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29 avril 2008

Les Nymphéas - MONET Claude, 1922

 

Un aquarium géant

 

 

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     - Tu es encore là à t’esquinter les yeux à cette heure ? Le médecin t’a pourtant bien recommandé de ne plus faire d’efforts avant l’opération. Tu n’es pas sérieux !

     - Blanche, viens m’aider !... Passe moi le tube de vermillon !

607635301.jpg   Monet était grimpé sur l’escabeau qui lui permettait d’atteindre le sommet d’un immense panneau. Il atténuait par des frottis de touches orangées claires le rouge vif des pétales d’un nénuphar en bouton posé sur l’eau.

     - Je ne peux m’arrêter Blanche. Il y a encore tellement à faire. Les 19 panneaux sont pratiquement terminés mais je ne suis pas satisfait de certaines parties.

    Le peintre sortit un mouchoir et s’essuya le visage qui avait été éclaboussé par des gouttes de peinture.

     - Il faut que cela soit parfait. Georges Clemenceau m’a offert deux salles à l’Orangerie à Paris pour recevoir ces panneaux. Tu imagines… deux grandes pièces arrondies dont les murs seront entièrement recouverts de mes Nymphéas… J’en ai fait don à l’Etat, je ne peux décevoir !

    - Décevoir ? Quel cadeau fabuleux tu fais à ton pays ! Une vingtaine de panneaux… Tu travailles inlassablement au bord de l’étang par tous les temps depuis des années… et tu parles de décevoir ? Vieux fou ! Cesse de retoucher sans arrêt ces toiles. Elles sont finies. Avec ta mauvaise vue ces modifications continuelles vont bien arriver à leur faire perdre toute fraîcheur. Allez, viens mon ami, il est tard !

    Le vieil homme descendit avec précaution de son perchoir et posa sa palette et ses pinceaux sur un guéridon. Il s’avança vers sa belle-fille Blanche Hoschedé-Monet et lui pinça gentiment la joue.

     Elle le regarda avec inquiétude. Depuis la mort de son mari Jean, le fils du peintre, elle vivait seule avec Claude Monet, cet homme veuf de sa mère Alice depuis déjà onze années. Elle était doublement sa belle-fille par sa mère Alice Hoschedé-Monet et son mari Jean Monet. Elle aimait tendrement le peintre qu’elle connaissait depuis son enfance. Elle s’occupait de lui et veillait à ce qu’il puisse pratiquer son art sereinement.

     - J’ai peur ma fille, dit-il d’une voix fatiguée. Ma vue décline de jour en jour. Je discerne mal les couleurs. Je ne saisis plus la réalité de la nature. J’ai passé ma vie à analyser la lumière, la démêler, la dissocier pour mieux comprendre son rendu sur les couleurs. Seule la couleur est importante, Blanche ! Aujourd’hui, elle m’échappe… Ce maudit voile jaune qui obscurcit mes yeux…

    Blanche, habituée aux plaintes de son beau-père, lui prit le bras et l’entraîna vers la sortie de l’atelier dont la vaste verrière commençait à s’obscurcir.

     - Arrête de te torturer l’esprit, dit-elle en lui souriant ! Le docteur a dit que ta cataracte n’était pas irréversible. L’intervention se pratique couramment à notre époque et il est très optimiste sur son résultat. Dans quelques mois tes yeux auront retrouvé une nouvelle jeunesse.

     - Oh, tu sais, même si ma vue s’améliore, mon corps restera ce qu’il est devenu ! Celui d’un vieil imbécile qui peine de plus en plus à rester des heures debout devant ces trop grands panneaux. C’est une folie. C’est au-delà de mes forces de vieillard. Je voudrais tant arriver à rendre ce que je ressens…

     Monet stoppa sa marche soudainement avant que le couple n’atteigne la sortie de l’atelier. Son visage buriné de patriarche à la longue barbe blanche se tourna vers la femme. Sa voix prit des intonations enfantines :

     - Fais moi plaisir, Blanche. Je veux les voir en place. Si je deviens aveugle, j’aurais vu, au moins une fois, mes Grandes Décorations des Nymphéas comme elles seront présentées à l’Orangerie.

     Il quitta le bras de Blanche et se dirigea vivement vers le centre de la pièce.

     - Ce ne sera pas long. La plupart des panneaux sont déjà en cercle les uns à côté des autres. Aide moi à déplacer ceux sur lesquels je travaille encore.

