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Béatrice Hastings - MODIGLIANI Amedeo, 1916

 

La belle anglaise

 

 

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Amedeo Modigliani - Madame Pompadour (Béatrice Hastings) 1915, Art Institut of Chicago, Chicago USA

 

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     - Reste de face ! Et ne bouge plus ! Je n’arriverai jamais à te croquer…

     Je reprends la position en m’efforçant de rester tranquille. J’avais besoin d’alcool.

     - Sers-moi un verre de vin, dis-je impatiente !

     Amedeo se lève, remplit mon verre à ras bord et finit le reste de la bouteille au goulot. Il se rassoit devant la toile et reprend son travail. Il avait insisté pour me peindre avec ce corsage à carreaux bleus que je ne mettais plus depuis longtemps.  Chaque jour, lorsqu’il arrivait, je l’enfilais pour prendre la pose.

     Sa main reste étonnement ferme malgré la boisson. Je le sens inquiet. Il sait qu’il doit rentrer dans son appartement atelier du boulevard Raspail…

 

Amedeo Modigliani - Portrait de Béatrice Hastings au corsage à carreaux 1916, Galerie Achim Moeller, New York

    

     Il pose ses pinceaux, me jette un sourire contraint et sort en claquant la porte violemment.

     Je le regarde s’éloigner par la fenêtre. Je n’en peux plus de nos disputes incessantes. On est ensemble depuis bientôt 18 mois…

 

    

      Au tout début de notre rencontre, j’adorais mon bel italien. Il s’était rapidement installé dans l’appartement que je louais au 53 rue du Montparnasse depuis mon arrivée à Paris1769697095.jpg au printemps 1914. Ses amis me disaient que ma présence l’avait assagi. Il buvait moins. Lorsqu’il ne buvait pas, c’était l’être le plus gentil du monde, doux, attentionné, aimant. Le soir il rentrait à des heures régulières et nous vivions comme un couple normal. On s’aimait jour et nuit. Il ne sculptait plus. Ses poumons tuberculeux ne supportaient pas la poussière. Il me peignait souvent dans son style inimitable : des portraits vus de face ou légèrement de trois quart. On était heureux.

     Puis, progressivement, l’alcool avait repris sa place habituelle dans son être fragile. Il buvait beaucoup et rentrait ivre. La violence s’installa. Il s’emportait pour des choses sans importance, déchirait ses toiles, me faisait des scènes terribles en hurlant. Je me mis à boire également. Je lui crachais au visage des injures en anglais qu’il ne comprenait pas.

      La drogue amplifia les effets de la boisson. Le haschich… puis la cocaïne quand il arrivait à vendre quelques toiles. Cela le calmait un moment, puis l’agressivité reprenait. Un jour, fortement imbibé de vin et de drogue, il voulut me jeter par la fenêtre.

  

Amedeo Modigliani - Portrait de Béatrice Hastings 1916, Barnes Fondation, Merion USA

    

      Il était terriblement jaloux. Cette robe noire ? Je l’ai gardée… Un soir, nous devions nous rendre à une des nombreuses soirées qui animaient Montparnasse. Je n’avais que cette petite robe noire à me mettre. « J’ai une solution me dit-il ». Il attrapa des pastels et me dessina des fleurs sur le tissu, à même le corps. C’était superbe. Au cours de la soirée, tous les hommes se pressaient pour m’inviter à danser. Amedeo ne dansait pas. Il s’installait au bar et se saoulait en me regardant. Un jeune homme blond se montra entreprenant avec moi. Il se jeta sur lui. Il me voulait toute entière à lui.

     Alors, je lui avais interdit mon appartement. Il cognait parfois le soir à ma porte, titubant. Il suppliait que je lui ouvre ou il criait : « Donne moi de l’argent que j’aille boire ». Puis il s’allongeait devant la porte et dormait ainsi.

