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04 mai 2011

L'OBSESSION VERMEER - 6. La leçon de musique

 

 

Suite…

 

      Mon sécateur à la main, je contemple amoureusement la symphonie des verts tendres libérés par le départ de la végétation printanière. Le froid vif des jours précédents a laissé la place à cette tiédeur agréable que les derniers jours d’avril nous réservent parfois.

      A travers l’ouverture libérée par le déplacement récent d’un deutzia, une tête souriante se découpe. Elle est charmante ma voisine ! J’entretiens d’excellents rapports avec ce couple de jeunes retraités. 

      Leur récente oisiveté leur a redonné le goût des escapades : l’hiver, le soleil des tropiques ; l’été, ils sillonnent la France en camping-car. Ils s’investissent à fond dans les voyages que les contraintes de la petite entreprise artisanale qu’ils géraient ensemble auparavant ne leur permettaient guère d’assouvir.

      - Vous profitez du soleil, me dit-elle !

      - Quel bonheur ! J’en profite pour préparer le jardin au grand rendez-vous annuel. Je ne suis pas trop en avance cette année. Ce temps pourri… Je redonne une forme aux arbustes.

      - Vaste programme ! Vous avez du courage !… Moi je n’ai encore rien fait, mais je n’ai pas votre jardin.

      Les rayons lumineux lui arrivaient pleine face lui donnant bonne mine.

      - Ouah ! Je n’avais pas remarqué vos superbes couleurs, m’exclamai-je ! Il me semblait bien que votre maison était fermée ces derniers temps. Quelle île enchanteresse avez-vous visitée cette fois ci ?

      - Enchanteresse est bien le mot qui convient ! La Martinique est un petit paradis. Nous étions vers le « rocher du diamant », au sud de Fort-De-France. Quinze jours de rêves ! Chaleur, soleil, couleurs bigarrées, fruits exotiques, mer d’émeraude et… punch à volonté. En bordure de plage, les poissons aux teintes fascinantes se laissent approcher, presque caresser. Nous avons même vu des chirurgiens et des demoiselles à queue jaune identiques à ceux que vous m’avez montrés dans votre aquarium !

      - Quelle chance ! Pour le moment, je dois me contenter de contempler mon aquarium. Le temps me manque pour voyager aussi loin. Néanmoins, nous partons en Hollande dans une quinzaine de jours. Le climat est différent, mais je ne n’y vais pas pour la plage.

      - La Hollande ! Qu’allez vous faire là-bas en cette saison ?

      - Chut ! Voyage culturel… J’ai rendez-vous avec un vieil ami à moi : Vermeer…

      - Vermeer ? Drôle de nom… Ami d’enfance ?

      - Presque ! Je plaisante… C’est un grand peintre hollandais du 17ème siècle. Je vous raconterai.

      Du coin de l’œil, je voyais, au loin, le mari de ma gentille voisine se diriger vers nous. Un artiste cet homme. Il gardait de son ancien métier le plaisir du travail manuel et passait des journées à sculpter des petits personnages naïfs en fer forgé. Je lui lance un grand bonjour enjoué : « Excusez-moi, mais mes travaux de jardinage ne peuvent attendre. J’ai encore pas mal de boulot à terminer avant ce soir. Je ne suis pas oisif, moi ! ».

      J’entendis un grand éclat de rire. J’adressai une œillade complice à sa femme. Heureusement, ils avaient le sens de l’humour. Je me dirigeai vers la maison. Le lilas proche de l’entrée dispersait des effluves parfumés.

 

 

      L’éclosion brutale de mon jardin m’a revigoré. Quelle merveille cette renaissance annuelle qui se renouvelle imperturbablement à date fixe chaque année, fidèle aux règles immuables de la nature !

      Bon ! Il n’est plus temps de rêvasser ! Cet entracte sans Vermeer, un peu comme une courte séparation dans un couple, a renforcé mon désir de le retrouver. Impatient, j’allume Jojo. Il semblait s’être refait une santé depuis avant-hier et les troublantes jeunes femmes qui s’affichaient sur son écran.

      J’ai sélectionné les cinq tableaux que je souhaite partager avec Jojo pour terminer mon étude avant le grand départ pour La Haye : deux toiles avec deux personnages, un géographe seul, et je me garderai, en bouquet final, les deux portraits de jeune fille que j’adore. Des tonnes d’émotions en perspective !

