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L'OBSESSION VERMEER - 7. La Joconde du Nord

 

 

 Suite…

 

      L’omelette aux fines herbes rapidement confectionnée exhale son doux parfum. Je la déguste en pensant à mon prochain voyage en terre batave.

      J’ai déjà préparé un plan de visite. En dehors du Mauritshuis de La Haye, but ultime du séjour, Amsterdam, ses canaux, et les vastes champs de tulipes en pleine floraison en cette saison sont incontournables. Je prévois deux musées dans Amsterdam à ne manquer à aucun prix : le Rijksmuseum, dont l’orgueil est la fameuse Ronde de nuit de Rambrandt, ainsi que le musée Van Gogh qui présente la collection de toiles du peintre la plus importante au monde.

      Evidemment, je terminerai mon séjour par Delft, la ville natale du peintre. Je ne me fais guère d’illusion, il ne restera certainement pas grand-chose du passé historique de la cité peinte par Vermeer, mais j’ai besoin de retrouver l’atmosphère de sa ville et les lieux où il écrivit une des plus belles pages de l’histoire de la peinture.

       Je crains qu’une semaine sera trop courte pour apprécier pleinement ce copieux programme ?

 

 

      Elle jaillit éblouissante sur mon écran : La jeune fille à la perle, récompense ultime de ma laborieuse étude, me fait face. J’ai l’impression que Jojo s’est mis sur son trente-et-un pour lui donner l’éclat maximum qu’elle mérite ? J’observe ébahi…

      Le mauritshuis a le bonheur de posséder dans ses collections permanentes cette inestimable peinture qui lui fut léguée par un collectionneur hollandais l’ayant acquise en 1881, en mauvais état, pour le prix faramineux de… 2 florins… C’est à dire rien !

      Les spécialistes n’ont pas hésité à comparer cette toile à La joconde de Léonard de Vinci, le tableau du Louvre le plus célèbre au monde, devant laquelle des visiteurs venus du monde entier se pressent uniquement pour que Mona Lisa leur fasse l’aumône d’un sourire. La Jeune fille à la perle a même été appelée la « Joconde du Nord » ou « Joconde hollandaise ».  L’aspect flou des toiles de Vermeer ne trompe pas : elles ont bien un petit air de famille avec le célèbre « sfumato », cette étrange graduation de la lumière utilisée par Léonard. 

 

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 Johannes Vermeer – La jeune fille à la perle, 1666, Cabinet royal des peintures, Mauritshuis, La Haye

     

      Pourquoi emploierait-on des qualificatifs pompeux pour décrire un portrait qui présente une telle simplicité apparente ? La jeune fille paraît toute jeune, pétillante de vie. De grands yeux brillants, une bouche humide entrouverte avec deux petites perles de lumière rose aux commissures des lèvres. L’ai-je surprise ? Les plis de l’étrange turban bleu et jaune frémissent. Son regard croise le mien. Son souffle est parfumé.

      Mon rythme cardiaque s’est accéléré.

peinture,vermeer,jeune fille à la perle      Sur ce fond sombre, la figure aux traits indéfinis rayonne. Les contours du visage, de la bouche, du nez fondu dans la joue droite, sont imprécis. L’artiste semble l’avoir voulu  ainsi pour nous inciter à pénétrer dans son tableau et compléter les parties manquantes. La peinture est lisse, fluide, aérienne. Les couleurs, tout en glacis superposés, glissent progressivement, sans à coup, de l’ombre profonde vers cette fabuleuse lumière de Vermeer qui irradie naturellement d’elle-même. Des gouttes blanches pures dans les yeux et sur la perle se répondent. L’harmonie…

      Qui peut bien être cette femme enrubannée, mystérieuse : une femme de Delft, une jeune servante ? Elle ressemble étrangement à la jeune fille qui pose dans la toile L’atelier du peintre ? Vermeer ne peut dissimuler la tendresse qui l’a animé en peignant ce visage infiniment précieux et fragile. Je m’interroge : ce portrait ne présente aucune affinité avec ceux peints à cette époque, il aurait presque pu être peint de nos jours ? La fantaisie du vêtement et du turban exotique, ce visage lumineux aux contours indécis, cette beauté irréelle en font un portrait hors d’un temps, d’un lieu précis.

