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24 février 2011

L'OBSESSION VERMEER - 1. Deux petits tableaux

 

 

 

Pouvais-je savoir, ce jour là, que cette visite au Louvre allait devenir un des moments importants de ma vie d’amateur d’art ?

 

      J’appuie sur l’accélérateur pour traverser le pont Royal pratiquement désert en ce triste dimanche après-midi de début novembre. La façade du Louvre, imposante, me fait face.

      Quelle chance nous avons de posséder cet ensemble culturel unique, pensai-je. Depuis les derniers travaux de modernisation et la construction de la pyramide en verre, on ne pouvait trouver meilleure appellation que  « grand Louvre » à ce lieu que l’étranger nous envie et où des millions de visiteurs se pressent chaque année. Je souris en pensant que la pyramide, érigée en 1988 par l’architecte Ming Pei dans la cour Napoléon, si critiquée au moment du projet, faisait maintenant l’unanimité dans l’éloge.

      Fier ! Je ressens toujours un sentiment de fierté devant ce site grandiose situé au cœur de Paris, dans l’ancienne demeure des rois de France. A vol d’oiseau, la perspective offerte par le Louvre et sa pyramide, l’arc de triomphe du Carrousel, le jardin des tuileries, la place de la Concorde et son obélisque, puis la montée de l’avenue des Champs-Élysées et, à l’horizon, l’Arc de Triomphe de l’Etoile, est la plus imposante de la capitale.

      Ce matin, un froid glacial ne m’incitait guère à sortir. « Va au Louvre Patrice, tu en meurs d’envie, m’avait dit ma femme Florence – je l’appelle simplement Flo… cela me rappelle la mer -, ironique devant ma mine perplexe ! ».

      Je m’engage dans le parking du Louvre, laisse la voiture, emprunte quelques escaliers et couloirs. Sous la verrière pyramidale la lumière du jour inonde l’immense espace d’accueil. Je n’avais pas préparé un itinéraire de visite… La peinture bien sûr !

      Je ne venais pas très souvent. La plupart du temps, deux directions possibles s’imposaient invariablement : l’aile Denon où je retrouvais les maîtres italiens du 13e au 17e siècle ou l’aile Sully regroupant les peintures françaises du 17e au 19e.

      En novembre 1993, François Mitterrand avait célébré l’ouverture au public de la nouvelle aile Richelieu que le musée s’était appropriée aux dépends du Ministère des Finances qui s’était enfin décidé à partir s’installer sous d’autres cieux. La totalité des peintures allemandes, flamandes et hollandaises étaient maintenant exposées définitivement dans cette aile.

      Depuis son ouverture, je n’y étais allé que deux fois, en fin de journée, pressé. Les toiles devaient se demander, en me voyant passer au pas de charge, les raisons d’une telle indifférence. Je décidai donc de me faire pardonner et de revoir ces artistes des Ecoles du Nord que j’avais trop délaissés ces dernières années.

      Les veinures des statues en marbre des sculptures françaises du rez-de-chaussée réfléchissaient la lumière de la coupole transparente. Je passe indifférent devant un lion en bronze noir et me laisse porter par l’escalator jusqu’au dernier étage.

 

 

      Ouf ! Ma journée dans le Nord se termine ! J’ai besoin de respirer. On manque d’air dans ces salles !

      J’avais retrouvé avec plaisir des toiles que j’avais oubliées. Je m’en remémorai certaines : La diabolique Nef des fous de Jérôme Bosch représentant la folie humaine ; l’imposant portrait de Charles Ier d’Angleterre de Van Dyck ; Rubens, ses blondes et plantureuses jeunes filles flamandes aux tons de pêches bien mûres… A croquer ! Pitoyables ces Mendiants estropiés de Brueghel le Vieux ! Le sourire effronté de La bohémienne de Frans Hals ne s’était pas altéré et la même lumière dorée magique enveloppait Les Pèlerins d’Emmaüs de Rembrandt… Celui-là c’est un génie !

      Les dernières salles que je venais de traverser présentaient la peinture intimiste néerlandaise appelée aussi peinture « de genre », le courant le plus intéressant et le plus original du 17e siècle hollandais avec ses scènes d’intérieurs nous faisant pénétrer dans les coquettes maisons bourgeoises, participer à la vie de famille et aux travaux ménagers. Une peinture sans prétention, simple : la banalité quotidienne.

