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Genèse de l'impressionnisme

 

7. Edouard Manet – La Venise Bleue

 

 

 

Nouvelle inédite (version longue)

 

 

 

     Un impressionniste qui s’ignore…

 

 

     Je venais de m’installer pour déguster une glace au café Florian et avais reconnu à une table voisine la silhouette familière d’Edouard Manet. Le visage gracieux de sa femme m’avait souri lorsque je lui avais tendu l’ombrelle qu’elle avait fait tomber.

    - Merci monsieur, m'avait-elle dit ! Je vois que vous êtes français… Mon Dieu que je m’ennuie ici !

 

 

 

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Edouard Manet – Le Grand Canal de Venise, 1875, Shelburne Museum, Vermont, USA

 

 

 

     C’est ainsi que je fis connaissance avec Edouard Manet. En cette année 1875, il était considéré par les jeunes artistes comme le porte-étendard des peintres avant-gardistes. Il s’obstinait à exposer au Salon officiel où ses œuvres faisaient régulièrement scandale. Je me souvenais des esclandres provoqués il y a une dizaine d’années par ses toiles Déjeuner sur l’herbe et Olympia considérées comme érotiques et grossières…

    Manet était détendu. Même en voyage il restait un bourgeois élégant au costume impeccablement coupé.

     - Vous êtes tout jeune, me dit-il en m’examinant malicieusement.

     - 24 ans… Je viens de terminer mes études d’architecture et d’art. Je me suis décidé à partir pour Venise afin d’étudier et copier ses grands peintres : Tiepolo, Véronèse, Titien…

    - Je viens d’arriver, m’apprit-il. Voyage culturel… J’adore Carpaccio et la peinture italienne. Incomparable Titien et Tintoretto à l’école de San Rocco ! Pourtant mon maître reste espagnol : Diego Velasquez. Ce peintre me fascine et inspire souvent mon travail… Ah ! Venise !… Ce n’est que du décor… mais quel décor ! J’aimerais ramener quelques toiles inspirées des lumières et couleurs de la ville. J’espère que vous nous accompagnerez dans nos pérégrinations sur les canaux ! Je vois dans le regard de Suzanne qu’elle apprécierait fortement votre présence. Elle adore les jeunes artistes qui viennent à nos diners parisiens rue Saint-Pétersbourg.

 

     Le séjour du couple à Venise dura environ un mois. Presque tous les jours, je les rejoignais. Tout intéressait Manet. Cette ville somptueuse qu'il parcourait en gondole lui offrait des motifs inépuisables : lagunes, palais, maisons patinées par le temps. Je lui avais demandé si je pouvais le suivre dans ma propre gondole. « Tant que vous voudrez ! m’avait-il répondu. Quand je travaille, seul mon sujet m’occupe ».

     Je le suivais donc à distance et l’observais. Parfois, je le voyais fulminer lorsqu’un oscillement intempestif de son embarcation bousculait son chevalet. Il jurait, retravaillait sa toile, puis se mettait à chanter joyeusement : « Ça marche, ça marche ! » me lançait-il.

     Lorsqu’il était content de son travail, l’homme aimait se détendre, accompagné de sa femme, dans les ruelles les plus tortueuses de Venise. Il montait dans des gondoles et explorait les plus étroits Canaletti. Il aurait voulu peindre les belles filles ébouriffées, les pêcheurs, les gondoliers, des enfants teintés par le soleil. Un motif l’enthousiasmait plus intensément : les grands pieux en bois, balafrés de bandes de couleurs vives, servant à l’amarrage des embarcations.

     Manet me donnait souvent rendez-vous dans la soirée. « Venise est surtout émouvante la nuit, disait-il ». Un soir, je voulus lui faire plaisir. Au cours de nos soirées, il n'arrêtait pas de taquiner madame Manet sur sa musique. Je savais que Suzanne était une excellente pianiste. J’organisai un complot avec elle pour installer un piano, dissimulé par des couvertures, sur la barque plus large que nous avions empruntée pour une promenade sur l’eau. Discrètement madame Manet s’était mise au piano. Dans le silence, une romance de Schumann s’était élevée dans le ciel argenté. Manet était ému aux larmes.

   Quelques jours plus tard, le ciel était limpide. Le soleil automnal s’alanguissait en ombres disparates. Comme d’habitude, je m’étais assis à ses côtés et suivais son travail. En le regardant poser les touches de couleurs, je pensais à Cézanne que j’avais entendu dire en parlant de Manet : « Il crache le ton… »

     Le peintre tentait de terminer une toile du Grand Canal. Les pieux zébrés de bleu et de blanc purs s’élançaient vers le ciel. Cette toile le perturbait. Il recommençait sans cesse, reprenait son travail, insatisfait. Le dessin du gondolier debout sur sa gondole l'interrogeait.

