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L'OBSESSION VERMEER - 11. Une servante célèbre

 

 

Suite…

 

Jeudi 16 mai. Mauritshuis. 15 heures.    

 

      Il faut se décider à quitter la Vue de Delft. Les touristes basanés, qui n’ont toujours pas digéré de s’être laissés surprendre, n’attendent que çà pour prendre notre place. Je fais un signe à une Flo extatique qui est maintenant complètement imprégnée par le tableau et n’arrive plus à s’en détacher. Nous partons le plus discrètement possible. La foule se referme derrière nous.

      Je fais le point avant de continuer la visite :

      - On va attaquer la période que je préfère. Elle est la plus connue du peintre, les tableaux de genre, intimistes, à partir des années 1660. Accroche-toi, fascination garantie !

      Flo m’écoute distraitement. Ses pensées sont restées à Delft.

      peinture,vermeer,mauritshuisUn attroupement m’indique que La laitière attire toujours autant. Juste à côté d’elle, un tableau de format moyen est boudé par les visiteurs peu nombreux devant lui. Je reconnais La jeune fille au verre de vin que j’avais étudiée rapidement avant de partir et que je n’avais pas trouvée très réussie. J’examine la toile avec insistance. Il s’agit d’une scène de séduction avec deux hommes : l’un somnole dans un coin, l’autre, très attentionné, donne un verre de vin à une jeune femme assise qui sourit, consentante… Çà ne va pas ! Quelque chose me gène dans cette peinture qui semble avoir souffert et paraît avoir été très mal restaurée : le bras gauche de la jeune fille est inachevé et, le pire, son visage est défiguré par un sourire niais… Impossible ! Je ne peux croire que Vermeer, qui savait si bien représenter les femmes, ait pu donner volontairement cette expression ratée au personnage ?peinture,vermeer,mauritshuis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      peinture,vermeer,laitière,mauritshuisPressée de faire connaissance avec la servante la plus célèbre au monde, Flo a décidé de jouer des coudes en solo. Elle me jette un clin d’œil effronté et profite de son extrême minceur pour se faufiler dans un espace étroit qui s’est libéré entre deux femmes attentives. Elle s’installe paisiblement face à la toile.

      Resté derrière les visiteurs, j’étais bien obligé d’admettre que mon manque de taille, comme pour Flo, allait m’être préjudiciable pour une visite confortable de l’exposition. Je ne pouvais refaire le coup de force de la Vue de Delft à chaque fois. J’attendis qu’une place se libère.

      Flo avait largement profité de La laitière lorsque j’arrivai enfin auprès d’elle.

      - C’est vraiment un chef-d’œuvre, dis-je pensif… Tu es devant la toile de l’artiste, peinte en 1658, où ses couleurs préférées, le bleu et le jaune citron, sont les plus éclatantes. Serrées l’une contre l’autre, ces deux couleurs complémentaires se répondent.

      Flo me fit une moue de compréhension.

      - Tu sais que c’est excessivement rare dans la peinture hollandaise qu’une servante soit représentée comme motif unique d’un tableau. Par des jeux de lumière en clair-obscur, Vermeer lui donne une force, une présence étonnante. Il nous fait ressentir la tendresse qu’il éprouve pour cette robuste femme dont le geste précis, les manches retroussées, accompagne la fuite du blanc liquide… Il l’embellit.

      Placés juste à côté de Flo, les touristes français, que je ne voyais plus depuis un bon moment, examinaient la servante. Le plus proche de Flo, un grand brun binoclard, pas épais, les cheveux en brosse, flottant dans son jean délavé, parlait à sa voisine, une jolie blonde qui devait être sa compagne. Son timbre de voix était suffisamment fort pour que je l’entende : « On nous avait bien parlé d’un précurseur des peintres impressionnistes français avant de venir ici ! Est-ce que tu perçois de l’impressionnisme dans cette peinture dans la plus pure tradition hollandaise de cette période ?… Que voit-on ? : une servante dans l’intimité de son travail quotidien, de jolies couleurs c’est vrai, une lumière savamment répartie mettant en valeur le personnage. C’est tout ! Une belle peinture classique. Rien de plus que les autres excellents peintres hollandais du 17! ».

