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07 février 2016

Les années Argenteuil

 

Portrait : Claude Monet La femme à l’ombrelle, 1875 

  

 

     Claude Monet se plait à Argenteuil où il est installé avec sa récente femme Camille, ils sont mariés depuis à peine cinq années, dans une petite maison depuis l’hiver dernier. Il peint comme jamais jusqu’ici.

     Les années 1870 sont une grande mutation dans son art. Le peintre ne s’intéresse plus qu’à la lumière. Tout devient vibration. Le plein air est son unique atelier, son seul maître devient la nature. Son inventivité est extrême pour saisir le motif sous tous ses aspects, découvrir le ton qu’il n’avait pas perçu. Il pose de simples virgules de couleurs pures directement sur la toile. Son oeil a changé, il recompose le paysage qui est saisi avec les accidents que l’atmosphère lui donne. Il le réduit à l’essentiel.

     Monet peint quelque chose de nouveau. Sait-il lui-même ce qu’il peint…

     Comme Daubigny autrefois sur son atelier flottant le « Botin », il possède, lui aussi, un bateau-atelier qui lui permet de naviguer, de peindre l’eau, les berges, les ponts, les péniches. Tout ce qu’il voit l’inspire et l’éblouit…

     Argenteuil, la Seine, les jardins, fournissent à Monet d’innombrables sources d’émerveillement. Les ciels de l’artiste n’ont jamais été aussi bleus que ceux d’Argenteuil.

     Camille est sa joie de vivre. Il la surprend partout.

     Dans le jardin avec Jean, se plantant une fleur dans les cheveux…

   Seule, au détour d’une allée, à la fin d’une belle journée d’été au moment où les ombres prennent une teinte bleutée…

     Pensive, dans l’encadrement d’une fenêtre…

     Brodant devant un massif fleuri éclaboussé de tâches colorées… 

   Lisant, assise dans l’herbe sous les lilas, confondue dans la végétation…

     Devant un massif de glaïeuls…

 

 

 

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Claude Monet – La femme à l’ombrelle, 1875, National Gallery of Art, Washington

 

 

     Par cette belle journée de l'été 1875, Claude Monet a choisi de croquer Camille vers les bords de la Seine. En pleine lumière, il pose des petites touches de couleurs qui vibrent entre elles.

    Une apparition ascendante nous est offerte… Celle-ci, peinte en contre-jour, est éclaboussée du bleu mauve du ciel parcouru de nuages jaunes et rosés qui s’effilochent en se regroupant curieusement autour de la jeune femme, comme pour la protéger. Il l’aime… Les rayons du soleil l’enveloppe…

   La gracieuse Camille debout sur un talus herbeux tient une ombrelle qui, comme son voile et sa robe, s’agite dans le vent. Tout n’est que mouvement : les plis de la robe se cabrent, la voilette agitée laisse percevoir le visage de celle qui nous regarde. Elle nous dit quelque chose ? Non ! Elle parle à Claude ! La pose est naturelle, instant fugace d’un regard de peintre.

    Elle ne va pas tarder à se retourner pour continuer son chemin, accompagnée de Jean son petit bonhomme qui marche à ses côtés.

 

  

Commentaires

La tableau est magnifique. Léger aussi, et plein de vie, pourtant il me fait toujours penser à l'autre, celui qui représente Camille morte. Je suppose que vous nous en parlerez aussi bientôt.

Écrit par : Carole | 09 février 2016

C'est un régal pour l'oeil et les sens. Tout l'impressionnisme est contenu dans cette représentation de Camille en plein ciel.
Monet a tellement peint sa jeune femme que je pense continuer à la montrer sous la forme de portraits courts comme celui-ci. J'avais déjà publié des nouvelles plus détaillées. Pour le moment Camille est pleine de vie et je n'ai pas encore envie de la voir morte. Malheureusement...

