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24 mars 2011

L'OBSESSION VERMEER - 3. Un peintre sans visage

 

 

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           Johannes Vermeer - Jeune femme en jaune écrivant une lettre, 1665, National Gallery of Art, Washington

 

Suite…

 

      Un doux soleil d’avril réchauffe le décor engourdi du jardin. Le départ pour la Hollande est proche. Plus que trois semaines à patienter avant la confrontation avec Vermeer. L’air de rien, j’ai bien approfondi mes connaissances sur l’artiste. Je pense même être devenu assez savant sur un peintre dont je ne connaissais que le nom avant ma récente visite automnale au Louvre.

      L’importante documentation que j’ai consultée, dont le catalogue de l’exposition de La Haye que je me suis procuré, n’a fait que confirmer ce que je pressentais. Les spécialistes de l’œuvre de Vermeer aboutissent tous à la même conclusion : cet homme demeure encore aujourd’hui un peintre sans visage, sans existence. Il accumule sur lui les questions et ne fournit pas les réponses. Une énigme…

      Singulier personnage que ce Johannes Vermeer de Delft ! Renoir mentionnait : « La Dentellière de Vermeer et L’embarquement pour Cythère de Watteau, sont les plus beaux tableaux du Louvre ». Malraux disait : « Vermeer est un peintre qui donne au monde pour valeur fondamentale la peinture elle-même ». Formidables compliments envers un peintre dont on ne sait pratiquement rien !

      Je feuillette lentement le catalogue de l’exposition de La Haye qui a ouvert ses portes le 1er mars. Je ne regrette pas d’avoir commandé ce bouquin dont les reproductions de tableaux sont superbes ! Il faut que j’en aie la confirmation… Je tourne les pages du catalogue nerveusement. La Dentellière, prêtée par le musée du Louvre, est bien en ce moment à l’exposition. La jeune femme au fin visage a retrouvé, l’espace de trois mois, sa patrie d’origine. Notre rencontre aura bien lieu. Par contre, je remarque l’absence de L’Astronome que le Louvre a conservé égoïstement.

      Le catalogue présente toutes les toiles qui seront exposées. La plupart d’entre elles, que je ne connaissais pas, sont du même niveau de qualité que les deux tableaux du Louvre. Un régal pour les yeux.

      Cette peinture est trop belle, trop finie, trop… L’essentiel m’échappe…

      Je ressens un besoin puissant, presque vital, inexplicable, de comprendre ce qui se cache derrière cet homme et sa peinture trop limpide. Comprendre quoi ? Je ne sais pas vraiment… Un secret ?… Un secret que le temps a enfoui profondément…

      Une pensée m’envahit qui me séduit instantanément. Si je faisais ma propre enquête ? J’ai du temps en cette dernière semaine d’avril. A la lumière de ma copieuse documentation, à la façon d’un enquêteur judiciaire, à mon rythme, en posant mes questions, je pourrais peut-être effleurer un tout petit peu le secret, tout au moins le percevoir ?

      Pas de temps à perdre ! Je décide de m’atteler à la tâche de suite. Le parcours de vie de Vermeer m’interroge en premier. Je commencerai par l’homme, j’appréhenderai sûrement mieux sa peinture ensuite.

 

 

      Je fixe les petits carreaux jaunes de la double porte qui sépare ma pièce de travail du salon. Cette nouvelle motivation m’excite. Je la redoute un peu… Je dois approfondir l’étrange relation qui s’est installée entre moi et cet homme d’un autre temps. Je décide de noter les enseignements de mes recherches sur un carnet.

      Je pose méticuleusement sur toute la largeur du bureau la documentation que je me suis procurée : des livres d’historiens, des revues diverses et, surtout, le superbe catalogue de l’expo.