      Incontestablement, Vermeer a laissé dans cette image qui me sourit, ce regard qui me transperce, un message que je m’efforce de décrypter : la pureté… l’apparence… la beauté… la vie… quelque chose d’indéfinissable qui nous transporte au-delà même de notre propre existence…

 

 

      Dans un état second, j’appuie nerveusement sur l’icône de La jeune fille au chapeau rouge. La lumière de l’écran tressaute un long moment avant d’installer le tableau suivant. Pour Jojo comme pour moi, il est grand tant que mon étude se termine aujourd’hui !

 

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Johannes Vermeer – La jeune fille au chapeau rouge, 1665, National Gallery of Art, Washington

     

      Ce tout petit tableau est d’une qualité égale à la toile précédente. Etonnamment, certains historiens d’art, encore de nos jours, paraissent contester sa paternité à Vermeer. Je le contemple longuement… Le génie du peintre explose dans cette peinture exceptionnelle de talent et de sensibilité, pensai-je ! Ma conviction intime me disait que seul Vermeer avait pu réaliser ce petit bijou.

      Ma première impression, devant l’aspect du vêtement et l’étonnant chapeau rouge, est qu’il s’agit d’un jeune homme adolescent. Un regard plus inquisiteur ne peut tromper sur le sexe du personnage : un doux visage au regard curieux, des lèvres entrouvertes qui rappellent la bouche humide de La jeune fille à la perle, une boucle sous le lobe de l’oreille dans l’ombre des cheveux qui paraissent frisés. Nul doute, il s’agit bien d’une jeune fille !

      Le rendu des couleurs que je voyais était peut-être le plus beau des tableaux que j’avais étudiés jusqu’ici. Contrairement à la plupart des toiles du peintre, ses couleurspeinture,vermeer,jeune fille au chapeau rouge fétiches, le bleu et le jaune, n’était plus associées. Le bleu avait été gardé dans la cape mais le jaune était remplacé par le rouge vif du large chapeau à plume. Ces deux couleurs s’équilibraient superbement : froide sur le vêtement, chaude au-dessus du visage.

      J’observe ce qu’il est possible d’apercevoir de la technique. Elle est semblable aux tableaux de Vermeer peints à partir du milieu des années 1660 : de légères touches de peinture transparente très diluée en glacis sur de minces couches de pigments colorés plus opaques. Le résultat est lumineux. Je retrouve à nouveau les impressionnistes dans ce petit tableau ! Les effets de lumière et rehauts divers sont disséminés sur toute la toile et lui donnent vie : le chapeau rouge sombre en forme d’aile s’éclaire de touches graciles comme des flammèches empourprant d’orangé le visage de la jeune femme ; quelques virgules jaunes et des taches blanc crème sont éparpillées sur le bleu de la cape et sur les têtes de lion de la chaise ; des gouttes de rosée accentuent la bouche et la pointe du nez ; une tête d’épingle minuscule vert clair anime la pupille de l’œil droit.  

      En plein milieu de la toile, Vermeer, jugeant sans doute que l’effet n’était pas suffisamment fort, donne au plastron travaillé en pâte d’un blanc pur sous le menton de la femme, un aspect saisissant de réalisme qui éclaire le visage. Van Gogh et ses pâtes épaisses écrasées puissamment aurait apprécié ce travail !

      "Hé bé putaïn, comme ils disent avec l'accent dans la région de Flo (ce n’est pas grossier là-bas), c’est quelque chose !".

