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21 juin 2013

Van Gogh écrivain : St-Rémy - 6. 1 mars/13 mai 1890

 

CORRESPONDANCE - EXTRAITS CHOISIS

 

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Vincent Van Gogh – Vieil homme triste, mai 1890, Kröller-Müller Museum, Otterlo

 

      Lucien exultait.

      – Eh bien, voilà ! C’est de l'art, mon petit... l'art c'est ça !... Des visions ?...

      Un paysage, c'est un état de ton esprit, comme la colère, comme l'amour, comme le désespoir... Et la preuve c'est que, si tu peins le même paysage, un jour de gaieté, et un jour de tristesse, ils ne se ressemblent pas du tout. La nature, la nature !... Parbleu ! Je crois bien la nature !... Elle est admirable, la nature... admirable en ceci – écoute moi bien – qu'elle n'existe pas, qu'elle n'est qu'une combinaison idéale et multiforme de ton cerveau, une émotion intérieure de ton âme !...

 

                                                              Octave Mirbeau – Dans le ciel, Roman, chapitre 15 et 16, 1893

 

 

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10 juin 2013

Van Gogh écrivain : St-Rémy - 5. janv./févr. 1890

 

CORRESPONDANCE - EXTRAITS CHOISIS

 

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Vincent Van Gogh –  Oliviers, ciel orangé, nov. 1889, Goteborgs Konstmuseum

 

       Son art me troublait, par son audace et par sa violence. Il m'impressionnait, me donnait de la terreur, presque, comme la vue d'un fou. Et je crois bien qu'il y avait de la folie éparse en ses toiles. C'étaient des arbres, dans le soleil couchant, avec des branches tordues et rouges comme des flammes ; ou bien d'étranges nuits, des plaines invisibles, des silhouettes échevelées et vagabondes, sous des tournoiements d'étoiles, les danses de lune ivre et blafarde qui faisaient ressembler le ciel aux salles en clameurs d'un bastringue.

 

                                                       Octave Mirbeau – Dans le ciel, Roman, chapitre 15, 1893

 

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17 mai 2013

Van Gogh écrivain : St-Rémy - 4. nov./déc. 1889

 

CORRESPONDANCE - EXTRAITS CHOISIS

 

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Vincent Van Gogh –  cueillettes d’olives, déc. 1889, The Metropolitan Museum of Art, New York

 

      L'art, mon garçon, ce n'est pas de recommencer ce que les autres ont fait... c'est de faire ce qu'on a vu avec ses yeux, senti avec ses sens, compris avec son cerveau... Voir, sentir et comprendre, tout est là !... Et puis exprimer aussi, diable !... Mais que veux-tu exprimer, si tu n'as rien vu, et si ce que tu as vu, tu ne l'as pas compris !...

      « Voir, sentir, comprendre », ces trois mots, il les répétait à chaque instant. Cela résumait toute son esthétique parlée. Lucien n'était pas éloquent. Et les phrases commencées, il les achevait souvent dans un geste, qu'accompagnait toujours, en manière de conclusion, cette trinité de verbes : « Voir, sentir et comprendre ! »

                                                    Octave Mirbeau – Dans le ciel, Roman, chapitre 15, 1893

 

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05 mai 2013

Van Gogh écrivain : St-Rémy - 3. 19 sept./3 nov. 1889

 CORRESPONDANCE - EXTRAITS CHOISIS

 

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Vincent Van Gogh –  Demi-silhouette d’un ange (d’après Rembrandt), sept. 1889, collection privée

 

Ah ! Comme il a compris l'âme exquise des fleurs ! Comme sa main, qui promène les torches terribles dans les noirs firmaments, se fait délicate pour en lier les gerbes parfumées et si frêles ! Et quelles caresses ne trouve-t-il pas pour en exprimer l'inexprimable fraîcheur et les grâces infinies ?

Et comme il a compris aussi ce qu'il y a de triste, d'inconnu et de divin dans l'œil des pauvres fous et des malades fraternels !  

                                                                                 

Octave MirbeauL'Écho de Paris, 31 mars 1891

 

 

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20 avril 2013

Van Gogh écrivain : St-Rémy - 2. 6 juil./10 sept. 1889

 CORRESPONDANCE - EXTRAITS CHOISIS

 

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Vincent Van Gogh –  Champ de blés avec cyprès, sept. 1889, National Gallery, Londres

 

            A l’hospice de Saint-Rémy où Vincent a demandé à séjourner, il reçoit de sa belle-sœur Jo une lettre qui lui apporte un grand réconfort : « Cet hiver, vers février probablement, nous espérons avoir un bébé, un joli petit garçon que nous appellerons Vincent si vous voulez bien être son parrain. Je sais bien que nous ne devons pas trop y compter et que cela peut aussi bien être une petite fille mais Theo et moi nous le nous figurons toujours comme un garçon. […] Quand je pense que ni Theo ni moi nous ne sommes en très bonne santé, j’ai grand-peur que nous ne ferons un enfant faible. […] Vous rappelez-vous le portrait du bébé Roulin que vous avez envoyé à Théo ? Tout le monde l’admire beaucoup et bien des fois déjà on a demandé : « Mais pourquoi avez vous mis ce portrait dans ce coin perdu ? ». C’est que de ma place à table je vois justement les grands yeux bleus, les jolies petits mains et les joues rondes de l’enfant, et j’aime à me figurer que le nôtre sera aussi fort, aussi bien portant et aussi beau que celui là – et que son oncle voudra bien un jour faire son portrait ! »

 

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02 mars 2013

Van Gogh écrivain : St-Rémy - 1. 9 mai/2 juillet 1889

 

 CORRESPONDANCE - EXTRAITS CHOISIS

 

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   Vincent Van Gogh –  Nuit étoilée, juin 1889, The Museum of Modern Art, New York

 

      Van Gogh a eu, à un degré rare, ce par quoi un homme se différencie d’un autre : le style. [...] Et tout, sous le pinceau de ce créateur étrange et puissant, s’anime d’une vie étrange, indépendante de celle des choses qu’il peint, et qui est en lui. Il se dépense tout entier au profit des arbres, des ciels, des fleurs, des champs, qu’il gonfle de la surprenante sève de son être. Ces formes se multiplient, s’échevèlent, se tordent, et jusque dans la folie admirable de ces ciels où les astres ivres tournoient et chancellent, où les étoiles s’allongent en queues de comètes débraillées ; jusque dans le surgissement de ces fantastiques fleurs qui se dressent et se crêtent, semblables à des oiseaux déments, Van Gogh garde toujours ses admirables qualités de peintre, et une noblesse qui émeut, une grandeur tragique qui épouvante.

 

                                                                                      Vincent Van Gogh, Écho de Paris, 31 mars 1891, Octave Mirbeau

 

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