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Camille Monet - 3/3 Argenteuil

 

 

Suite…

 

       - Claude, dépêche-toi !... J’ai froid !

      Monet - mme monet capeline rouge 1872 cleveland.jpgIl neige. Le sol est blanc. Camille jette un regard inquiet vers l’intérieur de la pièce par l’ouverture laissée libre entre les rideaux blancs qui encadrent la porte-fenêtre.

      Monet ne répond pas. Il croque d’un flot de touches nerveuses le fin visage suppliant, interrogateur.

      - Reste tournée vers moi encore un instant, lance-t-il sans pitié pour sa femme grelottante qui ramène sa capeline sur elle des deux mains.

      L’image est si belle. Monet a peint les murs et la porte-fenêtre avec des tonalités grisâtres pour faire mieux ressortir la scène centrale éclairée de l’extérieur. Camille est habillée chaudement d’une veste et d’une jupe assortie gris bleu bordés de fourrure blanche. Sa capeline vermillon sur la tête la fait ressembler à un Père Noël.

 

  Claude Monet – La capeline rouge, portrait de madame Monet, 1873, The Cleveland Museum of Art, Cleveland

     

 

      Claude Monet se plait à Argenteuil où le couple est installé dans une petite maison depuis l’hiver dernier. Il peint comme jamais jusqu’ici.

      Les années 1870 sont une grande mutation dans son art. Le peintre ne s’intéresse plus qu’à la lumière. Tout devient vibration. Le plein air est son unique atelier, son seul maître devient la nature. Son inventivité est extrême pour saisir le motif sous tous ses aspects, découvrir le ton qu’il n’avait pas perçu. Il pose de simples virgules de couleurs pures directement sur la toile. Son oeil a changé, il recompose le paysage qui est saisi avec les accidents que l’atmosphère lui donne. Il réduit ce paysage à l’essentiel.

      Monet peint quelque chose de nouveau. Sait-il lui-même ce qu’il peint… 

 

 

 Manet - monet peignant dans son bateau-atelier 1874 neue pinakothek munich.JPEG

      Comme Daubigny autrefois sur son atelier flottant le « Botin », il possède, lui aussi, un bateau-atelier qui lui permet de naviguer, de peindre l’eau, les berges, les ponts, les péniches. Tout ce qu’il voit l’inspire et l’éblouit…

 

 

  

 Edouard Manet – Monet peignant dans son bateau-atelier, 1874, Neue Pinakothek, Munich

 

 

      - Je suis fatiguée Claude ! Je ne sens plus mes jambes ! Tu m’as déjà fait faire un nombre invraisemblable de kilomètres avec tous ces allers-retours !

   monet-promenade à argenteuil 1873 marmottan.jpg  

                                             Claude Monet – Promenade à Argenteuil, 1873, Musée Marmottan, Paris

      Monet sourit. Il avait trouvé une sorte de nouveau jeu. Il obligeait Camille à parcourir les champs fleuris afin de l’insérer au mieux dans le décor. Lorsqu’elle s’approchait, il lui demandait de retourner au loin puis de revenir à nouveau vers lui. La silhouette de la jeune femme se confondait avec les herbes et les fleurs des champs. Sa figure s’estompait dans le paysage.

 Monet - la promenade argenteuil 1875 collection privée.jpg

                             Claude Monet – La promenade Argenteuil, 1875, collection particulière

       - Je veux trouver le meilleur angle pour te croquer, ma chère, disait-il en riant. Plus tard, je rajouterai Jean à tes côtés sur la toile.

       Il plaisantait :

       - Je t’aime tellement Camille… Si tu meurs avant moi, je ferai comme les égyptiens antiques. J’embaumerai ton corps et mettrai tes viscères dans les vases canopes que l’on voit au Louvre. Résurrection assurée !

       Ils s’esclaffaient bruyamment, heureux d’être ensemble, puis Camille, comme toujours, s’exécutait et reprenait sa longue marche sous le soleil.