 

 

      Il faut absolument que je me détache quelque temps de Vermeer…

      En l’espace de deux jours, j’ai exploré une autre planète de l’univers de la peinture, une planète de grâce poétique où l’on circule en état d’apesanteur, sans contrainte, heureux…

      Mon étude est bien terminée. Circulez, y a plus rien à voir ! Place à la réalité hollandaise maintenant toute proche et à la confrontation directe avec le peintre, sur son terrain, sans livres et autres artifices qui brouillent l’image spontanée. Je ne regrette pas tout ce travail de découverte. J’ai assemblé, ordonné dans mon esprit une multitude de petits fragments de connaissances sur la vie et l’œuvre du petit génie de Delft, que j’ignorais il y a encore six mois.  Ma perception de l’homme et du peintre est maintenant beaucoup plus précise.

      Néanmoins, quelque chose me chagrinait…

      Je décide de m’installer en position de relaxation sur le canapé du salon, détendu, presque assoupi. J’attends… Du temps passe… Une image animée m’arrive, inattendue, comme dans un rêve. Cela ressemble à ces spectacles de music-hall que l’on voit souvent à la télé. Un magicien présente son numéro bien rôdé. Le suspense monte progressivement avec une intensité savamment dosée pour nous tenir en haleine. Captivé, le public veut comprendre. Puis le numéro se termine, le magicien salue sous les applaudissements, mais il garde pour lui le secret du dénouement final afin d’étonner à nouveau la prochaine fois.

      L’image se déforme et quitte mon esprit. Je me lève et marche dans la pièce. Je fais un effort de réflexion pour comprendre le sens de la représentation qui m’est apparue. Autrefois, j’aimais interpréter mes rêves. Le sens de ce songe éveillé finit par s’imposer lentement en moi.

      Vermeer !... Mais oui... c’est lui le magicien ! Un magicien dont les toiles séduisent et troublent. Cela pourrait paraître largement suffisant pour la plupart de ses admirateurs… Pas pour moi ! Comme le magicien, il cache l’essentiel. Son talent exceptionnel lui permet, comme pour un sportif de haut niveau qui domine largement ses adversaires, d’en garder sous la pédale. Il distille, met l’eau à la bouche, mais conserve son mystère.

      J’attends trop de lui ? Il m’a déjà beaucoup donné… pourtant je ne suis pas rassasié. J’ai l’obscur sentiment que je ne découvrirai jamais son secret de magicien. A moins que… la route est encore longue jusqu’à Delft…

      En peu de temps, Vermeer est devenu un ami proche.

      "Au plaisir de vous rencontrer Johannes !"

 

A suivre…

 

 

1. Deux petits tableaux   2. Hantise  3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or   5. Vue de Delft  6. La leçon de musique   7. La Joconde du Nord

 

Commentaires

  • « C’est terminé » écris-tu, alors que soudain je me rends compte que ces épisodes aboutissent sur un « ça y est ça commence », tant ils ont apporté avec la découverte de cet artiste tout un tas de question et pour moi l’envie d’encore, encore plus… Et comme un écho à ce sentiment qui m’a animé au milieu de cet épisode, ces mots dans ta conclusion « … pourtant je ne suis pas rassasié ».

    Je te souhaite une très agréable rencontre avec Vermeer!

    Je vais venir à Paris (ha, Paris !!) dans à peine trois semaines, j'y passerai deux (trop) petites journées seulement. J’aimerais vraiment visiter le Louvre, mais je ne sais malheureusement pas si j’aurai le temps… Toutefois, si j’arrive à agencer mon weekend de façon à m’y rendre, et comme je n’ai pas de but précis, je suis tentée d’imprimer l’itinéraire que tu décris dans le 1er épisode de cette série Vermeer. Parce que vraiment… l’astronome me tend son aura…

    Merci pour la présentation de cet artiste et les merveilleux instants passé à la lecture de ces épisodes.

