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VAN GOGH A AUVERS - 30. Un ciel d'azur

 

Suite...

 

Dimanche 27 juillet 1890.  

 

      La pluie incessante de la veille a lavé l'air. Le ciel a une couleur lilas indéfinissable avec des taches azurées çà et là.

      Je marche lentement sur la route qui mène au château. Les maisons fleuries et l'artistique ordonnancement des jardins cultivés me ravissent toujours autant. Deux filles portant des jupes et des châles rouges me croisent en riant. L'une d'elle croque une pomme verte à pleines dents.

      En ce jour du Seigneur, un calme étrange a remplacé le craquement habituel de la terre caillouteuse sous les roues cerclées de fer des charrettes lourdement chargées se dirigeant vers les champs.

 

 

      Je m'étais fait beau ce matin. J'avais enfilé une chemise de toile blanche toute fraîche. Celle que Jo avait fait nettoyer à Paris : «  garde-la pour une grande occasion, m'avait-elle dit ! ».

       J'avais taillé de près ma barbe au ciseau. La petite glace accrochée au mur au-dessus de la table me renvoyait des traits émaciés brunis par les longues journées de plein air. Mon apparence me satisfaisait. J'avais pris le petit flacon d'eau parfumée à la lavande dans l'armoire, en avais versé une lampée dans ma main et m'en étais aspergé le visage et le cou.

       J'étais resté silencieux tout au long du repas dominical que mes hôtes m'avaient offert. Les Ravoux m'observaient discrètement. Ma tenue soignée les intriguait. J'avais remarqué que madame Ravoux était moins affriolante que les autres jours. Martinez ne venait jamais le dimanche.

      Après le repas, j'étais monté à ma chambre prendre mon matériel et étais sorti sans un mot.

 

 

      Le champ de blé ondule en forme de foulard bronze doré. Au loin, le soleil colore d'un blanc rosâtre les murs du château. Violette avait posé pour moi devant ces blés en tenue de paysanne, les joues gorgées de soleil.  

      J'aspire l'odeur de blé mur, celle qui indique que la moisson peut commencer. Une légère brise balançait lesVan gogh - Le chateau d'Auvers au coucher de soleil.jpg tiges qui penchaient sous le poids des épis trop lourds.

      Je m'assois sur le sol à l'ombre d'un des poiriers que j'avais peint un soir sur un ciel jaunissant. Je pose mon matériel contre l'arbre.

     

     

      Je ne me lassais jamais du spectacle offert par la nature. Quelle leçon de modestie elle nous donnait à nous autres peintres, pensai-je... C'était d'une simplicité vraie. Chaque couleur était posée au bon endroit et s'harmonisait avec sa voisine comme dans les vitraux gothiques. Je souris en pensant à un courrier que j'avais envoyé à mon vieux copain Emile Bernard. Je m'étais exclamé : « Ah ! Mon cher copain, nous autres peintres, toqués, jouissons tout de même de l'œil, n'est-ce pas ! ». Je me souvenais avoir rajouté pour plaisanter : « Hélas, la nature se paye sur la bête et nos corps éreintés sont une lourde charge parfois ! ».

      Bernard... Ce gamin venait d'avoir 22 ans. Je ne l'avais pas revu depuis mes années parisiennes. J'aimais ses toiles un peu candides, d'une qualité rare. Où était-il en ce moment ? Peut-être en Bretagne avec Gauguin ? A moins qu'il ne soit en partance pour Madagascar comme il me l'avait écrit afin de réaliser son vieux rêve d'atelier des tropiques ?

      Je contemple le ciel. En une dizaine d'année de peinture, je lui avais donné tous les tons de l'arc en ciel. C'était lui qui m'avait procuré mes plus belles émotions. J'aimais tous les ciels : les plombés, les diaphanes, les laiteux, les troublés du Brabant ou de l'Ile de France. Et puis les étoilés, les lumineux, les violents et éblouissants du Midi.

      Le silence est total...