     Blanche hésita puis se prêta de mauvaise grâce à la demande du peintre en le sermonnant :

     - J’accepte, mais ne fais pas d’efforts. Je m’en occupe.

 

     Les grands panneaux de deux mètres de haut et, pour certains, plus de quatre mètres de long, étaient dressés sur des chevalets roulants. Elles les poussa, les intervertit et environna la salle des peintures dont Monet lui indiquait avec précision l’emplacement. Ils s’assirent ensuite sur un large divan placé au centre de l’atelier.

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     Un horizon liquide les entourait.

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      Un immense jardin d’eau aux tonalités mauve bleuté, traversé par endroit d’herbes aquatiques ondulant sur le fond. Des rameaux de saules plongeaient dans le liquide, sortes de lianes immatérielles étranges. Sur certains panneaux, les nuages ouatés du ciel se miraient dans l’eau. Parfois, un coup de vent en faisait frémir la surface. Posées çà et là, de grosses fleurs de nénuphars blancs, jaunes ou rouges s’ouvraient dans la clarté du jour et se refermaient le soir. L’ensemble formait un aquarium géant envahi d’un inextricable enchevêtrement végétal.           

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   Blanche se taisait, impressionnée. Ce qu’elle voyait la ravissait. Cela dépassait tout ce que Monet avait peint dans sa vie. Cette peinture, elle la connaissait bien Blanche ! Combien de fois elle avait planté son chevalet sur le motif à côté de l’artiste. Ils peignaient ensemble la campagne environnante.

     Elle fixait avidement cette féerie qui les enveloppait.

     - Le bleu… C’est la couleur que mes yeux perçoivent encore le mieux, dit le peintre. Les bleus changeants du ciel… J’aime ajouter du rose non loin, ces deux teintes s’harmonisent bien. C’est ce qui donne cette dominante mauve aux panneaux. Celui que tu vois face à nous est le seul qui soit nuancé dans des tons ocre brun. Je m’en souviens… C’était en fin de journée, le soleil baissait et l’eau était éclaboussée de reflets jaunes orangés violents. J’avais attrapé mon tube de jaune et avait étalé la pâte à grands coups de brosses fougueux.

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     Etrange gamin énervé, l’artiste s’agitait sur son siège. Son regard observait longuement chaque peinture.

     - Peindre l’instant présent. Toute ma vie je n’ai pensé qu’à cela Blanche ! Peindre l’instantanéité des choses, ces moments fugaces où les2141228345.2.jpg couleurs du matin disparaissent dans les minutes suivantes et reviennent parfois le soir.  

     Il cessa de parler un court instant et reprit :

     - Regarde bien ma fille ! Tout bouge. Tout vit. Ce travail sera mon dernier. J’ai voulu aller encore plus loin. J’ai supprimé la ligne d’horizon, fondu les plans, oublié la perspective. Le ciel est absent, seul sa réflexion sur l’onde est visible. L’apparence éphémère des choses…

  Il était heureux comme un enfant à Noël en découvrant ses jouets. Ce qu’il voyait était l’aboutissement de toutes ces années de dur labeur.

     Il se tourna vers Blanche et la prit affectueusement par les épaules.

     - Mon petit ange bleu… Clemenceau t’appelle ainsi et il a raison. Tu es un ange ! J’ai la sensation que j’ai réussi là une peinture nouvelle. Il n’y a plus de formes, les éléments du décor sont devenus fluides et se dissolvent les uns dans les autres, sans contrainte. La couleur est libérée de tout obstacle dans une vaste abstraction.

 

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     Le vieil homme tournait le dos à sa belle-fille et fixait intensément ses toiles. Il parla doucement :

     - Est-ce bien, petit ange ? C’est toi qui me connais le mieux…

     Blanche ne répondit pas. Une émotion la gagnait. Ses yeux s’embuèrent d’un coup, puis de grosses larmes se mirent à couler lentement sur ses joues potelées de femme déjà vieillissante. Le liquide s’infiltra dans les rides qui longeaient sa bouche et tomba lentement sur le devant de sa robe.

     Le peintre qui ne recevait pas de réponse à sa question, se retourna. Le visage défait de la compagne des ses dernières années le surprit. Elle ne pleurait pas souvent Blanche. Il ne se souvenait pas l’avoir vue pleurer depuis la mort de Jean. Il resta silencieux.

     Il attendit. Il avait besoin de l’avis de sa belle-fille. Elle ne se trompait jamais sur son travail. Elle le connaissait tellement. Ses remarques étaient toujours pertinentes, sans flatteries.

