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04 janvier 2015

Johannes Vermeer : La jeune fille à la perle, 1665, Mauritshuis, La Haye

 

BONNE ANNÉE - HAPPY NEW YEAR 

  

     Ce tableau est l’un des plus célèbre au monde. A l’aube de cette nouvelle année 2015, j’ai pensé que la vision du regard chaleureux et pur de cette jeune fille vous apporterait un de ces petits moments de bonheur qui donnent un sens à la vie.

This painting is one of the most famous in the world. At the dawn of this new year 2015, I thought that the vision of pure and warm look of that young girl would bring you one of those small moments of happiness that give meaning to life. (for Facebook readers)

 


peinture, écriture, Vermeer, Delft, Hollande

Johannes Vermeer – La jeune fille à la perle, 1665, Cabinet royal des peintures, Mauritshuis, La Haye

 

 

 Récit modifié et réédité

 

 

     Elle jaillit, éblouissante sur mon écran d’ordinateur : La jeune fille à la perle, me fait face, souriante, dans l’éclat de sa jeunesse insolente. J’observe ébahi… 

     Je me souvenais avoir ressenti la même émotion lors de ma dernière visite au musée de La Haye où elle demeure. Comme aujourd’hui, elle se tournait vers moi. Elle me fixait, surprise d'avoir été dérangée. Les plis de l’étrange turban bleu et jaune frémissaient.

     Son regard croise le mien. Son souffle est parfumé. Mon rythme cardiaque s’est accéléré.

     Par la pensée, je ne peux m’empêcher de remercier le français Thoré-Bürger. Johannes Vermeer était tombé dans l’oubli lorsqu’il fut redécouvert par ce critique d’art en plein milieu du 19ème siècle. Aujourd’hui, le Mauritshuis a le bonheur de posséder dans ses collections permanentes cette inestimable peinture qui lui fut léguée par un collectionneur hollandais l’ayant acquise en 1881, en mauvais état, pour le prix faramineux de… 2 florins… C’est à dire rien !

      Les spécialistes n’ont pas hésité à comparer cette toile à La joconde de Léonard de Vinci, le tableau du Louvre le plus célèbre au monde, devant laquelle des visiteurs venus du monde entier se pressent uniquement pour que Mona Lisa leur fasse l’aumône d’un sourire. La Jeune fille à la perle a même été appelée la « Joconde du Nord » ou « Joconde hollandaise ». 

     Impossible de se tromper, pensai-je : l’aspect flou des toiles de Vermeer ont bien un petit air de famille avec le célèbre « sfumato » cette étrange graduation de la lumière utilisée par Léonard…

     Elle m’observe… Va-t-elle me parler ?

     Pourquoi emploierait-on des qualificatifs pompeux pour décrire un portrait qui présente une telle simplicité apparente ? La jeune fille paraît très jeune, pétillante de vie. De grands yeux brillants, une bouche humide entrouverte avec deux petites perles de lumière rosée aux commissures des lèvres.

     La figure aux traits indéfinis rayonne. Les contours du visage, de la bouche, du nez fondu dans la joue droite, sont imprécis. L’artiste semble l’avoir voulu ainsi pour nous inciter à pénétrer dans son tableau et compléter les parties manquantes. La peinture est lisse, fluide, aérienne. Les couleurs, tout en glacis superposés, glissent progressivement, sans à coup, de l’ombre profonde vers cette fabuleuse lumière de Vermeer qui irradie naturellement d’elle-même. Des gouttes blanches dans les yeux et sur la perle se répondent. L’harmonie est totale…

     Qui peut bien être cette femme enrubannée, mystérieuse : une femme de Delft ? Une jeune servante ? Vermeer ne peut dissimuler la tendresse qui l’a animé en peignant ce visage infiniment précieux et fragile. Je m’interroge : ce portrait ne présente aucune affinité avec ceux peints à cette époque, il aurait presque pu être peint de nos jours ? La fantaisie du vêtement et du turban exotique, ce visage lumineux aux contours indécis, cette beauté irréelle, en font un portrait hors du temps.

     Incontestablement, le peintre a laissé dans cette image qui me sourit, ce regard qui transperce, un message que je m’efforce de décrypter : beauté… pureté… chasteté…  éphémérité… quelque chose d’indéfinissable qui nous transporte au-delà même de notre propre existence…

     Que dire devant un tel spectacle ? Jamais une peinture ne m’a autant troublé…

     Sur mon écran d’ordinateur la lumière tressaute un long moment.

     Je l’éteins. 

 

 

 

Commentaires

Merci pour les articles si intéressants sur l'art. Tous mes voeux également.
à bientôt

Écrit par : PASSION SCULPTURE | 04 janvier 2015

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Excellente année 2015 pour vous et votre famille.

Écrit par : Alain | 04 janvier 2015

SUPERBE ANNEE 2015 A TOI en te souhaitant toujours l'intérêt de nous faire partager tes recherches fabuleuses sur tes peintres choisis avec attention et tes écrits qui nous ravissent!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 04 janvier 2015

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Merci, Fan, pour la gentillesse de ton commentaire. Depuis que je tiens ce blog je tente toujours de montrer la peinture avec un œil imaginatif. Ces superbes toiles parlent d’ailleurs d’elles mêmes, il suffit de leur permettre de s’exprimer.
Merveilleuse année pour toi et tes proches.

Écrit par : Alain | 05 janvier 2015

Et même l'écran éteint, l'image subsiste, forte, tant elle a ravi notre oeil, ta fine présentation n'y étant d'ailleurs pas étrangère ...

Écrit par : Richard LEJEUNE | 05 janvier 2015

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Cette jeune fille à la perle fait partie, pour moi, des plus beaux tableaux du monde. Alors, l’inspiration est facile.
L’écran éteint, je la garde accrochée au dessus de mon bureau pour ne pas perdre de vue son image irrésistible. Quand je ne suis pas en forme, elle me réconforte.

Écrit par : Alain | 05 janvier 2015

Une perle qui lui dans l'ombre, une jeune fille qui semble prête à parler, mais se taira toujours : peut-être ce tableau est-il une image de l'art lui-même, qui ne vaut que par les questions qu'il nous propose et sa perpétuelle invitation à "continuer" ?

Écrit par : Carole | 06 janvier 2015

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Continuer… ou, comme les huguenotes enfermées durant 38 ans à Aigues-mortes inscrivirent dans la pierre : Résister. L’actualité de ce matin nous démontre une fois de plus, Carole, que si l’art, sous toutes ses formes, était plus enseigné dans les écoles, le monde pourrait peut-être devenir moins violent, plus tolérant, plus juste.
Cette jeune fille porte dans la transparence de son regard tant d’humanité. Comment ne pas en être captif ? S’il lui reste un minimum de sensibilité, le pire des monstres peut tomber sous le charme et s’amender.

Écrit par : Alain | 07 janvier 2015

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