Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • LE DERNIER AMOUR DE VINCENT VAN GOGH : Agostina Segatori

    van gogh, agostina

    Vincent Van Gogh - Agostina Segatori au tambourin, 1887, Van Gogh Museum, Amsterdam

     

    Je me retournai dans le lit et scrutai le plafond : les grands yeux d’Agostina me fixaient. Mon dernier amour parisien…

    Je m’étais amouraché de cet ancien modèle, propriétaire du Tambourin, plus toute jeune, à la beauté méridionale fanée, mais encore piquante. Dans sa jeunesse, elle avait posé pour Gérôme, Corot, et bien d’autres. La « Segatori », comme on l’appelait, me prenait des toiles en contrepartie de quelques repas. Napolitaine d’origine, elle cuisinait admirablement. J’entraînais le père Tanguy pour des repas somptueux, bien arrosés, au désespoir de sa femme qui le voyait rentrer chancelant au matin. Mon appétit était meilleur à cette époque ? C’était chez elle que j’avais exposé ma collection d’estampes japonaises : la plupart de mes amis peintres amoureux de « japonisme » étaient venus. Je fis son portrait, assise devant une table de bar, portant un curieux chapeau rougeâtre et fumant une cigarette. Un matin, j’en vins aux mains avec son nouvel amant qui dispersa sur le trottoir les toiles que j’accrochais dans le restaurant. Ce fut notre dernière rencontre.

     

    Extrait du roman « Que les blés sont beaux – L’ultime voyage de Vincent Van Gogh »