 

    

     Je saisis mon verre de vin et le vide dans l’évier. J’ai assez bu aujourd’hui… Il est enfin parti ! Je lui accorde encore quelques séances de pose dans la journée. Je n’ose pas lui refuser. Une flamme folle le consume et il a besoin de moi. Il m'aime toujours. Une ivrogne… Je suis devenue une ivrogne… Comme lui…

     Je range son matériel de peinture, me dirige vers la chambre et m’écroule sur le lit. Excitée par le vin, fatiguée par la longue séance de pose, le sommeil ne vient pas. Notre première rencontre…

                                                         

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Amedeo Modigliani - Portrait de Béatrice Hastings 1915, Art Gallery of Ontario, Torento, Canada

 

     Le soleil éclaboussait de ses rayons la terrasse de La Rotonde ce jour de juillet 1914. J’étais attablée avec Ossip Zadkine un sculpteur que j’avais connu dans une soirée. L’air était bouillant.

     Je le vis. Il circulait de table en table, un bloc de papier à dessin à la main. Parfois, il s’asseyait devant un couple, poussait les verres, commençait leur portrait sans leur demander leur accord, en chantonnant. Il déclamait aussi de la poésie en italien et en français. Du Dante ? En quelques minutes, le couple était dessiné d’un trait impétueux. Il tendait la feuille de papier à la femme : « Offrez-moi un verre de vin et le dessin vous appartient ! » Il buvait son verre et repartait  vers d’autres tables sourire aux lèvres.

   Il refit le même manège à une table voisine de la nôtre. Il lança à l’acheteur : « Modigliani ! Juif ! Cent sous ! ». Il rafla prestement son argent.

     Je l’observai à distance. Il était très beau. Un profil grec, des cheveux noirs bouclés coiffés à la diable. Par cette chaleur, sa veste et son gilet de velours ne semblaient pas le gêner. Une longue cravate accrochée de travers le suivait.

     - Modi, viens !

     Zadkine appelait l’homme amicalement. Celui-ci se retourna et reconnut mon compagnon de table. Il vint vers nous. Son pas était incertain. Il me regarda.

     - Béatrice Hastings, dit Zadkine en appuyant sa main sur mon coude ! C’est son nom de plume. Moi, je préfère Alice, son vrai prénom. Cette délicieuse jeune femme est une poétesse anglaise. Elle vient d’arriver à Paris et a eu la chance de me rencontrer… Elle travaille comme journaliste pour le New Age à Londres et leur fait parvenir des poèmes et des articles sur la France. Assis-toi, ami ! Je t’offre un verre ?

     L’homme s’écrasa lourdement sur la chaise et posa son bloc sur la table.

     - Amedeo Modigliani, lança-t-il en me fixant l’œil enjôleur ! Modi pour vous ! Je suis le plus grand peintre de Montparnasse ! Pour vous servir, mademoiselle !

     Son haleine sentait la vinasse.

     - Ne restez pas avec ce sculpteur, il ne sait pas s’occuper des femmes, envoya-t-il à haute voix en riant bruyamment.

     Il attrapa son crayon et commença à me dessiner. Libion, le patron du café, apporta du vin en boitant. Il connaissait bien les artistes qui passaient beaucoup de temps chez lui car il n’attendit même pas la commande.

     Le geste était rapide et sûr. Quelques minutes plus tard, il me tendit le portrait. Je remarquai que ma tête était déformée, caricaturale, mon buste tout en longueur.

     - Vous aimez ? Je ne fais que des portraits. Pour moi, le bonheur est un ange au visage grave comme le vôtre… Si cela vous tente je peux vous montrer mes œuvres dans mon atelier boulevard Raspail. C’est à côté, prononça-t-il en rougissant légèrement.

     J’y suis allée…

 

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     Impossible de dormir. Je me lève, me fais un café et m’assois sur le tabouret encore chaud de la présence d’Amedeo. Aux murs, plusieurs portraits peints à l’huile sont accrochés. La plupart me représentent. Toujours la même expression : vu de face, le cou est allongé, le regard vide. Les têtes s’inclinent comme des fleurs trop lourdes sur leur tige. La couleur est légère, réservée.

