1911, Musée d’Orsay, Paris

Odilon Redon – Madame Redon brodant, 1880, Musée d’Orsay, Paris

 

 

       Des femmes

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Odilon Redon – Portrait de Marie Botkin, 1900, Musée d’Orsay, Paris

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 Odilon Redon – Portrait de la baronne Robert de Domecy, 1900, Musée d’Orsay, Paris

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Odilon Redon – Portrait de jeune femme au bonnet bleu, 1898, Musée d’Orsay, Paris

 

 

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 Une Jeanne d'Arc nimbée de rouge apparaît

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Jeanne d’Arc, 1900, Musée d’Orsay, Paris

 

      Un homme s'est endormi au milieu des fleurspeinture,écriture,odilon redon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Odilon Redon – Homme yeux clos, 1905, Musée d’Orsay, Paris

 

      Des êtres mystiques ou mythologiques

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Odilon Redon – Le sacré-cœur, 1910, Musée d’Orsay, Paris

 

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Odilon Redon – Le Christ du silence, 1896, Petit Palais, Paris

 

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 Odilon Redon – Le Bouddha, 1906, Musée d’Orsay, Paris

 

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      Odilon Redon – Le char d’Apollon, 1905, Musée d’Orsay, Paris

 

      Des vitraux d’églises transfigurent la pénombre

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Odilon Redon – Le grand vitrail, 1904, Musée d’Orsay, Paris

 

      Venus sort d’un coquillage

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Odilon Redon – La naissance de Vénus, 1912,  Petit Palais, Paris

 

      Redon hisse la voile d'une barque mystique portée par une onde verte sous un ciel d’or et d’argent. Va-t-il rejoindre les lieux paradisiaques que nous inspirent ses couleurs ? L’intensité du jaune de la voile juxtaposé au bleu de la quille fascine le regard.

 

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Odilon Redon – La barque mystique, 1895, The Ian Woodner Family Collection, New York

 

      Un cyclope, redoutable géant, semble attendri et suppliant, comme figé d’admiration devant un nu féminin.

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Odilon Redon – Le cyclope, 1900, Kröller-Müller Museum, Otterlo

 

         Très touché par le décès de Gauguin aux Marquises en 1903, Redon fait un portrait posthume du peintre qu’il admire.

 

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Odilon Redon – Portrait de Paul Gauguin, 1904, Musée d’Orsay, Paris

 

 

       Je n’ai pas vu le temps passer. Avant de quitter l’exposition, j’observe des vases de fleurs. Les tons purs du pastel les rendent aériennes, légères, lumineuses.

 

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                             Odilon Redon – Bouquet de fleurs des champs dans un vase au long col, 1912, Grand Palais, Paris

 

 

 

       Je descendais pensivement l’escalier rejoignant les jardins du Grand Palais.

      Je n'avais encore jamais vu une telle réunion de pastels aussi somptueux, pensai-je la tête encore vibrante des tonalités veloutées du peintre. Un talent unique ! Un grand poète ! Ce peintre mystérieux puisant son inspiration dans les méandres de son inconscient, de ses rêves, m’avait totalement séduit.

      Odilon Redon refaisait le monde à son image :

      « On a tort de me supposer des visées. Je ne fais que de l’art. »

 

                                                                     

                                                                                  Alain

 

 

 

21 novembre 2010

Hommage à Claude Monet

 

 

  Monet - la grenouillère 1869metropolitan new york.jpg                                        Claude Monet – La Grenouillère, 1869, Metropolitan Museum of Art, New York

 

 

       Claude Monet est à l’honneur ces temps-ci à Paris où plusieurs expositions temporaires sont consacrées au chef de file du mouvement impressionniste français. Louvre-passion a d’ailleurs parlé récemment de celle qui a lieu actuellement au musée Rodin : "Monet-Rodin".