     L’émotion continuait à faire tressauter le chignon de Blanche. Elle se moucha en le regardant par dessus le mouchoir. Ses petits yeux rougis lui souriaient.

     Il avait compris. Ses derniers doutes s’envolèrent. Il répondit à son sourire.

 

     Le vieil homme prit la main de Blanche comme autrefois lorsqu’il emmenait la petite fille pour de longues promenades dans la campagne. La main de Blanche tremblait. Ils se levèrent et quittèrent l’atelier.

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     Derrière eux, la coupole de verre bleuissait fonçant les teintes du jardin d’eau immobile. Une faible lueur alluma dans le ciel une dernière flamme. Elle accrocha les nénuphars, les transformant en grosses pommes rouge vif luisant comme des phares dans la nuit.  

 

                                                                                                                                          Alain

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Monet, Blanche et Clémenceau au bord de l'étang

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                                                               Nouvel atelier de Claude Monet dans sa maison à Giverny

 

 Monet mourra en 1926. Blanche continuera à vivre dans la maison du peintre à Giverny jusqu’à son décès en 1947. Les «  Nymphéas »  entreront au Musée de l’Orangerie le 27 mai 1927 inaugurés par le père « La victoire » Georges Clemenceau. Finalement, ce seront 8 compositions en 22 panneaux qui seront exposées, le tout occupant 2 mètres de hauteur et 91 mètres linéaires.

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Photos : RMN France

 

Commentaires

C'est remarquable, et pudiquement émouvant.
Doublement émouvant, pour ce qui me concerne ...

La toute première fois que je suis venu à Paris, j'avais 20 ans à peine de quelques jours et mai n'était pas très loin qui avait connu une effervescence estudiantine qui aurait dû complètement transformer le monde ...

J'avais en fait décidé d'y passer quelques jours avant de descendre au festival d'Avignon où Béjart allait bouleverser l'art chorégraphique dans la Cour d'honneur de ce Palais des Papes qui n'en croyait pas ses yeux.

Et le vendredi, dans l'attente d'un train qui ne quittait Paris que l'après-midi, je décidai de "tuer le temps" en me rendant à l'Orangerie, dès 9 H. du matin.

L'âge étant ma principale excuse, je ne connaissais Monet que par les reproductions de livres d'art qui, à l'époque, n'avaient pas encore atteint la perfection qui est la leur actuellement, au niveau par exemple du rendu des couleurs.

Je suis resté près de trois heures dans les deux salles, quasiment seul en cette matinée, assis, debout, assis, n'en croyant pas mes yeux, allant de l'une, revenant à l'autre, subjugué, muet devant tant de beauté, de couleurs débordantes.

A maintes reprises - je n'ai aucune honte de l'avouer - j'eus la gorge serrée, puis les larmes aux yeux.

Exactement comme tout à l'heure en revoyant les images ci-dessus : toujours autant d'émotion, quarante ans après ...
Mais aussi en lisant la fin de ton texte.

Du talent et du bonheur à l'état pur. Monet bien sûr.
Mais aussi les mots que tu as su trouver ...
Tu as ravivé de merveilleux souvenirs.

Merci. Vraiment ...

Richard

Écrit par : Richard LEJEUNE | 29 avril 2008

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Vos mots ont la même couleur que les nymphéas : Douceur, émotion, amour, on retrouve tout dans votre récit et on ne peut plus imaginer une autre histoire que celle-ci. Tout est douceur. Un moment de paix, le temps est suspendu. Je n'ai pas votre talent pour exprimer l'émotion mais le frisson était là. Voilà ce que vous m'avez offert. Merci Alain.

Marie Claude

Écrit par : Marie Claude | 29 avril 2008

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Alain, d'abord bonjour. Merci pour votre "com", précisez votre pensée au sujet des liens? N'étant pas trés calé en langage virtuel, je ne comprends pas ce que vous attendiez de moi ? J'ai bien lu tout ce que vous m'avez écrit. Que falait-il que je fasse ?
je vais maintenant lire votre article sur les nymphéas que j'adore, et je sais d'avance qu'il va m'enchanter, j'aime votre maniére d'écrire si lyrique. Je vous metterais un commentaire demain, car je fatigue vite. Bonne soirée.C