     Etonnante peinture ? De tous les peintres de Montparnasse que je connaissais, lui seul peignait de cette façon stylisée. Troublant… Une vie intense se dégageait de ces toiles dépouillées.

     Je n’avais accepté qu’une fois qu’il me dessine nue. Il aimait les courbes des corps de femmes. Une femme nue qu’il avait peinte récemment je ne sais où était accrochée dans un coin de la pièce.

 

Amedeo Modigliani - Béatrice Hastings, 1915, collection privée   

     

      Elle est étendue lascivement sur un sofa. Je m’approche d’elle et caresse sa cuisse du bout des doigts. Une onde sensuelle me parcourt. Je contourne lentement la courbe ovale des hanches, le creux très marqué de la taille. Je remonte vers la poitrine, les épaules, le cou. Sa tête s’appuie sur sa main. Je caresse sa bouche pulpeuse. Ses yeux noirs en forme d’amande me regardent étrangement.

      Elle ressemblait à un jeune animal pervers…

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Amedeo Modigliani - Almaiisa 1916, collection privée

    

      J’ai revu Amedeo en janvier 1917 chez Marie Vassilieff. Nous étions déjà séparés depuis 6 mois. Tous mes amis artistes étaient présents : Apollinaire, Max Jacob, Matisse, Picasso, Gris… Marie donnait une fête en l’honneur du peintre Braque. Mon nouveau compagnon, le sculpteur Alfredo Pina m’accompagnait. Amedeo, qui n’était pas invité, arriva et me récita du Dante à l’oreille. Alfredo, vexé, s’interposa et la soirée tourna au pugilat. Seul Matisse tenta de calmer tout ce monde. Amedeo fut jeté dans la rue. 

     C’était notre dernière rencontre.

                                                                                                                                         Alain

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     Béatrice Hastings était belle, cultivée, poétesse et journaliste de talent. Elle retournera en Angleterre, continuera à écrire, publiera quelques livres jusqu’à son décès en 1943.

  

 

    

 Amedeo Modigliani rencontrera en 1917 Jeanne Hébuterne, jeune étudiante en art de 18 ans. Ils vivront un amour fou qui finira dans le drame. Modigliani, malade, mourra à 36 ans le 24 janvier 1920 et Jeanne inconsolable se suicidera le lendemain. Les deux amants sont réunis aujourd’hui pour l’éternité  au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

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Commentaires

  • Alain,
    Ayant lu votre gentil "com" sur mon bog. Je me suis dirigée vers le votre, et surprise: "Amédéo m'attendait" ...Quel délice toujours de vous lire, poète que vous êtes....!

    J'apprécie tellement votre façon de présenter les choses que je les ais imprimées ? Ainsi je peux les relire quand je le veux plus facilement. Car je partage l'ordi avec mon mari et, ne peux pas l'approcher toujours quand je le désire.

    Cordialement, Colette

  • Une fois encore, un très beau texte. J'aime sa sobriété : à peine sont esquissées les heures terriblement difficiles du couple. Nul besoin de description détaillée : en quelques termes précis, judicieusement choisis, tu as tout dit de ces scènes à répétition, de cette séparation, inévitable, et de la fin, dramatique, de l'artiste et de sa dernière jeune compagne ...

    J'ai aussi beaucoup apprécié le balancement entre l'emploi des verbes aux temps du passé en opposition avec ceux au présent, ponctuant en fait cette technique (cinématographique aussi) du constant aller et retour dans le temps, entretenant une sorte de palpitation et de suspense; et ce, malgré qu'on en connaisse l'épilogue ...

    Bravo. Vraiment ...

