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5. Des bâtons de toutes les couleurs : Jean Siméon CHARDIN

 

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Jean Siméon Chardin – Autoportrait à l’abat-jour, 1779, The Art Institute of Chicago

 

     Réédition d’un de mes textes consacré à la technique du pastel et plus particulièrement aux pastels de Jean Siméon Chardin qui figurent parmi les plus beaux de l’exposition parisienne terminée récemment : PASTELS du musée du Louvre 17e et 18e siècles. J’ai apporté quelques modifications mineures à ce récit en partie autobiographique.

 

« (…) Comme le vieil habit qui enveloppe son corps, sa peau elle aussi a durci et passé. Comme l’étoffe, elle a gardé, presque avivé ses tons roses et par endroits s’est enduite d’une sorte de nacre rosée. Et l’usure de l’une rappelle à tous moments les tons de l’usure de l’autre, étant comme les tons de toutes les choses finissantes, depuis les tisons qui meurent, les feuilles qui pourrissent, les soleils qui se couchent, les habits qui s’usent et les hommes qui passent, infiniment délicats, riches et doux. On s’étonne en regardant comme le plissement de la bouche est exactement commandé par l’ouverture de l’œil à laquelle obéit aussi le froncement du nez. Le moindre pli de peau, le moindre relief d’une veine, est la traduction fidèle et très curieuse de trois originaux correspondants : le caractère, la vie, l’émotion présente. » 

                         Marcel Proust, devant l’Autoportrait aux bésicles en 1895

 

 

 

 

     François était un homme heureux. Il s’était donné les moyens pour y parvenir : une femme adorable, une fille qui le réjouissait chaque jour, un travail prenant, et une jolie maison encastrée dans un décor paysagé qu’il avait réalisé lui-même.

   Une passion l’habitait : la peinture. Celle-ci était entrée dans sa vie un peu par hasard, peu d’années après son mariage avec Audrey. Un soir de Noël, elle lui avait offert un ensemble complet de tubes de peinture à l’huile, accompagné du matériel nécessaire à la pratique de cette activité.

     La carrière artistique de François commença ce jour là…

   Ses premières toiles étaient malhabiles, mais il prenait un réel plaisir à triturer la pâte fraîche, mélanger les couleurs et les étaler savamment sur la toile. Dans les creux de son activité professionnelle, ses moments de loisirs étaient consacrés à sa passion. Rapidement, des résultats intéressants vinrent, sans toutefois atteindre les sommets qu’il espérait.

    Dans le même temps, il visitait régulièrement les musées et expositions, achetait des livres sur l’art, s’informait. Une soif de culture l’habitait. Il découvrait et appréciait avec bonheur les grands peintres qui avaient marqué l’abondante histoire de la peinture.

    Un jour, la révélation lui vint : il s’offrit quelques bâtons de pastel sec. Pour voir… Instantanément, il comprit que ce mode d’expression était le sien. Son matériel de peinture à l’huile fut rapidement rejeté, sans remords, à l’étagère la plus haute de l’unique armoire installée dans la petite pièce qui lui servait d’atelier. « Adieu, j’ai trouvé un nouvel ami ! »     

     Il le savait, il allait faire de grandes choses !

    De suite, François sentit qu’il avait un rapport privilégié, presque sensuel, avec les petits bâtonnets cylindriques. Ceux-ci lui rappelaient les morceaux de craie dont se servaient les professeurs de son enfance pour couvrir le tableau noir de formules algébriques et complexes auxquelles il ne comprenait rien. Quelle facilité ! Terminés la longue préparation des couleurs huileuses, les mélanges sur la palette, les temps de séchage fastidieux et, surtout, l’ennuyeux nettoyage du matériel en fin de journée alors que l’on n’aspire qu’à la détente. Le pastel sec n’avait qu’un inconvénient, mais de taille : la poussière. Cet ennemi, redoutable pour François, s’infiltrait partout, lui obstruait les narines et le faisait pleurer. « Un artiste doit savoir souffrir, assurait-il à Audrey ! »