      Je choisis La leçon de musique. Cette toile est la seule qui soit entrée dans une collection royale. J’ai appris que son attribution à Johannes Vermeer ne fut seulement reconnue définitive que lors de son exposition à la Royal Academy à Londres en 1876.

 

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Johannes Vermeer – La leçon de musique, 1663, Collection royale, Palais de Buckingham, Londres

      Une femme joue du virginal dans un intérieur élégant. Quelques notes de musique distraient le calme apparent. Les deux personnages apparaissent un peu raides debout de chaque côté du dossier de la chaise bleutée à tête de lion qui les sépare. Le gentilhomme regarde affectueusement la jeune femme… Est-ce un professeur ou un amant ? A moins que ce ne soit l’amour de la musique qui les rapproche comme le suggère l’inscription en latin que je déchiffre sur le couvercle du virginal aux éléments décoratifs d’une extrême finesse : MUSICA, LAETITIAE COMES, MEDICINA DELORUM (La musique, compagne de la joie, médecine de la douleur).

      Des diagopeinture,vermeer,nales invisibles partent dans toutes les directions agrandissant la pièce en lui donnant sa profondeur. On sent que Vermeer a longuement pensé la perspective. Toutes les lignes, y compris le joli dallage noir et blanc, convergent vers le point central de la toile : le miroir. Un peu comme dans L’entremetteuse ou Vermeer se serait représenté sur la toile, l’artiste laisse percevoir sa présence. Il trouve le moyen d’insérer, au-dessus du charmant visage de la jeune femme que l’on découvre de face dans ce miroir, les pieds de son chevalet de peintre qui apparaît tout au fond de la pièce, hors du tableau. Une signature discrète…

 

 

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      L’imposant tapis d’orient recouvrant la table vibre d’une multitude de tonalités colorées réchauffant le bleu clair froid de la chaise accolée. Une formidable cruche lisse en céramique blanche, tout en contrastes savamment dosés, est posée au centre du tapis. Une basse de viole est étendue sur le sol. Un éclair bleuté transperce les larges vitraux. La lumière semble intentionnellement stoppée sur le mur du fond ocre et bleu pâle afin de mieux renvoyer l’image de la femme dans le miroir.

peinture,vermeer,

 

 

 

 

 

 

      Avant de passer à la toile suivante, je pense à la reine d'Angleterre. J’envie la chance inouïe qu'elle a de pouvoir contempler à satiété cette merveilleuse peinture de sa collection.

 

 

      Je clique sur Le géographe qui met un temps inaccoutumé à s’installer. Jojo devait apprécier la lumineuse beauté de l’image venant de disparaître pour réagir aussi lentement à ma nouvelle sollicitation.

 

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Johannes Vermeer – Le géographe, 1669, Städelsches Kuntinstitut am Main, Francfort

 

      Au cours des années 1668-1669, Le Géographe et L’astronome seront les seulspeinture,vermeer,l'astronome,anthony van leeuwenhoek tableaux de l’artiste dont le personnage unique sera un homme. Ma documentation me dit que tout au long de leur existence ces deux toiles ont constamment été réunies, leurs acquéreurs successifs les achetant comme des pendants dans les ventes aux enchères. Même Louis XVI faillit les acheter ! Elles furent séparées définitivement lors d’une vente en 1797. Orphelin, L’astronome termina son parcours au Louvre et ce pauvre Géographe, inconsolable, s’exila dans un musée de Francfort.

      Je regrettai, ce qui aurait été un événement, que les retrouvailles des deux frères, le temps de l’exposition de La Haye, ne se produise pas puisque le Louvre a gardé L’astronome. Heureusement, j’ai lu récemment qu’une expo pourrait les réunir à nouveau prochainement. Ce sera un moment exceptionnel à ne pas manquer.

 

 

Johannes Vermeer – L’astronome, 1668, musée du Louvre, Paris

         Le 17ème siècle fut une période d’intense activité scientifique. Vermeer s’intéressait à la connaissance de l’univers à travers la cartographie, la géographie, l’astronomie et l’optique. Il semble probable que Le géographe comme L’astronome, au-delà de leur inspiration scientifique, ont pour l’artiste une signification allégorique. 