      On peut d’ailleurs contempler en permanence les toiles du peintre toute l’année à Paris aux Musées d’Orsay, Marmottan, et de l’Orangerie dont les Nymphéas sont la grande fierté.

      Je me suis rendu le mois dernier à la superbe exposition qui se tient jusqu’au 24 janvier prochain au Grand Palais à Paris : "Claude Monet (1840-1926)".

      Je ne peux que conseiller à ceux qui peuvent s’y rendre d’y courir sans tarder. Les salles regroupent 175 œuvres qui permettent de revoir en l’espace de deux bonnes heures, voire plus si on aime... toute l’œuvre du peintre : du Déjeuner sur l’herbe de ses débuts, en passant par ses Cathédrales, ses Parlements de Londres dans le brouillard, les côtes normandes, les paysages d’Argenteuil, sans oublier les reflets mêlant l’eau et le ciel des bassins de Giverny. Du grand spectacle !

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                                  Claude Monet – Terrasse à Sainte Adresse, 1867, Metropolitan Museum of Art, New York

     

 

      Je prépare en ce moment un récit en plusieurs épisodes parlant des premières années de la carrière de Claude Monet à travers l’image de sa femme, la compagne des années difficiles : la douce et discrète Camille.

      Celle-ci était son modèle préféré. Elle est représentée dans une grande quantité de tableaux de Monet, des plus célèbres aux moins connus. Elle inspira souvent des amis du peintre comme Manet ou Renoir.

      Je pense pouvoir publier le premier épisode de cette histoire vers le début du mois de décembre. Tiens c’est la période des fêtes !

      A bientôt.

 

                                                                           Alain

  

 

      Peut-être ces quelques mots supplémentaires paraîtront déplacés à la suite de ma note du jour.

      J'ai éprouvé de l'émotion en apprenant le décès de Myriam qui était l'auteur du blog Bleu de Cobalt. Comme je le dis à son mari, je percevais dans ses mots une femme de coeur et d'esprit.

      Je ne sais si elle a eu le temps de voir l'exposition Monet du Grand Palais dont elle parlait le mois dernier et qui l'aurait certainement passionnée.

      J'ai toujours pensé que l'art nous permettait de nous élever... d'aller plus loin... Un ailleurs qu'elle a dû atteindre. 

 

                                                                                    

 

                                                                  

22 octobre 2010

Maximilien Luce (1858-1941) à Giverny

 

 

 Un pointilliste méconnu

 

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 Delannoy – Maximilien Luce, Les hommes du jour n°60, 1909

 

       Je pousse les portes de ce charmant musée normand de Giverny proche de la maison rose de Claude Monet située à une centaine de mètres.

      Je me suis violenté pour ne pas arriver, comme trop souvent, le dernier jour de cette exposition…

      Il s’agit de la première rétrospective consacrée au peintre néo-impressionniste Maximilien Luce. 70 œuvres, dessins et peintures sont exposées jusqu’au 31 octobre au Musée des impressionnismes de Giverny.

      J’aime ces peintres du petit point et de la division des couleurs…

 

 

       Au moment où les impressionnistes commençaient seulement à être appréciés, Georges Seurat allait devenir le chef de file d’une nouvelle école néo-impressionnistes en présentant, en 1886, lors de la huitième et dernière exposition commune du groupe des impressionnistes, un tableau intitulé Un Dimanche à la Grande Jatte qui était son manifeste.

      Le système divisionnisteSeurat - grande jatte 1886.jpg des tons de Seurat était rigoureusement scientifique. La technique paraissait simple : couvrir le tableau de petits points juxtaposés de couleurs pures soucieuses les unes des autres selon le principe des complémentaires. Ainsi, les couleurs ne se mêlaient plus sur la toile, mais dans l’œil du spectateur. La toile vibrait sous le regard. Certains critiques de l’époque utilisaient des expressions imagées en parlant de « confettisme », de « semis de menues touches colorantes » ou de « tourbillonnantes cohues de menues macules ».

