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05 avril 2008

Deux autoportraits - CHARDIN Jean Siméon, 1771

 

Des bâtons de toutes les couleurs

 

 

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     François était un homme heureux. Il avait une femme adorable, des enfants qui le réjouissaient chaque jour, un travail prenant et une jolie maison encastrée dans un décor paysagé qu’il avait réalisé lui-même.

   Une passion l’habitait : la peinture. Elle était entrée dans sa vie un peu par hasard, peu d’années après son mariage avec Audrey. Celle-ci, un soir de Noël, lui avait offert un ensemble complet de tubes de peinture à l’huile ainsi que le matériel nécessaire à la pratique de cette activité.

     La carrière artistique de François commença ce jour là.

   Ses premières toiles étaient malhabiles mais il prenait un réel plaisir à triturer la pâte fraîche, mélanger les couleurs et les étaler savamment sur la toile. Dans les creux de son activité professionnelle, ses moments de loisirs étaient consacrés à sa passion. Des résultats intéressants vinrent rapidement, sans atteindre toutefois les sommets qu’il espérait.

     Dans le même temps, il visitait régulièrement les musées et expositions, achetait des livres sur l’art, s’informait. Il découvrait et appréciait avec bonheur les grands peintres qui avaient marqué l’abondante histoire de la peinture.

     La révélation lui vint le jour où il s’offrit quelques bâtons de pastel sec. Pour voir... Il comprit instantanément que ce mode d’expression était le sien et son matériel de peinture à l’huile fut rapidement rejeté, sans remords, à l’étagère la plus haute de l’unique armoire installée dans la petite pièce qui lui servait d’atelier.

     Cette fois, il le savait, il allait faire de grandes choses !

     De suite, François sentit qu’il avait un rapport privilégié, presque sensuel, avec les petits bâtonnets cylindriques. Ils lui rappelaient les morceaux de craie dont se servaient les professeurs de son enfance pour couvrir le tableau noir de formules algébriques et complexes auxquelles il ne comprenait rien.

     Quelle facilité ! Terminés la longue préparation des couleurs huileuses, les mélanges sur la palette, les temps de séchage fastidieux et, surtout, l’ennuyeux nettoyage du matériel en fin de journée alors que l’on n’aspire qu’à la détente. Le pastel sec n’avait qu’un inconvénient : la poussière ! Il la redoutait car elle s’infiltrait partout, lui obstruait les narines et le faisait pleurer. Un artiste doit savoir souffrir, pensait-il…

   Notre peintre du dimanche comprit rapidement que, les pastels ne se mélangeant pas entre eux, il était indispensable de posséder une grande quantité de bâtonnets de tonalités différentes. Ses premiers travaux étant, à ses yeux, plus qu’encourageants, il décida d’investir en achetant des boîtes de pastels de différentes marques. « C’est cher, mais un bon ouvrier ne peut travailler qu’avec de bons outils, disait-il souvent à sa femme, en lui envoyant des éternuements poussiéreux bruyants ! »

     Dans les boîtes, chaque couleur était présentée dans un dégradé subtil partant du ton le plus foncé au ton le plus clair. La peinture était devenue d’une grande simplicité pour François. Lorsqu’il souhaitait entreprendre un travail, il saisissait le bâtonnet approprié et l’appliquait directement sur le support cartonné « Pastel Card » qu’il utilisait de préférence pour son accroche exceptionnelle de la poudre de pastel. Il peignait dans la joie. Il pouvait arrêter à tout moment, refermer la boîte, se reposer ou redémarrer une nouvelle activité.

     Au début, il avait tenté le « portrait ». « C’est un genre noble, disait-il ». De piètres résultats sur les membres de sa famille : nez fourchus, mâchoires proéminentes, yeux mal plantés, le convainquirent que ce n’était pas son truc. Il avait donc concentré son travail sur le « paysage ». Depuis, dans le style plutôt impressionniste qu’il aimait, en s’inspirant de photos de vacances qu’il projetait sur grand écran, il se sentait parfaitement à l’aise.

