
Vincent Van Gogh - Sorrow, 1882, The New Art Gallery, Walsall, Angleterre
Sien était celle qui me manquait le plus aujourd’hui.
Lorsque je l’avais rencontrée à La Haye, dans la rue, je lui avais proposé de me servir de modèle. Une pauvre fille malmenée par la vie qui vivait avec sa fille de cinq ans et sa mère. Elle se prostituait. Je l’avais recueillie, enceinte, et nous avions vécu près de deux ans ensemble. Son petit Willem, exubérant, poussait des cris lorsque j’accrochais des études représentant sa mère sur les murs. Faute de modèles, je la dessinais constamment.
Pour la première fois, j’avais une vraie femme à moi. Une famille. J’aimais profondément Sien et ses enfants qui étaient un peu les miens : quelle joie les yeux tendres d’un enfant qui se réveille le matin. J’aurais voulu l’épouser, la sauver de ses mauvais penchants, de son indolence, de sa violence parfois, et de cette mère indigne qui l’incitait à reprendre sa vie de débauche. Le salaire que m’envoyait Théo ne suffisait pas. Je craignais qu’il ne me supprime son aide. Cela ne pouvait durer : j’étais devenu la honte de ma famille. Nos adieux sur un quai de gare furent déchirants…
Extrait du roman QUE LES BLÉS SONT BEAUX - L'ultime voyage de Vincent Van Gogh
Commentaires
Bonsoir Alain,
Je sais, cela fait longtemps... le temps court tel un cheval fou!
J'espère que vous allez bien... En tous cas, je vois que votre inspiration continue de briller. Je vais suivre le lien qui mène à votre galerie imaginaire.
Le texte que je viens de lire est très émouvant... L'amour a ses cruautés, ses aspérités que la vie amplifie... Les artistes savent faire perler les larmes au fil des lectures et des contemplations.
Pendant de longs mois, je n'ai pas publié... Je viens tout juste d'entrouvrir la porte de mon blog. Elle n'était pas fermée mais mon espace était ensommeillé.
Je vous souhaite un très bel automne, riche d'expériences et de partages artistiques.
Bien à vous,
Cendrine
Oui, Cendrine, cela fait déjà bien longtemps ! Quel plaisir de vous revoir dans le Luxembourg.
Mon blog est apathique. Les lecteurs ne s’intéressent plus guère à ce genre d’article que je publie souvent, longs et illustrés, comme vous. Aujourd’hui, on préfère les réseaux sociaux en publiant une belle image et quelques lignes. Rien de plus, c’est plus rapide !
Cela ne va pas trop mal, avec l’âge s’invitant beaucoup trop vite. Pas drôle. Par contre, j’ai lu votre dernier article. Vous semblez en pleine forme. C’est même incroyable de faire tout ce sport, surtout un sport de combat, dans cet été terrible, inconnu auparavant. J’habite dans une maison, et je pensais souvent aux personnes qui vivent comme vous en appartement, parfois sous les toits parisiens. Le chiffre total des décès, que l’on nous cache encore, va exploser… Cela va être dur de s’adapter à ce changement climatique dû à l’industrialisation et aux gouvernants de ce monde qui n’ont rien fait, alors que les scientifiques nous mettaient en garde.
Je pense à mon texte sur l’amour de Vincent avec Sien. La vie avec cette femme rencontrée dans la rue ne pouvait continuer car Théo devait subvenir aux besoins du couple et des enfants. Pauvre Vincent ! Je conterai dans un prochain article son dernier amour connu : Agostina Segatori, propriétaire du Tambourin à Paris.
L’automne pointe son nez, saison que je n’aime pas. Mais après cet été caniculaire, cela fera du bien, en espérant enfin de la pluie.
Merci d’avoir donné de vos nouvelles.
Amitiés.
Le commentaire ci-dessous, je l'ai écrit concernant votre Galerie Imaginaire...
Je viens d'écrire un commentaire et il semble avoir disparu...
En tous cas, bravo pour vos travaux artistiques, je prends note de votre publication pour un beau cadeau en fin d'année.
Belles pensées pour vous
Cendrine
Je viens de rééditer « Ma Galerie imaginaire » qui présentait une coquille peu importante dans le premier récit. Cela ne faisait pas sérieux pour un lecteur attentif.
J’ai mis le paquet : 16 récits, dont plusieurs d’entre eux sont des histoires vécues dans des expositions. Je pense arrêter ce gendre de récit sur les peintres, car le papier photo que j’employais pour mettre en valeur les tableaux n’est plus utilisable car trop cher maintenant. Et le papier courant est trop fade pour la couleur ce qui nuit à mes récits. À mes yeux, la qualité des images est aussi importante que les textes.
C’est vrai que les livres d’art sont souvent offerts en fin d’année. Cela change de la politique, surtout en ce moment.
Amitiés, Cendrine.
Belle fin de journée.