Écrit par : colette | 29 avril 2008

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Je n'ai pas pu attendre pour aller lire votre façon d'imaginer avec tant de poésie la description des nymphéas. Vous nous emportez dans un univers qui me transporte bien loin des réalités. Aimez-vous l'un des derniers tableaux sur les nymphéas,qui ne comporte que des touches virant vers le rouge et qui se trouve au musée Marmotan, juste en descendant l'escalier ,(si ma mémoire est bonne). Comme il devait souffrir de la catharate pour y mettre des touches si vagues et si flous. Pour moi ce tableau est proche de l'abstraction.
J'ai compris tout à coup ce que vous vouliez dire dans votre "com" , mais je n'ai pas votre adresse URL...ou elle est trés loin de moi, pouvez vous me la donner de nouveau. Merci pour tout. C

Écrit par : Colette | 29 avril 2008

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Je n'ai jamais été à l'Orangerie, mais je connais Marmottan et Giverny ...
J'attendais votre nouvel article avec impatience et ce fut un moment de bonheur ... l'histoire, les tableaux ... l'émotion partagée, à fleur de mots, à fleur de toile ...
Merci Alain !

Écrit par : lady_en_balade | 29 avril 2008

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Bonjour Alain

C'est encore moi....

Ayant enfin compris mon erreur et mon oublie . J'ai réussie à mettre votre adresse URL dans mes liens. Je m'excuse de cette inadvertance de ma part, du à la trés grande fatigue que j'éprouve tout le temps....(C'est une maladie reconnue ) et qui m'enlève beaucoup de faculté. Cest pour cela que j'essaye de bloguer, il faut au moins que j'entretiennes mes neurones.

Bonne journée à vous, et encore toutes mes felicitations pour vos exposés.

Écrit par : Coette | 30 avril 2008

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Réponse à Richard :

On aurait pu se rencontrer en mai 68. Moi aussi j’étais un jeune homme et j’habitais Paris. Je ne connaissais rien à la peinture et, à part le Louvre, je ne fréquentais que rarement les musées parisiens. Un comble ! J’ai complété mon éducation bien plus tard, seul, comme François dans mon récit sur le pastel. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais quel dommage que l’information et l’enseignement artistique soient toujours aussi faibles de nos jours, même si il y a un très léger mieux.
Il ne faut pas avoir honte d’être ému devant les « Nymphéas ». Les larmes sortent spontanément devant un tel spectacle. C’est une œuvre impressionnante que, peut-être, seul Monet pouvait réaliser à cet âge.
Si j’ai pu contribuer à raviver tes souvenirs, je suis comblé…

Écrit par : Alain | 30 avril 2008

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Réponse à Marie Claude :

Le frisson… L’émotion… C’est l’agréable sensation que l’on ressent parfois devant une œuvre.
Je sais que vous aimez les « Nymphéas » que vous avez vus à Marmottan. Ceux de Marmottan sont superbes, mais à l’Orangerie on est dans une autre dimension. C’est du grandiose ! Je pense vous en avoir donné un aperçu sur les photos.
Je suis sûr que, lorsque vous reviendrez à Paris, vous y serez tôt le matin, comme Richard en 68. D’autant plus qu’il y a une très belle exposition permanente de toiles modernes à côté des deux grandes salles ovales.
Merci à Claude Monet… sans oublier la fidèle Blanche.

Écrit par : Alain | 30 avril 2008

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Réponse à Lady en balade :

La magie des formes, des couleurs et des mots, vous connaissez…
Et les vôtres m’ont touché…

Écrit par : Alain | 30 avril 2008

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Réponse à Colette :

Merci pour le lien. Je me doutais que vous n’aviez pas vu ma réponse ancienne.
Les « Nymphéas » de Marmottan sont très beaux. Ils ont beaucoup servis d’esquisses préparatoires pour les « Grandes Décorations » de Monet destinées à l’Orangerie.
Je vois très bien la toile rouge dont vous parlez qui est placée tout de suite sur la droite, non loin du bas de l’escalier qui mène aux toiles de Monet. C’est effectivement un tableau qu’il a peint lorsqu’il souffrait de la cataracte (l’époque où se situe mon récit) et qu’il discernait mal les couleurs.
La plupart des « Nymphéas » de l’artiste sont proches de l’abstraction. On entrait dans l’art moderne qui avait déjà débuté. Montmartre et Montparnasse grouillaient de peintres qui voulaient révolutionner le monde…
Continuez à bloguer, cela fait du bien. Et puis, l’art permet de rêver et d’oublier le reste.
Bonne santé à vous Colette.