      Mes outils de travail sont prêts. Sans plus tarder, j’envoie une série de questions. La première me tracasse depuis que mon intérêt pour l’artiste est apparu :

 

      Pourquoi a-t-il fallu attendre deux siècles après la mort de Vermeer pour que son œuvre soit redécouverte et reconnue ?

      peinture,vermeer,thoré bürgerC’est le critique et historien d’art français Thoré-Bürger, en plein 19e siècle, qui redécouvre son œuvre. Il fut ébloui lors d’une visite au Mauritshuis par la Vue de Delft. Fasciné, il passera le reste de sa vie à faire des recherches sur cet artiste qu’il qualifiait de « maître de la lumière ».

      Je m’aperçois dans ma doc que Vermeer n’était pas un inconnu en Hollande de son vivant. Il était considéré comme un artiste éminent à Delft où il jouissait d’un certain succès et où il fut élu par deux fois en 1663 et 1671 comme doyen de la guilde de Saint-Luc. Il était même considéré comme l’égal de Carel Fabritius, le peintre éminent de l’école de Delft. A Amsterdam, ses toiles atteignaient des prix élevés.

   

Photo de Thoré-Bürger, 1892

     

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 Johannes Vermeer – La femme en bleu lisant une lettre, 1664, Rijksmuseum, Amsterdam

 

      J’examine une planche du catalogue montrant La femme en bleu lisant une lettre. La jeune femme est concentrée sur la lecture d’une lettre qu’elle vient sûrement de recevoir. Elle entrouvre à peine les lèvres, absorbée à la lecture de cette correspondance qui ne peut être qu’une lettre d’amour. Le fort éclairage bleuté du mur lance des reflets chatoyants sur le devant de la veste qui laisse présager un heureux événement. J’aime les bleus du peintre ! Les contours du visage sont estompés, dilués… L’affection de l’artiste pour cette femme est perceptible. Il l'a peinte avec une telle affection, comme une caresse…

      peinture,vermeer,Diverses tentatives d’explications ont été avancées sur le long oubli du peintre après sa mort en 1675 : rareté de ses tableaux, confusion de ses œuvres avec celles d’autres peintres hollandais dont le style était proche, absence de signature sur la plupart de ses toiles.

 

 

Signature d’artiste de Vermeer

           

      Une pensée me taraudait sournoisement. Je feuillette à nouveau le catalogue, laissant défiler les tableaux un à un, lentement. A l’examen des toiles, j’avais le sentiment intime de toucher du doigt quelque chose d’important concernant Vermeer : 

      La recherche de la beauté, d’une forme d’aboutissement maximum dans son art, n’aurait-elle pas pu être la motivation essentielle du peintre ?

      En détective consciencieux, je note méticuleusement ma réflexion dans mon carnet d’enquête et lance une autre question :

 

      La jeunesse de Vermeer : Le néant ?

      Vermeer naît à Delft et ne s’en éloignera guère. Située entre Rotterdam et La Haye, Delft, au 17ème siècle, est une petite ville de province prospère de plusieurs milliers d’habitants. Son paysage est semblable à la plupart des villes des Provinces-Unies hollandaises : des canaux réguliers et droits qui s’entrecroisent, des rues étroites, une vaste place carrée au centre. Un petit nombre de familles bourgeoises dirigent la cité. Des commerçants, des artisans s’affairent. L’on fait de la géographie, de l’astronomie, de l’optique. Des industries prospèrent : la tapisserie, les vitraux, la bière, l’orfèvrerie, et surtout, la fameuse céramique de Delft de réputation internationale.

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                                            Rangée de carreaux de Delft – Enfants jouant

     

      Rien !… Je m’aperçois que l’on ne connaît rien sur la jeunesse de Vermeer, cette importante tranche de vie comprise entre le jour où ses parents le firent baptiser le 31 octobre 1632 sous le nom de Johannes dans la Nouvelle Eglise de Delft et son mariage le 20 avril 1653 avec Catharina Bolnes originaire de Gouda. 21 ans d’obscurité !

      peinture,vermeer,delftCette enfance se déroule donc dans l’atmosphère bruyante de l’auberge « Mechelen » sur la place du marché de Delft où le père de Vermeer, Reynier, un curieux personnage de tempérament sanguin,  provoquait souvent des rixes dans son auberge.