      Il regardait sa compagne, plutôt satisfait de son appréciation, en connaisseur des choses de l’art. Mon sang ne fit qu’un tour. Cette critique sonore de Vermeer, ce « maître de la lumière », m’était désagréable. J’étais obligé de réagir. Discrètement, j’intervertis ma place avec celle de Flo afin de me placer à côté du personnage qui s’en aperçut et cessa de parler.

      - Excusez-moi de vous interrompre, l’apostrophai-je poliment mais fermement ! J’ai entendu votre remarque… Vous faites erreur, monsieur, Vermeer fut bien le premier peintre à utiliser la touche impressionniste !… Vous paraissez en douter ?

      L’homme ne me regardait pas, inquiet.peinture,pissarro

      - Approchez-vous de la toile… Oui, encore plus près ! Maintenant, examinez l’extraordinaire nature morte disposée sur la table. La technique en petites touches fragmentées ne vous rappelle-t-elle pas certaines toiles de Camille Pissarro ? Vous devez connaître ce peintre des bords de l’Oise qui apparaissait comme le patriarche de ce groupe d’artistes français qui avaient la lumière comme unique religion. 

      J’attends un instant pour développer mon argumentation.

      peinture,vermeer,laitière,mauritshuis- Vous voyez ces miches de pain peintes avec des teintes terres et ocres… Bien ! Qu’a fait l’artiste ensuite ? Avec la pointe du pinceau, il a rajouté sur ces couleurs de base un fourmillement de petites touches légèrement plus claires dans les parties ombrées. Dans les zones où l’éclairage est le plus fort, le pain est éclaboussé de tâches brillantes carrément blanches, juxtaposées, qui accentuent l’intensité lumineuse… N’est-ce pas de l’impressionnisme çà ?… Ce pain croustille, monsieur !

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      La compagne du binoclard n’osait plus bouger, collée contre lui. J’insistai :

      - Regardez le reste de la toile. Le procédé se répète sur le pot bleu foncé criblé de points bleu pâle. Les bords de la cruche rougeâtre sont perlés d’un blanc presque aussi vif que le liquide qui s’en écoule. Partout, vous retrouvez la touche fragmentée : sur la peinture,vermeer,laitière,mauritshuistable, la corbeille à pain, le tablier bleu de la femme, ses bras, son bonnet… Maintenant, reculez-vous légèrement et plissez les yeux. Pas trop mon ami, vous n’allez plus rien voir ! La lumière entre par la fenêtre et tombe directement sur la servante qui est inondée de vibrations lumineuses. Même les parties ombrées ne sont pas grisâtres, mais teintées de lueurs colorées.

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      Le grand brun faisait tout ce que je lui disais, sans un mot, impressionné.

      - Alors ! Suis-je suffisamment clair ?… A vous entendre, je suppose que vous connaissez bien la peinture hollandaise. Avez-vous déjà vu cette technique, réellement innovante à cette époque, chez les contemporains de Vermeer ?… Ai-je réussi à modifier votre vision de l’artiste ?

      Je n’attendis pas la réponse.

      - Oui, monsieur ! Il s’agit bien, en plein 17ème siècle hollandais, de la naissance de ce style qui allait révolutionner la peinture à la fin du 19e en France. Vermeer concevait la couleur comme un phénomène soumis aux variations de l’éclairage et à la perception de l’œil humain...

      Je voyais sur le visage de mon voisin qu’il était mal. Il voulut partir en entraînant la jeune fille.

      Sadiquement, je le retiens par sa veste et lui assène le coup de grâce.

peinture,monet 

      - Attendez ! Je vous donne un exemple simple pour étayer mon propos. Vous connaissez la fameuse série des Cathédrales de Rouen que Monet a peintes à différentes heures de la journée ? Elles sont recouvertes de touches colorées épaisses qui accentuent le relief de la pierre et précisent les changements de tonalités apportés par la lumière extérieure… Eh bien, il s’agit du même procédé que Vermeer utilise sur ses miches de pain ! Je suis certain que Claude Monet, à ses débuts, aurait payé cher pour profiter des leçons d’un tel maître.

 

 

      Je m’énervais bêtement. Plus un son ne s’élevait autour de La laitière qui continuait sa besogne sans se préoccuper de mes commentaires stylistiques. Elle savait bien, elle, où se trouvait la vérité de celui qui l’avait conçue…

      Je termine, compatissant.