     - C’est le diable, disait-il, pour donner la sensation que son chapeau tient bien sur la tête de l'homme… La ligne géométrique de ces gondoles est effroyable à réaliser… 

      Il cherchait.

     - J’ai beaucoup appris durant mon voyage au Brésil en regardant les jeux d’ombre et de lumière dans le sillage du navire, dit-il d'un ton nostalgique. Ce Grand Canal m’éblouit ! Il faut que je saisisse l’agitation de l’eau au passage des barques. Ce sont des culs de bouteille de champagne qui surnagent !

     Il procédait par touches rapides en jetant des ombres et des lumières. Il définissait les valeurs, analysait les différences de tons, contrastait les verts glauques de l’eau avec les roses des maisons, les fuseaux noirs des gondoles.

 

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Edouard Manet – Le Grand Canal de Venise, 1875, collection privée

 

 

   Une réflexion m’envahissait, obsédante. Les toiles que je voyais ne ressemblaient en rien de ce que je connaissais de la peinture de l'artiste. Après un long temps d’hésitation, je me décidai :

     - Monsieur Manet, lançai-je gravement… vous fréquentez les impressionnistes… ils vous vénèrent… ce sont vos amis… et je lis partout que vous ne vous revendiquez pas de leur école… Vous faites bande à part ! Vous n’avez d’ailleurs pas voulu participer à la première exposition de leur groupe l’année dernière chez Nadar, boulevard des Batignolles à Paris. Ils vous en ont voulu…

     J’hésitai encore ne voulant pas vexer ce grand peintre. Il me regardait bizarrement en se demandant où je voulais en venir. J’examinai à nouveau sa toile, puis sortis lentement le mot :

     - Impressionnisme… Les deux tableaux du Grand Canal que vous êtes en train de terminer… Monet n’aurait pas fait mieux… La technique utilisée par vos amis s’exprime pleinement sur ces toiles. Tout y est : morcellement de l’eau en reflets lumineux contrastés ; juxtaposition de couleurs complémentaires : roses dans les bâtiments, vert-bleuté dans les vaguelettes ; tonalités chaudes et froides… Je ne vois que lumière et vibrations sur vos toiles… De l’impressionnisme à l’état pur !

    Manet se mit à rire en voyant mon trouble devant ses toiles. J’attendais une réponse construite de sa part.

    - Juste !… Votre vision est exacte mon ami… J’ai remarqué depuis quelque temps que ma palette s’éclaircissait. Peut-être le contrecoup des revers, sarcasmes, endurés depuis mes débuts dans les expositions du Salon qui m’ont profondément marqué, vexé… L’année dernière, au cours de l’été, juste après l’exposition du groupe impressionniste, je suis passé rendre visite à Claude Monet, à Argenteuil. Est-ce le temps superbe, la beauté de cette région des bords de Seine, j’ai peint plusieurs toiles en tentant de m’inspirer de la liberté de touche de mon ami. Le plein air…

     Il resta silencieux, repensant au plaisir qu’il avait ressenti ce jour là.

 

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Edouard Manet – Monet peignant dans son bateau-atelier, 1874, Neue Pinakothek, Munich

 

     - Monet possède un bateau-atelier qui lui permet de naviguer, peindre l’eau, les berges, les ponts et péniches. Tout ce qu’il voit l’inspire. Je l’ai représenté dans ce bateau, installé avec sa femme Camille, en train de peindre sur un petit chevalet. L’embarcation ressemblait à une gondole surmontée d’une cabine. J'observais l’image trouble d’un Monet, une lumière tombant sur son épaule, la coque ballotée par la Seine faisant trembler sa main. Les petites touches de couleurs que j'avais disséminées sur l'eau s'entrechoquaient sous le soleil.

     Le peintre semblait heureux à l’évocation de ces instants. Un souvenir lui revint.

 

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Edouard Manet – La famille Monet dans son jardin à Argenteuil, 1874, Metropolitan Museum of Art, New York

 

     - Ravissante Camille Monet ! Durant ce même été, j’ai peint la famille Monet dans leur jardin. Camille portait un petit chapeau qui appartenait à ma femme. Charmante, elle était assise sous un arbre avec son fils Jean pendant que Monet cueillait des fleurs rouges. D’un jet ! Je me suis surpris à brosser cette toile spontanément, inspiré par les vibrations colorées du paysage et des vêtements. Je me souviens que ce coquin de Renoir arriva et peignit le même motif.

    J’étais comblé… Le grand Edouard Manet, l’homme que tous les jeunes peintres modernes admiraient, semblait partager mon sentiment sur sa nouvelle perception de sa propre peinture.

    - Vous voyez jeune homme, dit-il, à la fin de cet été de l’année dernière, j’ai vraiment eu la sensation que j’étais parvenu, tout comme les impressionnistes, à faire sentir sur mes toiles le sentiment constant de la nature.

