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10 janvier 2012

L'OBSESSION VERMEER - 16. Johannes

 

 

Je souhaite une excellente année 2012 à tous les lecteurs connus et inconnus qui me font le plaisir de visiter ce blog.

 

 

Suite… et fin…

 

Samedi 18 mai - 10 heures.

 

      Le soleil éclaire l’angle Est de la Nieuwe Kerk et le profil barbichu de la statue d’Hugo Grotius. Je viens de laisser Flo sur la place du marché de Delft. Je ne m’inquiète pas pour elle, sa matinée sera vite remplie et je la retrouverai toute pimpante à l’heure du déjeuner.

      Que fait Gert notre ami néerlandais en ce moment ? Nous l’avons quitté dans la tristesse ce matin à Amsterdam. Il partait vers Haarlem. Flo, les yeux humides, l’embrassa chaleureusement. Nous avons passé une merveilleuse journée, hier, avec lui. Il est invité à venir nous rendre visite, sans faute, dès son prochain voyage professionnel en France.

      Une sorte de fébrilité sereine m’habite. J’ai confiance…

      J’avais besoin d’être seul pour cet ultime rencontre avec Johannes. Je l’appelle par son prénom car il ne s’agit plus du peintre célèbre universellement apprécié, mais de l’homme qui perturbe mon intimité depuis ma balade un jour frileux de novembre dernier au Louvre.

      Cette fois, on va s’expliquer face à face, sans détours. Depuis notre arrivée sur cette place, je sens sa présence non loin de moi. Je sais de quel côté il faut aller. J’ai décidé de suivre un itinéraire court, celui où il vécut si intensément autrefois.

      Je m’engage dans la ruelle qui mène vers le Voldersgracht et m’arrête entre les deux maisons qui forment un angle de part et d’autre sur la place du marché. Je me trouve à l’emplacement où s’élevait autrefois l’auberge Mechelen. C’était l’un des bâtiments les plus importants de la place à cette époque. Je lève la tête. Sur le côté d’une des maisons, à mi-hauteur, une plaque indique en néerlandais : « Ici s’élevait la maison Mechelen où vécut l’artiste Jan Vermeer ».

 

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Delft - Photo moderne de la place du marché avec introduction de l’ancienne auberge Mechelen

 

      Immobile devant le fantôme de l’auberge, je me laisse envahir d’images variées accompagnées d’échos sonores d’une ambiance à jamais éteinte : une grande salle enfumée, quelques tables, des bancs. Des personnages bruyants ripaillent et boivent. Certains jouent d’un instrument. Un fêtard allume sa longue pipe en plaisantant avec un marchand éméché accoudé devant une pinte de bière. Dans un coin, une femme conte des histoires entourée de gamins attentifs. Il y a même des artistes ! Un jeune homme assis regarde avec attention une toile que lui présente un homme au large chapeau légèrement plus âgé. Celui-ci ressemble au peintre Carel Fabritius dont j’ai déjà vu un autoportrait ?

      Des résonances joviales de l’auberge m’accompagnent encore en passant le pont qui enjambe le canal Voldersgracht. J’imagine les nombreux peintres qui empruntèrent ce canal pour se rendre à la Guilde de Saint-Luc dont Johannes fut le doyen à 31 ans et 38 ans. Rien que des grands, les tous meilleurs artistes de l’époque si l’on excepte Rembrandt et Hals qui n’habitèrent jamais à Delft : Ter Borch, De Witte, De Hooch, Steen, Fabritius, Houckgeest, Dou. Du beau monde !

      peinture,delft,oude delftJe remonte le canal en sens inverse. Je renifle un discret parfum mixé d’un vague relent d’huile de lin... Les maisons ont carrément les pieds dans l’eau. Je tourne sur la droite dans le canal Hippolytusbuurt et allonge le pas en suivant sa rive gauche, en direction de l’ancienne église.