 

 

Georges Seurat – Un dimanche à la Grande Jatte, 1886, Art Institute, Chicago

          La luminosité du mélange optique obtenu allait ainsi rallier à cette théorie de grands peintres comme Paul Signac et Camille Pissarro. Plusieurs autres, moins connus, allaient suivre : Cross, Angrand, le belge Van Rysselberghe et, un certain… Maximilien Luce.

      Je ne connaissais guère ce Maximilien Luce dont j’avais aperçu trop rapidement quelques toiles au musée d’Orsay. C’est pourquoi j’ai pris soin, avant de venir, de faire sa connaissance en me procurant le catalogue de l’expo.

      Je vous invite à me suivre.

  

Des portraits

           

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M. Luce – La toilette, 1887, Association des amis du Petit Palais, Genève

     

      Pour sa première exposition au Salon des Artistes Indépendants de 1887, Luce fait la connaissance de Paul Signac qui lui achète La toilette représentant un homme torse nu se lavant dans une bassine. Cette toile fut qualifiée de « rude morceau de peinture ». Un critique lança : « monsieur Luce peint des prolétaires ». Une grande amitié allait ainsi naître entre Signac et Luce.

Luce - portrait de paul signac 1890 particulier.jpg 

 

     Luce a souvent peint ses amis. J’apprécie le superbe portrait qu’il fait de Paul Signac, représenté de profil à contre-jour penché sur sa toile.

 

 

 

  

 

 

 M. Luce – Portrait de Paul Signac, 1890, Collection particulière 

 

       Je reconnais le seul portrait de femme du catalogue de l’expo. Luce - femme se peignant 1901 - mantes la jolie.jpg

      Luce vit depuis plusieurs années avec Ambroisine Bouin lorsqu’il peint en 1901 la sœur de celle-ci, Eugénie Bouin, âgée de 24 ans. Le peintre s’est inspiré de Jo, la belle irlandaise de Courbet qu’il a vue chez Durand-Ruel. Eugénie peigne ses longs cheveux bruns. Le corsage très décolleté, la jupe en tissu épais et son visage poupin lui donnent un physique sensuel bien différent de celui de sa sœur, la fine et élégante Ambroisine dont j’ai vu une photo. Malheureusement, Eugénie, malade, mourra l’année suivante.

 

 

 

 

 

M. Luce – Madame Bouin à sa toilette, 1901, Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie

 

 Des paysages somptueux

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 M. Luce – Vue de Montmartre, 1897, Kröller-Müller Museum, Otterlo

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                                               M. Luce – Le Port de Saint-Tropez, 1893, Collection particulière

 

      Je suis frappé par la puissance coloriste du peintre. La qualité de son pinceau illumine une vue montmartroise et des quais de Saint-Tropez éclaboussés de soleil, grouillant de monde.

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      M. Luce – Le Louvre et le pont du Carrousel, effet de nuit, 1890, Collection M. et Mme Walter F. Brown

 

Je circule un long moment devant toute une série de « nocturnes » aux tonalités mauves et vertes. Un coup de foudre… Les crépuscules marins contrastés et les effets d’éclairage urbain sont somptueux.

 

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 M. Luce – Bord de mer Pointe du Toulinguet, 1893, Amis du Petit Palais, Genève

                                                     

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                                            M. Luce – Quai à Camaret, Finistère, 1894, Springfield, Massachusetts

 

      Je contemple un long moment ces chefs-d’œuvre. Une question me taraudait l’esprit : comment avait-on pu oublier un artiste aussi talentueux ?... Peut-être ces convictions politiques anarchistes ?

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                        M. Luce – Le Louvre et le Pont Neuf, la nuit, éventail, 1892, musée d’Orsay, Paris

  

 

 Un dessinateur de talent

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               Luce - louise michel 1905 - musée de saint-denis.jpg         M. Luce – La Famille Pissarro, 1890, musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-jolie

 

      Des nombreux dessins et lithographies sont exposés. Je remarque, crayonné sur une même feuille, toute la famille du peintre Pissarro, ami de Luce, et un portrait expressif  de Louise Michel, héroïne de la Commune, à son retour de déportation en Nouvelle Calédonie.