    Amitiés

  • C’est loin d’être terminé ! J’ai pourtant bien écrit « A suivre »… Je dirais que c’est la fin d’une première partie, mais l’aventure de Patrice et Flo va continuer.
    Ha Paris ! J’y étais hier. Les touristes éclatent de bonheur en ce moment avec ce soleil qui s’éternise sur la capitale depuis deux mois. Moi, je pars la semaine prochaine vers le Sud de la France.
    Deux jours de visite au Louvre, c’est court. Néanmoins, en marchant beaucoup, on peut voir pas mal de choses. Lorsque l’on ne connaît pas bien le musée, il faut programmer un itinéraire en fonction de ses goûts car les choix sont trop nombreux.
    Effectivement, si mon 1er chapitre t’a plu (celui-là je l’ai vécu, en plus détaillé encore, tel que je le raconte), alors fait celui-là. Le circuit des peintres des Ecoles du Nord est l’un des plus intéressant du Louvre (2ème étage, aile Richelieu) avec d’immenses peintres : Brueghel, Van dyck, Hals, Rembrandt et Vermeer en final. Et j’en passe pas mal.
    Il faudra revenir pour voir le reste et d’autres merveilleux musées parisiens.

  • joli billet! il existe un petit film, dans festivalpocketfilm.fr sur la jeune fille à la perle.. une fan de vermeer..

  • Le lien ne fonctionne pas.

  • Mais alors bon sang, je n'avais pas fait attention au "à suivre" ! Qu'est-ce qui a donc bien pu me laisser croire que c'était terminé ?! Peut-être me suis-je laissée égarée par le "mon étude est bien terminée." je ne sais plus bien en fait...

    C'est court en effet, mais je n'ai pas l'occasion de prolonger. Je me contenterai de cela car c'est déjà mieux que rien ;-)

    Je te souhaite d'ores et déjà un bon séjour dans le sud pour la semaine prochaine!

    Amitiés, et... au plaisir de lire la suite de l'obsession Vermeer! :-))

  • Avant d’assister à l’exposition en Hollande, Patrice a fait, dans un premier temps, une analyse détaillée de la vie et de l’œuvre de Vermeer qu’il connaissait peu. Il ne voulait pas partir les mains vides. Maintenant, il lui reste à tenter de comprendre le mystère Vermeer qui le perturbe beaucoup…
    Pour le Louvre, si tu fais la visite de mon 1er chapitre, arrête-toi un bon moment chez Rembrandt. Sa « Bethsabée au bain » et ses « Pèlerins d’Emmaüs » sont des chef-d’œuvres. Il y a d’ailleurs actuellement une expo temporaire jusqu’au 18 juillet concentrée sur la figure du Christ peinte par Rembrandt et ses élèves (la toile devrait d'ailleurs s'y trouver). J’aime également beaucoup « La bohémienne » de Frans Hals. Mais il y en a tellement…
    A bientôt.

  • Un dernier épisode "préparatoire", puis tu nous emmènes aux Pays-Bas ...

    Mais avant cela, moi aussi, j'aurai la chance - pour l'exposition égyptologique d'abord, pour tout le reste ensuite -, de venir à Paris en cette fin mai, quatre jours, en principe mais que, si mon emploi du temps (expositions) me semble trop chargé, je compte bien prolonger de deux jours supplémentaires ...

    De toute manière, au Louvre, je quitterai un temps le Département des Antiquités égyptiennes pour "monter" jusqu'à Vermeer, résultat appréciable de la lecture de ton enquête ; et ne manquerai évidemment pas les Rembrandt, résultat tout aussi appréciable de l'article de Louvre-passion ...