      Je voulais retrouver l’Oude Kerk une dernière fois. Je viens, en moins d’une heure, sur une distance d’à peine cinq cents mètres à vol d’oiseau, de parcourir les lieux qui jalonnèrent la courte existence de Johannes, de sa naissance à sa tombe située à l’intérieur de cette ancienne église. Debout devant l'édifice, la curieuse petite statue encapuchonnée, fixe toujours obstinément le ciel dans une énième prière…

      L’odeur d’huile de lin se précise… Je laisse l’église derrière moi sans y entrer et redescends la rive droite du canal de l’Oude Delft. J’ai beaucoup apprécié hier, avec Gert, le calme et la beauté tranquille de ses berges ombragées.

      Je marche plus lentement. Johannes connaissait toutes ces maisons anciennes dont plusieurs ont certainement gardé le souvenir de ce curieux personnage qui descendait parfois, lourdement chargé de son chevalet et de ses accessoires de peintre, vers le canal de la Schie pour peindre sa Vue de Delft désormais sans vie.

      Je m’arrête un court instant devant la petite maison à la porte d’entrée bleutée où Pieter de Hooch vécut et peignit ces scènes de vie quotidienne dans des familles bourgeoises, avec des cours intérieures traversées de soleil. De nos jours, ses toiles sont presque autant appréciées que celles de Johannes, pensai-je.

      Je traverse le Boterbrug, le pont le plus long de Delft, pour emprunter la partie gauche du canal. Je continue d’un pas souple amorti par l’herbe de la berge jusqu’à l’avant-dernier enjambement sur l’Oude Delft.

 

      Inutile d’aller plus loin !

 

      Assis dans l’herbe près du bord, j’attends… Un petit bateau empli de touristes glisse vers moi et enfile l’arcade ombrée du pont étroit sur ma gauche. L’eau calme se morcelle en une multitude de vaguelettes irisées qui viennent s’écraser à quelques centimètres de mes pieds. Un étrange silence s’installe. Je suis seul face à l’onde liquide qui retrouve peu à peu ses couleurs qui s’étaient dispersées un court instant.

      J’observe les brillances impressionnistes qui parcourent l’eau du canal. Les arbres printaniers allongent leurs rameaux difformes dans le miroir bleu foncé renvoyé par le ciel. Sur la gauche, près du pont, une toiture orangée, empourprée de soleil, égaye l’ombre glauque des maisons brunes crénelées aux reflets brouillés.

      Une palette naturelle s’étale devant moi. De-ci de-là, des éclats colorés clignotent. Ce sont les mêmes que j’avais observés sur la coque granuleuse du bateau accosté à l’ombre de la porte de Rotterdam dans La vue de Delft ? Le jaune… Le bleu…

 

      Cette quiétude est impressionnante.

      Mon regard fouille le liquide et le pénètre en profondeur. Je cligne des yeux. Dans lepeinture,vermeer,delft scintillement vaporeux, imperceptiblement, des traits se dessinent. Une vague ébauche de visage… L’expression se précise. Je scrute l’eau nerveusement… La dentellière !… Elle a laissé son ouvrage et me regarde. Ses yeux sont striés par le reflet d’une branche d’arbre. Elle a le même regard accueillant qu’à Paris, peu avant Noël, quand elle m’apparut radieuse lorsque j’attendais devant le Musée d’Art Moderne le jour de l’exposition Chagall : elle me tendait une main que je n’osais toucher...

      Le charme est intact. Ses cheveux sont toujours assemblés par un élégant chignon discipliné sur le sommet du crâne. Des touffes bouclées s’échappent de chaque côté du visage. Je vais me laisser séduire une fois de plus lorsque je m’aperçois que la coiffure de la jeune femme est en train de se modifier. Le chignon et les tresses se dénouent. La chevelure s’épaissit et s’allonge librement, sans contrainte, légèrement ondulée.

      peinture,vermeer,delftProgressivement, l’apparence d’un homme remplace le fin minois. Instantanément, je reconnais le jeune homme souriant, un brin moqueur, qui se tenait sur la gauche dans L’entremetteuse, celui qui se réjouissait ouvertement de la scène galante qui se déroulait devant lui : Johannes Vermeer…