Écrit par : Alain | 30 avril 2008

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C'est beau, ton histoire et ces nymphéas que je ne suis toujours pas allée revoir depuis leur nouvelle installation. Celle-ci me plaira certainement, car l'ancienne me rendait claustrophobe ! C'était franchement un crime que d'enfermer ainsi ces toiles de lumière faites pour vibrer dans un éclairage plus naturel. Ca manquait d'espace, d'air, enfin bref, je n'en ai certes pas gardé d'aussi bons souvenirs que vous ! Les travaux s'imposaient et ce n'était qu'un hommage rendu à ces chefs-d'oeuvre.
Je ne devrais pas t'apporter des critiques que tu ne mérites certainement pas, Alain, mais un petit détail me dérange, moi seule heureusement donc ça ne compte pas : tu précises des renseignements qui , à mon avis, brisent le rythme et la poésie de ton texte. Il me semble que tu aimes apporter des informations pédagogiques et cela déséquilibre l'histoire et rompt ton style personnel. Mais je crois que je suis trop difficile et casse-pied, pardon !

Écrit par : grillon | 30 avril 2008

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Je ne sais combien Monet a peint de tableaux ayant pour sujet les fameux nymphéas ... mais c'est sans doute en regardant cette série de toiles, qu'on peut le mieux voir évoluer la peinture de l'impressionnisme vers l'art abstrait... la beauté, elle, reste constante... tout comme la poésie qui se dégage de ces peintures...
J'ai vraiment aimé votre façon de le dire !

Écrit par : lady_en_balade | 30 avril 2008

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Nous sommes dans les débuts de l’art moderne et le vieux peintre voyait ce qui se passait autour de lui. Sa peinture tend vers l’abstraction. Il ne pouvait trouver plus beau décor pour cela que l’étang aux nymphéas qu’il avait chaque jour devant les yeux.
Bon 1er mai.

Écrit par : Alain | 01 mai 2008

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Réponse à Grillon :

Je m’attendais à cette réflexion depuis longtemps. La critique est toujours bonne à entendre et cela m’oblige à une réponse un peu longue.
Je ne cherche pas à faire une œuvre littéraire. D’autres sont bien meilleurs que moi. Mon but est de faire un travail d’écriture qui permette de mettre en valeur des œuvres d’art. A mes yeux, mes textes ont moins d’importance que la peinture dont je parle. C’est elle qui monopolise mes pensées lorsque je commence un récit. J’essaye de me replacer dans l’ambiance de l’époque, de parler des peintres et des tableaux simplement en les intégrant dans une histoire. Et je m’efforce, comme toi Grillon, de présenter visuellement des reproductions de toiles d’une qualité qui soit la meilleure possible. Ce n’est pas toujours facile !
Je ne me prends pas pour un scientifique de l’art. Je ne suis qu’un autodidacte qui tente, très modestement, en utilisant la fiction, de faire un peu de pédagogie en racontant des histoires.
Il y a quelques années, je ne connaissais rien à la peinture, et j’aurais aimé que l’on me conte cette peinture autrement que dans des livres ou magazines parfois trop techniques ou scientifiques à mon goût. Evidemment, j'avais aussi les musées et expos mais cela n'est pas toujours simple d'avoir, seul, une réflexion précise sur les oeuvres.
Cette forme de pédagogie est-elle bonne ? En tous les cas, comme tu disais récemment, je me fais plaisir et je pense que cela plait à d'autres personnes.
Il y a quand même certains de mes récits où je me suis laissé aller à écrire uniquement sur la vision d’un tableau, sans détails sur la peinture : Danse au bord de l’eau (Renoir), Un poète des flots (Winslow Homer) ou La liberté guidant le peuple (Delacroix). J’en ferais certainement quelques autres de ce genre mais, c’est plus fort que moi, j’ai toujours tendance à mettre en scène le peintre, sa vie et son travail. C'est ma façon de remercier ces artistes qui m'ont offert du rêve.
Alors… Dois-je changer quelque chose ?
Tu n’es pas casse-pied Grillon et cela m’a permis de préciser ma pensée. D’ailleurs, je te soupçonne fort de l'avoir fait exprès pour lancer un débat…
Je t’envoie quelques brins de muguet du jardin.