      Finalement, à l’exception de l’immense Rembrandt, j'avais sous-estimé ces peintres hollandais dont la peinture pleine de sensibilité me séduisait ? Des toiles reposantes, parfois drôles : les paysages de Van Goyen ou Van Ruysdael, Jan Steen et son humour corrosif, les scènes intimistes de Pieter de Hooch, Gabriel Metsu ou Gérard Ter Borch. Leur côte était sérieusement remontée dans ma hiérarchie personnelle de la peinture.  

      Un couple de japonais me double rapidement. Le musée va fermer. Il doit rester une ou deux salles sans grand intérêt. J’accélère le pas.

 

 

      Je croyais être un des derniers visiteurs attardés en Hollande. Au fond de la pièce où je me trouve, un imposant groupe de personnes est pratiquement scotché contre le mur de cette salle. Des abeilles à l’entrée d’une ruche ?… Perplexe, j’avance de quelques pas. Les abeilles sont tout simplement agglutinées devant quelque chose.

      La toile était tellement petite que je ne pouvais pas la voir derrière cet écran humain. Certains avaient pratiquement le nez collé sur la vitre qui protégeait le tableau. Un groupe de visiteurs myopes ? Je m’approche d’une jeune femme placée derrière les abeilles. Elle tente péniblement de deviner la chose encadrée.

      - Que se passe-t-il ? Impossible d’approcher ! Il faut prendre un ticket, dis-je rigolard ?

      -  C’est la plus petite toile de cette salle et personne ne veut bouger, me répond la femme un brin essoufflée. A chaque fois que je viens c’est pareil ! Pas étonnant, c’est La dentellière !

      Je réfléchis un instant. La dentellière ?… Mais oui, j’y suis, La dentellière de Vermeer ! J’avais complètement oublié ce peintre intimiste hollandais tombé longtemps dans l’oubli et qui avait été redécouvert au 19e par un français. Je le connaissais mal. Sa personne restait énigmatique car l’on savait peu de chose sur sa vie. Peu de tableaux avaient été retrouvés. Une aura mystérieuse entourait son nom : Johannes Vermeer…

      - En attendant votre tour, profitez-en pour aller voir L’astronome, c’est l’autre toile de l’artiste qui est sur le côté droit de l’ouverture menant à la salle suivante, en pendant à la première. Ce sont les deux seuls Vermeer que la France possède, il y en tellement peu dans le monde… Vous ne serez pas déçu, insista gentiment la jeune femme.

      -  Il y a donc deux tableaux de Vermeer au Louvre ? J’ai dû les manquer à ma précédente visite !

      -  Forcément, ils sont minuscules et ils sont toujours cachés par les nombreux visiteurs qui se pressent devant, me souffle-t-elle en essayant frénétiquement de se frayer un passage vers La dentellière.

      L’astronome est solitaire. Cette toile apparaît légèrement plus grande. Etant seul, je prends le temps de l’examiner. Je n’ai encore jamais vu de près une œuvre de Vermeer.

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                                  Johannes Vermeer – L’astronome, 1668, musée du Louvre, Paris 

     

      Ma première impression est déconcertante : une émotion inhabituelle devant quelque chose de nouveau, d’inconnu… Pourtant la scène n’a rien d’originale : un savant assis dans son cabinet de travail pose la main sur un globe céleste. Devant lui, une table sur laquelle reposent des objets. Une tenture ferme l’angle gauche de la pièce et recouvre la table. L’attention de l’astronome est concentrée sur le globe céleste face à la fenêtre, seule source de lumière apparente.

      Cette représentation, sans intérêt notoire, s’apparentait à toutes celles exposées dans cette salle. Comme chez la plupart des peintres intimistes, l’activité quotidienne était représentée. Pourtant, chez ce peintre, la vision de l’intimité était différente ?

      peinture,vermeer,louvre,astronome,La clarté de la fenêtre distille des dégradés subtils d’ombres et de lumières sur le globe céleste, dans les plis du tapis jaune et bleu, sur le savant et le mur derrière lui. L’éclairage légèrement rosé sur la face et les mains de l’astronome offre un doux contraste avec le vert de son habit. En m’approchant, je distingue des petites touches claires qui font vibrer les ombres bleutées du tapis ainsi que les ocres du globe céleste. Le modelé du personnage semble flou, dilué.