      Il me dévisage. Il paraît heureux de me voir. Son regard exprime une grande tendresse. Je perçois en lui la même sensibilité épanouie que La dentellière dont le visage s’est dissout dans le sien. Une grande force se dégage des prunelles pétillantes. Cette force me pénètre. Sa bouche esquisse des paroles que je m’efforce de comprendre. Deux mots ?… : « Je… ». Il insiste : « Je … t’aime. » Je devine plus que je n’entends les paroles. Il répète à nouveau : « Je… t’aime. »

      Les mots raisonnent longuement dans ma tête avant que je ne réalise ce qui m’arrive. Une grande chaleur m’envahit. Je suis réellement troublé. Cet homme vieux de plus de trois siècles m’envoie, en français, des mots d’amour ? Je voudrais lui retourner les mêmes mots, dire quelque chose, mais l’émotion est trop forte.

      Brusquement, son image devient floue. Je n’avais pas entendu le bruissement du bateau qui s’avançait. Sa pointe traversa le masque de Johannes et glissa imperturbablement de toute sa longueur sur son beau visage. Lorsque le bateau disparut, le canal avait retrouvé ses reflets habituels. Johannes n’était plus là. Effacé…

 

      J’étais comme pétrifié sur place. Dans l’apparition fugace qui venait de disparaître, dans ce bref échange, tout ce que je cherchais depuis des mois se précisait. Le message…

      Le soleil de cette fin de matinée m’arrivait pleine face sans me gêner. Les pensées se bousculaient dans ma tête. La signification du message m’apparaissait peu à peu. Je revoyais les visages transfigurés, jeudi, au Mauritshuis, de tous ces gens qui cherchaient une explication. Comme moi, ils avaient été fascinés par cette peinture. Elle les pénétrait.

      J’avais enquêté, cherché très loin dans la vie de l’artiste, ses habitudes, sa façon de peindre. C’était inutile. Sa peinture n’était que l’expression visuelle de ce qu’il était lui-même. Le message de cet homme était un simple message d’amour. L’amour de l’art certainement, mais pas seulement…

                               

                                   peinture,vermeer                                                               peinture,vermeer

 

      Il suffisait d’ouvrir les yeux ! Je regardais sa peinture sans la voir... Tous les tableaux de Johannes expriment la tendresse : La femme en bleu lisant la lettre de son amant ; La jeune femme à l’aiguière, rêveuse dans un filet de lumière ; et cette jeune femme inquiète de La lettre d’amour s’interrogeant sur le contenu incertain d’un billet ; ou La femme à la balance, recueillie, portant l’enfant espéré. Même La laitière, cette humble servante, est transformée par Johannes, pour un instant, en princesse. Que dire de La jeune fille à la perle au visage si pur. Johannes peignait son propre bonheur... 

         

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       Il faisait chaud maintenant. Un avion, très haut dans le ciel, avançait tout droit perpendiculairement au canal. Une longue traînée blanche découpait l’azur en deux parties presque égales. Avais-je rêvé ? Tout s’était déroulé si vite : la dentellière… Johannes…  Je restais là, assis les jambes pendantes le long de la berge, désorienté.

      Plein de choses s’agitaient dans mon corps. Une pensée s’imposait peu à peu dans mon esprit, oppressante… Très loin en moi, à un endroit inconnu dont mon être conscient n’avait plus souvenance, la peinture et l’image de Johannes étaient entrées en résonance avec une émotion, une douleur lointaine qui ne s’exprimait pas… Les mots d’amour qu’il venait de m’envoyer avaient fait mouche en touchant un point sensible, une plaie non refermée. Le secret, ce n’était pas Johannes qui le détenait, mais moi !