      L’énigme est totale également sur la formation du peintre… L’auberge de son père, qui faisait commerce d’œuvres d’art et était inscrit à la guilde de Saint-Luc, était fréquentée par de nombreux peintres. Son apprentissage aurait pu se faire chez l’excellent Carel Fabritius qui s’installa à Delft en 1650 alors que le jeune Johannes n’avait que 18 ans ?

 

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Auberge Mechelen  à Delft – gravure Rademaecker, 1710

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                  Carel Fabritius – Autoportrait, 1648, musée Boymans-van Beuningen, Rotterdam

 

      Johannes avait-il voyagé en Italie ou dans les Flandres, pays dont les maîtres étaient la référence à cette époque et où tout peintre sérieux se devait d’aller afin de compléter sa formation ? L’information est absente…

      Je reste sur ma faim. Cet homme n’a pas eu de jeunesse et sa formation reste inconnue alors que les ateliers des grands maîtres étaient foisons en Hollande…

      Je n’ai rien à noter dans mon carnet d’enquêteur. J’abandonne, déçu, la prime jeunesse de Vermeer.

 

      Sa vie familiale ?

      Il semblerait que Johannes ait connu une vie familiale épanouie et heureuse entre sa tendre épouse Catharina et sa belle-mère Maria Thins, qui appréciait beaucoup son gendre et sa nombreuse progéniture.

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                             Signatures de Johannes Vermeer et sa femme Catharina Bolnes sur un document notarié

     

      Au début de leur mariage, le couple vécut dans la maison familiale du peintre, au-dessus de l’auberge Mechelen, sur la place du marché de Delft. Ils déménagèrent en 1660 dans la maison de Maria Thins sur le canal Oude Langendijck où Vermeer, installé dans une pièce au premier étage dont deux fenêtres donnaient sur la rue, peignit l’essentiel de son œuvre.

      Etrange homme à vrai dire ! Les événements familiaux ne semblent avoir eu aucune prise sur sa concentration artistique. Ses nombreux enfants qui devaient envahir la maison ne paraissent pas avoir troublé sa quiétude silencieuse, l’incroyable sérénité qui se dégage de sa peinture.

      Je couche rapidement dans le carnet ces quelques informations sur une vie familiale qui paraît sans histoire au sein de la petite bourgeoisie d’une ville de province.

      Ce que je recherche ne peut se trouver dans cette banalité quotidienne, pensai-je ?

      Une réflexion nouvelle se présente :

 

      Vermeer a-t-il transmis son savoir à des élèves ?

      Contrairement aux grands maîtres de l’époque, et malgré le renom de Vermeer à Delft, rien ne laisse penser qu’il ait eu d’éventuels élèves fréquentant son atelier.

       Sur ce point, mon opinion est faite. L’activité lente et réduite de l’artiste ne permet pas d’envisager qu’il ait pu avoir des élèves. La simple vision de son œuvre démontre suffisamment que la méticulosité de ses représentations était incompatible avec d’éventuelles touches malhabiles déposées par de jeunes apprentis.

      Je passe à la question suivante qui me paraît beaucoup plus intéressante :

 

      Pourquoi ce peintre génial a-t-il produit une œuvre si peu abondante ?

      Cette fois, je pressens une interrogation essentielle sur Vermeer. Elle touche à la psychologie même du peintre et à ses rapports ambigus avec l’argent, le marché de la peinture et sa propre philosophie de l’art.

      L’œuvre connue de l’artiste serait d’environ 35 tableaux et son œuvre réelle totale ne dépasserait guère 50 à 60 tableaux. Cette production est extrêmement faible en une vingtaine d’années de peinture si on la compare à la plupart de ses collègues.