 

 

Monet - le pont d'argenteuil 1874 orsay.jpg 

       Argenteuil, la Seine, les jardins, fournissent à Monet d’innombrables sources d’émerveillement. Les ciels de l’artiste n’ont jamais été aussi bleus que ceux d’Argenteuil.

  

 

  

 

Claude Monet – Le pont d’Argenteuil, 1874, musée d’Orsay, Paris

      

      Camille est sa joie de vivre. Il la surprend partout.

      Dans le jardin avec Jean, se plantant une fleur dans les cheveux... 

  monet - camille et jean monet dans le jardin 1873 collection particulière.jpg

                    Claude Monet – Camille et Jean Monet dans le jardin, 1873, collection particulière

 

      Seule, au détour d’une allée, à la fin d’une belle journée d’été au moment où les ombres prennent une teinte bleutée...

 Monet - camille monet à Argenteuil 1876, metropolitan new york.jpg                          Monet - le jardin roses trémières 1877 privé.jpg 

 Claude Monet – Camille Monet à Argenteuil, 1876, The Metropolitan Museum of Art, New  York  

                                                               Claude Monet – Jardin aux roses trémières, 1876, collection particulière

          Pensive, dans l'encadrement d'une fenêtre...

   Monet - camille à sa fenêtre1873 privée.jpg                            Claude Monet – Camille Monet à la fenêtre, 1873, Virginia Museum of Fine Arts, Richmond      

           Brodant devant un massif fleuri éclaboussé de tâches colorées...

   Monet - camille monet et un enfant argenteuil 1875 boston.jpg                                       Claude Monet – Camille Monet et un enfant au jardin, 1875, Museum of Fine Arts, Boston

       Lisant, assise dans l’herbe sous les lilas, confondue dans la végétation...

  Monet - 1872 la liseuse baltimore.jpg

                                                           Claude Monet – La liseuse, 1872, Walters Art Gallery, Baltimore

       Devant un massif de glaïeuls...

  Monet - les glaieuls 1876 détroit.jpg

                                     Claude Monet – Les glaïeuls, 1876, Institute of Art, Détroit

 

      

       15 avril 1874. C’est un grand jour pour les peintres avant-gardistes !

       Puisque le Salon officiel ignore ces « peintres d’esquisses non finies », le groupe des amis de Monet, ils soMonet - 1873 Impression soleil levant marmottan.jpgnt nombreux, une bonne trentaine, dont Renoir, Sisley, Pissarro, Cézanne, Guillaumin, Degas, décide de créer une Société coopérative d’artistes et d’organiser une exposition collective qui ouvre ses portes dans les locaux du photographe Nadar boulevard des Capucines à Paris. Claude Monet présente une petite toile qu’il a croquée de sa fenêtre d’hôtel devant le port du Havre. Il la nomme Impression, soleil levant. Elle sera moquée par le journaliste du Charivari Louis Leroy : « Puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans ! ». Celui-ci titrera sa chronique : « L’exposition des impressionnistes ».

 

 Claude Monet – Impression, soleil levant, 1873, Musée Marmottan, Paris

 

  Le mot « impressionniste » était né. Il sera adopté par les jeunes peintres et deviendra le nouveau titre et programme pour leur prochaine exposition de groupe. Monet en sera le chef de file.   

 

 

      Les amis de Monet viennent souvent voir le couple à la belle saison dans leur jardin d’Argenteuil. Renoir adore peindre le joli minois de Camille qui l’a déjà inspiré plusieurs fois :

      Allongée sur un divan, habillée d'un peignoir bleu, lisant le Figaro...

 Renoir_-_Mme_Monet 1872 museum of calouste portugal.jpg

           Pierre-Auguste Renoir – Portrait de madame Claude Monet, 1874, Musée Calouste Gulbenkian, Lisbonne

        En buste, un sourire entrouvrant ses lèvres...

  Renoir - portrait-de-camille-monet 1873 marmottan.jpg

                                  Pierre-Auguste Renoir – Portrait de Camille Monet, 1872, Musée Marmottan, Paris

       Une autre fois, toujours en buste, entourée de bleu...