Écrit par : Alain | 01 mai 2008

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Alain,

Chacun a son avis, sa façon de penser. Nous avons chacun notre histoire, notre vie et nous avons chacun besoin de quelque chose. Nous ne sommes pas tous à de hauts niveaux en histoire de l'art (je parle pour moi !), alors, s'il vous plaît, non, n'arrêter pas de faire de la pédagogie dans vos récits. Bien sûr les histoires sont belles et il ne faut pas les changer. Bien sûr nous avons les musées, les livres, nous voyons, nous lisons mais nous oublions un peu (enfin pour ma part).
Avec vous nous avons l'impression non seulement d'être à nouveau des enfants auxquels l'on raconte de belles histoires qui font souvent rêver, mais nous sommes encore un peu pris en charge. Nous nous laissons instruire avec cette pointe de pédagogie qui nous permet de ne plus oublier les détails, les anecdotes. Nous apprenons tout en nous amusant ! comme les enfants. Et le fait que ce soit un ami passionné (si vous le permettez) qui fasse cela pour nous est un plaisir de plus. Enfin, c'est comme cela que je le ressens. Pardon d'avoir ainsi exprimer mes souhaits mais les belles choses sont si souvent remises en cause et changées ! Continuez si vous le voulez bien.

Merci encore, amicalement,

Marie Claude

Écrit par : Marie Claude | 02 mai 2008

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La longueur de ta réponse prouve que mon commentaire idiot et maladroit t'a froissé, Alain, et je t'en demande humblement pardon. Je ne vois pas quel débat pourrait être soulevé, je ne pensais qu'à une petite question d'harmonie de style, mais je suis trop bête et regrette ma pensée, et promis, je ne ne recommencerai plus. Oublie moi vite !

Écrit par : grillon | 04 mai 2008

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Réponse à Marie Claude

Merci pour « l’ami passionné ». Cela fait plaisir !
Il y a un an, en démarrant ce blog, je mettais quelques mots dans ma présentation :
« Raconter sous forme de nouvelles, d’histoires courtes, la peinture et les peintres que j’aime.
Juste pour le plaisir…
Une découverte pour certains ; Un nouveau regard pour d’autres. »
Aujourd’hui, je ne changerais pas une ligne, ni une virgule.
Je ne rajouterais peut-être que deux mots : passion et partage.
Peut-être exposerez vous bientôt comme Grillon qui se dit « terrorisée » ? A moins qu’il ne faille attendre un peu…
Bon dimanche printanier.

Écrit par : Alain | 04 mai 2008

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Réponse à Grillon :

Froissé n’est pas vraiment le mot Grillon ! Je savais qu’un jour il faudrait que je précise ce que je veux exprimer dans mes récits. Ton commentaire m’a permis de le faire.
Quand je parlais de débat, c’est uniquement celui qui pourrait exister sur la transmission de nos petites connaissances. C’est tout…
Chacun de nous, toi par ton superbe blog et moi à ma façon, montrons les œuvres magnifiques que nous ont laissées les grands artistes du passé. Nous tentons de faire partager notre passion pour cet art si peu enseigné, et c’est l’essentiel.
Tu vois que les remarques sont utiles et je t’en remercie !
Et, je ne t’oublierai pas…
Bon dimanche. Que c’est bon le soleil !

Écrit par : Alain | 04 mai 2008

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Exposer ! moi toute seule ? je ne crois pas. En fait en ce moment notre atelier de peinture expose les oeuvres de ses artistes. Dont MOI ! la plus récente des adeptes ! c'est sous la pression que j'ai suspendu mes deux petites toiles. J'évite de passer devant quand je fais le tour ! elles sortent vraiment du lot (mais pas dans le bon sens !). Mais quelle merveille toutes ces toiles : pastels, aquarelles, huile..... je suis en extase devant tant de talent, je ne me sens vraiment pas à ma place ! je m'excuse presque quant on me demande où sont mes toiles ! mais bon, j'y suis, j'y reste...
Bon lundi.
Amicalement

Marie Claude

Écrit par : marie claude | 05 mai 2008

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C'est toujours comme cela au début. Il faut prendre le temps de se trouver et, surtout, regarder les autres.
L'essentiel est de participer a dit Coubertin...