      Ma documentation m’éclaire sur le sujet. Vermeer n’avait pas besoin de son art pour vivre. Celui-ci ne lui apportait qu’un revenu complémentaire à un commerce de tableaux et de location de biens. De plus, le riche collectionneur Pieter Claesz van Ruijven, avec qui l’artiste était très lié, lui achetait une bonne moitié de sa production ce qui lui assurait des revenus réguliers. Néanmoins, victime du climat économique désastreux qui suivit l’invasion de la Hollande par Louis XIV en 1672, il mourra ruiné à 43 ans le 15 décembre 1675… Catharina sera même obligée de payer avec deux tableaux les dettes contractées auprès de leur boulanger. J’imaginai un instant La dentellière accrochée dans le fournil d’un boulanger… Bienheureux boulanger !

      J’ai besoin de faire le point... Je réfléchis.

      Insolite Vermeer ! Il peignait peu et lentement (2 à 3 tableaux par an), il manifestait une relative indifférence au marché de l’art officiel en Hollande et ne reprenait, contrairement à ce qui se pratiquait beaucoup à cette époque, jamais les mêmes motifs qui auraient pu lui assurer des succès commerciaux. 

      J’étais au cœur de l’ambiguïté de cet homme si tranquille. La plupart des historiens semblent être d’accord : l’idéal artistique de Vermeer s’élevait au-dessus des contingences bassement matérielles. Son ambition n’était ni sociale, ni commerciale, mais uniquement dirigée vers l’accomplissement dans son art.

      Une bouffée de plaisir m’envahit. Le raisonnement intime, que j’avais déjà noté au début de l’enquête, se vérifiait maintenant. Vermeer ne cherchait pas la reconnaissance extérieure. Il était totalement immergé dans son art. La beauté intemporelle de ses toiles relevait d’une volonté artistique supérieure.

      Mon carnet de note prenait du volume, une consistance qui me plaisait. J’avais le sentiment qu’une partie infime mais essentielle du secret se dévoilait clairement.

 

 

      Je suis en pleine méditation quand l’accent que je connais bien me fait sursauter. J’ai toujours été impressionné par l’aptitude des cordes vocales de Flo à fabriquer ce son puissant et clair, assorti d’une vibration mélodieuse et chaude qui ne peut cacher ses origines.

      - A quoi ça te sert de remuer la vie de ce peintre, Patrice ! Tu t’esquintes le cerveau pour peu de chose !

      - Ce type me bouffe ! J’ai besoin de le connaître lui et son œuvre avant de partir en Hollande. A La Haye, il faudra se contenter de quelques courtes minutes de contemplation devant chaque œuvre. Tu me vois arriver devant La laitière sans avoir auparavant essayé de comprendre, même superficiellement, ce qui s’est passé dans la tête du peintre pour réaliser ce chef-d’œuvre universellement connu !

      - Tu retrouveras d’autres occasions pour revoir ces toiles plus tranquillement.

      - Tu rigoles ! Une expo qui regroupe la quasi-totalité des peintures de Vermeer… Je n’en reverrai pas une autre dans ma courte vie. Toutes ces toiles sont la propriété des plus grands musées dans le monde. Même la reine d’Angleterre en détient une ! La France doit se contenter des deux petits tableaux du Louvre !

      Flo était à court d’argument. Elle lança calmement :

      -  Patrice, tu fais ce que tu veux mais je persiste à penser qu’un peintre ne mérite pas une passion aussi dévastatrice. Je vais finir par être jalouse !

      Sur ces mots énergiques, l’accent quitte mon bureau aussi vite qu’il y est entré.

      Je décide de terminer mon enquête demain. Elle portera sur le siècle d’or hollandais, la période la plus innovante de l’art de ce pays.

 

A suivre…

                               

1. Deux petits tableaux    2. Hantise      3. Un peintre sans visage 

                                                             

Commentaires

Cher Alain/Patrice, je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'il faut s'intéresser à l'artiste pour mieux comprendre son oeuvre!!(Un ancien prof d'art, m'avait appris cela)!!Il est certain que Veemer est une énigme et de plus sans visage!! Je connais un peu son parcours de vie et il est sur, qu'il n'était aucunement matéraliste, seul sa passion de peindre le tenait debout, je pense que sa nombreuse progéniture le laissait de marbre!! Seul, les personnages ou les paysages qui avaient sensation, le prenait par les "tripes" et quel amour pour les sujets choisis!!!BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 24 mars 2011

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Ce peintre a laissé peu de traces de lui. Heureusement, il y a ses œuvres qui laissent des traces en nous lorsque l’on se trouve face à elles.