  Renoir - Portrait_of_Madame_Claude_Monet__1872.jpg                             Pierre-Auguste Renoir – Portrait de madame Claude Monet, 1872, collection particulière

       

      Un jour de l’été 1874, Edouard Manet est occupé à peindre La famille Monet dans le jardin d’Argenteuil lorsque Renoir débarque trouvant le motif à son goût. Il s’installe et se met à peindre lui aussi. Manet énervé souffle à Monet : « Il n’a aucun talent ce garçon là ! Vous qui êtes son ami dites-lui de renoncer à la peinture ! ». Manet qui n’avait pas souhaité participer à l’exposition du printemps chez Nadar, se réservant pour le Salon officiel, gardait une rancoeur envers Renoir qui s’était opposé à lui.

renoir-madame-monet et son fils jean à argenteuil 1874 national gallery.jpg

P. A.  Renoir – Camille Monet et son fils Jean à Argenteuil, 1874, National Gallery of Art, Washington

                                                             

Manet - la famille monet dans le jardin d'argenteuil 1874 metropolitan museum of art new york.jpg

                    

                      Edouard Manet – La famille Monet au jardin, 1874, The Metropolitan Museum of Art, New York

 monet - camille monet au travail 1875 - barnes fond..jpg

 

 

 

       L’hiver 1875 est froid. Monet peint Camille à l’intérieur de la maison. Le chevalet planté dans le couloir, il la représente dans la véranda, brodant sur un métier dans l'éclairage de la fenêtre donnant sur le jardin. 

 

  

  

  

Claude Monet – Camille au métier, 1875, Barnes Foundation, Merion

 

 Monet - la femme à l'ombrelle 1875 national gallery.jpg

 

 

 

 

 

         Une apparition ascendante peinte en contre-jour éclaboussée du bleu du ciel parcouru de nuages rosés !

      Telle apparaît la gracieuse Camille en ce bel été, debout sur un talus herbeux, tenant une ombrelle qui, comme son voile et sa robe, s’agite dans le vent. Jean à ses côtés semble tout petit.

  

   

                                                Claude Monet – La femme à l’ombrelle, 1875, National Gallery of Art, Washington

 

      monet - la japonaise 1875 boston.jpg« Souris, lance Claude à sa femme ! » La pauvre Camille fait de son mieux. Le peintre l’a affublée d’une somptueuse robe d’acteur japonais rouge brodée de fleurs et de personnages grimaçants. Une parisienne déguisée, coiffée d’une curieuse perruque blonde. Elle tient un éventail tricolore à hauteur du visage et s’efforce de sourire niaisement car elle a plutôt envie de rire tellement sa pose est étrange et son déguisement théâtral.

      Pourquoi Monet peint-il cette Japonaise, tableau détonnant par rapport à son travail habituel ? Une fantaisie… Certains parlent « d’œuvre indécente ». Et ce guerrier grotesque brodé sur les fesses de Camille… « Une déguisée de mardi gras ». Cette « japonaiserie » marque-t-elle un moment de changement psychologique intime chez Monet ?  

Claude Monet – La japonaise, 1875, Museum of Fine Arts, Boston

 

      Un collectionneur du nom d’Ernest Hoschedé a acheté plusieurs tableaux du peintre dont le fameux Impression, soleil levant. Un curieux personnage… L’homme vit au-dessus de ses moyens dans un château à Montgeron avec ses enfants et sa femme Alice.

        Monet rencontre le couple en 1876 et peint plusieurs toiles pour Ernest. La faillite d’Hoschedé est prononcée en août de l’année suivante. Monet éprouve de l’attirance pour sa femme Alice, une femme cultivée et exaltée. Est-ce le début d’une passion amoureuse ?

        Les soucis financiers de l’artiste ont repris. Il a trente-sept ans. Il est couvert de dettes. Camille est malade. On parle d’opération. De plus, elle est enceinte à nouveau ce qui n’arrange pas son état. Elle accouche d’un nouveau garçon, Michel, en mars 1878.

      En septembre de la même année, les deux familles, les Hoschedé et leurs six enfants, le couple Monet et leurs deux enfants, décident de partager pour un temps leur destinée et leurs préoccupations financières. Elles s’installent ensemble à Vétheuil, entassées à quinze personnes avec les trois femmes de service, dans une petite maison.