 

 

 

 

  

   M. Luce – Louise Michel à son retour de Nouméa, 1905, d’après une photo, musée d’Art et d’Histoire, Saint-Denis

 

 Un univers industriel

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      Maximilien Luce s’intéresse au monde du travail. En 1895, il découvre le Pays noir du Borinage à Charleroi où la production du charbon et de l’acier se fait dans la vallée de la Sambre. De grandes toiles montrent la fascination du peintre pour ce spectacle de hauts fourneaux impressionnant de beauté.

       « Partout des feux de Bengale multicolores, des étincelles. Les ouvriers ne sont plus rien, je vois le règne du feu ! Jamais je le crois je n’ai eu une pareille joie de couleur ! dit Signac en rejoignant Luce à Charleroi en 1897. » 

 

 

 

 

 

M. Luce – L’aciérie, 1895, Amis du Petit Palais, Genève

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M. Luce – La Fonderie, 1899, Kröller-Müller Museum, Otterlo

 

La peinture d’histoire

 

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                                                M. Luce – Les Batteurs de pieux, 1903, musée d’Orsay, Paris

 

         L’humanisme de Luce perce dans ses tableaux d’histoire. Il aime montrer des hommes et femmes du peuple, de simples travailleurs ou des syndicalistes.

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M. Luce – La Gare de l’Est sous la neige, 1917, musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie

 

      Il témoigne de la réalité sombre de la guerre de 1914-1918 en peignant des scènes de « l’arrière » montrant la Gare de l’Est et les soldats permissionnaires blessés, fatigués, affalés sur le sol. Résignés, ceux-ci sont indifférents à l’éclatante lumière du nouveau Paris d’Haussmann que l’on voit derrière eux, au loin.

                                

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    M. Luce – La gare de l’Est, 1917, Musée de l’Armée, Paris

 

      Je remarque dans ces tableaux, comme dans certaines toiles du borinage précédentes, que les pointillés ont disparus. Le style est plus classique…

  

 Un peintre et illustrateur engagé

 

       La politique…

       Une large partie de l’œuvre de Luce est inspirée par ses convictions politiques. Avec son crayon et ses pinceaux, tant dans les journaux, affiches, textes illustrés de chansons et programmes de théâtre, il accorde une grande place aux thèmes sociaux.

          A l’âge de 13 ans, Luce découvre les horreurs et l’écrasement sanglant de la Commune de Paris en 1871 qui le marque profondément et qu’il n’oubliera pas. Il devient un anarchiste convaincu et militant actif. Du fait de ses amitiés et de sa participation au « Père Peinard » il fera un mois de prison après l’attentat qui coûtera la vie au président Sadi Carnot en 1894. Il est finalement relâché.

       Vers le 30ème anniversaire des massacres de la Commune, il peint une toile d’une grande puissance évocatrice. « Nulle allégorie, nulle généralisation ne saurait être pour nous aussi pathétique que cette vision des morts » dira l’anarchiste Jean Denauroy.

      Cette grande toile clôture l’exposition. Je m’installe à côté d’écoliers méditatifs.

 

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  Maximilien Luce – Une rue de Paris en mai 1871, La Commune, 1905, musée d’Orsay, Paris

 

      Des communards gisent sur les pavés près d’une barricade renversée lors des combats. Les agresseurs « Versaillais » ont quitté les lieux. Des fédérés, jeunes ouvriers, et une femme aux longs cheveux bruns sont criblés de balles au premier plan. J’ai le sentiment que la jeune femme ressemble à Eugénie, la sœur de la compagne de Luce, qu’il avait peinte en train de se coiffer ?