         Le géographe, habillé comme un savant d’un habit bleu bordé de rouge, est penché peinture,vermeer,sur son bureau entouré de ses accessoires : quelques cartes devant lui et à ses pieds ; un globe terrestre surmonte l’armoire derrière lui ; une carte marine est accrochée au mur. Une intense réflexion intellectuelle suspens son compas dans l’espace. La lumière solaire entrant par la fenêtre dessine son fin profil. Etonnamment, la signature du peintre apparaît deux fois : sur le mur du fond avec la date, ainsi que sur l'armoire. Je m'interrogeai sur l'authenticité de ces deux signatures ?peinture,vermeer,

     

     

      L'homme représenté pourrait être Anthony van Leeuwenhoek, le fameux scientifique Delftois spécialiste des lentilles optiques et microscopes, que Vermeer connaissait bien. Ses longs cheveux et sa ressemblance frappante avec L’astronome laissent penser qu’il servit de modèle pour les deux toiles. 

      Beau travail, pensai-je. J’avais quand même, comme Jojo, une petite préférence personnelle pour les toiles de jeunes femmes contemplatives du peintre que j'avais examinées hier…

  

      Le balancement insistant de ma petite pendule en ardoise au dessus de mon bureau me ramène à la réalité. 11 Heures… J’ai largement le temps de finir la matinée sur l’unique tableau à deux personnages féminins de mon étude : La lettre d’amour. Il me restera ensuite tout l’après-midi pour m’extasier devant les deux exceptionnels portraits de jeunes filles, La jeune fille à la perle et La jeune fille au chapeau rouge, que j’ai gardés pour le feu d’artifice final. Elles clôtureront mon étude, volontairement limitée, sur l’œuvre de Vermeer.

 

      peinture,vermeer,La lettre d’amour est le seul tableau avec une œuvre de jeunesse ressemblante, La jeune fille endormie, où le peintre nous fait pénétrer l’intimité d’un intérieur bourgeois par une porte judicieusement entrouverte.

      Un drame se noue…

      Curieuse mise en scène qui ressemble à un décor de théâtre. Au premier plan, un réduit à balais sombre où l'on distingue une chaise sur laquelle un linge et une partition de musique chiffonnée ont été déposés. Des objets sont dispersés un peu partout dans la pièce éclairée : un balai, un panier à linge, un coussin, des tableaux au mur, des chaussures traînent par terre. Deux femmes, une servante et sa maîtresse, sont au centre de ce bric-à-brac et semblent préoccupées par une seule chose : la lettre que la servante vient d’apporter.

 

 

  

 

 Johannes Vermeer – La lettre d’amour, 1669, Rijksmuseum, Amsterdam

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      Je n’avais pas encore vu chez Vermeer ce type de représentation de la vie domestique qui était pourtant courante dans la peinture de ses contemporains. Pieter de Hooch aurait d’ailleurs pu l’inspirer dans une toile que je connais dont la mise en scène est ressemblante : Le couple au perroquet.

 

 

 

 

 

Pieter de Hooch – Le couple au perroquet, 1668, Wallraf-Richartz Museum, Cologne

 

      peinture,vermeer,Je retrouve dans cette peinture le quadrillage de la perspective savamment ordonné que j’avais déjà remarqué dans La leçon de musique. Les dalles noires et blanches sont les mêmes. La lumière du jour tombe en plein sur les personnages faisant ressortir la robe en satin jaune de la musicienne contrastant avec le bleu éclatant du tablier de la servante. Une jolie marine est accrochée au mur juste derrière elles. Je lis sur le catalogue que, dans les traditions hollandaises, une mer tranquille était un bon présage en amour…

      Le temps semble arrêté. La domestique, impatiente, espère toujours l’ouverture de la lettre : rupture ou rendez-vous ?

 

      Le cœur léger et l’estomac criant famine, je m’accorde une pause déjeuner bien méritée. J’ai besoin de recharger les accus avant l’apothéose finale de l’après-midi qui s’annonce très chaude…

 

A suivre…

 

1. Deux petits tableaux   2. Hantise  3. Un peintre sans visage   4. Le siècle d'or   5. Vue de Delft  6. La leçon de musique

 

 

 

Commentaires

Si, comme bien souvent, je focalise sur un détail, ne m'en veuillez pas. Mais je ne peux pas voir un balai et des chaussures dans un tableau hollandais de cette époque sans penser aux "pantoufles" de Samuel Van Hoogstraten. Le Louvre le date entre 1654 et 1662. Plusieurs années donc, avant "Le couple au perroquet" 1668 et "La lettre d’amour" 1669. Voir la notice du Louvre.
On a beaucoup glosé sur le célèbre tableau de Hoogstraten, je me demande dans quelle mesure il a influencé Vermeer et de Hooch, et quelle signification accorder à ces chaussures et ce balai qui me paraissent bien symboliques... mais de quoi ?