       La période radieuse d’Argenteuil est terminée. Camille n’a plus qu’un an à vivre…

  

 

  Vétheuil, le dimanche 7 septembre 1879, 13 heures.

 

        Monet regardait une dernière fois la compagne de ses dernières années.

         Les confrères de la charité qui s’occupaient des funérailles n’allaient pas tarder à venir. L’enterrement était prévu pour 14 heures dans une fosse creusée dans un angle du cimetière longeant l’église de Vétheuil, face à  la vallée de la Seine.

  

Monet - église de vétheuil neige 1878 orsay.jpg

                                               Claude Monet – Eglise de Vétheuil, neige, 1879, Musée d’Orsay

       L’hiver dernier, il neigeait, Camille se sentant mieux ce jour là, il était sorti peindre l’église. Il ne s’imaginait pas que sa chère Camille y reposerait bientôt.

       Monet avait conscience qu’une période importante de son existence se terminait devant le visage glacé de cette morte dont les beaux yeux s’étaient définitivement fermés.

        Il disposa à côté du lit le portrait de Camille en robe de tulle qu’il avait croqué il y a deux jours. Le regard obscurci par les larmes, il la discernait à peine. Il savait qu’il ne peindrait plus jamais de personnages avec la même tendresse.

        Il se leva, saisit la toile et la coinça dans un angle du mur, derrière l’armoire. Il ne la montrerait à personne. Elle lui appartenait pour toujours.

                                                       

                                                                                             Alain

  

  FIN 

 

 

      tombe de Camille Monet à Vétheuil.JPGUn dimanche d'automne récent, j'ai retrouvé à Vétheuil "La femme à la robe verte".

       « Vous trouverez la tombe de madame Monet au fond du cimetière, le long du mur faisant face à l’église, m’avait dit un vieil homme. »

        J’avais cherché un long moment. La haute silhouette du clocher de l’église dominait le petit monument entouré d’un ouvrage en fer forgé. Quelques fleurs tapissaient le rectangle où elle reposait.

       Je me recueillais lorsque je crus entendre une petite voix d’adolescente, celle qui disait timidement à Claude Monet lors de leur première rencontre :

      "Je serais heureuse d'être votre modèle, monsieur Monet. Je n'ai que 18 ans mais je sais poser. Je m'appelle Camille."

 

 Tombe de Camille Monet à Vétheuil (photo de l’auteur)

 

 

1. La femme à la robe verte    2. Femmes au jardin        

                                                

 

Commentaires

  • Quelle superbe histoire d'amour!!!Camille a souflé tout le talent que Monet a appliqué dans une peinture que tous les amateurs "d'impressionnisme" ne voient que par lui!! L'expo au grand Palais de Paris a été un succès vertigineux!!! On peut dire merci à Camille et son peintre chéri!!! Merci à toi qui sait si bien m'émouvoir!!!BISOUS FAN

  • Les impressionnistes battent toujours des records de visiteurs. L’expo du Grand Palais, terminée hier soir, était une merveille en quantité et en qualité.
    Pourquoi ces peintres ont-ils un tel succès ? C’est tout simple, il suffit de regarder et ressentir !

  • Bonsoir Alain

    J'ai lu cette troisième partie avec beaucoup plus d'émotions.
    Je t'explique pourquoi :
    Tu décris un couple et leur enfant trés modestement
    presque comme un couple classique et traditionnel

    Tu poses la question d'emblée :

    Monet peint quelque chose de nouveau. Sait-il lui-même ce qu’il peint…

    J'ai acquis la conviction qu'il le sait trés bien
    les autres aussi le savent
    regarde comment Manet jalouse Renoir !

    C'est une question de vie ou de mort cet enjeu !
    Pour la première fois l'émotion intrinséque d'un être humain
    est captée.
    C'est, bien sûr, de l'essentiel de l'être dont on parle !
    L'esthétique de la peinture passe doucement au second plan.