      Mon corps était à la fois détendu et attentif. Je n'avais plus envie de me battre. Trop tard... Ma vie ? 37 années d'immense gâchis... Une faillite !... J'avais tout raté : ma naissance venant après celle d'un autre Vincent Willem décédé, mes débuts inachevés comme marchand d'art, mes élans mystiques dans le borinage, mes amours impossibles... Et cette peinture qui me dévorait lentement.

      Je voyais trop grand... J'étais trop petit...

      Dix ans que j'avais commencé à dessiner, puis à peindre. Je voulais un art grandiose. Un art qui n'existe pas... Qu'avais-je fait de bon ? Pas grand-chose... Ma peinture n'intéresse personne à part quelques toqués comme moi. Mon travail est incompréhensible...

      Mon regard se tourne vers les blés. Le jour où Violette m'avait servi de modèle, elle était assise sur le terre-plein sablonneux que j'aperçois. La dernière image que j'avais d'elle était celle du 14 juillet. Elle tournait énergiquement sur un pas de valse devant la mairie. Mon jeune ami George, que j'avais peint avec un bleuet dans la bouche, la secouait joyeusement dans ses robustes bras de paysan.

      Théo a-t-il reçu mon courrier ? Depuis une quinzaine de jours, je restais silencieux. Je savais qu'il était seul à Paris ayant laissé Jo et le bébé en Hollande. Notre dernière rencontre chez lui à Paris s'était si mal passée... Il était tendu, anxieux...

      Je ne vivrai plus à ses crochets ! Au début de son aide financière, nous avions conclu un contrat moral : « Je t'enverrai tous mes tableaux. Ils te rembourseront, lui avais-je dit. » Je n'en avais vendu qu'un... J'avais compris dans le regard que Jo m'avait jeté ce fameux dimanche dans l'appartement de la Cité Pigalle que j'étais devenu un boulet pour Théo et sa nouvelle famille. Elle avait bien tenté de me rassurer dans un courrier ultérieur. Son regard méprisant me poursuivait sans cesse...

      Un minuscule lézard me distrait un instant. Il me frôle la cuisse, franchit une de mes chaussures, puis disparaît sous une pierre.

    Je me sentais si bien dans ce village... A part Gachet, personne ne connaissait mon passé... J'ai cessé de voir le docteur. Je ne pouvais pas compter sur cet homme pour m'aider. Un malade... Lorsqu'un aveugle mène un autre aveugle ne tomberont-ils pas tous les deux dans le fossé ?

       J'attrape une motte de terre et l'effrite lentement.

    Depuis plusieurs semaines, je redoute une nouvelle crise. Je ne supporterais pas d'être à nouveau enfermé, seul, dans une chambre d'hôpital... A l'hospice de Saint-Rémy, des souvenirs heureux de mon enfance me revenaient constamment. Je revoyais chaque chambre de la maison à Zundert, chaque sentier du jardin, les champs voisins, l'église, jusqu'au nid de pie dans l'acacia du cimetière.

Van gogh - moissonneur dans un champ de blé 90.JPEG

     

      Une image tremblotante s'installe devant mes yeux... La vision de ce faucheur me revenait souvent. Je l'avais peint en plein travail dans un champ en Provence. Il luttait comme un diable en pleine chaleur pour venir à bout de sa besogne. Pourquoi avais-je vu en lui l'image de la mort ? Je m'étais imaginé que l'humanité était le blé que ce petit homme était en train de couper. Pourtant cette mort n'avait rien de triste, elle était même joyeuse car cela se passait en pleine lumière avec un soleil inondant tout d'une lumière d'or fin.

      Un sentiment d'euphorie m'envahit. Le même sentiment que le soir où je contemplais l'église d'Auvers que je venais de peindre. George m'avait fait remarquer que mon église souffrait. Je m'étais planté devant l'édifice. Une bouffée d'allégresse était soudainement montée en moi : je sentais que le toit et les murs déformés de l'église allaient s'ouvrir, la plainte allait se transformer en chant...

