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Eugène DELACROIX écrivain

 

Journal – 4.1 Année 1824, Scio : genèse de la toile

 

 

 

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     Au printemps 1822, les troupes ottomanes massacrent une partie des habitants de l’île de Scio et vendent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sur les marchés aux esclaves des villes de l’Empire. Cela suscite une vague d’indignation en Occident.

   Après son premier succès obtenu au Salon de 1822 avec "Dante et Virgile aux Enfers », Eugène Delacroix avait déjà projeté de peindre ce sujet d’actualité. La situation est favorable : le conflit qui dure depuis trois ans est dans tous les esprits. L’exemple du poète Byron qui meurt en Grèce en portant secours aux insurgés enflamme la jeunesse grâce aux écrits de l’écrivain.

    En mai 1823 il décide d’exposer au Salon suivant dont l’ouverture est attendue pour août 1824 : « Je me suis décidé à faire pour le Salon des scènes des massacres de Scio », écrit l’artiste dans son journal.

   Le 12 janvier 1824, il note : « C’est donc aujourd’hui que je commence mon tableau. »

 

  

 

 

Paris, 25 janvier 1824

(…)

     Delacroix se plaint souvent dans son journal d’un manque de mémoire.

 

En revenant avec Édouard, j’ai eu plus d’idées que dans toute la journée. Ceux qui en ont vous en font naître ; mais ma mémoire s’enfuit tellement de jour en jour que je ne suis plus le maître de rien, ni du passé que j’oublie, ni à peine du présent, ou bien je suis presque toujours tellement occupé d’une chose, que je perds de vue, ou je crains de perdre ce que je devrais faire, ni même de l’avenir, puisque je ne suis jamais assuré de n’avoir pas d’avance disposé de mon temps. Je désire prendre sur moi d’apprendre beaucoup par cœur, pour rappeler quelque chose de ma mémoire. Un homme sans mémoire ne sait sur quoi compter ; tout le trahit. Beaucoup de choses que j’aurais voulu me rappeler de notre conversation, en revenant, m’ont échappé…

 

Paris, 27 janvier 1824

 

     Alors qu’il vient à peine de commencer sa grande toile des « Massacres », l’artiste à la douleur d’apprendre la mort de Géricault, celui dont le style en peinture lui ressemblait le plus. Il s’était d’ailleurs inspiré de la monumentalité de son « Radeau de la Méduse » pour la préparation de sa toile pour le Salon.

     Après le départ de son ami, Delacroix va devenir la tête de proue du romantisme.

 

J’ai reçu ce matin à mon atelier la lettre qui m’annonce la mort de mon pauvre Géricault ; je ne peux m’accoutumer à cette idée. Malgré la certitude que chacun devait avoir de le perdre bientôt, il me semblait qu’en écartant cette idée, c’était presque conjurer la mort. Elle n’a pas oublié sa proie, et demain la terre cachera le peu qui est resté de lui… Quelle destinée différente semblait promettre tant de force de corps, tant de feu et d’imagination ? Quoiqu’il ne fût pas précisément mon ami, ce malheur me perce le cœur ; il m’a fait fuir mon travail et effacer tout ce que j’avais fait.

(…) Pauvre Géricault, je penserai bien souvent à toi ! Je me figure que ton âme viendra quelquefois voltiger autour de mon travail… Adieu, pauvre jeune homme !

 

 

 

 

    L’exécution de l’immense toile « Scènes des massacres de Scio », longue et laborieuse, occupe l’artiste tout le printemps et début d’été 1824. Pour des raisons pécuniaires, en travaillant pour le Salon, il peint plusieurs dizaines de petits tableaux destinés à des commanditaires privés.

   Certaines toiles sont licencieuses, montrant ses penchants pour des sujets littéraires faisant intervenir l’acte de regarder.

 

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Eugène Delacroix – Louis d’Orléans montrant sa maîtresse, 1825, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid

 

     « Louis d’Orléans montrant sa maîtresse » repose sur un épisode des « Vies des dames galantes » de Brantôme publié en 1666 et réédité en 1822. Louis 1er duc d’Orléans (1372-1407) avait pris pour maîtresse la femme de l’un de ses vassaux. Lorsque celui-ci entre dans la chambre à coucher du duc, ce dernier lève la jupe de la femme pour masquer son visage mais il révèle ainsi sa nudité. Le mari qui ne reconnaît sa femme ni au-dessus ni en dessous est donc doublement cocu.