  • J'oubliais un point, d'importance : ton choix des portraits de Béatrice.
    J'ai été sensible aux parallélismes : le côté sombre du troisième, par exemple, quand tu évoques la boisson, la drogue, les scènes entre les deux amants. Et, plus fascinant encore, l'éclatant quatrième portrait, balançant entre ocre et jaune, en prémices à ton paragraphe commençant par : "Le soleil éclaboussait de ses rayons la terrasse de la Rotonde ..."

    Cela aussi, c'est de l'art ...

  • Réponse à Colette :

    Je suis vraiment heureux que mes nouvelles vous plaisent au point de les imprimer pour laisser l’ordi à votre mari. Ah ces hommes !
    Modigliani est un peintre que j’apprécie beaucoup dans les modernes. Ses peintures dégagent une grâce particulière, quelque chose d’étrange, que seul un talent exceptionnel peut donner.
    Une vie trop courte...

  • Réponse à Richard :

    Comme toujours Richard tu as trouvé les mots justes et parfaitement compris ce que je voulais exprimer.
    Ce peintre me touche. Comme je le dis à Colette, il dégage quelque chose d’inexprimable que l’on ressent lorsque l’on est devant une de ses toiles. Difficile à expliquer… Cet homme avait une folie en lui... L’amour de Béatrice Hastings le calma pour peu de temps. Mais la maladie, l’alcool et la drogue étaient les plus forts.
    Bien vu pour l’ordre des tableaux même si je les place souvent à l’instinct.

  • Quelle magnifique promenade encore une fois, Alain !
    Je ne connaissais pas l'histoire de Modigliani avec Beatrice Hastings ... je l'ai donc découverte sous votre plume, et je vous en remercie!
    Comme toujours, c'est fin et au plus près des oeuvres ...
    Merci aussi, d'avoir mis le nu sensuel, au milieu des dames à long cou, plus connues, et merci pour le petit résumé final.
    Un vrai plaisir de lecture combiné à une jolie découverte ... vous êtes un peu magicien, comme ces artistes, dont vous parlez si bien, Alain !

  • Magicien, c’est beaucoup Lady ! J’aime les gens dont je parle. C’est simplement le plaisir de faire revivre un peu ces personnages qui sont passés avant nous. L'histoire me plaisait plus que les maths à l'école.
    Et puis je remercie ces artistes qui ont laissé une petite trace dans l’infini de l’art… Tiens c’est pas mal ça ?… Quand pense la poétesse de talent que vous êtes ?
    Il est vrai que Béatrice Hastings est moins connu que Jeanne Hébuterne, le dernier amour du peintre. Leur histoire est racontée dans le film américain de 2004 « Modigliani » de piètre qualité à mes yeux, trop hollywoodien. Jeanne est interprétée par l’actrice Elsa Zylberstein.
    « Modi » a fait de très beaux nus de Jeanne, mais je ne pouvais les montrer mon histoire se passant plus tôt, en 1916.

  • Modigliani est un de mes peintres favoris...parce qu'il est pour moi un des symboles de la bohème des années Montparnasse...je suis très sensible au côté romanesque de sa vie . Tous ses visages de femme sont empreints d'une mélancolie et d'un mystère qui me touchent.
    Comme toujours, tu as su m'emmener dans un univers Merci.
    Amitiés
    Edith

  • Cette période a été un moment artistique rare. Que de talents (littérature, sculpture, peinture) se trouvaient réunis à Montparnasse dans ces années du tout début du 20e siècle ! Ce coin de Paris était encore presque un village. Nostalgie… Je suis né presque à côté, un peu plus tard quand même, et mon Montparnasse de jeune homme avait déjà bien changé.
    Modigliani a côtoyé tout ce beau monde et sa vie fut effectivement romanesque. Mais à côté de ce panache de bel italien qui ne peignait pratiquement que des femmes, que de souffrances et de difficultés pour vivre. Et la maladie.
    Il a vécu de façon intense mais très courte. Je pense souvent à Van Gogh. Ils sont morts pratiquement au même âge. Mais leurs destins ne sont pas comparables.
    J’ai lu tes vacances espagnoles et Cadaquès que j’ai connu aussi autrefois lorsque je faisais de la plongée au Club Med proche. Pour le Alain qui te visite je te mets trois mots sur ton blog.
    Amitiés