      - Je suis désolé de m'être laissé déborder par ma passion mais j’admire tellement ce peintre que je ne peux supporter l’indifférence ou l’incompréhension envers lui. Pensez à mes observations pour les tableaux que vous allez découvrir dans la suite de l’exposition. C’est la meilleure période du maître.

      J’ajoute :

      - Si vous le pouvez avec ce monde, mais votre grande taille est un sérieux avantage par rapport à moi, n’hésitez pas à vous approcher au plus près de chacune des toiles pour mieux comprendre son travail tout en toucher. Vous ne serez pas déçu.

      Je m’exclamai avant qu’il ne parte :

      - Tenez, j’aperçois La leçon de musique ! Quelle chance que la Reine d’Angleterre ait accepté de s’en séparer pour l’exposition ! Concentrez-vous sur les effets de perspective qui sont calibrés au millimètre près. C’est aussi un des points forts de Vermeer. Il en a beaucoup.

      Après quelques vagues paroles de remerciement, mon interlocuteur qui devait être le guide du petit groupe demeuré silencieux, s’éloigna vexé.

      Flo me regardait atterrée. Elle ne reconnaissait plus la personne calme et discrète qu’elle connaissait.

      - Tu as fait un peu fort avec cet homme, me dit-elle, contrariée.

      Je ressentais un vague sentiment de malaise. Pourquoi m’étais-je laissé emporter par ma passion pour ce peintre que je connaissais à peine il y a seulement six mois ?

      Je ne montre rien de mes sentiments à Flo et lui envoie sur un ton désinvolte :

      - J’ai été un peu rude avec cet homme mais c’était pour son bien. Avant la fin de l’après-midi, ces jeunes français ressentirons cette émotion qui t’a laissée bouche bée devant la Vue de Delft. Simple, il suffit de se laisser aller !

      - Se laisser aller ! Tout est simple avec toi ! Comment peut-on se laisser aller alors qu’il faut se bagarrer pour approcher chaque tableau.

      Elle s’installe face à moi :

      - Soyons clair Patrice ! A compter de la prochaine toile, ne t’occupe pas de moi. Ce n’est pas grave si ma petite taille me condamne à une vision réduite. C’est pour toi que nous sommes venus, je serais trop déçue si tu repartais frustré de n’avoir pu apprécier totalement ces peintures qui te tiennent tant à cœur.

      Merveilleuse Flo. Toujours prête à se sacrifier pour le plaisir de l’autre. Je la pris tendrement par les épaules et nous dirigeâmes vers La leçon de musique.

  

A suivre

 

1. Deux petits tableaux   2. Hantise  3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or   5. Vue de Delft  6. La leçon de musique   7. La Joconde du Nord   8. Amsterdam   9. Balade hollandaise   10. Une lumière dorée   11. Une servante célèbre 

 

 

Commentaires

  • Alors là, je suis bluffé : ta démonstration proposant Vermeer comme le peintre à l'origine de l'impressionnisme est époustouflante !!! Et dire que jusqu'à présent, c'était Turner que je voyais dans ce rôle ...

    Pointe d'humour : Patrice explique que Flo fut contrariée par sa façon d'apostropher son voisin devant cette toile. Ne crois-tu pas que ce n'est nullement par sacrifice qu'elle préfère le laisser avancer seul, mais plus prosaïquement parce qu'elle accepte difficilement son attitude et qu'elle ne désire plus y être associée ???

    Oui, je sais : c'est très difficile à comprendre, une femme ! :)
    Heureusement qu'on les aime pour cela aussi !

  • Beaucoup de spécialistes de l’art parlent de précurseurs de l’impressionnisme concernant certains peintres. Turner fait partie de ceux-là pour ses atmosphères colorées et sa vision fugitive de la lumière qui dissout les formes.
    Vermeer est souvent évoqué également de part sa touche souvent fragmentée dont j’ai parlé dans les effets de lumière de la « Vue de Delft » ou de cette « Laitière ». Dans plusieurs toiles, il utilise un traitement de la couleur aux lignes floues, des couleurs pures, un aspect pointilliste, granuleux, révélant le frémissement de la lumière sur l’objet.
    Ses œuvres étaient très admirées par les peintres impressionnistes et post-impressionnistes. J’ai cité Pissarro et Monet mais je pourrais en rajouter d’autres et même, parfois, Van Gogh… Proust parlait de « gouttes lumineuses ».
    Pauvre Flo ! Elle souffre avec son imprévisible mari. Mais elle veut lui faire plaisir en lui proposant de ne plus s’occuper d’elle pour profiter pleinement de l’expo. Son manque de taille l’handicape. Tu as peut-être raison, le comportement un peu brutal de Patrice la déconcerte. Elle ne reconnaît plus son homme !

  • Bonjour Alain :-)

    L’emportement de Patrice est fabuleux par sa puissance et touchant de tendresse. Merveilleux homme passionné, qui nous fait découvrir l’incroyable précision des coups de pinceaux de l’artiste, même si la surprise de Flo devant son comportement est tout à fait compréhensible... Je suis d'accord avec Richard Lejeune, est-ce bien uniquement par dévouement qu'elle cède sa place ?...

    La miche de pain est tout simplement… comment dire ?...

    Et puis aussi les petits carreaux de carrelage au bas du mur, et aussi… enfin bref, tant de détails que je renonce à citer mais que j’ai l’impression de découvrir, toujours plus nombreux, sous chacune des caresses de mon regard, que tes mots guident, sur la toile !

    Merci de nous faire découvrir à chaque nouvel épisode, une merveille de plus, de et sur ce peintre.

    Très belle fin de semaine !
    Amitiés

  • J’ai la sensation que mon récit te fait percevoir la peinture de Vermeer avec un œil neuf. Cela me réjouit car montrer la peinture autrement, c’est ce qui m’intéresse dans ce blog.
    La miche de pain, la corbeille, les pots, disposés sur cette table forment un ensemble qui pourrait faire un excellent tableau de nature morte à lui tout seul. Les petits carreaux sur les murs sont cette fameuse céramique de Delft qui faisait la gloire de la ville au 17e. La chaufferette devant les carreaux s’appelait joliment « Mignon des Dames » à cette époque.
    Quand aux pensées de Flo, va savoir ? Deux sentiments l’habitent certainement : l’incompréhension devant ce comportement passionné inhabituel de son mari et aussi, j’en suis sûr, le désir de le laisser profiter pleinement de cette expo unique. Tu sais bien que les femmes ont un surplus de dévouement en elles qui manque souvent aux hommes.
    Excellent week-end à toi et ta famille.

  • Oulala, je retrouve le Alain du forum, celui qui m'avait emballé par son talent d'écriture passionnée!! Quelle maîtrise dans cette description du tableau de Vermeer, cette sublime laitière!! Que ceux et celles qui n'aiment pas ce peintre après avoir lu ton récit, lèvent le doigt!!! Et même s'ils ne lèvent pas celui-ci, ils n'en sortirons pas vainqueurs!! Humiliés, non, mais plus réfléchis et instruits, certainement!!! Je reste sur ma faim avec le tableau "La jeune fille au verre de vin" ! J'espère que tu nous diras le pourquoi de ta déception qui est un peu la mienne!! Perso, c'est surtout le visage de la jeune fille tourné vers le peintre, avec un sourire un peu niais qui me fait dire que ce n'est pas le Vermeer au mieux de son talent!! Mystère à éclaircir!!! BISOUS FAN

  • Tu as un petit brin de nostalgie Fan de ces années 2005-2006 du forum des arts. Le temps passe…
    Tu ne m’as pas bien lu pour « La jeune fille au verre de vin ». Ce tableau abîmé a été mal restauré par la suite car le bras gauche est inachevé et l’expression du visage complètement ratée à mes yeux. Dommage car la toile est belle et aborde un thème courant à cette époque d’une scène de séduction. Pieter de Hooch a certainement inspiré Vermeer avec sa toile de la même période qui est au Louvre : « Une femme buvant avec des soldats ».
    Vermeer peindra d’ailleurs, un peu après, un autre tableau du même genre « Le verre de vin » avec seulement deux personnages. La jeune femme de profil boit le verre sous l’œil attentif de l’homme. Tiens, je m’aperçois, en comparant les deux toiles, que le vitrail de la fenêtre ouverte est exactement le même, ainsi que la carrelage ! Elles ont donc été peintes dans la même pièce.
    Bon dimanche.