 

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Eugène Delacroix – Femme nue couchée et son valet, ou odalisque, 1826, collection particulière

 

 

     « Femme nue couchée et son valet » est probablement inspiré elle aussi d’une scène de Brantôme. Une femme représentée endormie dans un lit à baldaquin est montrée nue pour le plaisir du spectateur, alors que son valet est entré dans l’obscurité de la pièce.

 

 

 

     Comme on pouvait le remarquer dans son « Dante », Delacroix ne compose pas peinture, delacroix,louvre,scio« Scio » en se basant sur une composition classique conforme aux principes de l’art. L’artiste conçoit son tableau à partir du modèle. Les personnages semblent juxtaposés, très différenciés par leur morphologie, couleur de peau, âge. La présence incarnée dans des corps fait l’histoire.

     Ce sont les modèles vivants qui inspirent l’artiste et élaborent l’œuvre. Le peintre croit en un pont mystérieux entre l’âme des personnages et celle du spectateur.

 

 

 

 

  

     Dans les mœurs de l’époque, les modèles utilisés par les peintres avaient bien souvent des relations avec les artistes. Et Delacroix ne s’en privait pas, il avait besoin de posséder ses modèles pour les peindre. Dans de nombreuses lettres de jeunesse nous retrouvons l’ardeur du travail associé à l’expression du désir sexuel.

     Au moment de l’exécution de son grand tableau « Scènes des massacres de Scio », l’on constate, dans les écrits de son journal, que Delacroix manifeste un sentiment très étroit entre la relation érotique et la création artistique, les deux étant indissociables à l’expression de la création. Le rôle assigné au modèle dépasse largement le fragment de réalité à coucher sur la toile.

  Je publie, ci-dessous, plusieurs passages du journal qui démontrent ce comportement de l’artiste au travail.

 

Paris, 24 janvier 1824

 

Aujourd’hui je me suis remis à mon tableau ; dimanche dernier 18, j’ai cessé d’y travailler. J’avais commencé le lundi précédent quelques croquis seulement, ou plutôt le mardi 13 ; j’ai dessiné et fait aujourd’hui la tête, la poitrine de la femme morte qui est sur le devant.

Encore ai-je fait la mia chiavatura dinanzi colla mia carina Emilia. Ce qui n’a point ralenti mon ardeur. Il faut être jeune pour faire tout cela. À l’exception de la main et des cheveux, tout est fait.

 
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    Le mot italien Chiavatura désigne, selon Delacroix, un rapport sexuel. Cette allusion sexuelle intervient au moment de la description de son travail. L’artiste, qui vient de débuter son tableau le 12 janvier, est en pleine fièvre intellectuelle liée à la difficulté de la création artistique.

 

Paris, 26 janvier 1824

 

     L’artiste retrouve Emilie, le modèle du 24 janvier.

 

J’ai donné à Emilie Robert, pour trois séances de mon tableau, 12 francs.

J’ai oublié de noter que j’avais envie de faire par la suite une sorte de mémoire sur la peinture, où je pourrais traiter des différences des arts entre eux ; comme, par exemple… que, dans la musique, la forme emporte le fond ; dans la peinture, au contraire, on pardonne aux choses qui tiennent au temps, en faveur des beautés du génie.

Dufresne est venu me voir à mon atelier. — Ho fatto una chiavata graziosissima.

Je retrouve justement dans Mme de Staël le développement de mon idée sur la peinture. Cet art, ainsi que la musique, sont au-dessus de la pensée ; de là leur avantage sur la littérature, par le vague.

 

     On peut observer qu’il ajoute, après la visite de Dufresne, à nouveau, des mots italiens indiquant une relation sexuelle, en repensant à Emilie.

 

Paris, 3 mars 1824

 

Emilie est venue un instant et j’en ai profité ; cela m’a un peu remis (il était malade).

Remets-toi vigoureusement à ton tableau. Pense au Dante. Relis-le. Continuellement secoue-toi pour revenir aux grandes idées. Quel fruit tirerai-je de ma presque solitude, si je n’ai que des idées vulgaires.