Écrit par : Alain | 09 février 2016

Tu nous avais écrit un joli texte dans les années 2010 par rapport à Camille et son lit de mort!!tu as raison de la faire revivre tout en douceur et beauté par le biais de son époux amoureux qui avait le don de l'"impression" tel qu'il nous l'a offert durant de belles années!! J'avais visité Giverny et son atelier , son jardin, sa maison et je dois dire que cette une époque qui semblait être heureuse malgré sa 2ème femme quelque peu jalouse des souvenirs avec Camille!! Mais, Camille était modèle aussi pour Renoir et Manet, aussi, des tableaux où elle figure sont nombreux! Bisous Fan

Écrit par : FAN | 11 février 2016

Effectivement, j'avais écrit il y a quelques années de longues nouvelles parlant de Camille et Monet. J'ai l'intention, de temps à autre, de redonner une nouvelle vie à d'anciens textes - pas seulement sur Camille - qui seront des portraits de tableaux plus ramassés, allégés, mieux adaptés à la vision immédiate et rapide de la lecture numérique sur écran, notamment sur Facebook. J'ai déjà tenté de publier d'anciennes nouvelles longues sur FB. Personne n'y a fait attention. Par contre, d'autres récits plus concentrés ont plu. Je pense donc que, plus courts, certains textes seraient intéressants à reprendre. Qu'en penses-tu ? J'en ai déjà parlé avec quelques personnes sur FB qui semblent apprécier. Tout va tellement vite sur ce réseau,une image en chasse une autre. Il n'y a pas de véritables échanges plus fouillés.
En ce qui concerne Camille, Monet l'a tellement peinte qu'il y aurait de nombreux portraits à faire. Il aimait cette jeune femme qui le lui rendait bien. Elle fut effectivement le modèle de nombreux peintres dont Renoir et Manet. J'en reparlerai.
Bonne journée Fan.

Écrit par : Alain | 12 février 2016

L'idée me sied.
Comme tu le sais, je l'ai adoptée depuis quelques mois maintenant : je pense qu'il vient un temps où publier à nouveau d'anciens articles sur son blog et les transporter sur sa page FB constituent un choix intéressant car cela permet non seulement de redonner vie à des textes que, peu ou prou, l'on "retravaille" mais aussi d'ouvrir la porte à de nouveaux lecteurs qui se présentent, avec lesquels, peut-être, un dialogue pourrait s'engager ...

Écrit par : Richard LEJEUNE | 13 février 2016

Alors, nous sommes d'accord. Je me suis aperçu que je pouvais faire de nombreux "portraits" avec mes anciens textes. Effectivement je les retravaille toujours un peu, surtout Van Gogh que j'ai entièrement revu cet été. Je le publierai cette année dans Calaméo.
Plus concentrés, les textes sont plus facilement accessibles à la lecture numérique. Ils retrouvent ainsi une seconde vie. De toute façon, j'ai aussi de nouveaux écrits en préparation, l'un n'empêche pas l'autre.
Merci pour ton avis.

Écrit par : Alain | 13 février 2016

Cher Alain, je crois que sur FB, la lecture n'est guère de mise, l'image passe mieux! mais tu peux tout de même donner quelques notions sur l'image proposée et renvoyer le visiteur sur ton blog en le faisant cliquer sur l'image (comme Richard)! le lecteur intéressé ira ainsi sur "si l'art était conté"! Qu'en penses-tu? Bisous Fan

Écrit par : FAN | 14 février 2016

C'est bien ce que je fais depuis le début sur FB, Fan, mais pas grand monde ne doit cliquer sur l'image. Je pense même que beaucoup de lecteurs ne savent pas qu'en cliquant ils aboutissent dans mon blog.
Je me suis rendu compte qu'il n'y a guère de possibilité d'échange sur ce réseau ou seule l'image est reine, les textes n'étant pas lus car trop longs. Si encore les images publiées étaient bonnes, j'ai remarqué qu'il s'agissait parfois de copies, et de plus, de très mauvaise qualité, comme un Van Gogh récemment qui ne ressemblait en rien à l'original.
Pas grave, de toute façon je continuerai à publier sur le blog avec un renvoi sur FB. Ensuite, chacun fera ce qu'il voudra. Lire ou ne pas lire... C'est bien le problème des générations écrans actuelles.

Écrit par : Alain | 15 février 2016

Les commentaires sont fermés.