     Il le pressentait. Il allait devenir un grand pastelliste, de ceux qui laissent un nom dans l’histoire de l’art !

    Progressivement, les murs de la maison, malgré l’avis défavorable d’Audrey, se tapissèrent de haut en bas de ses œuvres sous verres. Rien n’arrêtait la prolifération des toiles. Son home devenait une galerie d’art.

     La gloire venait… François, qui exposait maintenant, obtint un prix dans une manifestation communale et se vit même remettre par le député de la région une breloque dorée qui le conforta dans son opinion sur ses qualités artistiques.

 

    

      Notre homme avait une faille…

 188115017.gif538514096.jpg     Cela commença à se gâter lors d’une visite à Orsay. Les pastels de Manet, Renoir, Berthe Morisot, Degas, furent un vrai choc pour François. Les toiles étaient exposées dans une pièce faiblement éclairée. Le pastel, grâce à sa pureté, n’avait pas jauni, ni foncé avec le temps. La luminosité et le velouté des couleurs étaient intacts et rayonnaient sur les murs. Les danseuses de Degas voltigeaient comme aux plus beaux jours, animées par les traits fougueux du maître. C’était beau…

 

 

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     Le soir, il rentra chez lui la mine sombre. Il ne pourrait jamais atteindre le dixième du niveau de ces grands peintres, pensait-il ? Audrey le trouva fatigué et lui prépara un bon repas qu’il avala sans appétit.    

  Il décida de ne plus retourner à Orsay et oublia. Il s’offrit même le merveilleux coffret de pastels extra-fins Sennelier dont il rêvait depuis longtemps. Toute la collection. Une ruine financière pour son modeste budget. Depuis le temps qu’il clamait à la cantonade : « Il me faut des Sennelier ! » Il était persuadé qu’il lui fallait ça pour égaler les meilleurs.

  Son plaisir de peindre revint. Il reprit ses « paysages ». L’extrême luminosité, la tendresse de ses nouveaux bâtonnets faisaient merveille dans les estompages, les fondus. Leur grande onctuosité permettait un niveau d’accrochage élevé sur le support au moment des dernières touches, celles qui donnent l’éclat, la vivacité finale.

    François ne doutait plus de son talent. Il avait franchit un échelon. Il n’allait plus stagner au niveau régional. Il pouvait viser le national… et même, en travaillant, sans aucun doute l’international... Il bouda même l’expo annuelle de sa commune.

 

    

      François ne pressentait pas la catastrophe qui se préparait...

      - J’espère que cela va te plaire ! On s’est tous cotisés !

     Un jour d’anniversaire, sa fille Valérie lui avait envoyé ces mots joyeux en lui plantant dans les bras un paquet assez lourd qu’il s’empressa d’ouvrir. Il reconnut de suite l’auteur de ces reproductions encadrées sous-verre, grandeur nature, d’une qualité étonnante. Valérie commenta :

     - Ce sont des autoportraits peints par Chardin au 18e siècle. Des pastels... Tu aimes ?

    S’il aimait…

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Jean Siméon Chardin : Autoportrait aux bésicles 1771, pastel 46 x 37 cm – Paris Musée du Louvre
                                      Jean Siméon Chardin : Autoportrait au chevalet 1779, pastel 40 x 32 cm – Paris Musée du Louvre

      

       Audrey et Valérie s’empressèrent de les accrocher aussitôt côte à côte dans le couloir d’entrée de la maison, à hauteur d’homme pour que l’on puisse mieux les contempler.