 

      Il revoie un modèle le 8 mars : « Fait la tête et le torse de la jeune fille attachée au peinture,delacroix,louvre,sciocheval. Dolce chiavatura. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris, 18 avril 1824

 

À l’atelier à neuf heures. Laure venue. Avancé le portrait. C’est une chose singulière que l’ayant désirée tout le temps de la séance, au moment de son départ, assez précipité à la vérité, ce n’était plus tout à fait de même ; il m’eût fallu le temps de me reconnaître.

 

     Son désir s’était évanoui à la fin de la séance.

 

Paris, 20 avril 1824

(…)

La fille est venue ce matin poser. Hélène a dormi ou fait semblant. Je ne sais pourquoi je me crus bêtement obligé de faire mine d’adorateur pendant ce temps, mais la nature n’y était point. Je me suis rejeté sur un mal de tête, au moment de son départ et quand il n’était plus temps… Le vent avait changé.

 

     Cette Hélène endormie pourrait être une « Femme nue allongée vue de dos », ci-dessous, peinte à cette époque.

 

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Eugène Delacroix – Femme nue allongée vue de dos, 1824, collection particulière

 

Paris, 28 mai 1824

(…)

Je reprends depuis quelques jours avec entrain mon tableau. J’ai travaillé aujourd’hui peinture, delacroix,louvre,scioà l’ajustement de la femme morte. A une femme qui est venue avec un enfant, 1 fr.

Le matin Laure venue ; elle et la chiavatura, 5 fr. Ieri anche un’altra con la nera (hier aussi, une autre avec la brune)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Paris, 13 juin 1824

(…)

En sortant vers huit heures, le soir, de la maison, rencontré la jolie grande ouvrière. Je l’ai suivie jusqu’à la rue de Grenelle, en délibérant toujours sur ce qu’il y avait à faire et malheureux presque d’avoir une occasion. Je suis toujours comme ça. J’ai trouvé, après, toutes sortes de moyens à employer pour l’aborder, et quand il était temps, je m’opposais les difficultés les plus ridicules. Mes résolutions s’évanouissent toujours en présence de l’action. J’aurais besoin d’une maîtresse pour mater la chair d’habitude. J’en suis fort tourmenté et soutiens à mon atelier de magnanimes combats. Je souhaite quelquefois l’arrivée de la première femme venue. Fasse le ciel que vienne Laure demain ! (le modèle du 28 mai) Et puis, quand il m’en tombe quelqu’une, je suis presque fâché, je voudrais n’avoir pas à agir ; c’est là mon cancer. Prendre un parti ou sortir de ma paresse. Quand j’attends un modèle, toutes les fois, même quand j’étais le plus pressé, j’étais enchanté quand l’heure se passait, et je frémissais quand je l’entendais mettre la main à la clef. Quand je sors d’un endroit où je suis le moins du monde mal à mon aise, j’avoue qu’il y a un moment de délices extrêmes dans le sentiment de ma liberté dans laquelle je me réinstalle. Mais il y a des moments de tristesse et d’ennui, qui sont bien faits pour éprouver rudement ; ce matin, je l’éprouvais à mon atelier. Je n’ai pas assez d’activité à la manière de tout le monde pour m’en tirer, en m’occupant de quelque chose. Tant que l’inspiration n’y est pas, je m’ennuie. Il y a des gens qui, pour échapper à l’ennui, savent se donner une tâche et l’accomplir.

 

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Eugène Delacroix – La femme aux bas blancs, 1825, musée du Louvre, Paris

 

 

Commentaires

  • Je suis toujours moins attirée par ses tableaux que par d'autres, mais j'aime beaucoup ton récit et suivre au quotidien l'artiste est une agréable découverte.
    Merci, Alain.
    Passe une douce journée.

  • Ne te décourage pas. Tu vas bien finir par l’apprécier, peut-être l’aimer…
    Nous sommes toujours dans la période de jeunesse de l’artiste. Il peint de « grandes machines » pour se faire connaître. Les toiles des années 20 et 30 sont les plus connues. J’ai une préférence pour celles de la maturité à venir.
    Suivre le parcours d’un peintre dans son journal est aussi passionnant que ses tableaux. Je l’avais déjà fait pour Van Gogh dont j’avais beaucoup aimé le journal.
    Belle journée.

