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VAN GOGH A AUVERS - 20. Tom

 

Suite...

 

Mercredi 25 juin 1890.  

 

 

      Adeline se lève.

      La « jeun-portrait-of-adeline-ravoux-in-green.gife fille en bleu » est revenue poser pour quelques retouches.

      J'ai profité de sa présence pour dessiner un deuxième portrait plus serré d'elle avec une fleur sur la droite.

       La charmante Adeline ne s'est même pas aperçue que je la croquais sur le petit carnet qui ne me quitte jamais. Pour ce second portrait, je sais déjà les couleurs que je vais utiliser. Je le garderai ensuite égoïstement pour moi.

 

 

V. Van Gogh – Portrait d’Adeline Ravoux – juin 1890, The Cleveland Museum of Art

 

adeline-ravoux.jpg

      - J'aime beaucoup votre portrait en bleu, Adeline. Je vous le donne. J'en ferai une copie que j'enverrai à mon frère à Paris pour qu'il voie votre joli visage. Merci pour votre gentillesse. J'espère que vous n'êtes pas trop déçue par ma peinture... Plus tard, vous verrez la toile avec un autre œil et la comprendrez mieux.

      La jeune fille veut prendre la toile sur le chevalet et se couvre la paume des mains de peinture bleue.

- Oh là, jeune fille ! Attendez ! Il faut lui laisser le temps de sécher, dis-je en riant. Vous pouvez aller vous laver les mains maintenant car votre belle robe risque d'en souffrir. Je ne voudrais pas avoir d'ennui avec votre maman.                                                 

              V. Van Gogh – Portrait d’Adeline Ravoux, copie d’après le premier portrait– juin 1890, collection privée

                                                                                        

      Confuse, Adeline sort précipitamment de la salle. Elle manque de percuter Tom qui rentrait de sa journée dans la nature. Sa vareuse était humide et ses chaussures crottées.

      Il se moque :

      - Doucement mademoiselle ! Les femmes me sautent dessus dès que j'arrive maintenant... De vraies tigresses ! Que faites-vous dans notre salle réservée aux peintres ? Ce n'est pas un lieu fréquentable pour les jeunes filles...  

      Satisfait de son humour, il regarde amusé Adeline, vexée, courir vers la cuisine où sa mère officiait. Il entre dans la salle qui était restée ouverte et dépose lourdement son matériel de peintre sur le sol. Il accroche soigneusement le paysage encore frais qu'il transporte et se tourne vers moi.

      Il sursaute en apercevant le portrait derrière moi.

      - Ah ! Je comprends mieux ! Adeline n'était pas entrée par hasard. C'est une coquine !  Elle se fait portraiturer en cachette !

      Il ricane en voyant ma mine ébahie.

      - Je suis heureux de constater que vous aimez les femmes vous aussi, dit-il enjoué. Je me posais des questions à votre sujet, mon ami ! Je suis rassuré maintenant... quoique qu'Adeline soit bien jeune... Elle paraît dix ans de plus sur ce portrait ?

      Il examine de plus près le tableau.

      - Pourquoi posez-vous les couleurs avec cette impétuosité... cette violence ? Ces bâtonnets sur la robe ? Je n'ai encore jamais rencontré de peintre qui peigne de cette façon.

      Perplexe, il fait le tour de mes tableaux accrochés sur les murs. Visiblement, il ne comprenait rien à mon travail.

      - Votre style est déroutant, Vincent... Vous empâtez, couvrez des coins de toile par-ci, par-là, des emplacements restent inachevés... Vous hachurez dans tous les sens. Votre technique n'est pas reposante pour l'œil, mon vieux !

      Je ne réponds pas de suite et le laisse à ses réflexions sur mon travail. J'en profitais pour m'approcher du paysage qu'il venait d'accrocher au mur. Théo m'avait dit dans un courrier qu'il n'avait rien vu du travail de ce garçon qu'il m'avait envoyé. Intérieurement, je me dis qu'il n'avait rien perdu. C'était tout ce que je n'aimais pas : fade, plat, sans relief. Sympathique, mais sans vie.