      Des souvenirs anciens remontaient… La photo…

      La photo jaunie par le temps… celle que j’avais punaisée au mur à côté de « Jojo » l’ordinateur : mon père, superbe dans son costume de marié, souriait tendrement à la jolie jeune fille avec laquelle il venait de s’unir. Un petit bouquet de violettes à la main, elle le dévisageait amoureusement. Son regard était pur, plein d’espoir dans un avenir radieux…

      Je n’avais pas deux ans quand il partit un jour, sans laisser d’adresse. J’étais rejeté, ignoré… J’avais besoin de sa force, de sa chaleur ! Ma mère avait fait ce qu’elle avait pu. Durant toute ma jeunesse, je l’avais oublié, balayé, rayé de ma vie, comme s’il n’avait jamais existé.

      Bien des années plus tard, j’appris sa mort par hasard. Je partis vers cette région de Bretagne où sa vie s’était arrêtée. Quelle tristesse cette petite croix délavée par les embruns, plantée sur un monticule de sable dans ce cimetière aux odeurs marines ! Mon nom de famille était inscrit en lettres gothiques vertes en travers de la croix. Ce jour-là, je n’avais ressenti aucune émotion… Il ne m’avait rien laissé dans le studio qu’il avait occupé. Pas même une simple lettre indiquant son regret, les raisons de tout ça. J’aurais certainement compris. Sûr que j’aurais pardonné !

      Trop tard, papa ! Quel gâchis !

      Une larme descend lentement le long de ma joue et humecte mon cou… Je n’ai pas souvenance d’avoir pleuré étant jeune ? Un garçon ne pleure pas !

      La traînée blanche dans le ciel avait disparu. La bouche grande ouverte comme une carpe, je respirais par saccade. Une joie diffuse m’envahissait. Le visage du peintre, effacé quelques instants plus tôt dans le canal, m’emplissait.

      Je fouille dans mon sac pour prendre le carnet qui ne me quitte jamais. J’y avais noté la phrase de l’historien d’art français Elie Faure concernant l’homme Vermeer : « Cet homme qui est le plus grand maître de la matière peinte, n’a aucune imagination. Il n’a pas de désirs allant au-delà de ce que sa main peut toucher. Il a accepté la vie totalement. Il la constate. Il n’a rien interposé entre lui et elle, il se borne à lui restituer le maximum d’éclat, d’intensité ». Je rajoutai, en écrasant mon stylo feutre noir sur le papier, le mot « amour » en gros caractères à la suite de la phrase.

 

      Je tente de remuer mes jambes qui commencent à s’ankyloser. Je respire mieux. Ma cage thoracique s’ouvre et aspire l’air goulûment. Je fais quelques bruits de gorge. Le son de ma voix s’est éclairci, libéré.

      Je m’ébroue comme un jeune poulain malhabile. Flo allait bien rire quand j’allais lui raconter cette rencontre amoureuse avec un homme d’un autre temps.

      Mon séjour hollandais est terminé. Une dernière fois, j’examine l’eau chatoyante du canal redevenue sereine.

      Je prends la première rue sur ma gauche en direction de la place du marché. Je me sens léger. Je peux repartir en France dans l’après-midi, sans amertume. Je vais pouvoir refermer définitivement mon carnet d’enquêteur.

      Au loin, j’aperçois Flo m’attendant sous la statue d’Hugo Grotius. Elle m'aperçoit et me sourit.

      Je lui envoie de grands gestes joyeux de la main.

  

                                                                                                   F I N

 

 

 

1. Deux petits tableaux   2. Hantise  3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or   5. Vue de Delft  6. La leçon de musique   7. La Joconde du Nord   8. Amsterdam   9. Balade hollandaise   10. Une lumière dorée   11. Une servante célèbre   12. Les femmes de Johannes   13. Gert    14. La petite Amsterdam   15. Une plaque gravée   16. Johannes

 

  

Commentaires

Quelle chute !
Quelle émotion !

Oh que si qu'un homme peut - doit pouvoir - pleurer !!!
Et après t'avoir lu, cela ne me pose aujourd'hui aucun problème ...
J'assume sans honte aucune !

(Je comprends mieux maintenant une certaine question que tu me posas en décembre dernier sur le blog ...)