     Notre peintre du dimanche comprit rapidement, les pastels ne se mélangeant pas entre eux, qu’il lui était indispensable de posséder une grande quantité de bâtonnets de tonalités différentes. Ses premiers travaux étant, à ses yeux, plus qu’encourageants, il décida d’investir dans des boîtes de pastels de différentes marques. « C’est cher, mais un bon ouvrier ne peut travailler qu’avec de bons outils, lançait-il souvent à sa femme, tout en envoyant de bruyants éternuements poussiéreux ! »

    Dans les nouvelles boîtes, chaque couleur se présentait dans un dégradé subtil, du ton le plus foncé jusqu’au plus clair. Lorsque François souhaitait entreprendre un travail, il saisissait le bâtonnet approprié et l’appliquait directement sur le support cartonné « Pastel Card » utilisé de préférence pour son accroche exceptionnelle de la poudre de pastel. Ainsi, à tout moment, il pouvait refermer la boîte, se reposer, ou redémarrer une nouvelle activité. Un vrai bonheur de peintre…

     Au début, il avait tenté le « portrait » sur les membres de sa famille.  « Un genre noble, disait-il ! ». De piètres résultats : nez fourchus, mâchoires proéminentes, yeux mal orientés, le convainquirent que ce n’était pas son truc. Il concentra donc son travail sur le « paysage », dans un style plutôt impressionniste, à la Claude Monet, en s’inspirant de photos de vacances qu’il projetait sur grand écran.

     Il le pressentait… Il allait devenir un grand pastelliste, de ceux qui laissent un nom dans l’histoire de l’art. Progressivement, les murs de la maison, malgré l’avis défavorable d’Audrey, se tapissèrent en tous sens de ses œuvres sous verres. Rien n’arrêtait la prolifération des toiles. Son home devenait une galerie d’art.

   La gloire venait… François, qui exposait maintenant, obtint un prix dans une manifestation communale. Le député de la région lui remit une breloque dorée qui le conforta dans son opinion sur ses qualités artistiques.

     Notre homme avait une faille…

     Cela commença à se gâter lors d’une visite au musée d’Orsay. Un vrai choc : les pastels de Manet, Renoir, Berthe Morisot, Degas, étaient exposées dans une pièce faiblement éclairée. Le pastel, grâce à sa pureté, n’avait pas jauni, ni foncé avec le temps. La luminosité et le velouté des couleurs étaient restés intacts : les danseuses de Degas voltigeaient comme aux plus beaux jours. Un éblouissement pour François…

 

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Edouard Manet – Irma Brunner, La viennoise, 1880, musée d’Orsay, Paris

 

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Edgar Degas – Danseuses, 1890, musée d’Orsay, Paris

 

     Le soir, il rentra chez lui la mine sombre. Pourrait-il un jour atteindre le dixième du niveau de ces grands peintres, ruminait-il ? Audrey le trouva fatigué et lui prépara un bon repas qu’il avala sans appétit.  

    Il décida de ne plus retourner à Orsay et oublia cette journée. Il s’offrit même le merveilleux coffret de pastels extra-fins Sennelier dont il rêvait depuis longtemps. Pas uniquement quelques couleurs, mais toute la collection : une ruine financière pour son modeste budget. Depuis le temps qu’il clamait à la cantonade : « Il me faut des Sennelier ! » Il était persuadé que leur qualité de texture et coloris lui permettrait d’égaler les meilleurs.

    Son plaisir de peindre revint. Il reprit ses « paysages ». L’extrême luminosité, la tendresse des nouveaux bâtonnets faisaient merveille dans les estompages, les fondus. Leur grande onctuosité apportait l’éclat, la vivacité finale aux dernières touches de l’artiste. Un régal !

    Cette fois, François ne doutait plus de son talent. Il avait franchit un palier. Plus question de stagner au niveau régional, il pouvait viser le national… et même, en travaillant, encore plus haut… l’international… Il bouda même l’expo annuelle de sa commune.