 

      C'est le moment... Le petit faucheur m'accompagne...

      Je sors de ma poche l'objet métallique que j'ai dérobé à Ravoux avant de partir.

      Je me lève. Je veux être debout, droit.

      Fier...

      Je perçois au loin un claquement d'aile. Je contemple une dernière fois le ciel. J'y discerne des nuances de ce bleu cobalt que j'aime tant.

      Pardonnez-moi Théo et Moe !

      Le bruit sourd de la balle qui traversait mes chairs me surprit.

      Que les blés sont beaux...

 

 

 FIN

 

 

DSC00044.JPG

 

Vincent Van Gogh, évanoui, trouvera la force de rentrer à l’auberge dans la soirée. Il mourra deux jours plus tard, le 29 juillet 1890 à 1 heure du matin, dans les bras de son frère Théo. Celui-ci, malade et désespéré, décèdera 6 mois plus tard. A l’initiative de Jo, ils seront réunis en 1914 dans le petit cimetière d’Auvers non loin du «  Champ de blé aux corbeaux » peint par Vincent peu de temps avant son décès. Un même lierre recouvre leurs deux tombes.

 

 

 

 

 REMERCIEMENTS

 

       J’ai été heureux de partager avec vous durant 30 longs épisodes l’existence de Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Il m’a beaucoup appris sur lui, sa peinture... une vie tout simplement. J’ai envie de répéter à nouveau ce que lui dit Violette, la jeune paysanne, à un moment du récit : « Vous êtes un homme bien, monsieur le peintre ! ».

Je remercie chaleureusement tous mes amis blogueurs qui m’ont suivi et commenté régulièrement, sans faiblir, du début à la fin de cette histoire. Ils se reconnaîtront facilement. Je n’oublie pas également toutes les personnes qui m’ont fait le plaisir de venir partager avec moi quelques épisodes et me faire connaître leurs sentiments.

J’ai une pensée pour Colette dont les problèmes de santé l’ont handicapée dans la lecture et Marie Claude, non blogueuse, une passionnée de Van Gogh et de peinture.

Vos commentaires ont enrichi cette histoire et ont aidé à une meilleure connaissance de Vincent Van Gogh, cet homme cultivé et sensible, peintre d’un immense talent.

Vous lui avez rendu un bel hommage.

 

                                                                 Alain

 

 

Projet   Mise en oeuvre du projet  1. Le retour de Provence  2. L'auberge Ravoux   3. Un étrange docteur   4. L'installation dans le village   5. Martinez   6. Les marronniers  7. La famille Gachet   8. L'homme à la pipe   9. Le portrait du docteur Gachet  10. L'église d'Auvers  11. Ils viennent... 12. L'art de l'avenir   13. La halte de Chaponval    14. Jo   15. Théo  16. Un travail de forcené   17. La Grenouillère  18. Un nouveau locataire  19. Adeline Ravoux   20. Tom   21. Marguerite Gachet   22. Mauvaises nouvelles   23. Les yoles   24. Cité Pigalle   25. Violette   26. Les gerbes   27. Un 14 juillet   28. Femme nue couchée   29. Champ de blé aux corbeaux   30. Un ciel d'azur

 

 

 

Commentaires

  • Cher Alain

    Merci d'avoir mit un commentaire sur mon blog et surtout je suis très touchée que vous ayez mentionné mon nom dans vos remerciements. Qu'allez vous devenir maintenant que la vie de Van Gogh est terminée ? Quel moment de solitude vous devez ressentir. Mais je sais que vous avez d'autres amours dans la peinture....Alors attendons.... Et toutes mes félicitations pour votre travail qui est une belle réussite très personnel.