      Un merveilleux équilibre se dégage de cette œuvre. Une mélodie colorée rythmée par la lumière…

  

 

Johannes Vermeer – détail L’astronome, 1668, musée du Louvre, Paris

 

     

      J’étais tellement sous le charme que je ne m’étais même pas aperçu du départ des abeilles. Seule la jeune femme était restée en contemplation devant l’œuvre. Je quitte L’astronome et m’approche du minuscule portrait. Comment est-il possible de peindre aussi petit, pensai-je ?

      A distance, la première impression est une harmonie en bleu et jaune. La dentellière est penchée, attentive sur son ouvrage. Cette fois, la lumière vient de la droite. Ma sensation est la même que face à L’astronome. Une douce clarté irradie la scène. Il ne s’agit pas d’un clair-obscur à la Rembrandt où les ombres sont réservées à l’arrière-plan ; ici, de fines nuances colorées dispersent les sombres et les clairs sur l’ensemble du motif.

 

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Johannes Vermeer – La dentellière, 1669, musée du Louvre, Paris

     

       Je cligne légèrement les yeux, comme le ferait un photographe pour vérifier lespeinture,vermeer,louvre,dentellière contrastes devant le paysage convoité. Une délicate vibration lumineuse irrigue la toile dans ses moindres détails et fait chanter les couleurs. Des teintes complémentaires, judicieusement juxtaposées, se répondent entre elles et égayent l’œil : le bleu foncé du coussin contre le jaune du corsage ; des fils blancs et rouges s’échappent du sac à couture et se déversent sur le tapis vert de la table. Les contours du visage et des mains du personnage sont peu marqués. Une impression de pas fini, peu courante dans la peinture de cette époque. Flou… Pareil que L’astronome ? Vu de très près, des gouttelettes de peinture essaiment les fils ainsi que le col du corsage.

     

 

 

  

   

     Johannes Vermeer – détail La dentellière, 1669, musée du Louvre, Paris

 

       Le temps s’est arrêté. Le silence…

      Cette peinture est lumineuse, limpide, d’une simplicité grandiose. La comparaison avec les toiles toutes proches des pauvres Gerard Ter Borch, Gabriel Metsu, Gerard Dou et Pieter de Hooch, pourtant les meilleurs du genre, est sans appel : celles-ci me paraissent fades, sans éclat. 

      Je reste là, sans bouger, fasciné. Je ne perçois pas ce qui m’arrive. La jeune femme, qui est toujours présente, me regarde en souriant.

      -  C’est un choc, me dit-elle ! Cela fait toujours comme ça la première fois. Asseyez-vous, vous les verrez avec plus de recul.

      Je suis son conseil sans même m’en rendre compte. Groggy…

      A quelques mètres des deux Vermeer, je les regarde intensément. Ils me paraissent encore plus beaux à distance. Je n’avais jamais ressenti une telle émotion. J’avais la sensation qu’il ne s’agissait plus de peinture. J’étais devant quelque chose d’autre, d’indéfinissable…

      - Monsieur, le musée ferme ses portes dans cinq minutes. Merci de bien vouloir vous diriger vers la sortie.

      Un homme en uniforme m’interpelle. Je le regarde, hébété. Pourquoi ne me laisse-t-il pas tranquille ? Que peut-il comprendre à la peinture, ce type !

      J’essaye de reprendre mes esprits. La jeune femme est partie. Je regarde une dernière fois les deux petits tableaux. Je traverse la salle suivante d’un pas incertain, sans un regard pour les toiles accrochées, et emprunte inconsciemment l’escalator en direction du hall d’accueil dont la verrière s’est voilée d’une cape ténébreuse.

 

 

      A la sortie du Louvre, j’emprunte la voie de droite et me glisse parmi les points lumineux formés par les voitures. La statue de Jeanne d’Arc, dorée, me salue. Je rejoins l’avenue de l’Opéra, longe la Comédie Française endormie, retrouve le jardin des Tuileries et la pyramide illuminée. Je la trouve encore plus somptueuse de nuit. Ses multiples miroirs s’étoilaient sous les projecteurs. Sur le pont du Carrousel, je traverse la Seine, m’engage dans la rue des Saints Pères et me dirige vers le sud de la capitale.