    On se dispute sur la nature même de l'homme et sur ce qui le différencie
    du régne animal.
    On parle enfin de l'émotion et de l'impression avant de discuter du graphisme

    Il est là leur génie ! recentrer l'humanité sur ce qui fera de l'homme
    dans tous les avenirs possibles autre chose qu'une bête en sublimant
    l'émotion

    La route est tracée et tous les humains s'y plongent joyeusement
    la musique va suivre, la sculpture aussi et pour une moindre mesure l'écriture.

    Il devait être un peu fou ce bel homme pour ne pas se laisser aplatir par la dureté
    de son siècle !

    Mais crois moi Alain ! il savait ! ils le savaient tous !
    Je pense même que certains lachaient leur émotion en travaillant
    ils devaient être submergés d'ailleurs.

    Ton article est magnifique car l'histoire galope doucement fébrilement
    tout en étant illustrée par de si belles reproductions

    Je viens de passer une trés belle demi-heure à te lire et à réfléchir !

    MERCI

    Jacky

  • Je constate Jacky que tu es toujours aussi passionné dans tes écrits.
    Monet, comme beaucoup de grands artistes, connaissait son talent. Les débuts étaient durs, mais quel plaisir il prenait avec ses amis avant-gardistes car ils inventaient un art nouveau qui les emportait loin…
    Edouard Manet ne jalousait pas Renoir car il était très admiré des jeunes impressionnistes qui voyaient en lui un maître. Il s’agissait d’une simple dispute à l’occasion de cette première exposition dans laquelle Manet ne souhaitait pas participer, préférant le Salon officiel.
    L’émotion… Tu pointes le fait que la création, le langage artistique, élèvent l’homme au-dessus de sa simple condition humaine. Mais, après tout, sommes nous si différent de certains animaux ? Les biologistes actuels doutent parfois…
    Je suis content que tu apprécies les reproductions de tableaux. Je me donne assez de mal pour montrer les meilleures images en les retouchant souvent afin qu’elles se rapprochent des originaux. Les tableaux sont les personnages principaux de mes récits. Mes mots n’existent que pour mettre les toiles en valeur.

  • Voilà une exposition qui n'a probablement jamais eu lieu et que, idée géniale, tu viens ici de créer pour nous : la famille Monet évoluant sous le pinceau de trois génies.

    Je connaissais "La promenade à Argenteuil" de 1873, au musée Marmottan, mais absolument pas celle de 1875 : une symphonie orchestrée dans des bleus profondément chauds.
    Je ne me lasse pas de la regarder depuis ce matin ....

    Merci - et là, je me répète par rapport à un précédent commentaire - pour la découverte que tu nous offres de toiles provenant de collections particulières. Quel florilège de chefs d'oeuvre sont ainsi uniquement réservés à de richissimes collectionneurs !

    Merci pour toutes ces merveilles, pour ce superbe texte aussi, tout en pudeur, tout en émotions ...

  • J’ai effectivement tenté de montrer la famille de jeunesse de Monet, aidé par le pinceau de trois génies.
    C’est en voyant la superbe toile de « Camille sur son lit de mort » à Orsay que j’ai pensé à écrire ce récit. Je voulais faire revivre Camille un court instant grâce au nombreux portraits qui restent d’elle. En fait, elle n’existe que par ces tableaux. Pas le moindre écrit, photo, ou document ne subsistent d’elle. Etonnant… Il paraîtrait que la seconde femme de Monet, Alice, aurait demandé, par jalousie, au peintre de détruire ces documents. Est-ce exact ? De toute façon, Camille, malgré sa courte vie, laissera une trace beaucoup plus importante dans l’œuvre de l’artiste qu’Alice.
    Je connaissais depuis longtemps le tableau de 1875 « Promenade à Argenteuil » car il est accroché en poster sur un mur chez moi. J’en admirais souvent les couleurs mais je ne savais pas qu’il était dans une collection particulière comme beaucoup de toiles du peintre dont l’œuvre est si importante. Heureux propriétaires…
    Tu as dû remarquer que j’ai glissé dans une phrase de Claude à Camille des mots sur les rituels d’embaumement des égyptiens que j’avais lu dans tes articles. Un peu d’humour…

  • Oh le naïf que j'ai été !