Écrit par : Tilia | 04 mai 2011

J’ai déjà vu le tableau « Les pantoufles » au Louvre.
Quel problème tous ces détails auxquels les spécialistes attribuent divers sens symboliques ! Il paraîtrait que la toile de Van Hoogstraten suggère une scène galante par le fait que les pantoufles et le livre sont abandonnés, le balai traîne et la bougie est éteinte. C’est bien possible, l’imagination est fertile… Ce n’est peut-être qu’une simple scène d’intimité ?
Vermeer était marchand d’art et il devait connaître les toiles de ses contemporains, dont « Les pantoufles », dont il s’inspirait souvent.
Il est aussi possible que De Hooch, qui quitta Delft pour Amsterdam en 1660, se soit inspiré des « Pantoufles » pour peindre son « Couple au perroquet » en 1668 et qu’ensuite, Vermeer ayant gardé un contact avec lui, ait repris le même thème dans sa « Lettre d’amour ».
J’aime le côté théâtral des personnages que cette lettre intrigue fortement.

Écrit par : Alain | 04 mai 2011

Oups ! j'ai fait un doublon pensant que le premier essai n'était pas passé ayant eu une page blanche après avoir cliqué. Veuillez m'en excuser.
De plus, Hautetfort semble ne pas accepter les liens en code html. Je pensais pouvoir réduire l'adresse interminable de la notice des "les pantoufles" en créant un lien cliquable, mais le résultat me paraît négatif, alors voici le lien dans son intégralité :
http://www.louvre.fr/llv/oeuvres/detail_notice.jsp;jsessionid=HhkYKGvdjcykvG1079qvys7yDn0yVTV4zvQWlRLdHxF06bYgw9qb!124872840?CONTENT%3C%3Ecnt_id=10134198673226377&CURRENT_LLV_NOTICE%3C%3Ecnt_id=10134198673226377&FOLDER%3C%3Efolder_id=9852723696500813&baseIndex=137&bmLocale=fr_FR

Écrit par : Tilia | 04 mai 2011

J’ai corrigé Tilia. Merci pour le lien.

Écrit par : Alain | 04 mai 2011

J'eus ce matin une impression bizarre en lisant ce billet qui fait suite aux précédents : c'est de me retrouver dans un de ces romans d'Agatha Christie qui peuplèrent mon adolescence. En effet, je retiens d'eux que souvent, en plein milieu de l'enquête, Miss Marple s'entretenait avec un ou une voisine d'un jardin proche et dissertait sur une plante, un arbuste ou tout autre détail de la végétation des cottages anglais.
Et je pestais : je trouvais inutile, moi qui voulais tout de suite aller à l'essentiel, qu'Agatha Christie nous distraie ainsi de la suite de l'enquête qu'elle menait.
Trop jeune, je ne connaissais évidemment pas encore les ficelles d'une bonne narration, celles qui vous obligent à consacrer un peu plus de temps que vous l'aviez prévu pour arriver au but de votre lecture : les résultats de l'enquête.

Je n'écrirai certes pas qu'aujourd'hui j'ai pesté contre toi qui m'entraînais loin de ce but ; mais je noterai néanmoins qu'arrivé en bas de page, j'ai regretté que tu ne poursuives pas le récit de ton après-midi de recherches.

Et patiemment, car ici, je ne puis tourner les pages plus vite que tu nous l'autorises, j'attendrai donc le prochain épisode ...

Écrit par : Richard LEJEUNE | 07 mai 2011

Désolé Richard de te faire languir avec cette histoire de voisinage et de jardinage. La comparaison avec Agatha Christie me va ! Ils sont pourtant sympas les voisins de Patrice qui voyagent pour donner un sens à leur vie !
Patience, la route est encore longue pour Patrice. Ce vaurien a fait exprès de garder pour l’après-midi la présentation des deux plus beaux portraits de jeunes filles peintes que je connaisse.
Il fallait aussi détendre l’ordinateur Jojo qui n’en pouvait plus.
Bon week-end

Écrit par : Alain | 07 mai 2011

J'ai profité de ton article pour relire ce que le grand historien de l'art Ernst Gombrich disait de Jan Vermeer, en substance ceci :
"Il est assez malaisé d'expliquer pourquoi ces images si simples et si modestes comptent parmi les plus grands chefs d'oeuvre de la peinture. Il est de fait qu'on a devant ces tableaux la sensation de quelque chose de miraculeux".