  • Je vois que ton programme va être chargé à Paris. Comme je pars moi aussi, je pense qu’en revenant j’irai voir les expos sur Rembrandt et Prisse d’Avennes, et peut-être également la BNF où je vais assez souvent, surtout l’hiver quand le temps n’incite pas à la rêverie champêtre.
    Je suis heureux de voir que tu es la deuxième personne pour laquelle le 1er chapitre de mon récit incite à une visite des peintres des Ecoles du Nord qui en valent vraiment la peine. Au cours de cette visite, tu verras la fameuse Galerie Médicis où les 24 toiles commandées par Marie de Médicis à Rubens sont le plus bel ensemble de tableaux de ce peintre réalisés sur un même thème. Le petit tableau de Cranach l’ancien acheté par le Louvre récemment (dont je suis un très modeste donateur) est d’ailleurs encore exposé jusqu’au 30 mai dans cette galerie.
    Soit sympa, sans te faire remarquer car elle est très surveillée et tu risquerais que ta visite se termine mal, fais une bise de ma part à « La dentellière ». Ce veinard de Patrice va bientôt la retrouver en Hollande.
    Bon séjour parisien. Le beau temps semble encore assuré pour la semaine prochaine.

  • Yes!!!!Patrice est fin prêt à affonter le "magicien" Vermeer! J'espère que tes rêves deviendrons une merveilleuse réalité!!! BISOUS FAN

  • Les rêves de Patrice sont plus que mouvementés depuis sa troublante vision de « La jeune fille à la perle » si attirante. Ces hommes…

  • Bonsoir Alain !

    trés bel épisode !

    Si tu savais à quel point je ressens ta passion pour ce tableau, tu serais surpris.
    C'est pour moi aussi un des plus beaux tableaux du monde
    Je croyais bien le connaitre mais ce que tu en dis m'a fait "rêver " encore plus loin.

    Pour partager, toutes ces émotions avec tes lecteurs, je me permets "pour une fois"
    de mettre un lien avec le texte que j'ai écris, l'année dernière, sur le sujet en attirant leur attention sur les commentaires de mes lecteurs.
    Tu peux, bien évidemment, effacer cette partie de mon commentaire, si tu n'es pas d'accord
    avec ce lien.

    http://poemesalacarte.unblog.fr/2010/06/04/la-jeune-fille-a-la-perle/

    Merci de Faire /copier coller / dans votre navigateur si le lien ne fonctionne pas

    Merci de cette belle histoire !

    A+
    Jacky

  • Bien sûr que ce portrait de jeune fille est l’un des plus beau du monde ! Ce regard exprime tellement de chose…
    Le portrait de « La jeune fille au chapeau rouge » est aussi très beau de par la qualité des couleurs et la technique incroyable du peintre.
    Evidemment que j’accepte ton lien, d’autant plus que notre passion pour cette toile est, quelque part en nous, la même.
    « L’amour qui larmoie », je n’y pensais plus. Cette belle expression ressortira peut-être chez Patrice car il se fait bien du souci pour tenter de comprendre l’incompréhensible.
    Nul doute, comme je le dis souvent, l’art nous permet d’aller plus loin…
    Je t’écris rapidement avant de prendre la voiture pour une semaine landaise.
    Bon dimanche.

  • Joconde du Nord ? Non, pour moi la femme à la perle n'a rien d'une Mona Lisa. Pas de sourire énigmatique, pas de buste (ou si peu) ni de mains croisées. Juste cet air vaguement étonné et cette bouche ouverte pour dire quelque chose. La Joconde se tait et garde son mystère. Cette jeune hollandaise nous parle... mais ne dévoile rien !

    Suis impatiente de lire la suite et le récit de votre rencontre Johannique.

  • Arrivée au Mauritshuis par donation en 1902, il semble que ce soit la presse hollandaise qui donna cette appellation de « Joconde hollandaise » à la « Jeune fille à la perle ». Certainement pour concurrencer la Joconde la plus connue au monde, du Louvre.
    Bien sûr qu’il y a des différences avec notre Joconde parisienne : la jeunesse, la pose, le sourire. Je pense que ce qui les rapproche essentiellement est leur beauté énigmatique qui leur donne une grâce indéfinissable. Le style de Vermeer est également proche du « sfumato » de Léonard. Les traits du visage de sa jeune fille ne sont pas nettement définis et l’arête du nez est invisible, fondue dans la joue droite.
    La Joconde du Nord dégage une lumière exceptionnelle et sa tenue exotique sans lien avec la mode hollandaise de l’époque la rend intemporelle.
    C’est beau… Je ne sais si Patrice arrivera à s’en remettre ?
    Bonne journée.