  • C'est toujours aussi bien raconté et on peut presque vivre cette vie d'artiste tourmenté. Je connaissais un peu Modigliani de nom, quelques oeuvres mais rien de sa vie ni le personnage de Béatrice Hastings. Et puis Alain nous faire revivre ce Montparnasse du siècle dernier avec sa "faune" d'artistes.
    Merci à toi pour ce récit qui est aussi instructif.

  • Je suis obligé sur si peu de lignes de concentrer un bout de vie de cet artiste d’exception.
    Evidemment, il y aurait beaucoup d’autres choses à dire et à montrer.
    Mais bon ! Je sens que tu as apprécié l’atmosphère des années Montparnasse, la gouaille de « Modi », la qualité de son style inimitable et la beauté de Béatrice qui l’a accompagné bien peu de temps.

  • Quelle buse ! nan mais quelle buse !!! Alors là... je m'étais inscrite au fil des commentaires pour être "bipée" quand il y aurait un nouvel article... Tu penses que c'te potiche d'intelligence artificielle a encore fait des siennes... (qui a appelé ça "intelligence artificielle" d'abord ? Je serai curieuse de connaître le coco)
    Pas reçu la queue d'un avis de com... et ce pour tous les articles que j'ai floppé! Là, pour le moment, je manque de temps (et les allumettes dans les paupières, ça aide pas trop vu l'heure...) Mais promis, demain je m'y colle (enfin, s'y coller, ça ne vaut que lorsque que c'est un pensum, ce qui est loin d'être le cas chez toi mon grand hé, hé)
    Encore pardon pour avoir tout loupé (je t'évite les cheveux arrachés et les cendres sur la tête, ça fait un peu trop tragédie grecque... vu mon répertoire, ça risque de choquer hé, hé) et à demain donc... Je file faire du plat à Morphée.
    Bises Alain et j'espère que tu mettras moins de temps à recevoir ton catalogue que moi (j'ai attaqué la deuxième phalange des doigts en l'attendant celui-là !)

  • On se calme ! Il faut te reposer pour pouvoir apprécier en toute sérénité mes articles. Cela demande un peu de concentration, même s’ils sont, je pense, facile à lire. Ah je n'ai pas le même style imagé que toi !
    Bonne journée. J’attends avec impatience tes commentaires éclairés.

  • Bonjour Alain, je viens de découvrir votre blog par le biais de Colette, amoureuse de la peinture!! Je pense que je vous ai reconnu, votre style, votre talent, votre passion pour expliquer les artistes et votre préféré WERMER me font dire que vous êtes ALAIN du forum de wanadoo, au temps où nous papotions sur celui-ci!! Ais-je raison?? Je suis ravie si c'est vous qui avez crée ce blog, je vous insère dans mes blogs de qualité et si vous n'êtes pas le ALAIN auquel que je pense, je vous insère tout de même!!Vous avez du talent, monsieur!! Amitié FAN olgafg

  • Je reviens, t'inquiètes... je suis un fil, mais je veux lire "vraiment" l'article, tu me connais... Par contre ça attendra demain, si possible après ma rédaction pour le Dialogue des Carmélites (ouf !)
    A plus, j'ai voulu tâter de la bronzette (le flacon d'écran total y est quasiment passé en deux jours) j'ai dû paumer au moins cinq litres de flotte, vais me ré-hydrater sous la douche avant de faire dodo (ça assomme de ne rien faire hé, hé)

  • Que c’est bon le soleil ! Pour une fois qu’il est là… Pas trop d’écran total si tu veux ressembler à une égyptienne !
    A bientôt.