    Amicalement

  • C’est sûr que Vincent va me manquer. Je m’étais habitué à cheminer avec lui sur les routes d’Auvers.
    Sa vie s’est arrêtée trop tôt mais ses œuvres sont toujours superbement vivantes. Chère Colette, vous qui montrez inlassablement des œuvres, vous savez bien que les artistes ne meurent jamais.
    Amicalement

  • Ce "FIN" est terrible!!!j'ai horreur de ce mot!!!!! Malgré tout, c'est avec délicatesse et sobriété que tu as terminé l'histoire de ce géant de la peinture et qui doutait sans cesse de sont talent! Bien sur, cet être fragile, sensible s'est replié souvent sur lui-même et les derniers jours précédant l'acte solitaire et l'adieu à la souffrance, n'a jamais eu de vraies joies sauf ses pulsions intenses qui le menaient à réaliser son oeuvre!! L'artiste est souvent solitaire et suicidaire car loin du "troupeau" !!! Ce qui est encore plus terrible c'est qu'il n'est pas mort de suite et que son frère est mort avec la culpabilité de s'être essouflé à le suivre!!! C'est très beau de la part de JO de les avoir réuni!!! Merci Alain, nous t'avons lu jusqu'au bout et nous attendons que tu nous offres de nouvelles écritures!!! BISOUS FAN

  • Théo était déjà malade, mais le geste de ce frère aîné qu’il aimait et avait aidé durant des années le bouleversa profondément.
    Je suis allé plusieurs fois dans ce petit cimetière d’Auvers et les deux tombes couvertes de lierre sont toujours aussi émouvantes. Merci Jo...
    Ouf ! Je vais pouvoir archiver toute mon importante doc et classer les nombreux bouquins et magazines.
    Merci d’avoir suivi cette histoire jusqu’à la FIN.

  • Il n'était pas encore 8 H. du matin quand j'ai lu ton article, beau, sobre, pudique : tu m'as tiré des larmes.
    J'ai dû quelque peu me ressaisir avant de t'écrire ce simple mot :
    MERCI

    Ce fut une belle expérience pour toi, je présume que cette narration ; ce fut en tout cas pour nous un incontournable rendez-vous bi-mensuel ...

    La suite ?

    Vermeer, peut-être ?

    A bientôt ...

  • Désolé Richard de te faire pleurer au réveil !
    J’avoue que je me suis violenté pour écrire ce final. D’autant plus qu’il n’y avait pas de suspens puisque tout le monde connaissait le dénouement.
    L’écriture de cette histoire historique romancée fut effectivement une expérience enrichissante, mais fatiguante…
    Je suis heureux d’avoir partagé avec vous ces deux mois en compagnie de Vincent à Auvers-sur-Oise. Il m’a beaucoup appris. Je ne l’oublierai pas.
    Je te remercie pour tes encouragements ininterrompus et tes lectures quasiment… professorales…
    La suite ? Il y a encore beaucoup de choses à raconter sur la peinture ou sur les choses de la vie en général. Vermeer… J’ai déjà parlé de lui plusieurs fois. Je pense que cela n’est pas fini, mais en moins long… Quoique, on ne sait jamais ?
    Pour le moment, je crois que je vais prendre le temps de digérer cette aventure vécue à deux…
    A bientôt

  • Tout au long de ces trente épisodes tu nous a fait découvrir ce peintre et raconté sa vie avec brio. J'aime aussi ta conclusion remarquable de sobriété puisque, comme tu le fais remarquer, tout le monde connaissait la fin.

  • Je ne pensais pas te faire découvrir Van Gogh, un peintre aussi célèbre qui a déjà été tellement raconté. Il est peut-être l'un des peintres sur lequel on a le plus écrit.
    Il faut dire que la correspondance abondante de Vincent aide beaucoup à le connaître intimement. Outre sa peinture, il était un excellent écrivain.
    Merci pour ta présence constante tout au long de ces épisodes.
    Bon dimanche

  • Merci pour ce dernier épisode écrit avec retenue et délicatesse. C'est un long voyage qui s'achève pour lui...et pour toi également. Van Gogh a pris malgré tout sa revanche en étant devenu cet artiste incontournable que l'on connaît.