     François ne pressentait pas la catastrophe qui se préparait…

    « J’espère que cela va te plaire ! On s’est tous cotisés ! ». Un jour d’anniversaire, sa fille Valérie lui balança ces mots joyeux en lui plantant dans les bras un paquet assez lourd qu’il s’empressa d’ouvrir. Immédiatement, il reconnut l’auteur des reproductions, encadrées sous-verre, grandeur nature, d’une qualité étonnante. Valérie commenta :

     — Ce sont des autoportraits peints au pastel par Chardin au 18e siècle. Tu aimes ?

     S’il aimait…

   Aussitôt, Audrey et Valérie s’empressèrent de les accrocher côte à côte dans le couloir d’entrée de la maison, à hauteur d’homme pour que l’on puisse mieux les contempler.

 

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Jean Siméon Chardin – Autoportrait aux bésicles 1771, Musée du Louvre, Paris

 

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Jean Siméon Chardin – Autoportrait au chevalet, 1779, Musée du Louvre, Paris

 

    Le mal était fait…

   Tous les visiteurs qui passait devant les cadres s’arrêtaient admiratifs. Les remarques fusaient : « Superbes ces portraits ! » ; « Je les ai déjà vus quelque part : à Orsay ou au Louvre ? » ; « Cà, c’est de la peinture ! » ; « Chardin… je ne savais pas qu’il avait fait des pastels ? » ; « Quel talent ! ».

  François connaissait bien ces deux tableaux qu’il contemplait régulièrement au Louvre. Il se renseigna : le maître les avait réalisés sur la fin de sa vie. Le premier, peint en 1771, Autoportrait aux bésicles, le représentait avec un regard malicieux. Dans le deuxième, Autoportrait au chevalet, daté de 1779, il semblait amaigri, fatigué. Il mourut d’ailleurs cette année là.

   La qualité des œuvres de Chardin impressionnait François. Il se mit à étudier, analyser la technique du peintre. Lentement, le doute s’insinuait dans son cerveau affaibli.

     Le grand Chardin qui, toute sa vie, avait peint des scènes de genre et des natures peinture,écriture,pastel,chardinmortes à l’huile, s’était mis au pastel tardivement sur les conseils de son ami le célèbre pastelliste Quentin de La Tour. François observa que les traits colorés, proches les uns des autres, sans se mêler, formaient une sorte de mosaïque. Avant Seurat et Signac, au 19e, Chardin utilisait déjà le principe du mélange optique des teintes. La touche hachurée, posée par superposition de couches successives, sans estompage, accrochait la lumière et donnait vie au personnage. Parfois, le pastel était écrasé directement sur le papier laissant de longues traînées de couleurs.

     Audrey ne reconnaissait plus son mari. Il ne peignait plus. Elle le voyait observer les gravures, désoeuvré, l’air triste. Il semblait hypnotisé par l’autoportrait aux bésicles qui lui souriait constamment, goguenard.

     Depuis l’arrivée des gravures, les paysages de François, savamment répartis sur les murs dans la maison, n’existaient plus pour sa famille, ses amis. Pourtant, il venait d’accrocher, en bonne place dans le salon, le massif d’hortensias pourpres qui lui avait été inspiré lors de leurs dernières vacances sur la côte d’azur. Les boules de fleurs éclaboussaient, énormes tâches de sang. Au loin, la mer vert émeraude nimbait la petite crique où ils s’étaient baignés. Audrey avait prise la photo en lui disant : « Ce paysage sera ton chef-d’œuvre ! » Ses amis ne le voyaient pas. Pas même un simple regard d’approbation. Plus personne ne reconnaissait son talent. Seuls, les autoportraits de Chardin éveillaient l’attention.

     Un dimanche, François entra dans son atelier. Il se sentait médiocre, nul. Il ouvrit toutes les boîtes amoureusement disposées. Dans le beau coffret Sennelier qu’il s’était offert, méticuleusement rangées dans la boîte dans un savant dégradé de pimpantes tonalités, les couleurs pures attendaient son bon vouloir. Il accrocha un Pastel Card sur le chevalet. Comme au bon vieux temps pensa-t-il…

    Machinalement, il attrapa un bâtonnet au ton coquelicot et traça un trait sur le carton en appuyant fermement. Il ressentait l’excitation agréable qu’il connaissait bien, celle du pigment qui s’écrase comme du beurre étalé sur une tranche de pain.