Écrit par : Louvre-passion | 08 mai 2011

Au moins mon article a servi à quelque chose puisqu’il t’incite à lire l’historien d’art Ernst Gombrich dont j’ai acheté la dernière version l’année dernière de son histoire de l’art aux Editions Phaidon. Ce livre, au départ prévu pour la jeunesse, raconte l’art dans un langage simple, ce qui est rare, et je ne peux que le conseiller à tous ceux qui ne veulent pas s’encombrer d’analyses trop scientifiques mais seulement apprendre dans le plaisir. De plus l’iconographie de ce livre peu encombrant est très belle.
Cet historien est comme moi et beaucoup d’amoureux de Vermeer. On se pose tous la même question : Comment a-t-il pu réaliser cela ?
Patrice, à lui tout seul, sans être historien d’art, va-t-il être capable de résoudre cette énigme ?

Écrit par : Alain | 09 mai 2011

Bonsoir

les tableaux présentés ce soir sont parmis les plus beaux
du moins pour moi
plus je regarde ces toiles plus je sens le mystère de ce peintre
si particulier
tes descriptions et commentaires sont trés bien fait

Bravo !

Écrit par : jacky | 08 mai 2011

Toi aussi Jacky tu es pris dans l’envoûtement !
Je compte sur Patrice qui se bagarre pour comprendre. Le pauvre garçon, et même son ordinateur dont la clarté commence à vaciller, sont un peu pommés devant le spectacle de ces toiles qui nous transporte dans un monde où l’on flotte béatement, heureux.

Écrit par : Alain | 09 mai 2011

Oups, je suis en retard dans ma lecture!!Il faut dire que, comme Patrice, je jardine et le jardin est très grand, grrr....... Oh, que j'aime à regarder le tableau "La leçon de musique", que le tapis qui recouvre la table est magnifiquement peint et ce vase blanc qui accroche si bien la lumière qui passe à travers les vitraux!! Je pense comme toi, que le personnage masculin doit être le scientifique que Vermeer admirait fortement!! Bien sur, tu finiras en apothéose avec la "Jeune fille à la perle" J'ai tellement adoré le livre de Tracy Chevalier!!! BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 11 mai 2011

Moi aussi je jardine, c’est la période, et cela prend du temps.
En voyant le Palais de Buckingham à la télé récemment, je pensais à « La leçon de musique », cette superbe toile qui se trouvait accrochée quelque part dans ces murs.
Pour « Le géographe » et « L’astronome », il paraît pratiquement certain qu’ils représentent le scientifique Anthony van Leeuwenhoek, le fameux constructeur de microscopes Delftois, né à Delft la même année que Vermeer et enterré dans l’Oude Kerk de cette ville.
Bon courage de jardinage. Avec cette sécheresse le gazon commence à ressembler à une vieille paillasse sans âme.

Écrit par : Alain | 12 mai 2011

Bonsoir Alain

Je prend enfin le temps de terminer ma lecture entamée il y a quelques jours. "La leçon de musique" semble être la seule peinture qui ne montre pas le directement le visage de la femme, est-ce juste ? Je trouve le reflet dans le miroir étrange,comme si c'en était pas véritablement un, comme si plutôt il avait voulu caché quelque chose et/ou en montrer une autre.

J'aime aussi beaucoup l'attitude du géographe, qui semble pris par cette lueur éclatante qui travers les carreaux et nappe son bureau. A voir à l'écran, les couleurs ont l'air plus puissantes que chez l'astronome.

En tout cas, merci pour ce nouvel épisode.

A bientôt!
Amitiés

Écrit par : Esperiidae | 11 mai 2011

Bonne observation ! Tu as raison, à ma connaissance, toutes les femmes des toiles connues de Vermeer (il y en a si peu) sont représentées de face ou de profil, si l’on excepte la petite fille que l’on voit de dos jouant dans « La ruelle ».
Toujours les symboles ! A cette époque, les toiles étaient envahies de symboles et le miroir en était un. Il représentait pour les peintres une fenêtre ouverte sur le monde extérieur. Dans « Les époux Arnolfini » de Jan van Eyck, celui-ci montre sa présence dans le miroir du fond de la pièce, ce qui est une sorte de signature discrète (j’ai écrit un récit sur ce tableau dans la catégorie Van Eyck du blog). Il en est de même pour Vermeer dans « La leçon de musique ». Il introduit une partie de son chevalet dans le miroir pour indiquer qu’il se trouve bien dans la pièce en train de peindre.
Pour une fois chez Vermeer, les hommes sont à l’honneur ! « L’astronome » et « Le géographe », en plein travail, nous changent des calmes images de femmes contemplatives. Le peintre introduit un modelage des drapés qui rehausse le dynamisme de l’image du savant.
Chez « Le géographe » la lumière plus vive qui se dépose sur lui intensifie les tonalités colorées.
Bonne journée.