  • salut,
    pour moi le tableau de "la jeune fille à la perle" est un pure chef d'oeuvre mais Vermeer n'utilise certainement pas la technique du "sfumato" il reste malgré ses innovations un peintre classique.
    en complément sur Vermeer vous pourrez trouver un film "la jeune fille à la perle" avec Scarlet Johnson ainsi qu'un livre " la jeune fille à la perle" de Tracy chevalier ce livre narre la véritable histoire du tableau du peintre et de la vie à l'époque!
    Vermeer a bien vécu à Delft dans le quartier des papistes pour être exact mais maintenant le tableau fait partie de la collection royale a La Haye capitale des pays bas.
    j'ai moi même longtemps étudier ce tableau dans le cadre d'études d'art si vous désirer d'autre compléments... à votre service!

  • Evidemment que Vermeer reste un peintre classique, mais un classique bien différent par plusieurs aspects de ses collègues hollandais. Je n’ai pas dit qu’il utilisait la technique du « sfumato » de Léonard mais qu’il s’en rapprochait. Chaque peintre est différent… En effet, l’utilisation de léger glacis dans sa peinture, comme le faisait Léonard, donne un aspect flou, imprécis, vaporeux à ses personnages.
    Je connais parfaitement les excellents, livre et film dont vous parlez. Par ailleurs, j’ai bien indiqué que le tableau se trouvait au Cabinet royal de peinture du Mauritshuis à La Haye.
    Pour votre information : La capitale économique et culturelle des Pays-bas est Amsterdam, La Haye n’étant que la ville de résidence du gouvernement et le centre du pouvoir politique.

  • Elle est intemporelle, c'est un de ses charmes.

  • Bonsoir,
    Je suis tombé un peu par hasard sur votre blog et j'ai été très touché de votre approche si sensible du tableau de "la jeune fille à la perle" Je me suis trouvé moi-même devant ce merveilleux portrait à la Haye au moment de la retrospective de ses oeuvres restaurées.Je suis resté longtemps à le contempler pour comprendre....Je pense que ce n'est plus de la peinture mais la vie elle- même qui s'exprime .C'est la même obsession que poursuit Leonard avec la Joconde.Comment rendre ce flux de vie ,cet eclat avec de la matière picturale ?.
    j'aime Vermeer depuis toujours si cela peut vous interesser vous pouvez consulter mon site www.arts-lafitte.com ,vous comprendrez .
    amicalement

  • Merci pour votre compliment sur mon sentiment ressenti devant « La jeune fille à la perle ». Je l’ai vue deux fois au Mauritshuis de La Haye. Toujours le même enchantement. Vermeer est largement en tête de mes peintres préférés.
    Que comprendre ? Ce peintre nous met en rapport avec les secrets enfermés dans une œuvre d’art. Comme je le dis dans le récit : c’est quelque chose d’indéfinissable qui nous transporte au-delà même de notre propre existence. J’ai ressenti, au Louvre, la même chose devant les deux seules petites toiles de Vermeer que la France possède. J’ai publié un recueil numérique de nouvelles, qui est dans mon blog, dans lequel la première nouvelle est consacrée à cette rencontre inattendue avec l’artiste.
    J’ai vu votre site. Effectivement, en amoureux de Vermeer, vos toiles s’en inspirent : finesse des coloris, éclairage diffus, léger « sfumato ». C’est particulièrement perceptible dans la texture et le coloris du vos tapis qui rappellent certaines toiles : « La leçon de musique » avec votre « Le tapis » et « L’astronome » proche de votre « La cafetière orientale ». J’aime. Cela me réconcilie avec l’art de mes contemporains. Vos productions et expositions semblent arrêtées dans votre site en 2004 ?
    Amicalement.

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