    - Vos amis vont être sacrément surpris lorsqu’ils verront vos deux tableaux du Grand Canal lors d’une prochaine exposition. Vous leur jetez un défi sur leur propre terrain…

     - Vous croyez…

  - Dans ces toiles, maître, vous maitrisez à ravir le chatoiement de la touche et la distribution de la lumière. Je retrouve cette émotion, cette perception de Claude Monet ou Camille Pissarro, celle de l’éphémère, de la fugacité des choses. Votre Grand Canal est devenu une impression visuelle… Eblouissant !

   - Il est vrai que cela change des noirs de Goya et Velasquez, mes références habituelles en peinture…

   Je sentais que Manet s’interrogeait, troublé par mon excitation. Ce tout début d’automne vénitien lui faisait-il discerner une nouvelle vérité dans son art ?

     Il rangea son matériel sans dire un mot.

 

     Quelques jours plus tard, il frappa à ma porte. « Je dois rentrer à Paris, dit-il. J'ai terminé mon travail. Je vis trop agréablement ici. Je redoute les embêtements qui m’attendent et ces critiques imbéciles qui me massacrent dès qu’ils voient mes oeuvres. »

    Je l’accompagnai à la gare. Sa femme semblait émue de me quitter. Une dernière fois, il contempla le Grand Canal, les vieux palais roses et les maisons anciennes.

   Manet me fixa. Ses yeux avaient une flamme juvénile. A seulement 43 ans, il était beau et séduisant. Je me souvenais qu’à Paris ses amis le trouvaient « délicieux ». « Merci pour votre vision sur ma peinture. J’ai appris des choses… », dit-il.

    Le soleil s’accrochait à la barbe blonde du peintre. « Venez me voir à votre retour d’Italie ».

     Son regard s’attarda au loin sur les gigantesques pieux qui émergeaient d’un léger brouillard…

 

 

Commentaires

  • Bien agréable nouvelle et deux superbes toiles dédiées à Venise que je ne connaissais pas : que souhaiter de mieux en ce début de semaine que l'on nous annonce si grise "qu'un canal s'est perdu", sinon la lumière que tu nous offres pour accompagner celle de Manet ?

  • On peut dire que Venise inspira l’artiste car la lumière dégagée par ces toiles est exceptionnelle. Peut-être les plus lumineuses, toutes en vibrations, de ses œuvres. Comme je l’explique, il pensait que cet été là il avait réussi à faire sentir sur ses toiles le sentiment constant de la nature.
    Nous sommes loin de Brel et du « Plat pays »…

  • Merci Alain, cette lecture m'a fait passer un très délicieux moment!! je ne connaissait pas des deux tableaux de Manet et c'est certain qu'il fut proche de ses amis impressionnistes lors de cette promenade à Venise! Bisous Fan

  • Ce fut la période impressionniste de Manet en cette année 1875, d’abord à Argenteuil l’été chez Monet, et ensuite durant l’automne vénitien.
    Le plus étonnant est que, pour le Salon de 1876, soucieux d’apparaître avec des portraits plutôt qu’avec des paysages, Manet remisa ses toiles vénitiennes et proposa autre chose. Les deux portraits qu’il proposa furent refusés par les membres du jury (13 sur 15 membres) qui dirent une nouvelle fois « qu’il reste avec ses tableaux ! ». Furieux, il exposa les toiles de Venise dans son atelier 15 jours avant l’ouverture du Salon. Les amateurs qu’il conviait recevaient une invitation officielle avec la devise « Faire vrai et laisser dire ».

  • un piano sur une barque pour Madame Manet, ton imagination galope, Alain, me dis-je. Et puis pas du tout, je lis dans "le dictionnaire amoureux de Venise" de Ph Sollers que l'anecdote est tout à fait véridique, merci, Alain pour ton érudition, ainsi que la façon dont tu nous rend les artistes si vivants.
    Je n'ai pas lu tous les articles de ton blog, alors pardonne moi si tu l'as déjà fait, mais as tu écrit sur le Venise des peintres ? c'était un incontournable voyage pour tellement d'entre eux que le voyage à Venise, un exercice un peu convenu.
    Les tableaux de Manet que tu montres ci dessus, resserrés sur leur sujet, me semblent infiniment plus intéressants que les plans larges de Venise de Monet ou Renoir qui "turnarisent" à outrance ; dans le premier tableau, d'ailleurs, sa touche ici, large et géométrique me rappelle plus celle qu'a parfois Vincent ...