Écrit par : Alain | 25 mars 2011

Quel personnage énigmatique en effet, et tu sais si bien nous tenir en haleine...

"Cette peinture est trop belle, trop finie, trop… L’essentiel m’échappe…" La lumière. La lumière, "l'essence ciel" qui transcende ses œuvres, jusque dans les moindre détails, jusque sur les petits clous de tapissier qui fixent le tissus des chaises.

Mais combien de temps Vermeer passait-il sur ses peintures ??!

Très belle fin de semaine Alain.
Amitiés

Écrit par : Esperiidae | 25 mars 2011

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J’aurais aimé voir Vermeer peindre…
Je l’imagine, enfermé dans sa pièce du 1er étage, fenêtres closent, où ses enfants ne devaient pas pénétrer souvent. Un silence de cathédrale à peine troublé par quelques paroles au modèle, peut-être sa femme Catharina, posant pour lui. Une immersion dans son art.
L'essence ciel... Cela correspond bien à ce peintre.
Très bon week-end Esperiidae.

Écrit par : Alain | 26 mars 2011

J'ai lu récemment que l'une des raisons pour laquelle Vermeer fut quelque peu oublié tient au fait de l'énorme production des peintres hollandais du XVIIe. Ils étaient alors plusieurs milliers, beaucoup ne vivaient pas de leur art et avaient un autre métier.
Vermeer qui est un maître de la peinture de genre passait beaucoup de temps sur chaque tableau, essayant des nuances pour arriver au résultat voulu. Ses peintures célèbrent le bonheur simple.
Tout ceci explique sans doute sa tardive redécouverte.

Écrit par : Louvre-passion | 27 mars 2011

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Tu as raison, la production hollandaise était intense au 17e. Par ailleurs, comme je l’ai expliqué, Vermeer avait plusieurs activités qui lui assuraient des revenus réguliers et lui permettaient de prendre son temps.
Par rapport à ses collègues, la peinture de Johannes exprime autre chose… Peut-être ce bonheur simple dont tu parles…

Écrit par : Alain | 28 mars 2011

Je suis très impressionné par la relation de ton enquête : car enfin, tu as eu le talent de nous tenir en haleine en avouant que tu ne sais - que l'on ne sait - quasiment rien de Vermeer, de sa vie d'avant, de sa vie pendant, sinon qu'il peignait dans une chambre du premier étage de sa maison comme s'il y vivait seul ...
Pas facile à comprendre pour nous quand on sait qu'il avait de nombreux enfants ...
Sauf à penser à une nourrice à qui le couple les aurait confiés.
Mais était-il si aisé pour se permettre cette réaction de riches ?

Et si LA fenêtre, celle qui apparaît sur plusieurs tableaux, celle qui "éclaire" son oeuvre était celle précisément par laquelle il apercevait la ville ???

Que de mystères, effectivement ...
Mais c'est passionnant de te suivre.

Écrit par : Richard LEJEUNE | 29 mars 2011

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Comme tu le fais remarquer Richard : Que de mystère…
Vermeer reste encore aujourd’hui une énigme et pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. Il faut se contenter de cela.
Pour les enfants du peintre qui furent nombreux, on parle d’une dizaine d’enfants mineurs restant à son décès, il semble qu’ils n’eurent aucun impact sur la sérénité qui se dégage de son œuvre. Le couple devait avoir une servante mais elle n’était pas là pour garder les enfants.
Je pense que le peintre préservait farouchement son intimité professionnelle et la fameuse fenêtre, source de lumière donnant sur l’Oude Langendijck, devait être celle du premier étage de la maison de sa belle-mère Maria Thins où il peignit ses œuvres majeures.
Le mystère va continuer…