Écrit par : Richard LEJEUNE | 10 janvier 2012

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Mince ! Je ne pensais quand même pas te faire pleurer, Richard !
L’aventure de Patrice en Hollande se termine donc avec une petite pointe d’émotion. Il va pouvoir dorénavant oublier Vermeer… Enfin, je lui souhaite…

Écrit par : Alain | 10 janvier 2012

Quel épilogue emplit de poésie, de tendresse, d’amour, d’émotion !

J’ai été très émue par la douceur de ce visage, ébranlée par le murmure de Vermeer, …bouleversée par la réminiscence de Patrice…

« …pas souvenance d’avoir pleuré étant jeune ? Un garçon ne pleure pas ! »… on l’a si souvent dit aux garçons… Je suis heureuse de lire que Patrice adulte ait enfin pu se laisser aller et découvrir enfin cet abandon, douloureux certes, mais libérateur…

Alain, je trouve cette série « Vermeer » encore plus touchante et passionnante que celle de « Van Gogh », et pourtant !! Félicitations pour cette nouvelle merveille et merci, merci du temps que vous avez passé pour nous enchanter, nous divertir, nous instruire, nous émouvoir !

Merci (ha ? je l'ai déjà dit ?...) et très belle fin de soirée
Amitiés

Écrit par : Esperiidae | 11 janvier 2012

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Patrice va-t-il pouvoir oublier tout ça ? Les psychanalystes appelleraient cela une prise de conscience. En tout cas, Vermeer a sévèrement secoué ce pauvre garçon.
Comme pour Richard, je ressens ton émotion dans tes mots. Cela ne m’étonne guère car ta dernière nouvelle « Fantôme » est pleine de sensibilité. Je vais d’ailleurs te réécouter pour le plaisir sur Litteratureaudio.com.
Cette série est bien différente de celle sur Van Gogh. Il s’agissait d’un récit historique dans lequel je suivais le peintre pas à pas dans sa dernière période de vie à Auvers. Tout en montrant ses toiles, je tentais de faire partager ses joies et ses peines. Cette fois, c’est un travail de fiction, entrant, à travers l’œuvre de Vermeer, dans la psychologie d’un personnage qui se cherche lui-même.
J’ai effectivement passé du temps, mais le plaisir d’écrire et vos commentaires sont ma récompense.
C’est moi qui te remercie Esperiidae.

Écrit par : Alain | 12 janvier 2012

vous, tu... excuse-moi, je m'emmêle un peu les pinceaux ;-)

Écrit par : Esperiidae | 11 janvier 2012

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Patrice aussi s’emmêlait les pinceaux parfois. L’émotion…

Écrit par : Alain | 12 janvier 2012

bonsoir Alain

Superbe intelligent et tendrement poètique
Bravo ! l'artiste !

Personnellement je ne comparerais pas ce trés beau travail avec celui que tu as fait sur Van GOGH, pour la bonne raison que j'ai beaucoup aimé les deux et que l'expèrience m'a donné la certitude qu'il ne faut pas faire de comparaison dans l'art, mais accepter la création comme une oeuvre unique et incomparable.

Ceçi dit ! revenons a cette trés belle fin.

je te cite :

Il suffisait d’ouvrir les yeux ! Je regardais sa peinture sans la voir... Tous les tableaux de Johannes expriment la tendresse : La femme en bleu lisant la lettre de son amant ; La jeune femme à l’aiguière, rêveuse dans un filet de lumière ; et cette jeune femme inquiète de La lettre d’amour s’interrogeant sur le contenu incertain d’un billet ; ou La femme à la balance, recueillie, portant l’enfant espéré. Même La laitière, cette humble servante, est transformée par Johannes, pour un instant, en princesse. Que dire de La jeune fille à la perle au visage si pur. Johannes peignait son propre bonheur...