    J'ai hâte de voir ce que tu nous réserves pour les semaines à venir...Quel nouvel artiste aura la faveur de ta plume ? Bravo encore pour ton blog qui fait découvrir ou redécouvrir à la néophyte que je suis ces oeuvres connues ou moins connues.

    Bonne journée.

  • Ce fut effectivement un long voyage ! Je n’ai pu modifier le final. Personne n’aurait compris… Heureusement pour les admirateurs de Vincent dans le monde entier, ses toiles restent comme un immense cri de joie devant... la vie !
    Si mon blog peut faire découvrir à des néophytes quelques morceaux de peinture, ne serait-ce qu’un tout petit peu, avec mon faible niveau, j’aurais le sentiment que mon plaisir d’écrire sur l’art est partagé. Cela me suffit…
    C'est gentil de me laisser croire qu'un artiste peut avoir la faveur de ma plume… Pour le moment, ma plume est faiblarde. Il va me falloir du temps pour me remettre de la triste fin que j’ai été obligé d’infliger à mon héros.
    A bientôt Valérie

  • Bonsoir Cher Alain

    Dix ans que j'avais commencé à dessiner, puis à peindre. Je voulais un art grandiose. Un art qui n'existe pas... Qu'avais-je fait de bon ? Pas grand-chose... Ma peinture n'intéresse personne à part quelques toqués comme moi. Mon travail est incompréhensible...

    Il est mort sans avoir compris qu'il a réussi excatement ce qu'il voulait faire
    avec tous les impressionnistes, il a commencé a distiller les formes et les couleurs
    a les recomposer à les faire s'exprimer au delà de la convention.
    Il ouvre ainsi avec eux les portes qui débouchent sur l'art moderne.
    Ce qui m'interroge dans ce destin c'est que ses tableaux sont actuellement parmi les plus chers du monde
    Quelle IRONIE ! Pour un homme qui avait autant de mal a vivre de son art !
    Les Iris ont été vendus a New york 55 Millions de Dollars !!!

    Ta fin est trés belle, trés pudique et certainement assez proche de la réalité

    J'aurai aimé tout en gardant le suicide en FANTASMER une autre
    Celle de l'artiste accompli qui finit son travail par la destruction ultime de la forme et de la matière.
    Mais non ! tu as raison, la tienne est tragique comme le fut sa vie.
    Bravo et encore bravo
    pour ce magnifique travail qui mériterait bien une édition
    a bientôt
    Jacky

  • Merci Jacky pour tes mots. Décidemment, si tout le monde me complimente lorsque je fais mourir le narrateur du récit à la fin, il va falloir que j’écrive des romans policiers !
    Tu as raison, l’ironie est forte entre la vie de misère de Van Gogh et les sommes que ses toiles atteignent aujourd’hui. Cela existait aussi à l’époque de Vincent. Il disait : « Les hauts prix de tableaux dont on entend parler paient le travail de peintres morts qui n’ont jamais été payés ainsi durant leur vie. »
    De toute façon, l’essentiel est que ses toiles donnent du bonheur à ceux qui les regardent. Il aurait été si heureux…
    Je pense comme toi que mon final est proche de la réalité de ce dimanche 27 juillet 1890. Il reflète ce que j’ai ressenti dans les courriers de Vincent et les témoignages de ceux qui l’ont connu. J’ai la sensation que pour lui la mort n’était pas vraiment triste. Il disait lui-même qu’il avait une dizaine d’années pour accomplir une œuvre pleine de cœur et d’amour qui était son unique but. A la fin du récit, je parle d’un faucheur qu’il avait peint dans un champ à Saint-Rémy. Il écrivit à son frère, en septembre 1889, en parlant de cette toile : « J’y vis alors l’image de la mort, dans ce sens que l’humanité serait le blé qu’on fauche. Mais dans cette mort rien de triste, cela se passe en pleine lumière avec un soleil qui inonde tout d’une lumière d’or fin. »
    Il était encore plus proche de l’art moderne dans la recomposition des formes et des couleurs que les impressionnistes. Je te donne une autre phrase parmi les nombreuses qu’il a écrite sur sa vision des couleurs : « Il est évident que pour peindre un ciel étoilé, il ne suffise point du tout de mettre des points blancs sur du noir bleu. Lorsque tu y feras attention, tu verras que de certaines étoiles sont citronnées, d’autres ont des feux roses, verts, bleus, myosotis. »
    J’ai encore fait un peu long... C’est grâce à tes commentaires réguliers et judicieux qui me permettent de préciser certains faits ou pensées de Vincent Van Gogh. Je t’en remercie.
    A bientôt