  • ses problèmes de mémoire sont ils annonciateurs de plus grands troubles ?
    il n'est pas spécialement sympathique dans ce journal, ou bien le lis-je mal ?
    et puis, si ses grandes œuvres sont magnifiques, n'y a t il pas quelque laisser aller sur certaines toiles ? par ex son odalisque semble bâclée voire erronée quant aux proportions (les bras, la tête) et un ventre bizarre - bref je suis moins conquise par lui que par nos chers impressionnistes, mais aucun doute que tes prochains articles vont me convertir
    merci et bon week end, Alain

  • La mémoire de Delacroix semble fonctionner normalement. Je ne sais pourquoi il se plaint souvent d’en manquer ? Manque de confiance, fragilité…
    Il ne paraît pas très sympathique dans le journal à cause de son appétit un peu excessif pour les femmes . Elles semblent avoir deux fonctions : modèle et objet sexuel. Misogyne très certainement. Les peintres pratiquaient beaucoup ainsi à cette époque. Il est encore très jeune et en pleine fièvre de la création qui semble enflammer ses sens. Il se calmera par la suite.
    Entièrement d’accord pour l’odalisque qui n’est pas une réussite. Il s’agissait d’œuvres peintes rapidement pour vivre. Il s’inspirait très souvent de thèmes littéraires. Et Brantôme était un écrivain dit « léger ».
    Belle journée Emma.

  • Wouaouh, on découvre à ce jour, l'appétît féroce pour le plaisir de la chair féminine!! la posséder avant de la peindre!! certes, il n'est pas le seul à agir ainsi! je suis époustouflée de la vitesse à laquelle il exécute ces tableaux "alimentaires"!! Quel talent!!! Merci Alain de nous parler de Delacroix en tant homme mais aussi du peintre, c'est ainsi que l'on comprends mieux les tableaux !!!Bisous Fan

  • Quelle chance vous avez vous les femmes que de grands artistes comme Delacroix veuille vous posséder pour affirmer son émotion créative…
    Je plaisante, Fan, mais je pense vraiment, et il l’exprime dans ses écrits, que le contact charnel avec la peinture exprimée à travers les personnages du tableau passait par un contact charnel avec les modèles féminins qu’il couchait sur la toile... et dans son lit.
    Sacré Delacroix ! Un chaud lapin dirait-on aujourd’hui. Je ne suis pas sûr que cela contrariait beaucoup ces femmes car Delacroix était un très bel homme.
    Tu as compris tout l’intérêt de parler d’un peintre en interprétant son journal. Sa pensée est souvent en lien avec son art, et les autres arts dans le cas de Delacroix qui était un intellectuel très curieux dans ce domaine.
    Ses tableaux alimentaires étaient souvent licencieux car ses commanditaires devaient apprécier ce genre. Cela rend mon article d’aujourd’hui un peu coquin.
    Bon dimanche à toi, en essayant d’éviter ces orages incessants.

  • Que voici un pan de la personnalité de Delacroix que révèlent les extraits que tu as choisis et que, si l'on n'a pas connaissance de ce type de confidences personnelles, l'on ignore complètement ... Et pourtant, l'évolution entre l'acte créateur et ses "chiavatura" à répétitions méritent que l'on en prenne conscience, car l'un ne va probablement pas sans l'autre pour ce qui le concerne. À tout le moins à l'âge qui était alors le sien.
    Peu je pense se sont ainsi ouvertement confiés ... et dévoilés.

  • C’est la partie érotique du jeune Delacroix. A 24 ans, la chair est difficile à contrôler : « J’aurais besoin d’une maîtresse pour mater la chair d’habitude. J’en suis fort tourmenté et soutiens à mon atelier de magnanimes combats ». Il était aussi très stressé car il devait peindre la toile à tant pour le Salon.
    Comme je l’explique à Fan, le peintre faisait un lien entre le contact charnel pictural et celui que lui apportait les nombreux modèles féminins utilisés pour cette grande toile.
    Je reprendrais bien un peu de chiavatura…