      - Vous devriez partir en Bretagne, dis-je en me tournant vers Tom. Gauguin a créé une école de peinture à Pont-Aven. Avec lui, De Haan, Bernard et d'autres, vous seriez en bonne compagnie. Je ne désespère d'ailleurs pas de les rejoindre un de ces jours pour peindre quelques marines.

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Vincent Van Gogh – Le château d’Auvers, juin 1890, Van Gogh Museum, Amsterdam

 

      Tom naviguait au hasard des mes accrochages. Je le vois stopper son élan devant une toile que j'avais terminée un soir, fort tard, au soleil couchant : deux poiriers tout noirs contre un ciel jaune de chrome, des blés et le château d'Auvers au fond tout petit dans la verdure sombre. C'était la première fois que j'utilisais un nouveau format de toile d'un mètre sur cinquante centimètres.

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Vincent Van Gogh – Sous-bois avec couple, juin 1890, Cincinnati Art Museum

 

     Dans la même semaine, j'avais peint deux autres tableaux dans ce format : un paysage d'Auvers jaune et bleu vert ainsi qu'un sous-bois montrant des troncs de peupliers violets traversant le paysage comme des colonnes. Un couple se promenait dans la prairie multicolore fleurissant sous les arbres.

      Je voyais Tom hésiter. Il avance jusqu'aux vieilles chaumières que j'avais peintes à Cordeville un après-midi ensoleillé.

      Je ne pus retenir un sourire lorsque je vis son cou s'allonger comme une girafe vers la peinture. Le nez collé sur la toile, il scrutait les détails à la loupe. Il recule d'un mètre, vérifie quelque chose, prend un air pensif et tend le cou à nouveau. Il se retourne, mal à l'aise.

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Vincent Van Gogh – Chaumes à Cordeville, juin 1890, Musée d’Orsay, Paris

 

        - Ces arbres me donnent le vertige... Les chaumières au premier plan sont calmes, placides. Jusque là, tout va bien... Subitement, on ne sait pourquoi, un incendie embrase les toits. Les flammes lèchent les nuages qui semblent pris de folie à leur tour. Vos arbres enflammés ressemblent à des vipères qui cherchent à mordre le ciel ?

      Je ne répondis pas. C'était la première fois que je poussais jusqu'à Cordeville, juste au-dessus du quartier du Montcel. Ces vieilles maisons à toits de chaumes aux tonalités vertes et jaunes m'avaient inspirées. L'odeur entêtante du tas de fumier orangé rajouté en bas de la toile me perturba toute la journée. Le soir, au dîner, je la portais encore sur moi.

      Les mains derrière le dos, Tom marchait de long et large devant la toile cherchant une explication qui ne venait pas. Il s'avance vers moi.

      - Vous n'allez pas me faire croire que vous ressentez les arbres de cette façon, Vincent ? Pourquoi transformez-vous cette végétation pacifique en brasier agressif ?

      Ne recevant pas de réponse, il revient vers la toile, très énervé par mon mutisme.

      - Les tonalités sont douces : vert, jaune... Vous auriez pu laissez la toile ainsi. Non ! Il a fallu que vous rajoutiez sur la couleur tous ces traits qui partent dans toutes les directions : sur  les murs, les toits, le jardinet sur le côté, et les arbres... L'herbe qui rampe devant la chaumière est tailladée ce qui lui donne l'aspect d'un hérisson en colère !

      Il était au bord de l'exaspération. Le Tom insouciant et léger que je connaissais, celui que je voyais de plus en plus souvent poursuivre en riant la serveuse Alice dans les couloirs, était crispé.

      Mon regard ironique le dévisageait.