  • Réponse à Fan :

    Bravo ! Vous avez du flair, je suis bien cet Alain ! C’est sympa de retrouver des anciens du forum des arts sur lequel nous avions des discussions intéressantes et de qualité sur nos passions communes.
    Et effectivement Vermeer était déjà mon peintre préféré. Je me souviens du nom d’Olgafg que je trouvais difficile à prononcer.
    L’avantage du blog maintenant est que l’on peut s’exprimer autrement et surtout montrer les œuvres. Je viendrai voir le vôtre qui, lui aussi, parle et montre des tableaux.
    Amicalement

  • Quelle aventure ! Pas seulement amoureuse, peu s'en faut même... ça tient de l'héroïsme d'avoir tenu avec cet artiste (mais je crois que pas mal de ceux-ci et pas qu'en peinture ont un caractère bien trempé (euphémisme hé, hé)
    Le contexte... la narration, je voyais presque l'époque des Rougon Macquart si tu vois ce que je veux dire... Gervaise... Nana... l'alcool etc...
    J'aime bien cette tranche de vie romancée sous ta plume... l'autobiographie (enfin le morceau) passe mieux et dure plus longtemps de cette manière moins professorale..
    Un peintre que j'aime bien, je connaissais certains trucs, et en bonne réactionnaire face à l'autorité parentale... ma mère détestant tout ce qui ne ressemblait pas au calendrier des postes question illustration... je me devais d'apprécier ce peintre maudit parmi tant d'autres...
    Bises Alain, et merci pour cette vision de l'artiste par les yeux de son amante-modèle.

  • Un truc... qui me turlupine... je n'y connais rien... mais j'ai remarqué qu'il peignait souvent des yeux asymétriques ou tout du moins un œil "aveugle" ou blanc et l'autre sans pupille... est-ce gratuit... On dirait presque des masques pour la carnaval vénitien, je sais qu'il vient de la botte célèbre... mais tout de même... on dirait presque des "marottes" comme disais ma mémé pour décrire des marionnettes ou des poupées (celles de porcelaine, me fichaient les jetons quand j'étais môme... enfin celles que je voyais chez la vieille voisine, j'ai toujours détesté les poupées... ça doit signifier quelque chose hein Siegmund ? hé, hé)
    Re-bises virtuelles et je file (avant d'avoir encore un PS à rajouter...hé, hé)

  • Quand je te disais que je faisais ça façon feuilleton dans les quotidiens hé, hé... Tu veux avoir un moment qui te coupe le sifflet, comme bibi.... t'écoutes le final du Dialogue mis sur l'article d'aujourd'hui, j'ai du mal à m'en remettre (mais chut, ça fait désordre pour une dragonne hé, hé)

    Re-re-bécots virtuels

  • Décidemment, tu écris comme une mitraillette !
    C’est vrai qu’il y a un côté Rougon-Macquart dans cette histoire que j’ai contée.
    J’ai vu en début d’année l’expo « Les heures chaudes de Montparnasse ». A cette époque, ce coin était une ruche ou des artistes de tous les pays venaient travailler (écrivains, peintres, sculpteurs). Les fêtes étaient constantes. C’était la bohème.
    Malheureusement pour lui « Modi » buvait beaucoup trop et, avec la drogue, cela précipita l’échéance de sa maladie.
    Béatrice Hastings a fait un bout de chemin avec lui mais c’était trop dur. C’est surtout la dernière, Jeanne Hébuterne, qui en a le plus bavé, au point de préférer mourir avec l’enfant qu’elle portait que de vivre sans cet homme.
    Modigliani avait un talent fou. Les yeux des modèles de ses tableaux sont souvent inexpressifs, vides. Pourquoi ? C’était son style : très dépouillé pour les couleurs et les formes. Expliquer l’art… Difficile… Même Freud aurait des problèmes.
    Ce final du Dialogue est effectivement superbe ! Je ne suis pas porté naturellement vers l’opéra mais j’avoue qu’une émotion intense se dégage de ce décor, des couleurs, des silhouettes fragiles de ces femmes, de la musique unie aux voix. Merci de me l’avoir fait découvrir.