     Le mal était fait…

     Chaque nouveau visiteur empruntait évidemment le couloir, passait devant les cadres et balançait des remarques admiratives du genre : " Superbes ces portraits ! Je les ai déjà vus quelque part, à Orsay ou au Louvre ? Cà, c’est de la peinture ! Mais... c’est Chardin, je ne savais pas qu’il avait fait des pastels ! Quel talent ce peintre ! "

     François connaissait bien ces deux tableaux. Il était passé souvent devant eux au Louvre. Il se renseigna. Le maître les avait réalisés sur la fin de sa vie. Le premier, peint en 1771, Autoportrait aux bésicles le représentait, le regard malicieux derrière ses bésicles. Dans le deuxième, Autoportrait au chevalet daté de 1779, il semblait amaigri, fatigué. Il mourut cette année là.

     Le doute s’insinua lentement dans le cerveau de François, surtout lorsqu’il commença à étudier, analyser la technique du peintre.

     Chardin, qui toute sa vie avait peint des scènes de genre et des natures mortes à l’huile, s’était mis au pastel tardivement sur les conseils de son ami l’immense pastelliste Quentin de la Tour. François remarqua sur les reproductions que les traits de couleurs étaient placés proches les uns des autres, sans se mêler. Une sorte de mosaïque ? Avant Seurat et Signac, au 19e, Chardin utilisait déjà le principe du mélange optique des teintes. Sa touche hachurée accrochait la lumière et donnait, lorsque l’on prenait du recul, vie au personnage. François constata que l’artiste travaillait par couches successives en superposant les couleurs par petites touches qui donnaient des formes parfaites et non estompées. Parfois, le pastel était écrasé sur le papier laissant de longues traînées de couleurs.

 

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     Audrey ne reconnaissait plus son mari. Il ne peignait plus. Elle le voyait observer les portraits, l’air triste.

     Il semblait hypnotisé par l’autoportrait aux bésicles qui lui souriait constamment, goguenard. Les traits de craie sur les joues, le front, le foulard, semblaient encore tout frais, peints de la veille, alors que le tableau original avait plus de deux siècles. François surprenait une moquerie inexplicable dans le regard du vieil homme posé sur lui.

      La famille de François, ses amis, ne regardaient même plus ses nombreux paysages répartis un peu partout dans la maison. Pourtant, il venait d’accrocher, en bonne place dans le salon, le massif d’hortensias pourpres inspiré de leurs dernières vacances sur la côte d’azur. Les boules de fleurs éclaboussaient, énorme tâche de sang, les murs d’une maison provençale ocre clair. Au loin, derrière les fleurs, la mer vert émeraude nimbait la petite crique où ils s’étaient baignés. C’était Audrey qui avait prise la photo en lui disant : « Ce paysage sera ton chef-d’œuvre ».  

     Les hortensias n’intéressaient personne. Pas une remarque. Même pas un simple regard d’approbation. Seuls, les autoportraits de Chardin éveillaient l’attention.

 

    

     Un dimanche, François entra dans son atelier. Il se sentait nul, sans talent. Il ouvrit toutes les boîtes amoureusement disposées, prêtes à servir, et accrocha un Pastel Card sur le chevalet. « De quoi ai-je l’air avec mes petits tableautins du dimanche à côté de ce génie, pensa-t-il ? ». Il n’avait plus envie.

   Il s’approcha du beau coffret Sennelier, attrapa un bâtonnet couleur coquelicot et traça un trait sur le carton en appuyant fermement. Il ressentait l’excitation agréable qu’il connaissait bien, celle du pigment qui s’écrase comme du beurre étalé sur une tranche de pain. Quelle douceur !

     Les couleurs pures, méticuleusement rangées dans la boîte dans un savant dégradé de pimpantes tonalités, attendaient son bon vouloir.

    Sa vue se brouilla… A quoi bon ! Il avait compris. Il ne serait jamais un grand peintre !

     Il referma le coffret et s’enfuit.

                                                                                                                                                    Alain

 

     Les pastels ci-dessous sont voisins, au Louvre, de ceux dont il est question dans cette histoire. L’artiste les a peints à la même période de sa vie et ils sont tout aussi beaux. 