      J’enfile l’autoroute et ouvre la fenêtre. L’air vif automnal me balaie le visage. Un étrange sentiment euphorique m’envahissait. Deux lumineuses petites toiles repassaient sans arrêt devant mes yeux. Ma voiture fit un écart. Attention à la route mon gars, pensai-je !

       Quelle incroyable journée ! Ma curiosité m’avait poussé vers l’aile Richelieu, un peu par hasard, pour revoir les peintres hollandais, essentiellement Rembrandt. J’avais découvert un peintre merveilleux qui l’égalait. Peut-être même le dépassait ?

      Une sensation confuse m’envahissait. J’avais besoin de comprendre. Comment deux minuscules tableaux pouvaient-ils provoquer un tel émoi ?

      Le ruban rouge de l’autoroute s’étirait au loin. Le ciel était sombre et mon esprit joyeux.

                    

 A suivre…

    

 

Commentaires

C'est parti!!!!!!!!Nous voilà sur la mise en route par l'autoroute vers le merveilleux voyage de la découverte magique de Wermeer!! Il est certain que l'on doit reprendre son souffle lorsque l'on découvre "la dentellière"!!S'asseoir et se demander si l'on ne rêve pas!!! Comment peux-t-on exprimer la perfection sur un aussi petit format?? tant de délicatesse, tant de subtilité!!Combien de temps as-t-il fallu à l'artiste pour nous faire ressentir cette sensation de bien-être?? Je ne sais!!! Cher Alain/patrice nous reviendrons pour le 2ème chapitre!!! MERCI BISOUS FAN

Écrit par : FAN | 24 février 2011

« La dentellière » est la plus petite toile du peintre, mais la virtuosité technique reste inchangée.
Vermeer peignait très lentement et le temps ne semblait pas compter pour lui. Seul le résultat final importait.
Comme tu le fais remarquer, délicatesse, subtilité, bien-être, font partie de la large panoplie de mots que nous inspire la toile.

Écrit par : Alain | 25 février 2011

Changement de cap : je ne m'attendais pas du tout à cela !
Le Je du narrateur n'est plus, comme pour Van Gogh notamment, celui du peintre, mais celui d'un amateur d'art qui découvre les deux seuls Vermeer du Louvre.
Mais ce Je personnifie-t-il vraiment Alain ?
Je doute ... pour diverses raisons ...
J'ai l'impression que nous sommes à nouveau dans une fiction littéraire ...

De sorte qu'à mon sens un mystère plane déjà sur cette narration, indépendamment de l'incipit, en italique, à l'instar d'une entrée en matière d'un roman policier ...

J'attends la suite, impatiemment ... Pour découvrir Vermeer sous ta plume ; mais aussi pour vérifier si mon intuition et mon doute ont eu raison d'être.

Écrit par : Richard LEJEUNE | 26 février 2011

J’avais prévenu dans mon introduction qu’il s’agissait d’une fiction littéraire. Comme tu le fais remarquer, et contrairement au « Van Gogh » et d’autres de mes récits, l’histoire ne se déroule plus dans le contexte historique du peintre mais bien à notre époque.
Je vais être franc pour lever une partie de tes doutes : ce premier chapitre narré par Patrice, je l’ai vécu en vrai, exactement comme il le décrit, presque au détail près. La même émotion indéfinissable… devant une peinture que je découvrais et qui m’interrogeait.
Tu dis qu’un mystère plane. Ne serait-ce pas le fameux mystère Vermeer ?
Bon dimanche.

Écrit par : Alain | 27 février 2011

Je suis content de ce récit de visite au Louvre, je vais d'ailleurs retourner voir ces Vermeer. Mais ne soit pas trop sévère avec les agents de surveillance qui appliquent le règlement, pense à notre collègue "Louvreboîte".....

Écrit par : Louvre-passion | 26 février 2011

Penses-tu vraiment que je me moque de cet agent de surveillance du Louvre qui intervient dans le récit ?
Nous sommes dans la fiction. La phrase que dit Patrice en parlant de cet agent est uniquement une forme d’humour que j’introduis dans l’histoire. Patrice est tellement dans l’émotion en découvrant ces petites toiles qu’il s’énerve intérieurement d’être dérangé dans son observation. Il est évident que j’ai énormément de respect pour l’ensemble du personnel du musée qui nous permet de visiter celui-ci dans les meilleures conditions et d’apprécier les œuvres.
Retourne voir les Vermeer, elles sont deux des œuvres majeures du musée. Peut-être feront-elles l’objet d’un de tes prochains articles ?
Bon dimanche.