    Prenant tes écrits au pied de la lettre, j'ai véritablement cru - rien d'impossible à cela, d'ailleurs- que Monet avait effectivement pu visiter le Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre d'alors et être interpellé par les vases canopes qu'il y aurait vus.

    Et dire que je te faisais entièrement confiance pour m'apprendre la vérité sur les peintres que j'aime ...
    Je vais maintenant tout remettre en question et aller vérifier si Monet, Manet et Renoir sont bien morts ...

  • Bonsoir !

    Je tiens à rassurer Richard
    Ces trois grands hommes ne sont pas morts.
    Je les ai pris en STOP hier soir prés d'auvers

    Ils m'ont demandé de les déposer chez vincent
    ils venaient parler couleur avec lui

    J'ai compris à ce moment que lui aussi contiuait à travailler en secret

    Youpi !!!
    a+

    Jacky

  • Je pense que tu avais un peu trop forcé sur l’absinthe ce soir là Jacky !
    Mais, après tout, pourquoi pas ? Ces trois là étaient faits pour s’entendre. Les génies ne meurent jamais et se retrouvent bien un jour quelque part. Pourquoi pas à Auvers… Vincent doit bien revenir faire un tour de temps en temps dans sa chambrette à l’auberge qui est encore prête pour l’accueillir. Ils seraient un peu à l’étroit, avec Renoir et Manet en plus, mais la discussion serait enfiévrée et même fumeuse avec leurs pipes.
    Bon week-end

  • Grand merci Jacky !
    Voilà une mise au point extrêmement rassurante : à nous deux, nous allons damer le pion à cet Alain qui essaie de nous en faire accroire ...

    Cordialement,
    Richard

  • Mes dialogues ne sont pas toujours des vérités historiques Richard car, malheureusement, je n’étais pas présent pour les entendre ! Pareil pour les dialogues de Monet avec Camille lors de leur première rencontre en forêt de Fontainebleau. D’ailleurs, ils se sont peut-être rencontrés ailleurs. Impossible de savoir, il n'y a pas de documents à ce sujet…
    J’aime bien rajouter un peu d’humour dans mes récits car ne parler que de peinture pourrait lasser malgré notre intérêt pour l’art.
    Dire que, en l’écrivant, j’avais pensé que cette phrase que tu m’as inspirée te ferait sourire. C’est foutu ! Je recommencerai à l’occasion.
    Quand à Jacky, il est tellement obsédé de peinture qu’il en a des visions…
    Bon week-end

  • Comme toujours tu nous plonge dans l'intimité des artistes , sous ta plume Monet devient familier, un peu comme un voisin.
    Cela nous change de son statut "d'icône" de l'exposition Grand Palais que j'ai eu la chance de pouvoir visiter sans être obligé d'attendre des heures.

  • Retrouver l’intimité des personnes disparues est ce qui fait mon intérêt pour l’histoire. Si, en plus, je peux redonner vie, un instant, à ceux qui ont laissé une trace si importante dans l’art que des personnes passent 3 heures de nuit devant un musée pour ne pas louper l’expo...
    Le Grand Palais, comme toujours, a marché très fort en battant le record de l’expo Toutankhamon de 1967 puisque Monet a duré deux mois de moins je crois.
    Je connais plusieurs autres peintres qui pourraient battre ce record. Mais c’est aux organisateurs d’y penser. Toutefois, la prochaine expo Odilon Redon devrait attirer du monde aussi, dans une proportion moindre.

  • Les peintures de Monet dégagent de superbes ambiances, faites de couleurs et jeux de lumières, et tes mots racontent avec leur délicatesse habituelle ces tranches de vie, mélange de fiction et de réel.

    Le premier épisode débutait avec cette peinture superbement mélancolique, de ce visage enclot par le gel de la mort. Le dernier épisode se termine sur une image tout également emplie de froidure et de tristesse. Mais chacun des trois épisodes laissent de Monet une empreinte chaude et colorée. Je craque littéralement pour "la femme à l'ombrelle". Merci pour ces articles, qui sont pour moi un peu comme une initiation...