     Sa vue se brouilla. Il n’avait plus envie… A quoi bon, il ne serait jamais un grand peintre !

      Il referma le coffret et s’enfuit.

 

 

     Le pastel de madame Chardin est voisin au Louvre de ceux dont il est questionpeinture,écriture,pastel,chardin dans cette histoire. L’artiste a peint sa femme à la même période que ses autoportraits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Jean Siméon Chardin – Portrait de madame Chardin, 1775, Louvre

 

 

Commentaires

  • Le 3 juillet dernier, j'avais choisi d'inviter Proust pour introduire ce qui allait devenir -, je ne le savais pas encore à ce moment-là ! -, mon dernier "vrai" article sur des modèles d'embarcation exposés dans la vitrine 2 de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. Et, précisément, avec un extrait dont tu nous proposes ici une suite d'un texte de 1895, - Proust alors n'a que 24 ans -, intitulé : Chardin et Rembrandt.

    J'avais, tu t'en souviens peut-être, fait suivre mon introduction de quelques mots d'explication aux fins de préciser que Proust avait adressé à Pierre Minguet, directeur de la "Revue hebdomadaire", une lettre manuscrite pour l'inviter à publier son texte, qui débutait ainsi :

    "Je viens d'écrire une petite étude de philosophie de l'art, si le terme n'est pas trop prétentieux, où j'essaie de montrer comment les grands peintres nous initient à la connaissance et à l'amour du monde extérieur, comment ils sont ceux «par qui nos yeux sont déclos» et ouverts en effet sur le monde."

    Je pense, après tes interventions à propos de l'exposition "Pastels" dont tu viens de remarquablement cinq semaines durant nous rendre compte, que ces mots de Proust à un éditeur potentiel - (en fait, son "Chardin et Rembrandt" ne sera publié pour la première fois que le 27 mars 1954, dans le "Figaro littéraire"' ; soit 32 ans après sa mort ! ) - ne pouvaient mieux résumer et ta pensée et tout ce que tu nous offres sur ton blog pour nous montrer ceux "par qui nos yeux dont déclos".
    Et pour cela, je te suis, - et avec moi probablement tous tes autres lecteurs -, grandement reconnaissant.

    Pour la petite histoire de l'édition de l'immense oeuvre proustienne, permets-moi de simplement ajouter que le remarquable et superbe article de jeunesse "Chardin et Rembrandt", - qui mériterait bien d'être lu dans son intégralité -, figure enfin depuis 1971 dans un des volumes de la prestigieuse collection "La Pléiade", chez Gallimard, portant le numéro 229 : il s'agit de Marcel Proust : "Contre Sainte-Beuve" , précédé de "Pastiches et mélanges" et suivi de "Essais et articles", aux pages 372-82 ; et que le court extrait que tu reprends ci-dessus s'y trouve p. 377.

  • En publiant cet extrait de Marcel Proust sur Chardin, je ne pensais plus à ton exergue de l’article du 3 juillet dernier.

    Ce passage de Proust parlant de l’Autoportrait aux bésicles peint en 1771 par Chardin est certainement une des descriptions les plus remarquables que j’ai pu lire sur un tableau. Et pourtant il y avait de très grands écrivains critiques d’art à cette époque : Zola, Gauthier, Baudelaire, ou Mirbeau parlant du « style » de Van Gogh et de ses ciels étoilés. Et Proust n’avait que 24 ans…

    On ne peut mieux décrire, par petites touches impressionnistes, ce Chardin vieillissant. L’écrivain nous donne la sensation de brosser lui-même la toile : la peau aux tons roses, l’usure du temps, le plissement de la bouche commandant l’ouverture de l’œil et le froncement du nez. On sent parfaitement le caractère, la vie et l’émotion du peintre. Les mots se mêlent harmonieusement comme les traits colorés du peintre formant une mosaïque pastellée.

    Du grand art littéraire qui annonçait la carrière à venir de Proust. Je vais commander le « Chardin et Rembrandt ».