  • Merci cher Alain, merci votre récit m'a portée, m'a transportée dans la vie la plus intime de Vincent. Il n'y a pas eu de commentaire car chaque épisode a été un moment privilégié pour moi. Presque un recueillement
    un délice. Je n'éprouvais pas le besoin de parler, juste savourer et presque ne pas troubler le récit. J'étais dans la vie quotidienne de Vincent. Sa fin me touche d'une façon que je ne peux exprimée. Une fin simple comme il a vécu, simple, mais forte, volontaire, il est anéanti de douleur. Je ne l'imagine pas autrement. Félicitation pour ce travail énorme, vous voilà arrivé au bout et quelle merveille. Bravo, bravo et merci mille fois. Merci également pour cette pensée à mon égard, j'ai été très surprise et très touchée de cette attention. Comment mieux dire merci après tant de belles choses. A très bientôt ami Conteur.

    Amicalement, Marie Claude

  • Rien que pour ce commentaire passionné, je me dis que ce temps passé en documentation, écriture et recherche d’illustrations de bonne qualité, en valait vraiment la peine.
    Je ne voulais pas faire une monographie de plus, il y en a tellement, mais raconter une période de la vie du peintre comme je la ressentais, l’une des plus riches artistiquement et des plus calme pour l’homme malgré cette terrible fin. Je ne pensais pas faire 30 épisodes mais je me suis pris au jeu et ainsi, en l’espace de deux mois, Vincent est devenu mon ami à jamais.
    Si cet artiste pouvait voir à quel point sa gloire atteint des sommets aujourd’hui comme peintre mais aussi écrivain… On vient même de publier une nouvelle édition en 6 volumes de sa correspondance (chez Actes Sud en français) que j’ai vu au Salon du Livre récemment. C’est une véritable somme reproduisant ses lettres ainsi que de très nombreuses illustrations des peintures et autres œuvres dont il parle. Réservé au riches : 395 Euros. Quand on aime…
    J’ai tenté de faire une fin digne. En tout cas, je suis certain qu’il est mort fièrement comme il a vécu malgré ses périodes de doutes et de douleurs.
    Encore merci Marie Claude pour ces mots qui m’ont touché.
    Amicalement

  • J'aimerais simplement vous dire merci, Alain !
    Merci pour nous avoir raconté la vie de Vincent à Auvers avec tant de délicatesse et de justesse.
    Merci pour toutes les belles illustrations.
    Merci pour l'énorme travail qu'à du être la mise en ligne de cette histoire (y compris les réponses aux commentaires).
    Merci d'avoir été un intermédiaire privilégié entre l'artiste et vos lecteurs.

    Je n'ai pas été aussi fidèle que je l'aurais voulu et parfois, je venais lire furtivement, sans me manifester, mais votre blog reste une de mes étapes préférées sur le net.
    Amicalement

  • C’est vraiment gentil, Lady. Vos mercis me vont droit au cœur.
    Que puis-je dire de plus…
    Je vais continuer. A mon rythme. J’ai de nombreuses idées mais, comme vous le dîtes, c’est un gros travail de recherche et écriture qui prend du temps et de l’énergie, surtout visuelle en ce qui me concerne…
    Mais j’aime cette façon de mettre les artistes et leur travail en valeur. J’apprécie aussi de me replonger dans le contexte historique du peintre et j’apprends ainsi beaucoup de chose que j’ignorais.
    Alors, à bientôt.

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