      Je me décide :

      - Pas facile à comprendre ma peinture, Tom... Comme vous le savez, je suis un avant-gardiste. En dix années de peinture, j'ai assimilé les différentes influences picturales des grands maîtres : Millet, Delacroix, Rembrandt... Ils ont ouvert la voie. Aujourd'hui, je me sers de ce qu'ils m'ont appris et tente, modestement, d'aller plus loin. N'oubliez jamais, Tom... seules la sincérité et l'émotion devant la nature doivent guider notre travail. L'émotion... Celle-ci est parfois si forte que je travaille en oubliant que je peins. Les touches viennent d'elles-mêmes, avec des rapports entre elles, comme des mots dans une lettre.

      Tom ne voyait pas où je voulais en venir. Je continue calmement.

      - Allez ! Dites-le ! C'est laid, négligé, mal peint et mal dessiné ! C'est ce que vous pensez, n'est-ce pas ? Les touches vous semblent discordantes ?... Voyez-vous... lorsque vous êtes placé devant le motif, la précision du dessin n'est pas essentielle. Le vrai dessin, c'est de modeler avec la couleur ! Vous avez remarqué que j'ai remplacé les lignes droites par des segments, le modelé par des bâtonnets. Ce sont eux qui donnent souplesse, ondulation, flexibilité au motif. Dans un portrait comme celui d'Adeline, les bâtonnets sont plus expressifs qu'un modelé habilement fait. Il sont très apparents mais ne détruisent pas l'harmonie générale.

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      Je m'étais approché du portrait d'Adeline pour expliquer par le geste mon argumentation :

      - Tom... Les couleurs... Elles doivent être intenses ! Il ne faut pas faire une harmonie de gris que l'on oubliera vite, mais utiliser la couleur pure sans trop de mélange. Tous ces tons l'un près de l'autre doivent donner l'impression qu'ils se retrouvent bien dans le tableau comme dans la nature.

      Tom, voûté, le dos callé contre un mur, m'écoutait en élève attentif.

      Je reprends :

      - Je pourrais peindre lisse, finement coloré, avec l'élégance des classiques, pour vendre plus facilement. Faire du commerce n'a jamais été mon but dans ce métier, malheureusement à mon détriment sur le plan financier ! Vous avez choisi la peinture pour vous exprimer, Tom. Et bien, soyez vous-même, mon garçon ! Servez-vous de la couleur pour ressentir. Ensuite... vous serez bien.

      Je sentais que mon discours avait dérangé les certitudes de mon ami.

      J'entreprends de ranger mon matériel. Je me redresse un instant en regardant le jeune homme :

      - Copiez Delacroix, c'est mon maître pour les couleurs ! Donnez vie à vos toiles ! C'est ce que j'ai voulu faire avec ces arbres en forme de flamme au dessus des chaumières. Je vous montrerai l'église d'Auvers que j'ai peinte récemment. Elle est dans ma chambre. Je suis certain que vous comprendrez le sens de mes paroles. Inspirez-vous également des estampes japonaises, c'est une bonne école !

      Tom quitte son mur et se redresse lentement. Son visage habituellement enfantin exprimait une réflexion profonde. Toutes mes théories sur la peinture l'avaient déstabilisé.

      Décontenancé, il reprend son matériel sur le sol et se dirige vers la porte. Son regard croise le mien.

      - Je n'ai pas tout compris, mais je retiendrai la leçon, Vincent. Je vous envie... Je n'aurai jamais votre rage...

      Il sortit précipitamment en laissant la porte ouverte.

      Il aperçut Alice préparant le repas du soir et retrouva de suite son allure guillerette.

 

A suivre...