       C’est une scène étrange. La rue est déserte, silencieuse. Curieusement, cette toile n’est pas sombre... Les couleurs sont chaudes, lumineuses sur les façades des maisons. Tout en haut, sur la gauche, un petit coin de ciel bleu apporte une note d’espoir inepte au-dessus des cadavres. Un minuscule chat perché sur un toit semble contempler le spectacle, indifférent...

  

 

       L’exposition est terminée.

        J’étais enchanté de mon après-midi. Curieux, j’étais venu voir la rétrospective d’un peintre mal connu, et j’avais découvert un grand artiste. Pas un simple suiveur, mais un des tout meilleurs du mouvement néo-impressionniste. A mes yeux, il méritait d’être comparé à Paul Signac qui l’avait initié à cette technique et avec lequel il allait souvent peindre les bords de Seine.

       Je venais de rencontrer un homme libre, dans ses idées politiques comme dans sa peinture. Plusieurs des toiles que j’avais vues montraient que Luce avait su, comme l’avait fait un Van Gogh, prendre ses distances avec des règles pointillistes parfois trop contraignantes et les adapter à son tempérament.

       J’aspire une grande bouffée d’air en sortant du musée.

        Le ciel normand délavé s’ennuageait. Curieusement, mes yeux distinguaient des petites paillettes colorées dansant dans le bleu du ciel.

   

                                                                                                    Alain

  

 

18 décembre 2009

L'âge d'or hollandais - De Rembrandt à Vermeer

 

Mes "coups de coeur"

 

 

      Je reviens une dernière fois sur l'exposition qui se tient actuellement jusqu'au 7 février prochain à la Pinacothèque de Paris. Le Rijksmuseum d'Amsterdam qui s'est séparé de quelques-unes des œuvres qui font sa richesse, les a confiées à la France pour quelques mois. Les reverrons-nous un jour ?

      J'ai consacré mon dernier article exclusivement à Vermeer et sa Lettre d'amour. Je me devais de montrer quelques-unes des autres toiles présentes dans l'exposition.

      Aujourd'hui, je décris mes « coups de cœur » rencontrés tout au long du parcours de visite menant à la petite toile de Vermeer qui clôture l'exposition. Mon choix est évidemment subjectif compte tenu de l'exceptionnelle qualité des toiles présentées.

      Au départ, j'avais prévu de me limiter à 8 tableaux seulement et, finalement, je n'ai pu me résigner à en supprimer certaines. J'ai donc choisi 12 tableaux qui viennent tous du Rijksmuseum. Ceux-ci m'ont paru les plus représentatifs de l'extrême diversité des talents qui oeuvraient dans le bouillonnement artistique de ce siècle d'or.

 

      Un état de grâce submerge la peinture au cours de ce 17ème siècle hollandais...

      Pour la première fois, au Pays-Bas, ce n'est plus l'histoire sainte, la mythologie grecque ou l'histoire qui deviennent le thème central du tableau, mais la vie quotidienne des gens.

      Un art libre s'installe. Le peuple néerlandais est prospère et la demeure familiale s'impose comme le modèle idéal pour le pays. Les principaux acheteurs deviennent des bourgeois aisés. Les peintres se spécialisent en fonction de la demande et de leurs goûts propres : portraits, paysages, natures mortes, églises et scènes de genre. Ces dernières, de dimensions réduites, s'accrochent plus facilement dans les salons. L'art est présent partout, même dans les demeures les plus humbles.

      Quelques uns des plus grands peintres de l'histoire mondiale de la peinture s'épanouissent dans cet âge d'or : Rembrandt, Vermeer et Hals rayonnent, accompagnés par un bouquet de peintres exceptionnels aux talents variés.

 

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Rembrandt Harmensz van Rijn – Le reniement de Saint-Pierre, 1660

      A tout seigneur, tout honneur !

      Rembrandt est considéré comme un des plus grands peintres de tous les temps. Il est le génie universellement admiré.