  • Moi qui reproche parfois la longueur des phrases du Grand Marcel Proust, je dois dire que son regard sur l'oeuvre affichée de Chardin est une merveille!! Quand à l'histoire de François, je le comprends mais comme je n'ai pas vu une de ses oeuvres, je ne sais si il a eu raison d'abandonner le pastel ou pas!! Mais le récit est tellement vivant de talent dans cette écriture littéraire que je lui pardonne de ne pas me montrer celui de son écriture picturale!!! Bisous Fan

  • Uniquement le début du récit est autobiographique, pas le final car personne ne m’a jamais offert de reproductions de Chardin.
    Pour mon écriture picturale, je t’explique Fan : je voulais montrer deux pastels, mais, face au grand Chardin, je n’ai pas osé. Nous ne boxons pas dans la même catégorie. Un peu ce que pensais François d’ailleurs… Alors je les montrerai séparément dans le prochain article.
    Belle journée Fan

  • François, j'adore ce récit de votre parcours de peintre insatisfait, pourtant je doute que vous ayez jeté votre matériel de peinture parce que Mr Chardin peignait "trop" bien ! allons donc il y a l'un et l'autre, et je suis sure que vos hortensias éclatants peuvent supporter ce voisinage glorieux, de même que ses pommes n'ont pas dissuadé Cézanne de peindre les siennes ! alors ne nous faites pas languir plus longtemps, ouvrez la porte de votre galerie !

  • Je comprends que François était insatisfait. Tout ce travail d’apprentissage, d’expositions et d’achats de pastels pour rien. La confrontation avec Chardin était perdue d’avance et les espoirs de réputation internationale s’éteignaient pour lui.
    L’essentiel dans ce récit était de montrer le talent de Chardin. J’espère avoir réussi.
    Quant à mes hortensias éclatants, ils sont toujours vivants. Comme je le disais à Fan, je montrerai prochainement les deux seuls tableaux de ma petite galerie que j’ai pu photographier avant la mise sous verre. Je ne sais si j’ai bien fait d’expérimenter la touche impressionniste avec des pastels ce qui n’est pas très simple sur un plan technique. Toi qui peins Emma, tout comme Fan d’ailleurs, il ne faudra pas trop mal me juger.
    Comme je le dis dans le récit, j’’avais une quantité de pastels impressionnante qui dorment dans leurs boites maintenant. Peut-être un successeur les trouvera un jour et saura les utiliser.
    Belle journée Emma

  • Un texte plein de vie, une symphonie d'émotions en couleurs!
    On se sent vibrer avec François lorsque la passion l'étreint...
    Le désir d'être un artiste, de créer,
    Le regard porté sur les oeuvres du maître Chardin est particulièrement poignant car on sent le désir se manifester et là je me dis...
    Peu importe si une personne qui aime l'art ne devient pas un "grand" artiste!
    L'important n'est-il pas d'aimer et d'oser créer? La grandeur, au fond, c'est surfait!
    Tant d'artistes ne l'ont jamais connue de leur vivant et après leur mort, leurs oeuvres sont devenues des bijoux hors de prix mais de leur vivant, savaient-ils qu'ils étaient de grands artistes?
    Être artiste, c'est bien, c'est une belle vocation et croire en soi
    Merci Alain pour ce texte que j'ai dévoré!
    Bonne soirée
    Amitiés
    Cendrine

  • Ce pauvre François était trop confiant en lui. Chardin l’aura définitivement découragé de briguer des honneurs pour un talent qu’il ne possédait pas. De toute façon il n’était pas un véritable artiste car l’envie de gloire l’emportait sur le plaisir de la création.
    Rien de pire pour un artiste débutant s’il s’exprime uniquement pour obtenir des faveurs, argent, ou récompenses bien souvent illusoires. Ce n’était certainement pas le but initial des grands comme Chardin ou d’autres. Ils durent beaucoup travailler pour apprendre et leur talent seul leur permis d’obtenir la reconnaissance.
    Les vrais artistes sont des passionnés. Je pense à Van Gogh qui ne vendit qu’une toile dans sa courte vie. Ces simples lignes l’exprime pleinement : « voudrais faire des portraits qui un siècle plus tard aux gens d’alors apparussent comme des apparitions ».
    Belle journée Cendrine de la part de François.

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