Merci cher Alain ! tu as raison une partie de ce mystère qui me hante depuis que je connais Veermer est résolue. De plus je prèfére ton explication à celle d'Elie FAURE car je pense qu'il faut posséder une énorme imagination pour peindre la lumière comme il l'a fait.
Ce peintre n'était pas un FIGURATIF comme on pourrait le croire et cela serait rassurant de pouvoir le mettre dans une case précise. mais non ! c'est un alchimiste dont il faut parler au présent !

Je prends conscience qu'avec Vincent et Modigliani ce sont peut être ceux qui ont mis le plus
de leur "amour" dans leur création artistique. c'est pour cela que leur toiles repirent l'intimité.

Bravo Bravo et encore Bravo !

J'ose rêver qu'un jour tu nous feras la belle surprise d'écrire sur Modigliani !
mais pour l'instant ce n'est même pas un rêve, juste mon souhait.

Merci
Jacky

Écrit par : ...Jacky | 11 janvier 2012

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Ton commentaire me touche Jacky.
Comme je dis à Esperiidae, ce récit est bien différent du « Van Gogh », mais le plaisir d’écriture est le même. Je vais d’ailleurs revenir sur ce peintre bientôt pour montrer une autre facette de sa personnalité qui, je le pense, devrait te plaire.
Le final de ce chapitre m’a donné du mal. Comme la douleur de Patrice… J’ai hésité. Finalement, je pense que j’ai dû surprendre les lecteurs et cela me satisfait.
Je suis d’accord avec toi pour Elie Faure. Il fallait beaucoup d’imagination et de talent à Vermeer pour nous laisser ces œuvres que personne n’oubliera. Je n’ai encore pas oublié la visite du Louvre de Patrice du premier chapitre que j’ai vécue moi-même intensément. Proust a également était marqué par Vermeer.
Comme tu dis, les artistes sont des alchimistes. Ils font un savant dosage de technique, d’imagination, de sensibilité, pour engendrer quelque chose d’étrange, d’inconnu, une œuvre qui les dépasse bien souvent et leur assure la survie.
J’ai déjà écrit une nouvelle sur Modigliani, que tu as lu d’ailleurs.
Je ne referai plus de récit long car ce n’est pas facile à lire et à suivre dans un blog. Et c'est trop de travail !
Encore merci Jacky.

Écrit par : Alain | 12 janvier 2012

Cher Alain, encore une fois, tu m'as fait verser une larme!!Ton écriture est bouleversante!!Oui, Patrice à quelque peu fait un 'transfert" comme dirait le psy!!Chercher le père que l'on a pas connu et qu'on idéalise pour mieux se valoriser!! L'idéal serait de n'avoir jamais été sur la tombe désespérante de platitude et d'indifférence!! Oui, Vermeer est avant tout un alchimiste chercheur de lumière, d'aura!! Perso, je me demande si vraiment il pouvait être l'homme qui peignait la tendresse!! Parfois, on possède plusieurs facettes!!La preuve avec toi!!!HIHIHI Continue Alain à nous emporter dans ton monde de mystère et de bonté, j'adore!! Bisous à FLO!!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 13 janvier 2012

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Bigre, je ne pensais pas faire pleurer tous les lecteurs ! L’émotion que j’ai voulu faire passer dépasse mes espérances.
J’aime bien ton commentaire fin et intelligent Fan. Tu as bien compris le sens psychologique du récit. Je ne pouvais malheureusement laisser de côté cette tombe, comme tu dis désespérante de platitude et d’indifférence. Comment ne pas être indifférent à un père absent qui n’a rien donné…
Je pense vraiment que Vermeer peignait sa propre tendresse. En tout cas, je l’ai ressenti comme cela dans sa peinture, et j’ai tenté d’argumenter pour le démontrer.
Comme tout le monde, le peintre avait certainement plusieurs facettes. Moi aussi, tu l’as compris… Et toi aussi certainement…
Je suis sûr que Flo a apprécié tes bisous.
Merci d’avoir suivi ce long récit. Moins long que Van Gogh…
Bon dimanche

Écrit par : Alain | 15 janvier 2012

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