Écrit par : Alain | 29 mars 2011

Bonjour Alain. Quel plaisir de te lire. Ce VERMEER est effectivement une véritable énigme...Mais petit à petit, à travers tes écrits, on découvre ce personnage, on entre doucement dans son intimité et on a hâte d'en savoir plus.
Mais qu'en est-il de ces tableaux que tu peins et que tu évoques au début du chapitre 2 ? Ton style est-il inspiré des oeuvres de VERMEER ? De quelle manière ce peintre et tous ceux que tu admires tant ont-ils influencé tes oeuvres ?
Vivement le prochain chapitre.
A bientôt.

Écrit par : Valérie | 03 avril 2011

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Vermeer était un homme aussi mystérieux que sa peinture…
En ce qui concerne ma peinture personnelle, elle est définitivement terminée pour cause de problèmes visuels. Quand tu parles de Mes œuvres, c’est un bien grand mot pour un peintre du dimanche !
Tous les peintres que l’on admire nous inspirent. A toutes les époques, chaque artiste apporte quelque chose de différent qui lui appartient mais ils se retrouvent tous dans l’universalité de l’art.
Vermeer, malgré les apparences liées à son style très travaillé comme ses contemporains, annonçait les futurs impressionnistes et leur liberté dans la couleur, l’utilisation de la lumière et la vibration des touches.
Dans le récit, Patrice a pris ma place et j’ai l’impression qu’il se débrouille pas mal avec les petits bâtonnets de pastels Rembrandt de ses débuts qui ont fait des petits depuis. Ses toiles envahissent les murs de sa maison. Finalement, je crois que Flo n’est pas si mécontente…
Bonne journée Valérie

Écrit par : Alain | 04 avril 2011

Bonsoir Alain

Un pur régal !
j'ai relevé deux passages
un dans ton texte :

Malraux disait : « Vermeer est un peintre qui donne au monde pour valeur fondamentale la peinture elle-même ».

Wouah ! j'adore cette citation elle explique le coté fondamental de Vermeer

Puis dans les commentaires :
L’essentiel m’échappe…" La lumière. La lumière, "l'essence ciel" qui transcende ses œuvres,
Esperiidae.

Les deux passages semblent se contredire
l'une est claire l'autre flou
les deux sont en fait complémentaires

J'explique ce que je comprends à l'aide d'un passage d'une chanson de JEAN FERRAT

Parce qu’ils ont un jour atteint l’Universel
Dans ce qu’ils ont écrit cherché sculpté ou peint
La force de la France c’est Cézanne et Ravel
C’est Voltaire et Pasteur c’est Verlaine et Rodin.

Il aurait pu ajouter à ces vers
Vermeer a peint pour l'univers et tous les temps

Par la création artistique de ce peintre s'écoule l'essentiel du mystère de l'art
On sent que tout est murmuré tendrement mais sans pouvoir le cerner par l'intellect.
C'est dans l'émotion que l'on sent que l'essentiel est là.

Comme tu le sais déjà, je respire aussi ce parfum d'universel avec Vincent et Modigliani

Par contre je suis incapable de dire pourquoi ces trois là !
J'ai hâte de lire la suite car je pense que tu vas nous reserver de bonnes surprises

Merci pour cet excellent travail !
a+
Jacky

Écrit par : Jacky | 06 avril 2011

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Bien vu Jacky pour ton explication sur l'universalité et le mystère de l’art.
C’est bien le problème de Patrice qui fait des pieds et des mains pour tenter de comprendre cela à travers cette étrange émotion qu’il ressent devant les œuvres. Pauvre garçon !
Beaucoup de grands peintres nous donnent à respirer ce parfum d’universel dont je parlais à Valérie dans mon commentaire précédent.
J’aime bien « l’essence ciel » d’Esperiidae.
Le 4ème chapitre va suivre.
Bonne journée

Écrit par : Alain | 07 avril 2011

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