  • Oui, Emma, J’ai tiré ce récit d’une rencontre véritable faite par un jeune peintre avec Edouard Manet à Venise. Il raconte ces jours qu’il partagea avec Manet durant lesquels il le vit travailler sur ses toiles.
    Il évoque également l’épisode du piano sur une barque avec Manet et sa femme qui était une excellente musicienne. Certaines paroles que j’écris auraient été dites par l’artiste. Ainsi, partant d’une anecdote véritable, je peux élaborer un récit vraisemblable, en utilisant la fiction, qui me permet d’évoquer la période impressionniste que connu le peintre durant cet été 1875 au contact de son ami Claude Monet à Argenteuil.
    Je n’ai jamais écrit sur les peintres qui ont peint Venise, et ils sont nombreux à avoir fait le voyage. Les deux toiles de Manet de Venise font partie de celles que je préfère du peintre de l’Olympia. Pour un artiste qui ne voulait pas exposer avec les impressionnistes, il atteint, à ce moment, le très haut niveau dans ce style. Je suis entièrement d’accord avec toi sur les toiles de Monet et Renoir de Venise qui à mon goût sont loin de me réjouir autant que ces deux superbes vues de Manet.
    La première toile avec ces touches bleues serrées pourrait effectivement faire penser à certaines toiles de Vincent Van Gogh qui utilisait des petites touches de couleurs pures de cette façon, comme dans « Le semeur au soleil levant ».

  • J'aime énormément.
    J'aime aussi les précisions que tu apportes dans tes réponses aux commentaires.
    Le récit est beau, la recherche que tu as entreprise permet de le rendre plus proche de notre réalité.
    Merci pour tout, Alain.
    Passe une douce journée.

  • Je suis heureux que cela te plaise. Je fais des efforts pour donner une incarnation aux personnages. Il faut que, le temps de quelques pages, ils nous fassent partager leurs émotions rencontrées durant ce séjour vénitien.
    Tu me parles des commentaires. Pour moi, ils sont importants car ils permettent de compléter ce qui pourrait manquer au récit.
    Félicitations ! Tu mérites amplement ce Rêve d’honneur qui t’a été décerné. Peut-être un jour la petite Marie, si elle est tenue au courant, t’enverra une bise postale de Los Angelès pour te remercier de tout. Ce sera également une belle récompense.
    Belle fin de journée.

  • Histoire d'une rencontre, sous l'obédience de la couleur bleue...

    Voyage initiatique en Italie, terre d'artistes foisonnante... C'est un texte magnifique que vous nous proposez-là ! Truffé de petits détails qui se savourent comme des gourmandises vénitiennes (glaces, petits chocolats, massepains...) et qui pétille dans l'esprit en nous apprenant plein de choses, merci à vous !

    J'aime profondément cet échange entre artistes dans ce cadre sublime et l'expression de cette lumière, purement magique, qui baigne Venise... Le tableau de Manet est un enchantement, je pourrais laisser mon regard explorer, pendant des heures, ses abysses de matière.

    Pour l'anecdote, j'ai eu la chance de découvrir la Sérénissime lors de ma Licence d'Histoire de l'Art. Un de nos professeurs avait organisé ce merveilleux voyage pour que ses étudiants se régalent des beautés des lieux et je m'étais fait le serment de revenir, un jour, si je me mariais... Résultat, j'y ai passé un délicieux voyage de noces quelques années plus tard ! Venise demeure pour moi liée à des émotions très intenses et revoir ses couleurs à travers l'art attise toujours l'une ou l'autre de ces émotions.
    Belle fin de journée, merci encore pour ce texte, amitiés
    Cendrine

  • Durant son séjour à Venise, et ses deux toiles, Manet s’est réellement hissé à la hauteur des véritables impressionnistes, et peut-être même un peu au-dessus avec l’expérience qu’il avait amassée à cette époque dans sa peinture. Les vibrations bleutées de la première toile éblouissent et hypnotisent.
    Un voyage de noce à Venise est le rêve de tous les amoureux. Et vous l’avez vécu. Cette ville a toujours inspiré les artistes avec ces paysages de canaux et cette lumière magique. Comme dit Manet : « Ah ! Venise !… Ce n’est que du décor… mais quel décor ! ».
    Restez bien au chaud avec cette période de frimas désagréable que je n’aime guère. Trop long, trop mélancolique. Heureusement, comme dit Richard, la toile de Manet nous apporte la lumière qui manque à l’extérieur.
    Amicalement.

  • "Vous" avez bien fait de lui parler, alors. Il s'épanouit dans la lumière enfin conquise.
    Mais j'aime bien aussi son côté Vélazquez et sombre.

  • Manet, en cette année 1875, a eu envie de plein air. Alors quoi de mieux qu’Argenteuil et ces bords de Seine, puis Venise et sa lumière tremblotante. Etait-ce le vrai Manet ?
    J’aime aussi le Manet Velasquez, pastel ou coquin. Mais l’impressionniste m’a beaucoup plu.

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