  • Bonsoir Alain,
    Une nouvelle fois, le plaisir est au rendez-vous de vos articles toujours si bien documentés, un grand bravo de lectrice et je continue à savoir pourquoi j'aime profondément Delacroix! L'intensité, même dans les tableaux alimentaires.
    Il faut bien vivre. On aimerait pouvoir se nourrir de lumière et d'eau fraîche, d'amour surtout (sourires...) mais nos "humanités" ont des besoins à combler et la nourriture, avoir un toit sur la tête etc en font partie.
    L'oeuvre d'un artiste, un véritable artiste, quelle soit alimentaire ou non est belle et attirante, c'est mon avis.
    Quant à la fougue sexuelle animant Delacroix 'jeune" et le désir pour les modèles, je dirais que c'est bien normal qu'un homme ressente ce genre d'attirance, de convoitise, de faim ardente pour le corps féminin. Le contraire serait désolant, non???
    Il y a bien des femmes qui ressentent cette attirance pour la chair des hommes (vive la parité érotique!) et aussi dans le domaine de l'art même si quand on est une femme, on est toujours censée être pudique (bla bla bla), être moins portée sur la sexualité qu'un homme (bla bla bla), être plus délicate en matière de choses charnelles (bla bla bla)...
    Si vous saviez comme ce verbiage associé à ce qu'est "censée être une femme par rapport à un homme" me hérisse et combien les "manières pudibondes" me...
    Bref, Delacroix a eu bien raison de dévorer, de consommer, de jouir des tempêtes artistiques et charnelles qui se présentaient à lui quand il l'a pu! Ce pauvre Géricault n'a pas vécu bien longtemps pour profiter de son talent et de sa vie d'homme.
    Je réitère donc mon appétit pour le Carpe Diem. Ce n'est pas quand on sera six pieds sous terre qu'on se fera du bien alors profitons de tout ce que la vie nous offre!
    Un chaleureux merci souriant, donc, pour votre article dit "coquin" mais surtout truffé de références passionnantes
    Et même si ce n'est pas la même chose, il y a certaines résonances dans mon article de ce soir, une forme de sensualité qui ne laisse pas de marbre... et heureusement. Nous sommes vivants et pas sous bromure!!!
    A propos, merci d'avoir "craqué" vous aussi sur les deux petits chenapans Amour et Psyché. Eux ne se sont pas posés de question pour se bisouiller avec passion, Carpe Diem!!!
    Belle soirée donc,
    Bien amicalement!
    Cendrine

    PS: Vous sourirez sûrement de "l'énergie" de mon commentaire, le sujet me tient à coeur, je trouve depuis mon adolescence que la plupart des gens autour de moi sont trop "coincés" et pendant mes études d'histoire de l'art il y eu des moments qui m'ont hérissée. Des atermoiements sur des tableaux ou des sculptures prétendument trop osés. Et puis zut, je suis un Bélier et sur certains sujets mes cornes vrombissent et j'assume!!! Grands sourires...

  • Vos mots, Cendrine, me font toujours sourire. Je me doutais un peu que cet article sur un Delacroix croqueur de modèles aiguiserait votre gourmandise sur ce genre de sujet.
    Un bélier dont les cornes vrombissent est une belle expression pour exprimer votre énervement face à la pudibonderie. Certaines femmes ont encore des difficultés à se libérer de ce carcan que des siècles d’emmaillotage de leurs corps, de momification, ont produit.
    La sculpture de ces deux enfants sur votre blog s’étreignant dans un rapport charnel totalement libéré était de toute beauté.
    Delacroix ne se posait pas de question avec ses modèles féminins, et je pense que celles-ci savaient de quelle façon la séance se terminerait. Il écrit : « Le matin Laure venue ; elle et la chiavatura 5 Fr. " J’ai la sensation qu’elles venaient autant pour ce moment de plaisir que pour la pose.
    Si je tente de résumer votre pensée sur les femmes et les choses de l’amour : pudique, non portée sur la sexualité, délicatesse envers les choses charnelles. Votre appréciation est limpide : Bla bla bla.
    Merci pour votre franchise sur ce sujet que peu de femmes abordent, et vos commentaires que j’apprécie toujours.
    Je vais voir votre nouvel article qui, je le pense, doit être également assez osé. Je ne prends pas de bromure…
    Amitiés, Cendrine.

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