Écrit par : Alain | 05 mai 2008

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Bon, je viens casser l'ambiance "stylistiquement" parlant mais aucunement dans le fond (de l'étang) je te rassure !!! Tu dois savoir le temps que j'ai passé dans ces salles ovales, j'ai dû en parler mais où et quand, c'est une autre paire de "branches" !!
Pas de glandes lacrymales sollicitées, mais j'me suis forcée à rester marmoréenne, ça a été rude ! Si les deux cocos qui m'accompagnaient n'avaient pas eu d'impatience aux ripatons, je crois que j'y serai encore sur ma banquette centrale.
La baffe visuelle que j'ai reçue est difficile à décrire (à part le bruit, version cartoon si tu veux une image). Je me suis précipitée dans la boutique, il me fallait ces nymphéas !!! Et bien, le croiras-tu ? Je n'ai acheté que le catalogue du musée, pourquoi acheter une reproduction de ce qu'on ne peut que "voir" en vrai ?! ça serait presque un affront (enfin pour bibi évidemment)
C'est tout c... bête, mais j'ai prévu d'y retourner, seule si besoin est, et d'y passer tout le temps qu'il faudra pour me gorger de couleurs (je fais une boulimie quant à ces nénuphares, c'en est presque pathologique hé, hé)
Chouette, très chouette texte !! J'aime ta façon de faire vivre la création d'un tableau.
Bonne journée Alain et à bientôt, je file pendant que j'ai encore un peu de temps à rester connectée (bonnes résolutions obligent !)

Écrit par : sieglind la dragonne | 05 mai 2008

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Les « Nymphéas » sont l’apothéose finale de l’œuvre de ce grand peintre.
Il lui a fallu beaucoup de courage pour terminer ces panneaux immenses à son âge. Mais il est récompensé puisque des Dragonnes viennent rêver, s’extasier, verser une petite larme, devant ses toiles.
Tu m’as encore appris un mot : marmoréenne… Décidemment, je suis inculte !

Écrit par : Alain | 06 mai 2008

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On aurait aimé être petite souris pour entendre ce qu'ils pouvaient bien se dire, ces deux-là...

Écrit par : Giverny News | 07 mai 2008

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Ouf ! J"'arrive enfin à rester connectée plus de deux minutes ! ça chichite dans le pédalo en ce moment (je préfère à se soulager dans le ventilo j'ai droit ? hé, hé)
Ravie de t'apprendre un mot nouveau et il existe celui-là, (encore heureux, je me vois mal répondre aux réclamations des rectificateurs linguistiques patentés si tu me les envoyais alors qu'il y aurai plus qu'un doute cartésien quant à sa validité "dictionnairienne"... peut-être qu'ils aillent se faire tirer le portrait chez les Hellènes, ça ça serait dans mes cordes diplomatiques hé, hé)
Enfin, il n'empêche que je persiste et signe en disant que j'ai été méchamment secouée quand j'ai vu ces Nymphéas, c'est très rare, ma sensibilité est plutôt ciblée sur l'écoute en principe (mon syndrome de Stendhal revu façon Ludwig certainement...)
Bonne soirée Alain, et je file tâcher de lire quelques articles avant un décrochage sauvage de notre routeur plus que caractériel en ce moment.

Écrit par : sieglind la dragonne | 07 mai 2008

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Réponse à Giverny news :

Le couple n’avait pas besoin de se parler. Que dire devant un tel spectacle…
Votre saison à Giverny a bien commencé sous le soleil. L’étang doit être paré de ses plus beaux atours et la foule pressée de tout voir. Je sens que je ne vais pas tarder à aller respirer l'air de la Normandie.
Bon week-end


Réponse à la Dragonne :

Monet nous a bien eu. A chaque fois, l’émotion cloue les visiteurs sur place et les oblige à s’asseoir. Cela fait du bien…
Au début du 20e siècle, en pleine période d’art moderne, Claude Monet a voulu faire mieux que ses jeunes contemporains, des gamins… qui voulaient tout bouleverser. Personnellement, je pense qu’il y est parvenu.
J’adore « ça chichite dans le pédalo » ! Il va falloir que j’utilise tes phrases imagées dans un prochain récit.
Je vois que tu es toujours en train de courir sur tous les blogs. La popularité…
Bonne fin de semaine ensoleillée.

Écrit par : Alain | 08 mai 2008

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Les précédents lecteurs ont tout dit ...je ne peux qu'ajouter que ton article encore une fois prouve ta grande sensibilité ...je sens à travers ces lignes une immense compassion pour ce peintre vieillissant . J'aime l'émotion qui se dégage des rapports du vieux monsieur avec sa belle-fille. C'est ta sensibilité d'homme . Puis par la description de la peinture, je sens ta sensibilité de peintre qui aime parler de la construction d'une oeuvre....Tout cela me donne envie de peindre!!!!
Les informations que tu livres sont instructives. Merci
Il faudra que j'aille voir un jour le jardin de Giverny!
Amicalement