      Dans ma sélection, il est le seul peintre pour lequel j'ai choisi de présenter deux œuvres. La deuxième œuvre clôturera ma sélection. Je montre Le reniement de Saint-Pierre en premier.

      Je suis resté longtemps planté devant ce tableau qui est, à mes yeux, avec La lettre d'amour de Vermeer, l'œuvre majeure de l'exposition.

      Toute la virtuosité du peintre est concentrée dans cette grande toile montrant une scène biblique. « On ne peut voir un Rembrandt sans croire en Dieu, disait Van Gogh ».

      Quel morceau de peinture ! Une obscurité aux tonalités brunes est percée d'une lumière irréelle qui jaillit en son centre. Cette clarté provient d'une bougie dont la lueur traverse la main d'une servante et éclabousse l'habit et le visage de Saint-Pierre. Sur la droite, dans la pénombre, le Christ se tourne vers le saint dans un ultime reproche.

      La manière exceptionnelle de Rembrandt nous saisit : ambiance crépusculaire, empâtements, transparences lumineuses, couleurs monochromes. Quelque chose de surnaturel...

 

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      Pas facile d'être une femme peintre à cette époque !

      Fille de botaniste et femme de peintre, elle acquiert une technique éblouissante dans la peinture des fleurs. La finesse dans le rendu des détails est d'une précision étonnante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Rachel Ruysch – Nature morte de fleurs sur une table de marbre, 1716

 

   

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Hendrick ter Brugghen – Adoration des rois mages, 1619 

      Le peintre voyage en Italie et revient ébloui par Le Caravage dont il reproduit la lumière artificielle et les contrastes dramatiques.

      Les grandes toiles religieuses ne sont pas très courantes à cette époque. J'ai été frappé par l'étrange enfant Jésus au visage de vieillard trempant ses mains dans la coupe qui lui est tendue. Les personnages sont superbement modelés. La finesse et l'harmonie des couleurs éclatent.

 

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Nicolaes Berchem – Troupeau de bétail traversant le gué, 1656 

      Parmi plusieurs paysages, mon choix a porté sur celui-ci. Ce peintre, ami du plus connu des paysagistes hollandais Jacob van Ruysdael, bénéficia d'un important succès de son vivant. Il peignait des paysages remplis de personnages et d'animaux d'une grande maîtrise technique.

      J'aime le coucher de soleil éclairant la scène d'une couleur automnale.

  

portraithomme.jpg         Un style peu conventionnel. Ce peintre est incontestablement le plus talentueux avec Rembrandt dans l'art du portrait. Rembrandt aurait bien pu s'inspirer de cette liberté de touches sans rivale à Haarlem où il résidait. Il avait le talent de fixer à grands traits, rapidement, par des coups de pinceaux forts et vivaces, l'impression fugitive donnée par ses modèles. Déjà l'impressionnisme ?

       Je n'ai pas oublié La bohémienne au regard coquin du Louvre ! Les contemporains de Hals appelaient « l'écriture du maître » cette technique audacieuse et vivante.

       Dans ce portrait, d'une touche relachée et souple il saisit le caractère aristocratique et l'élégance de l'homme. La virtuosité du rendu de la collerette impressionne...

 

 

 

 

 

      Frans Hals – Portrait d’homme, 1635 

 

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      Peintre d'un monde élégant, raffiné.

      Une impression d'éternité poétique se dégage de la jeune femme fille, probablement la sœur de l'artiste, travestie en paysanne.

       Le clair-obscur, la virtuosité des coloris, la douceur de la lumière ne sont pas très éloignés des toiles de Vermeer. Les deux hommes devaient d'ailleurs être intimes car Ter Borch apposa sa signature sur un acte notarié, à côté de celle de Vermeer, deux jours après le mariage de celui-ci.