 

 

Projet   Mise en oeuvre du projet  1. Le retour de Provence  2. L'auberge Ravoux   3. Un étrange docteur   4. L'installation dans le village   5. Martinez   6. Les marronniers  7. La famille Gachet   8. L'homme à la pipe   9. Le portrait du docteur Gachet  10. L'église d'Auvers  11. Ils viennent... 12. L'art de l'avenir   13. La halte de Chaponval    14. Jo   15. Théo  16. Un travail de forcené   17. La Grenouillère  18. Un nouveau locataire  19. Adeline Ravoux   20. Tom  

 

Commentaires

  • Wouaouhhhh, comme je frémis devant "Chaumes à Cordeville"!!!! Il n'est jamais facile de travailler la couleur verte et Van Gogh l'a maîtrisé!! Cette recherche en peignant avec des hachures grossières lui a permis le relief et le ressenti de ceux-ci!! On ressent le vent qui balaye toute la végétation et le ciel est superbe de nuages virevoltants au dessus de la fumée qui s'amuse avec!! J'aime peindre aussi à grands coups de pinceaux qui ragent!! dominer la matière pour être apaisé de toutes les mauvaises pensées qui trottent souvent dans la tête!! OH! Vincent, comme je te comprends!!!! Merci ALAIN!!! BISOUS FAN

  • « Chaumes à Cordeville » est le paysage du peintre que je préfère à Orsay. Toute la force, les couleurs et l’originalité de sa peinture se trouvent réunis dans cette toile.
    Dominer la matière pour que l’on oublie la technique : c’était le but de Vincent. Peu de gens à cette époque le comprenait.

  • Une toile que je ne connaissais pas (le couple dans le sous-bois), une qui me transportait et me faisait regretter de ne point avoir d'ailes pour me lancer de la Tour Eiffel et danser dans le ciel de Paris à chaque fois que je la voyais au Jeu de Paume, bien avant Orsay, et une magistrale leçon prodiguée par Vincent : l'épisode du jour est particulièrement brillant !

  • Il aurait été regrettable, Richard, que « Chaume à Cordeville », que moi aussi j’ai connu au Jeu de Paume, t’incite à te briser les os en te lançant de la Tour Eiffel pour danser dans le ciel de Paris. Vincent le mérite, mais enfin... Cette évocation me fait penser à des toiles si poétiques de Chagall.
    Je ne sais pas si Tom aura retenu la leçon mais Vincent a tout fait pour se montrer persuasif. Le problème est que ce jeune homme, comme son ami Martinez, s’intéresse plus aux femmes qu’à la peinture. Qu’y faire ?...

  • bonsoir Alain

    Vincent nous dit l'essentiel en nous parlant de l'émotion
    De l'impression à l'émotion le chemin est balisé
    Nous aurions du les désigner sous le nom d'émotionnistes

    Bravo ! pour cette leçon de peinture

    Jacky

  • Emotionniste, le mot sonne aussi bien qu’impressionniste !
    L’émotion… C’est le chemin le plus direct pour ressentir une œuvre. On peut l’aimer du premier coup d’œil sans la connaître.
    Nos sens parlent différemment suivant la perception de chaque personne. Heureusement, l’on se retrouve souvent lorsque l’œuvre est réussie. L’art n’a pas de frontière et est le plus sûr moyen de réunir les hommes.

  • Heureuse de votre visite chez moi et de vous retrouvez. Ma passion pour Van Gogh n'en finira pas de me donner des joies intenses, quel peintre extraordinaire et vous en parlez avec tant de passion qu'il revit devant nos yeux émerveillés.

    Merci Alain

  • Tiens, Colette ? Vincent et moi ne vous voyons plus souvent.
    Heureusement, Vincent sait que vous restez une de ses fans et vous pardonne. Il est heureux de vous donner un peu de joie.
    Sur votre blog, votre passion pour l’art reste intacte. Quotidiennement, nous voyons défiler à l’écran vos œuvres préférées et nous vous en remercions.
    Bon dimanche Colette

  • Vincent décrivait beaucoup son travail dans ses courriers, surtout en ce qui concerne les couleurs utilisées et leur arrangement sur la toile. Je m’en inspire. Il m’arrive même, souvent, de reprendre ses propres phrases.
    Paul Gachet, le fils du docteur, ainsi que beaucoup d’historiens et écrivains, parleront également du style si particulier du peintre.
    Muni de cette documentation, l’on peut ensuite regarder le tableau calmement et le décrire avec ce que l’on ressent intimement. Il faut prendre son temps et le laisser pénétrer en soi. Il parle…
    L’imagination fait le reste…

  • Merci Vincent.
    Bonne journée.