Écrit par : edith | 08 mai 2008

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J’aime Monet et cela se sent dans mes lignes. Je n’en rajouterai pas sur ce peintre car je crois avoir dit l’essentiel.
Si cela peut te donner envie de peindre, je m’en réjouis.
Giverny il faut y aller sans faute. C’est un lieu paradisiaque. En plus, le Musée d’Art Américain, à côté, montre les nombreux peintres américains qui vinrent pour trouver cette lumière normande exceptionnelle.
Bonne journée, ensoleillée j’espère pour la Bretagne. Quoique…

Écrit par : Alain | 08 mai 2008

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Bonjour Alain

Bravo pour ton site ART ...............................passion passions
J'ai toujours une provision de mouchoirs jetables pour rendre visite aux Nymphéas et autres tableaux de MONET car j'ai tellement les yeux pleins de larmes que ma vision en est troublée. !!!!!.
je t'invite si le coeur t'en dit à me rendre visite en mon blog ,tu te rendras compte des mes
déviances colorées et de mes pixels le tout en amateur sans oublier ma plume vagabonde
ah,j affectionne la Bretagne et ses légendes ............
Je suis de sud- ouest mais résidant en banlieue Parisienne ...................................
Kénavo à te lire ...peut ètre.
PS. Ton site est dans mes favoris depuis cet instant ( rubrique peinture)

Écrit par : Ramon | 10 mai 2008

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Oups ! Désolée, je passe ici parce que j'ai fait une fausse manoeuvre en suivant le fil des commentaires (en gros, j'ai sucré mon abonnement), quelle potiche !!!) je le refais de suite. Bon... on va dire que c'est un com. pour du beurre mais je me voyais mal envoyer un truc vide (pour une blagasseuse, pas tendance !
Bonne soirée mon grand (imagines ce que j'ai demandé pour la fête des génitrices ? Un nécessaire de peinture, niveau débutant évidemment hé, hé)

Écrit par : sieglind la dragonne | 10 mai 2008

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Déjà la fête des génitrices ? Comme le temps passe. Je préfère « maman » c’est plus joli.
Il n’y a pas d’âge pour commencer à peindre. Il est vrai que tu es toute jeune.
Bon dimanche, ensoleillé j’espère.

Écrit par : Alain | 11 mai 2008

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Trop beau ,le soleil, pour rester enfermé donc ,vélo en foret de Sénart.
Bon dimanche à tous

Écrit par : Ramon | 11 mai 2008

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On sent la passion dans tes toiles peintes dans toutes les techniques. J’ai apprécié les poèmes écrits avec une belle imagination. Il y a du talent dans ces lignes.
Quant à Monet, il nous a à l’émotion. Et là que peux t’on faire ?
Bon dimanche

Écrit par : Alain | 11 mai 2008

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Cela fait un moment que je n'étais pas venu voir "Si l'art était conté" et comme toujours l'histoire est toujours passionante. Je suis retourné récemment au musée de l'Orangerie voir notamment la salle des Nymphéas. L'amitié de Clémenceau est à l'origine de ce don de Monet. J'avais lu sur place que, la "règne" du "Tigre" passé les Nymphéa furent relegués pendant longtemps dans une sorte de remise. Heureusement que cette oeuvre est désormais exposée dans un cadre digne d'elle.

Écrit par : Louvre-passion | 17 mai 2008

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C’est beau "Les Nymphéas"… Cela fait du bien de les revoir de temps en temps.
Comme tu le dis, depuis les travaux des années 2000 à l’Orangerie, ils sont superbement exposés, en pleine lumière du jour. On se trouve devant l’étang. On pourrait presque sentir le vent, voir le reflet des branches des saules onduler sur l’eau.
Les Nymphéas de Marmottan sont également très beaux et, en plus, ce musée possède les nombreux Monet, dont le fameux « Impression, soleil levant », donnés par le fils du peintre Michel Monet après son décès en 1966.
Bon dimanche

Écrit par : Alain | 18 mai 2008

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L e Musée Marmottan est lui aussi un sanctuaire Monet .Qu "elle chance nous avons ,d'avoir pu conserver "Impression, soleil levant !!!!!!!!!!!!!!!!.
Mais ,les petits formats du Musée d 'Orsay .........Qu elle richesse eux aussi !!!!!!!!!!!!!!!
Bonne soirée de dimanche

PS: Mon dernier poème est sur mon blog ..

Écrit par : Ramon | 18 mai 2008

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Eh oui « Impression, soleil levant » a bien failli disparaître à tout jamais. Heureusement qu’il nous est revenu. C’est l’œuvre qui donna son nom à l’impressionnisme.
Plus petit qu’Orsay, Marmottan est un régal.

Écrit par : Alain | 19 mai 2008

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