Écrit par : Alain | 12 mai 2011

Les commentaires ici sont tout aussi instructifs que le texte du billet, c'est pourquoi je viens les consulter régulièrement. Je reviens aussi pour le simple plaisir d'examiner à nouveau les tableaux présentés. Et, bien sûr, ce sont toujours les détails qui retiennent le plus mon attention !

La comparaison entre le Géographe et l'Astronome, prend pour moi la tournure d'un de ces jeux à l'ancienne où il faut trouver les différences. Le globe qui descend de l'armoire sur le bureau n'est plus terrestre mais céleste, la carte nautique sur le mur a été remplacée par un tableau de la naissance de Moïse, le document astrologique accroché à l'armoire, tout cela indique que c'est un astrologue, plus qu'un astronome, qui s'est substitué au Géographe.
La chaise tirée du mur pour s'y asseoir semble témoigner du temps écoulé et de la fatigue ressentie par le personnage qui a mûri et dont les occupations ont changé de nature.

autre détail, pratique celui-ci, le tapis de table, en vague sur le bureau, lui aussi a changé. Que ce soit pour le Géographe ou pour l'Astronome, on en voit mal l'intérêt... J'en déduis que c'est une mise en scène de la part du peintre. Ce tapis n'est là que pour enjoliver le tableau, contrairement à ceux des autres toiles de Vermeer, qui ont leur utilité et ne sont pas purement décoratifs.

Pardon Alain, de m'être ainsi étendue sur le tapis et autres détails, mais à mon âge on ne se refait pas ;-)
Bonne fin de journée et surtout bonne continuation, pour la suite de cette passionnante obsession.

Écrit par : Tilia | 12 mai 2011

Merci Tilia pour ces visites qui sont celles d’une passionnée.
C’est fou cette faculté qu’avaient les peintres de ces époques de faire parler les tableaux par allusions symboliques interposées !
Je complète, ci-dessous, les affirmations ou interrogations dont tu parles :
Je viens de lire le livre édité par le Louvre « Le petit pan de mur jaune » transcrivant des nouvelles d’auteurs s’inspirant, un peu comme je le fais parfois, d’une œuvre du musée. Elles ont été lues devant l’œuvre, j’en ai entendues deux sur place. Dans la nouvelle concernant Vermeer (que je n’ai pas vraiment appréciée…), le livre montre une photo de « L’astronome » en indiquant « ou L’astrologue » ce qui effectivement confirmerait qu’il s’agirait bien d’un astrologue ce que je ne savais pas.
Il se pourrait que les cartes et instruments cartographiques des deux tableaux aient, en plus de leur sens scientifique, une signification allégorique. « L’astronome » tend la main vers un globe céleste, cherchant allégoriquement une aide spirituelle, alors que « Le géographe » regarde vers la lumière, le compas à la main, certain d’avoir à sa disposition les instruments qui lui permettent de définir le cours de sa vie.
C’est bien complexe toutes ces théories symboliques. J’avoue que pour la chaise tirée du mur témoignant du temps écoulé et de la fatigue du savant, c’est peut-être aller un peu loin car il s’agit du même scientifique Delftois représenté au même âge sur les deux toiles.
Le modelage des tapis en forme de vagues dans les deux toiles semble bien être voulu par Vermeer pour dynamiser l’image des savants, surtout du géographe, dont l’activité intellectuelle est intense.
Moi aussi je me suis un peu étendue mais le sujet en valait la peine et les commentaires sont faits pour cela.
Excellent week-end.

Écrit par : Alain | 14 mai 2011

J'ai une toile de jan vermeer intitulée "La leçon de musique" mais elle ne ressemble pas du tout au tableau montré dans cet article. Y a-t-il plusieurs toiles de vermeer portant ce nom?

Écrit par : Danon | 14 janvier 2013

Celle que je montre est la seule portant ce nom. Vermeer a peint plusieurs toiles montrant des femmes pianotant sur un virginal. La plus connue est « La leçon de musique » appartenant à la reine d’Angleterre ; il y a aussi « Le concert » et « Dame assise au virginal ».
Bonne journée

Écrit par : Alain | 15 janvier 2013

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