Écrit par : Alain | 27 février 2011

Bonsoir Alain

superbe idée !

Je suis certain que Patrice N'est pas Alain !
Ou alors c'est un Alain "débarassé de l'obsession Vermeer.

Superbe idée ! comment un amateur d'art découvre les hollandais ?

Moi j'ai rencontré Vermeer par Marcel PROUST
Et je ne m'en suis jamais remis LOL.
Je ne m'en remettrai sans doute jamais
Comment peut-on peindre l'intérieur des êtres en peigant l'extérieur ?
Je ne sais pas !
En tout cas, je suis sûr d'une chose.
Cela n'a rien à voir avec la technique.
C'est bien plus fort que cela.
C'est une bonne idée, de nous ramener à nos premières émotions Alain
Peut être , avons nous acquis assez de recul pour auto-analyser ce choc psychique
En tous cas, je ne rate pas un seul épisode LOL

J'adddoreeeeeeeeeeee !
Merci
a+
Jacky

Écrit par : Jacky | 26 février 2011

Je perçois, Jacky, que tu as bien compris le sens que j’ai voulu donner à ce premier chapitre.
Beaucoup de personnes, comme disait Richard dans ma précédente introduction, ont découvert Vermeer dans l’œuvre de Proust. Je repense à la phrase que dit la jeune femme à Patrice dans le récit : « Cela fait un choc la première fois ! ».
Tu parles de « peindre l’intérieur des êtres ». C’est un peu ce que l’on ressent devant une toile de ce peintre.
Merci pour ta visite.
Bon dimanche.

Écrit par : Alain | 27 février 2011

C'est ce qu'on appelle une "révélation". Il n'est pas toujours facile d'exprimer littéralement l'émotion qui peut nous envahir à la découverte d'une oeuvre. Tu l'as très bien décrit.
Vermeer avait une peinture vraiment délicate, subtile. C'est un plaisir d'observer chaque détail d'un tableau. Etait-il connu et reconnu par ses contemporains ?
Vivement la suite de tes aventures au pays de Vermeer.

Écrit par : Valérie | 28 février 2011

La révélation Vermeer ! Tu as raison cette visite au Louvre ce jour-là fut une découverte qui me laissa sans voix.
Ce qui est étonnant, comme je l’explique dans le récit, est que le style du peintre ne paraît guère différent de celui des artistes de son époque. Pourtant chez Vermeer, il y a quelque chose en plus dans les couleurs, la touche parfois pointilliste, la lumière, l’intériorité des personnages, qui rendent sa peinture intemporelle.
Vermeer était reconnu à son époque mais d’une façon limitée car son œuvre fut très peu importante en quantité.
Je sens que la fascination Vermeer te gagne…

Écrit par : Alain | 01 mars 2011

Il y a cette ambiance un peu terne de murs blafards, sur lesquels se découpe toute la finesse des détails ; on les dirait peint avec des pinceaux trempés de lumière. Un contraste envoûtant.

On se dit, il me faut retenir mes exclamations d’émerveillement, je vais déranger la délicate attention de l’astronome. Et puis on se dit aussi, il me faut me retenir de soupirer d’aise, car les fils si fins de la dentelière vont s’emmêler.

Et puis tes mots… Tes mots tout autour, qui peignent ton émoi… Tu es très beau à lire, Alain Patrice. Le charme de Vermeer fait une double merveille.

Amitiés

Écrit par : Esperiidae | 01 mars 2011

La lumière est le langage de Vermeer. Il la distille un peu dans tous les coins de ses toiles comme si, effectivement, elles étaient peintes avec des pinceaux trempés dans la lumière.
Patrice tente de rapporter cette journée vécue difficilement au Louvre après ce face-à-face inattendu avec deux minuscules toiles qui vont changer sa vision de la peinture pour longtemps.
Ce pauvre garçon va avoir du mal à s’en remettre !
A bientôt

Écrit par : Alain | 02 mars 2011

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