    Très belle soirée
    Amicalement

  • Tu est la première à me parler de cette « Femme à l’ombrelle ». Pour une non initiée, tu as fait mouche car elle est l'une de mes toiles préférées dans celles que j'ai montrées !
    Ce tableau symbolise à lui seul ce que j’ai voulu exprimer dans ces 3 épisodes : la légèreté de la touche, les couleurs et les vibrations lumineuses de la peinture de Monet que l’on ne peut qu’admirer sans être un connaisseur en art pictural. En 1875, date du tableau, l’artiste est au sommet de cet art « d’impression » que le monde nous envie aujourd’hui.
    C’est peut-être dans cette toile que Camille est la plus présente physiquement... vivante. Le vent l’enveloppe et fait frémir son corps qui paraît flotter dans l’espace et les nuages rosés. C’est beau. Que dire de plus…
    Bonne journée

  • Bonsoir Alain

    Tu as raison !
    je suis obsédé, passionné, enragé, par la peinture
    Je sens l'unversel si prés de cet art
    que, quelque fois, je sens dans certaines toiles
    la présence ultime du mystère de la création !
    Rien que cela !
    Dommage que je ne bois pas d'absinthe, comme eux.
    J'aimerai savoir quel effet cela aurait sur la perception
    de toutes ces merveilleuses toiles que tu nous offres ici
    LOL
    a+
    Jacky

  • Tu dois aimer la philosophie Jacky !
    Tu me parles d’universel dans l’art, de mystère de la création, quelques pensées qui sont l’essence même de la réflexion des philosophes depuis toujours. Au-delà de la fameuse « raison », ils perçoivent, comme toi et moi, et dans ton dernier poème, que l’improvisation, qu’elle soit artistique ou autre, arrive de quelque chose de profond en nous et peut transcender nos moyens d’expression... Avec le travail en plus pour les artistes ! Quelle complexité notre cerveau emmagasine !
    Heureusement que l’absinthe est interdite de nos jours, car la « Fée verte » était un poison que les peintres du 19e ont trop connues. Reste-t-il encore un peu de perception sérieuse devant une œuvre après quelques verres ? Par contre, cela peut peut-être aider à philosopher ?

  • Je viens de découvrir votre blog grâce à celui de Richard Lejeune (egypto musée) et je suis vraiment ravie car il me promet de très bons moments !
    Je viens de le parcourir rapidement mais je vais revenir très souvent afin de le connaitre en détails...
    (Vous avez le genre de blog que j'attends tous les jours de rencontrer ! )

  • Vous serez toujours la bienvenue sur ce blog qui n'a n’autres prétentions que de montrer la peinture et de parler des peintres avec un regard différent.

  • J'aime beaucoup Camille en capeline derrière la vitre de la maison... J'ai vu cette exposition à Paris et c'était un ravissement... Il y avait un magnifique bouquet de chrysanthèmes rouges...et je pense que dans la salle , les visiteurs tout comme moi ont beaucoup aimé cette peinture.
    Votre blog est un rayon de soleil.
    bonne journée

  • La Capeline rouge… Malgré le froid qui la démange, Camille est si jolie habillée de cette façon.
    Cette expo Monet était un enchantement dont les billets se sont arrachés trop rapidement. Mais les amoureux du peintre n’ont pas hésités à affronter de longs moments d’attente dans la nuit parfois.
    Merci pour « le rayon de soleil ». Sous serez toujours la bienvenue !

  • C'est une merveilleuse lecture...

    Quel parcours dans la pensée intime du grand peintre...vous nous avez fait découvrir de belles émotions...des joies...et des beautés....merci

    Délicieuse découverte votre blog !
    Très bonne journée à vous.

    Cdlt

  • Bonjour Régaline

    Je suis heureux de vous avoir fait découvrir Camille qui fut le modèle aimé des années de jeunesse de Claude Monet.
    Quelques fleurs parsèment encore aujourd’hui la tombe à Vétheuil de « La femme à la robe verte ».
    Excellente journée

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