  • Enfin !!!!! J'ai tout lu (et suis même pas essoufflée neuronalement parlant). Tu vois, ce qu'il y a de bien avec le retard, c'est que ça nous permet de lire d'une traite un sujet qui paraît en p'tits bouts... les feuilletons, j'ai toujours tendance à vouloir voir la suite dans la foulée (infaisable évidemment, autant en vidéo qu'à la lecture)
    Ce portrait d'Adeline et de son peintre est bien sympa (les mains "bleues", cela aurait pu tout de même changer l'aspect du tableau pas encore sec non? Si ça se trouve, c'est arrivé et Vincent est précurseur de l'Art contemporain et de ses écoles que je qualifiais gamine d"accidents volontaires de création" (souvent, ça donne des trucs plus qu'intéressants)
    Ravie d'avoir enfin le temps de déposer quelques bafouilles ici, c'est très rare ce genre de répit en ce qui concerne mes journées surchargées...
    Bravo encore pour l'écriture mon grand, franchement, tes créations "sur le thème de" et dans la tête des peintres... j'aime (gamine encore une fois, je me plantais devant une oeuvre, ou écoutait un morceau en me demandant dans quel état d'esprit était son créateur et ce qui avait motivé son choix... ça m'est toujours restée)

  • Il est certain que Vincent est bien un des précurseurs de l’art contemporain, incompris à son époque.
    Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’accidents de création chez lui car tout était pensé, calculé. Il laissait peu de place au hasard malgré la vitesse avec laquelle il peignait.
    Moi aussi, je tente de comprendre les choix du peintre au moment de la création. Mais peut-on expliquer le monde intérieur des artistes, ce qui fait leur originalité ? Comme je le disais à Louvre-passion, il faut prendre le temps d’étudier une œuvre. Malheureusement tout va trop vite dans notre époque moderne. Les légions de touristes qui visitent les musées le font au pas de charge pour tout voir et, en fait, ils ne voient rien.

  • Bonsoir Alain

    Je suis d'accord avec le dernier commentaire
    J'ai toujours cru, qu'inventer, c'était voir la même chose
    que tout le monde... Mais .. penser autrement.
    Vincent est un impatient.....
    Il sait que son chemin est unique mais c'est un modeste
    alors il doute.
    J'ai acquis l'intime conviction qu'il savait dès le départ ?!
    Son entourage immédiat avait compris.
    Vincent c'est autre chose que de l'art
    C'est un coeur battant sur les mystères universels
    A la fois, une porte et une clef vers l'immense
    Aprés avoir dévoré ses lettres et la qualité incroyable de son écriture
    Je suis subjugé par la profondeur de cet être magnifique

    Jacky

  • C’est sûr que Vincent doutait, j’allais dire comme tout le monde. Percevait-il que son chemin était unique ? Certainement car il se rendait bien compte, comme beaucoup de grands artistes, que son aventure, son style et sa façon de percevoir les choses étaient différents des autres. Cela l’effrayait et le renforçait dans ses convictions.
    Tu dis : « Vincent, c’est autre chose que de l’art ; un cœur battant sur les mystères universels ; à la fois, une porte et une clef vers l’immense ». C’est très bien dit et l’art peut effectivement transcender. Ce sont de vraies interrogations qui peuvent mener loin… Pauvres humains que nous sommes ? Je repense à une phrase d’un penseur : « Ce qui différencie les hommes des animaux c’est de savoir et, surtout, de savoir que l’on sait. » Sait-on vraiment beaucoup de choses ?
    Voilà que l’on philosophe…
    C’est vrai que les lettres de Vincent sont très belles. Nous le voyons sous un jour bien différent des discours que l’on entend habituellement sur lui.
    Merci pour ton intéressant commentaire qui m’a incité à une longue réponse.

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