 

 

 

 

 

                                                                Gérard ter Borch – Jeune fille en costume de paysanne, 1650 

 

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      On discute les prix dans un atelier de tailleur où de jeunes apprentis sont concentrés sur leur ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Quiringh van Brekelenkam – L’atelier du tailleur, 1661

 

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      C'est un éloge de la piété dans la vie quotidienne.

      La femme prie devant son repas. La jouissance des biens du monde doit conduire à Dieu, disait-on. Le chat, symbole de convoitise, tente de profiter de l'extase de cette femme âgée pour s'approprier quelques aliments.

      Une belle lumière accentue l'intimité de la scène.

 

 

 

 

 

 

                                                                                  Nicolaes Maes - Vieille femme en prière, 1656

 

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      On prie beaucoup à cette époque ! Cette fois, il s'agit d'un couple d'humbles paysans. La lumière modestement dispensée par une lucarne sur le côté enveloppe la jeune femme magnifiquement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cornelis Bega – Le bénédicité, 1663 

   

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Pieter de Hooch – Scène d’intérieur avec une mère épouillant son enfant, 1660

       De Hooch fut l'artiste novateur de cette nouvelle peinture de genre hollandaise représentant la vie quotidienne dans des scènes familiales d'intérieurs bourgeois ouverts sur des cours illuminées où des enfants s'amusent.

      Dans cette toile, l'épouillage de l'enfant par sa mère symbolise le bonheur familial et la propreté dont la ville de Delft avait la réputation. L'échappée sur une autre pièce où la lumière pénètre de l'extérieur accentue la perspective et les effets de contre-jour éclairant tout le tableau.

      C'est un éloge de la vie domestique dans un foyer hollandais net et serein...

 

 toilette.jpg       J'adore Jan Steen ! Un surdoué pouvant tout peindre !

      On retrouve son humour décapant dans beaucoup de ses toiles montrant de nombreux personnages de milieu populaire dans des ambiances festives. Ce sont des scènes burlesques ou des représentations des faiblesses humaines : ivrognerie, amour vénal, gourmandise, jeux.

      Même dans la peinture de cette femme assise sur son lit l'humour du peintre reste perceptible. La jeune femme, probablement une courtisane, fait sa toilette dans une attitude un brin érotique. Son visage souriant semble indiquer qu'elle est satisfaite d'elle-même et de son pouvoir de séduction.

       Cela ne semble pas émouvoir le petit chien qui a pris la place dans le lit...

 

 

 

 Jan Steen – Femme à sa toilette, 1660

 

 

       C'est une étonnante toile du fils de Rembrandt, Titus, habillé en moine.peinture hollandaise,pinacothèque,rembrandt,

      A cette époque, le peintre est vieillissant, fatigué. Sa femme Saskia et trois de ses enfants sont morts. Ce portrait exprime de la tristesse.

      Une lumière céleste semble éclairer le visage du jeune homme qui émerge de l'obscurité ocre. Rembrandt pressent-il que ce fils mourra avant lui à 27 ans ?

       « Pour peindre comme ça, il faut être mort plusieurs fois, disait Van Gogh ».

 

 

 

 

 

 Rembrandt Harmensz van Rijn – Portrait de son fils Titus, habillé en moine, 1660, Rijksmuseum, Amsterdam

 

         C'est fini...

      J'ai pris beaucoup de plaisir à montrer ces peintures. De nombreux autres peintres présents dans l'exposition auraient pu figurer dans mes « coups de cœur ». Je pense à Van Ruisdael, Mignon, De Heem, Van de Velde, Pynacker, De Witte... Mais il fallait faire un choix.

      Je pense que vous aurez apprécié la qualité de cette douzaine de toiles qui ne peut que donner envie d'aller les voir de plus près.

  

                                                                                 Alain

 

      J'espère que la vision de ces magnifiques tableaux s'ouvrira pour vous et vos familles sur un Noël lumineux et une excellente fin d'année.

      Je serais heureux de vous retrouver début janvier avec mon ami Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise.