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L'OBSESSION VERMEER - 8. Amsterdam

 

 

RAPPEL HISTORIQUE

      Lors d’une visite au Louvre par une triste journée d’automne, Patrice découvre, par hasard, les deux seuls tableaux de Johannes Vermeer que le musée possède. Peu de temps après, il apprend qu’une exceptionnelle exposition réunissant la plus grande partie des œuvres de Vermeer aura lieu au printemps à La Haye au Pays-Bas. Il persuade Flo, sa femme, de l’accompagner pour une semaine en mai.

      Avant de partir pour la Hollande, Patrice se documente sérieusement sur la vie et l’œuvre du maître de Delft. Il veut tout connaître sur cet artiste dont il admire la maîtrise des couleurs, la lumière, et l’étrange sensibilité qui se dégage de ses scènes d’intérieurs.

      Il a besoin de comprendre pourquoi cette peinture le bouleverse intérieurement…

 

 

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Maisons d’Amsterdam – photo de l’auteur

Suite…

 

Lundi 13 mai - 15 heures.

 

      Le Anne Frank Hotel a belle allure : façade allongée couleur lie-de-vin foncé, typiquement hollandaise, en bordure du Singelgracht l’un des nombreux canaux d’Amsterdam.

      Nous sommes arrivés plus tôt que prévu. Autoroute tout du long jusqu’à la frontière, court passage en Belgique par Gand et Anvers, le sud des Pays-bas, direction Utrecht, et arrivée dans les faubourgs d’Amsterdam en tout début d’après-midi.

      - Est-ce que vous parlez français ? 

      La réceptionniste sourit à ma question. Elle doit avoir l’habitude.

      - Sorry, I only speak english.

    Même si le français est très parlé en Hollande, je m’attendais à cette réponse. Mon anglais reste assez primaire, néanmoins, mes connaissances sont suffisantes pour voyager sans trop de problème. Je hausse volontairement la voix :

      - Hello, I reserved a room for 5 days.

      Après une rapide vérification des réservations, la jeune femme adopte un ton commercial de bon aloi.

      - You are welcome in our hotel. You have the room number 60. Please take your keyroom. Park your car in the hotel’s garage. Have a pleasant stay in Amsterdam.

     Flo ne comprenant pas grand chose et n’ayant pas l’habitude de m’entendre parler une autre langue, m’interroge du regard.

      - Tout va bien, nous avons la chambre 60, lui dis-je en remerciant l’employée distraite par des italiens exubérants s’exprimant par gestes. Nous pouvons garer la voiture dans le garage de l’hôtel proche d’ici.

      Satisfaite, elle s’approprie prestement la précieuse clé. L’ascenseur nous mène au deuxième étage. La chambre est sympa tapissée d’une teinte vieux rose ? J’entends l’eau du canal clapoter à l’extérieur. J’ouvre la fenêtre et hume délicieusement l’air de la Hollande, le même que Vermeer respirait il y a plus de trois siècles…

 

 

Mardi 14 mai – 21 heures.

 

      Pour notre première journée, nous nous sommes séparés. Notre quête n’était pas la même : Flo souhaitait s’offrir une balade vers le centre ville et moi commencer mes visites culturelles. Quatre jours seront si vite passés ! Vermeer, qui nous attend après-demain à La Haye, ne m’en voudra certainement pas d’avoir consacré ma première visite à l’un de ses compatriotes, Van Gogh, que j’ai redécouvert et apprécié au Van Gogh Museum proche de l’hôtel.

      Un charme fou ! J’ai l’impression d’avoir toujours connu Amsterdam, de l’avoir toujours aimée. Cette ville est étonnante, suspendue entre ciel et eau. En seulement sept ou huit siècles, à force de digues et d’écluses, les habitants ont chassé les anciens marécages pour élever cette cité bâtie au-dessous du niveau de la mer où les maisons reposent sur des pilotis. Une cité lacustre ! C’est une ville d’un autre âge où le passé est constamment présent avec ses maisons à pignons et ses canaux l’enserrant dans une gigantesque toile d’araignée.

      Assis sur le lit, un oreiller calé en bas des reins, j’inscris quelques notes sur mon carnet de voyage. Flo s’efforce de trouver un programme séduisant à la télé. Je l’entends pester : « Impossible de trouver un programme en français dans ce foutu pays ! »

 

      Ce matin, en sortant de l’hôtel, le vent frais tournoyait enveloppant les passants pressés emmitouflés jusqu’au cou. Ici, la voiture est proscrite. On peut très facilement visiter la ville à pied. C’est d’ailleurs préférable car les parcmètres coûtent cher, le sabot de Denver étant une spécialité locale assez dissuasive.

      Une vingtaine de minutes de marche m’avait suffi en suivant la Nassaukade et ensuite la Stadhouderskade pour déboucher devant le vieux Rijksmuseum dont je me réservais la visite pour demain. Je m’étais dirigé vers le moderne Van Gogh Museum situé juste derrière.

      L’aspect chaleureux de l’immense hall saturé de lumière m’avait surpris en entrant. Tout le premier étage était évidemment consacré à Van Gogh. Le rez-de-chaussée présentait une importante sélection de toiles du 19ème siècle. Claude Monet était le plus représenté. Il est vrai qu’il avait fait plusieurs séjours en Hollande dont l’atmosphère et la lumière l’inspiraientpeinture,gauguin.

      Avant d’emprunter l’escalier, j’avais remarqué au passage le portrait bien connu de Van Gogh peignant des tournesols peint à Arles par Gauguin. Cette toile me rappelait cet automne 1888 où la colère l’emporta sur l’amitié de ces deux fortes personnalités.  

 

 

 

 

  Paul Gauguin – Portrait de Van Gogh peignant des tournesols, 1888, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

      Curieusement, ma première rencontre avec Van Gogh au musée d’Orsay à Paris n’avait pas été un franc succès. Etonnante Eglise d’Auvers difforme et grimaçante sous un ciel plombé ! Je ne détestais pas, ce style me déroutait : trop de couleurs, des touches hachurées en pâte épaisse, une peinture directe, sans fioritures.

      A la fin des années 1880, l’artiste exposait avec ses amis du groupe impressionniste. Les peintres impressionnistes étaient finesse, subtilité, lumière, et lui, puissance et couleur. Ses grands traits, appliqués avec des teintes pures, droits, arrondis ou en spirales délirantes, dégageaient une force qui faisait peur. Peu des ses amis le comprenaient vraiment, à part les avant-gardistes Emile Bernard et Toulouse Lautrec. Je ne m’expliquais pas pourquoi ses toiles se négociaient à des prix ahurissants de nos jours, alors qu’il n’avait vendu qu’une seule toile de son vivant. Je comptais sur ma visite au Van Gogh Museum, où l’essentiel de son œuvre était présente, pour faire mieux connaissance avec l’artiste.

      Il ne m’avait pas fallu beaucoup de temps pour comprendre !

      Les toiles étaient présentées suivant un ordre chronologique des différents lieux de séjours du peintre : La Hollande, Paris, Arles, Saint-Rémy et Auvers-sur-Oise. A peine dix années de peinture de 1880 à 1890.

 

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Vincent Van Gogh – Champ de blé aux corbeaux,  juillet 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

      Van gogh m’avait bluffé ! Assis sur la balustrade faisant face au dernier tableau de la collection, Champ de blé aux corbeaux, je me revoyais fixant incrédule les blés torturés. Un chemin tortueux s’éclatait en trois branches agressives. Le ciel orageux, terrifiant, écrasait les blés. Un vol de corbeaux noirs donnait un aspect hallucinant à ce paysage.

      Les mains crispées sur la balustrade où j’étais assis, un visiteur, les yeux écarquillés rivés sur les blés, semblait atteint du même mal que moi.

      - C’est d’une tristesse, avais-je murmuré faiblement.

      -  It’s wonderful… Isn’t it ?

      - Je n’ai jamais aimé les corbeaux. Ce sont des oiseaux de malheur… 

      - What a worrying sky !

      Noyés dans notre rêve personnel, nous conversions inconsciemment dans deux langues différentes sans nous en rendre compte.

      J’avais quitté la balustrade. Mon voisin continuait à parler… seul…

      Je saisissais à présent pourquoi les toiles de Van Gogh me dérangeaient autant au musée d’Orsay. Cette technique tout en force maîtrisée donnait l’impression qu’un fauve s’était jeté sur la toile pour y planter ses griffes ? Ce Champ de blé aux corbeaux peint en juillet 1890 à Auvers-sur-Oise était une des dernières toiles de l’artiste avant son geste désespéré. Une folie créatrice en couleurs pures explosait la toile …

      Les tableaux de Vincent que j’avais vus tout au long du parcours dans le musée n’inspiraient pas toujours la profonde tristesse du champ de blé. Son œuvre était multiple.

      J’avais remarqué des toiles étonnantes de fraîcheur : Branches d’amandier en fleurs, Le verger rose, Poirier en fleurs...

 

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Vincent Van Gogh – Branches d'amandiers en fleurs, 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

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Vincent Van Gogh – Poirier en fleurs, 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam

      Des coloris somptueux : La mer près des Saintes-Marie-de-la-Mer, Vue sur Arles avec iris, La moisson...

 

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Vincent Van Gogh – La mer près des Saintes-Maries-de-la-Mer, 1888, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

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 Vincent Van Gogh – Vue sur Arles avec Iris, 1888, Van Gogh Museum, Amsterdam

      Des autoportraits étonnants : en chapeau de paille, en chapeau de feutre, au chevalet...

 

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Vincent Van Gogh – Autoportrait au chavalet, 1887, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

                                                                                    peinture,van gogh

Vincent Van Gogh – Autoportrait au chapeau de paille, 1887, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

      Des vases de fleurs aux tonalités vives : Glaïeuls, Iris, Les tournesols...

 

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Vincent Van Gogh – Vase avec iris, 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam

     

      En deux heures d’exposition, j’avais fait connaissance avec le vrai Vincent Van Gogh. Ce garçon était de la race des génies ! Deux siècles après l’âge d’or hollandais, avec une technique complètement différente, son œuvre était du niveau d’un Rembrandt et même… allez, pourquoi pas !… de Vermeer ?

      Il était déjà tard en sortant du musée. J’étais retourné précipitamment vers l’hôtel. peinture,van gogh,En cours de route mon esprit vagabondait. Je repensais aux Mangeurs de pommes de terre, croqués par Van Gogh dans son village de Nuenen, montrant des paysans aux rudes visages peints dans des teintes sombres aux couleurs terreuses. Je m’étais arrêté longuement devant le premier chef-d’œuvre du peintre.

 

 

Van Gogh - Les mangeurs de pommes de terre, 1885, Van Gogh Museum, Amsterdam

       Quelle différence avec les toiles ultérieures, à partir de sa venue à Paris ? Cet artiste n’était pas un impressionniste… Rien à voir avec Monet ? Il s’était inspiré de ses amis pour éclaircir ses couleurs et les faire chanter… C’était tout ! Son style personnel s’était ensuite définitivement libéré sous le soleil de Provence. Il allait terminer sa vie à Auvers-sur-Oise, seul, incompris, mais… lui-même… unique.

 

      Je finis de griffonner mes notes, allongé sur le matelas trop raide du lit de l’hôtel. Je remarquai que Flo m’examinait depuis un bon moment, soucieuse. Elle devait en avoir marre des émissions télé en néerlandais ? Durant ma visite chez Van Gogh, madame faisait du shopping ! En une journée entière passée dans le centre ville, elle n’avait réussi à ramener qu’un foulard peinturluré au portrait de Rembrandt pour sa mère et un fanion de l’Ajax d’Amsterdam, le club de football phare de la ville, destiné aux murs du studio parisien de notre fille Agnès, supportrice inconditionnelle du Paris Saint-germain FC.

      - J’essaye de rassembler sur du papier les événements de ma journée, dis-je fatigué. Van Gogh m’a pris dans ses griffes… Ce type  flirtait avec la folie selon certain, mais quel artiste !... Tu aurais dû venir. Tes cadeaux souvenirs d’Amsterdam auraient pu attendre. Pour ce que tu as déniché d’intéressant !

      L’humour de mon dernier trait déplu à Flo qui répliqua agressive :

      - Tu es vraiment misogyne, mon pauvre Patrice ! Comment peux-tu penser que je me suis déplacée à pied dans Amsterdam uniquement pour ramener un foulard et un fanion de club de foot. Quand je suis dans une ville qui a le charme d’Amsterdam, je regarde, et, crois-moi, j’ai passé une excellente journée… Tant pis pour Van Gogh ! Je me réserve pour après-demain chez Vermeer. C’est bien le but de notre voyage, non ? Dépêche-toi de finir ta prose car tu monopolises le lit ! J’ai hâte d’aller me reposer !

      Je n’insistai pas car la conversation risquait de s’éterniser et Flo avait la rancune tenace.

      Je croquai nerveusement le Champ de blé sur mon carnet, me levai et me dirigeai vers la fenêtre. L’eau du canal prenait des tonalités roses orangées. 

 

A suivre…

 

 

1. Deux petits tableaux   2. Hantise  3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or   5. Vue de Delft  6. La leçon de musique   7. La Joconde du Nord   8. Amsterdam

 

 

Commentaires

  • Le champ de blé de Vincent est quand même moins triste que l'arbre aux corbeaux de Friedrich, non ?... Pour ma part, j'aime assez cette toile de Van Gogh cependant, moins que ses nuits étoilées ou "le café de nuit".

    Le récit des aventures de Patrice et Flo au pays des merveilles de Vermeer commence bien. Aucune peine à les suivre, tout coule de source !

  • Je ressens moins cet impression d’écrasement dans la toile de Friedrich au ciel rose orangé du couchant. La puissance psychologique ressentie est beaucoup moins forte que dans celle de Vincent au ciel bleu de Prusse cobalt, lourd, pesant et ces corbeaux (qui sont en fait des corneilles) s’y enfonçant. Ce ciel me rappelle celui de « L’église d’Auvers » qui s’abat sur cette pauvre église désarticulée dont j’ai déjà parlé (Van Gogh à Auvers, chapitre 10).
    Le « Café de nuit » est une toile superbe que Vincent peignit, paraît-il, avec des bougies sur son chapeau. Les ciels étoilés de Vincent sont parmi les plus beaux de son œuvre.
    Vincent était un très grand peintre, trop en avance à son époque. Dire qu’il ne put vendre que sa « Vigne rouge », et encore l’acheteur était Anna Boch, la sœur de son ami Eugène Boch dont il fit un portrait d’une grande poésie à Arles.
    Tout va bien pour Patrice et Flo qui se chamaille un peu parfois comme dans tous les couples… La semaine en terre batave s’annonce mouvementée.

  • bonjour,


    Effectivement il y a des tableaux moins tourmentés de Van gOGH , un peu japonisant , presque zen, lumineux

    merci de nous les faire décourvrir ou redécouvrir

  • Il y a énormément de toiles dans son œuvre qui respire la joie de vivre.

  • Bonsoir Alain

    Trés bel article ou je retrouve mon meilleur ami " Vincent"
    J'ai trouvé le musée trés beau, là-bas
    Toute la poésie de cette ville ! c'est reposant
    Les canaux du JORDAAN...
    Et les petites sonnettes des hollandais à bicyclette

    Bonne soirée et merci

    Jacky

  • Vincent a ressuscité pour quelques instants grâce à Patrice. C’est dans cet exceptionnel Van Gogh Museum que j’ai réellement découvert Van Gogh. Tu connais le musée, je pense que nous pouvons le conseiller sans modération à tous ceux qui aime cet artiste.
    Et puis le charme d’Amsterdam…

  • Belle arrivée à Amsterdam où tu as démarré par une visite à VAN GOGH, mon chouchou!! Inconditionnelle de sa peinture car c'est aussi la vie de cet homme peintre qui m'a toujours interpellé, sans doute parce que les personnes (surtout les artistes)en mal de vivre font partis de mes amis (ies)!!Lorsqu'il y a longtemps j'ai découvert ses premiers tableaux si sombres, tel le "mangeurs de pommes de terre" j'ai ressenti sa tristesse car sa vie avec un père protestant n'était pas rose tous les jours!!De plus, toujours refoulé par les femmes qui l'attiraient, un physique ingrat et une maladie non reconnue à l'époque (bipolaire)ont fait que son 1er coup de génie fut de venir à Paris! Enfin, il eu un peu de baume au coeur en fréquentant des impressionnistes,je pense que Gauguin n'avait pas les mêmes délires d'artistes, sinon, il aurait emmené Van Gogh avec lui aux Marquises! Van Gogh était un sentimental, Gauguin, un "jouisseur" !! Leur amitié me fait penser un peu à l'amour de Camille Claudel et Rodin!! Il y en a toujours un qui trinque dans la puissance des attirances!! Merci Alain, j'attends Patrice pour la suite de son voyage au pays des tulipes!!! BISOUS FAN

  • Tu es toujours aussi passionnée concernant ce peintre !
    Une visite au Van Gogh Museum suffit, en l’espace de 2 heures, pour éclairer les pensées de ceux qui connaissent mal la peinture de Van Gogh.
    Si tu me relances à nouveau sur la vie de Vincent, je risque de faire encore trop long. Les 30 chapitres de mon « Van Gogh à Auvers » et les commentaires engendrés ont déjà pas mal fait le tour de la question.
    Juste un mot sur Gauguin. Il est vrai que Vincent admirait beaucoup Gauguin qui ne lui rendait pas vraiment. Leur dispute de Noël 1888 fut celle d’un amoureux frustré. Malgré cela, Vincent continuera à correspondre avec Gauguin par la suite et imaginera même, un moment, d’aller le rejoindre, ce n’était pas aux Marquises à l’époque, mais à Pont-Aven. La comparaison avec Camille Claudel et Rodin est bonne.
    Bonne journée

  • Bonne idée de commencer le récit par le "vécu" du début du séjour. Et puis le détour par Van Gogh est original, une mise en bouche en quelque sorte.

  • Comme tu dis « une mise en bouche ». Van Gogh c’est déjà du solide pour commencer et cela me fait plaisir d’avoir l’occasion d’en parler à nouveau.

  • Bel exploit que cet épisode : sous la bannière "L'Obsession Vermeeer", ne nous proposer que des toiles de Van Gogh, après un Gauguin représentant ... Van Gogh relève d'une certaine provocation.
    Là, on sent que tu te fais (à nouveau) plaisir.

    L'intéressant, c'est que ce plaisir est largement partagé par nous tous ...


    Heureux hasard aussi de nos voyages respectifs que celui d'évoquer Amsterdam quand, sur mon blog, j'évoque "Mon Paris" ... où tu es venu dernièrement te promener.

    Sur celui de Nat, une de mes correspondantes, aujourd'hui, autre hommage à une superbe ville, nocturne, cette fois : Istanbul.

    (http://www.dubretzelausimit.com/article-ivresse-nocturne-d-istanbul-76155495.html)


    Que de city trip(s) virtuels ces jours-ci ...

  • L’hôtel de Patrice est situé à quelques centaines de mètres du Van Gogh Museum. Impossible de ne pas parler de Vincent, compatriote de Vermeer, dont il admirait la peinture :
    - Lettre à Théo : « Les couleurs de Vermeer de Delft qu’on conserve à La Haye sont demeurées magnifique. »
    - Lettre à Emile Bernard : Connais-tu un peintre nommé Vermeer qui a peint une dame hollandaise très belle, enceinte… Il y a dans ses rares tableaux toutes les richesses d’une palette complète ; l’arrangement jaune citron, bleu pâle, gris perle lui est caractéristique. »
    Nous parlons chacun, au même moment, de deux villes que nous aimons et qui font partie des plus belles du monde : Paris et Amsterdam. J’ai encore bien des choses à conter. Je pense que, toi aussi compte tenu de ton départ en trombe sur le blog, tu vas nous faire partager ta passion pour Paris, qui est aussi ma ville.
    J’ai vu les photos d’Istanbul la nuit. C’est vraiment superbe !

  • Il y a un petit moment que je n'étais pas passée vous voir et je ne me souvenais plus que j'aimais autant vous lire...
    Je viens d'admirer à vos côtés les tableaux de ce grand peintre qui a si bien immortalisé des paysages de ma région d'Arles...

  • Si vous voulez voir d’autres tableaux et mieux connaître Vincent, lisez mon roman « Van Gogh à Auvers » dans le blog. Il y a 30 chapitres…
    Puisque vous êtes de la région d’Arles, vous devez bien connaître Saint-Rémy-de-Provence où le peintre passa un an à la maison de santé Saint-Paul de Mausole. Il y peignit quelques-unes de ses plus belles toiles.

  • C'est à travers ta saga "Van Gogh à Auvers" que j'ai découvert ton blog, et j’ai grand plaisir à le retrouver dans cet épisode :-). Cette « ...impression qu’un fauve s’était jeté sur la toile pour y planter ses griffes ? » pour décrire ce champ de blé est si juste !! Le paysage semble en effet torturé, et cela donne un tel contraste avec la couleur soleil d'or, rayonnante, du champ de blé. Ce tableau contient toute la puissance de la Vie.

  • Dommage que tu n’ais pu aller jusqu’au final de ma saga « Van Gogh à Auvers ». J’étais assez content du chapitre final, même si cela se terminait mal…
    Il y a des points communs entre ce « Champ de blé » et le 10ème chapitre « L’église d’Auvers » que je t’incite à relire si tu as le temps. Tu m’as d’ailleurs laissé un commentaire à l’époque sur "L'église d'Auvers" .
    J’éprouve le même sentiment devant cette église que devant le champ de blé : aspect torturé, ciel plombé sombre, solitude, souffrance. Les spécialistes, ce que je ne suis pas, voient dans ces deux toiles, tristesse, mal-être, désespoir. Pourtant, dans mon récit sur l’église, je termine le chapitre sur une note d’espoir : « les murs allaient bientôt s’ouvrir » « la plainte allait se transformer en chant ». Je devais avoir tort car, peu de temps après le tableau du « Champ de blé », Vincent allait quitter cette vie…
    Tu dis, avec raison, que cette toile contient toute la puissance de la vie… La destinée humaine…

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