    Conclusion : C’est l’émotion personnelle ressentie devant une œuvre artistique qui fait qu'elle nous plaise. C’est profond. Pourquoi aime-t-on le Dialogue des carmélites en opéra, ou, en peinture, les femmes de Modigliani aux yeux tristes et Vermeer (dont j’ai conté une visite d’expo en 4 épisodes) et sa « Dentellière » aux doigts si fins ? Et le David de Michel-Ange…

  • Bonjour Alain, je suis ravie de votre réponse, j'ai tenté d'insérer l'adresse de votre blog sur le mien et je n'y arrive pas GR....je vais retenter!!! Amitié FAN

  • J'espère Alain que vous avez pu jeter un oeil ou deux sur le blog de fanfg!!!! J'ai lu cette belle histoire d'amour d'Amedeo avec cette anglaise, mais déjà, à cette époque, il était sous l'empire de la drogue et alcool et étant tuberculeux, ce n'était pas pour le guérir!!! Lorsque j'ai commencé à m'intéresser aux artistes peintres, j'étais bien sur amoureuse de ce bel italien et de sa peinture dont je ressentais toutes les vibrations de la souffrance!!Influencé par l'art africain (moi aussi) et connaissant sa tragique histoire d'amour avec Jeanne, aussi belle qu'il était beau!! J'ai su que j'allais sur mon chemin de l'art, n'être attiré que par les "maudits" tant que les peintres, poètes, écrivains et autres artistes connus ou méconnus!!
    Malgré tout, avec la sagesse de l'âge, il est des personnes passionnées mais "tranquilles" qui savent me séduire!! Amitiés FAN

  • La connexion ne fonctionne pas avec le lien : fanfg.canalblog.fr. J’ai pu y aller en remplaçant fr par com.
    Ce blog est intéressant pour faire connaissance avec l’histoire de l’art. Il est à recommander pour ceux qui veulent s’instruire dans ce domaine. On en a bien besoin dans notre société où l’art est si peu enseigné.
    Pas besoin d’être « maudit » pour être un grand peintre, même si parfois les difficultés de la vie peuvent forcer une personne à s’exprimer totalement. Les « tranquilles » comme tu dis savent séduire également car ils prennent le temps de faire les choses, de travailler dans le calme, l’esprit libéré. Heureusement qu’il n’y a pas que des Modigliani !

  • Merci Alain de ta visite sur le blog de fanfg!! Oui, j'avais réalisé une maquette "antisèche" de l'art en espérant être publié!! je n'ai eu que peu de réponse des éditeurs car un livre d'art revient très cher et les démarches pour la permission des oeuvres est fastidieuse!! Bref, puisque les blogs existent, j'ai donc décidé de partager mon travail gratuitement!! J'ai fais des rencontres sympathiques grâce à celui-ci et des talents que j'aime faire connaître!!! Mais je pense reprendre les pinceaux car il y a un certain temps qu'ils m'attendent!!!
    Oui, il y a des artistes "tranquilles" qui savent séduire mais je n'en connais pas beaucoup!! quels sont leurs noms?? FAN

  • Je suis au courant que l’édition d’art revient très chère et intéresse peu les éditeurs si l’on n’est pas un technicien de l’art : historien d’art, conservateur de musée, journaliste spécialisé. Et puis c’est du commerce…
    L’intérêt du blog, c’est la liberté. Et cela n’a pas de prix.
    Quand aux artistes « tranquilles » ? J’en citerais quelques-uns rapidement, sans être certain qu’ils étaient si tranquilles que cela : Vermeer pour ses silences, Steen pour son humour, Raphaël et sa grâce, Monet et sa lumière, Berthe Morisot ma femme peintre préférée, Renoir le peintre de la joie de vivre, le joyeux Signac, Matisse peut-être et… beaucoup d’autres.

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