  • Bonsoir Alain

    Ce très très bon article est innovant mais finalement
    je ne suis pas trop surpris par ton hypothèse !
    Je le savais ! je l'ai toujours su !
    Van gogh ! Vermeer ! et Modigliani !
    sont "COLLES" a la progression de la peinture
    L'étude de Vermeer sur la lumière permet de dépasser le simple figuratif
    ET Modigliani donne raison à Vincent en invitant Braque et Picasso à l'art moderne !
    On devrait faire plus confiance à nos passions ! elles comprennent mieux que nous nos émotions.
    Bravo Alain !
    C'est excellent !
    A+
    Jacky

  • Tu as une une vraie passion pour ces 3 peintres Jacky ! Il y en a beaucoup d’autres pourtant, tout aussi bons.
    L’évolution de la peinture est effectivement une lente progression, comme l'histoire humaine, et les recherches stylistiques antérieures ne peuvent être ignorées des artistes pour pouvoir avancer. Ils se nourrissent les uns des autres. Vermeer, Van Gogh et Modigliani ne sont donc finalement pas si éloignés les uns des autres dans une approche bien différente de leur art.
    Comme toi, je pense que notre émotion devant l’œuvre est la meilleure conseillère, même si notre regard a besoin d’être éduqué parfois pour arriver à une meilleure compréhension. Nous n'avons pas tous le même regard... Il m’a fallu de la réflexion pour aimer Van Gogh... Par contre, Vermeer et Modigliani m’ont accroché de suite.
    Bon dimanche.

  • Bonsoir Alain

    je voulais glisser une petite précision sur nos commentaires précédents.

    Je connais d'autres peintres , tu as raison, mais je fais une grosse différence avec ces trois là.
    J'ai l'impression que Vincent fait partie de ma famille. je l'étudie depuis plus de vingt ans.
    Ce n'est pas un inconnu pour moi comme pour toi. Je sens chez lui ce parfum d'essentiel qui sent l'universel, cela je le sens chez quelques grands artistes comme Rodin ou Mozart.
    Idem pour Moody j'ai lu plusieurs Biographies mais c'est surtout son côté marginal qui me fait penser que personne n'a peint comme lui avant et personne ne le fera peut-être aprés.
    C'est un miracle cet homme ! et il n'est pas reproductible !
    Enfin notre ami Vermeer ! Tu sais comme moi que les écrits d'époque sur lui sont rares.
    Il n'y a qu'à regarder ses toiles pour comprendre que rien n'existe sans la lumière.
    Mais c'est à Marcel Proust que je dois ma vraie connaisance de Vermeer ! Il se confondent tous
    les deux dans le si beau roman de Marcel "à la recherche du temps perdu".
    J'ai vu de trés de belles créations artistiques dans ma vie, la dernière en date étant le David de Michel-ange à Florence, mais c'est trois là, c'est autre chose !
    C'est de L'UNIVERSEL ET DE L'HUMANITE remarquable !
    Je suis certain que tu as déjà réfléchi à ce qui fait leur particularité .
    Quand penses tu ?
    a+
    Jacky

  • Ton analyse est convaincante et je comprends cette passion puisque je la ressens également.
    Pour moi, il y a beaucoup d’autres peintres que j’apprécie aussi et qui sont largement du même niveau aussi bien dans leur technique que dans l’émotion qu’ils renvoient.
    Je t’en cite quelques uns dont j’ai parfois parlé dans le blog et qui me touchent à des degrés divers : Rembrandt, Monet, Vinci, Corot, Renoir, Toulouse-Lautrec, Rubens, Degas, La Tour, Matisse, Fragonard. Deux femmes : Berthe Morisot et Mary Cassatt. Cela fait déjà beaucoup et j’en oublie de nombreux.
    A mes yeux, tous ces peintres sont universels comme tu dis. Leurs œuvres s’influencent mutuellement dans la grande histoire de la peinture.
    Pour trouver son propre style, Van Gogh s’est inspiré des impressionnistes, mais aussi des nombreux peintres dont il parle dans ses lettres, dont Vermeer…
    Vermeer a beaucoup étudié l’art italien essentiel à son époque ainsi que celui des ses excellents contemporains, De Hooch, Fabritius, Dou et d’autres.
    Modigliani s’est inspiré de Lautrec, Cézanne, des cubistes et de l’art nègre.
    Alors ? Chacun de nous à son propre regard sur l’art. Certains n’aiment que l’art contemporain et d’autres sont plus classiques.
    Tu me parles de ta famille concernant Van Gogh. Dans mon prochain chapitre sur Vermeer que je publierai la semaine prochaine, Patrice va ressentir le même sentiment que toi.
    Bon week-end.

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