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Jean Siméon Chardin : Portrait de madame Chardin 1775, pastel 46 x 38 cm – Paris, Musée du Louvre
                                       Jean Siméon Chardin : Autoportrait à l’abat-jour 1775, pastel 46 x 38 cm – Paris, Musée du Louvre

         

        Louvre-passion a obligatoirement croisé ces peintures au hasard de ses promenades studieuses dans le grand musée. Comment ne pas les remarquer…

 

·        Edouard Manet : Portrait d’Irma Brunner 1880, pastel 53 x 44 cm – Paris, Musée d’Orsay

·        Edgar Degas : La sortie de bain 1898, pastel 70 x 70 cm – Paris, Musée d’Orsay

·        Edgar Degas : Danseuse sur scène 1877, pastel 60 x 44 cm – Paris, Musée d’Orsay

·        Edgar Degas : Danseuses en bleu 1898, pastel 92 x 103 cm – Paris, Musée d’Orsay

·        Edgar Degas : Danseuse assise 1883, pastel 62 x 49 cm – Paris, Musée d’Orsay

 

 

Commentaires

Justement, dans mon atelier de peinture, j'entends de plus en plus parler de pastel. Quelques unes parmi nous s'y sont mises. L'histoire est un peu triste à la fin : Pauvre François c'est un bien mauvais tour que lui ont joué les filles, à cause de Chardin il est déçu par son travail. Chacun son niveau, chacun son plaisir, là est le principal : C'est la philosophie de notre petit atelier. Mais grâce à elle je vois un peu mieux les différences de sensations entre huile et pastel.
Le poème est en place sur le tableau noir de l'atelier. Il attire la curiosité et est apprécié de tous . Merci.
A bientôt

MC

Écrit par : MC | 06 avril 2008

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Je reconnais que la fin est triste. Voilà ce qui arrive lorsque l’on est un peu présomptueux…
L’art est avant tout un plaisir. L’on peut admirer et copier les maîtres, mais pour les égaler il faut du talent et, surtout, beaucoup travailler.
Le pastel sec est très agréable à utiliser car on arrive rapidement à de jolis résultats si on possède suffisamment de bâtonnets. Son inconvénient est la poussière et sa grande fragilité si le tableau n’est pas protégé.
Je suis vraiment heureux que ce petit poème sans prétention ait trouvé sa place parmi vous.
Par pitié, envoyez nous un peu de soleil… Je n’en peu plus !
Amicalement

Écrit par : Alain | 07 avril 2008

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Que pourrais-je faire pour vous envoyer un peu de soleil ? je voudrais tant ! aujourd'hui il fait un beau soleil, mais l'inconvénient chez nous c'est le vent. Il souffle et il nous amène un air froid. J'avoue que les arbres en fleurs sont magnifiques avec ce soleil. Après les mimosas ce sont les cerisiers. Ils sont couverts de bouquets blancs et le vent qui chasse les nuages nous donne un ciel d'un bleu limpide. Toutes les couleurs ressortent sur ce bleu intense. Même notre montagne "Ste Victoire" est encore plus belle sous ce soleil. Elle se détache sur ce fond bleu comme un monument imposant qui change de couleur avec les heures du jour. Elle semble être encore plus présente et veiller sur nous !
Mais il paraît que ça ne va pas durer. Le temps va se gâter.... alors, c'est peut être nous ici qui aurons besoin de votre soleil !
Allez courage, il arrive chez vous
Amicalement
Marie Claude

Écrit par : mc | 07 avril 2008

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Oui, j'ai croisé ces pastels comme je croise tant de choses, comment nous en avons tant croisées ce jour de la "visite des blogueurs".
J'aime bien ce récit doucement mélancolique, nos rêves souvent s'enfuient sous nos pas, mais il faut aussi se contenter d'une certaine modestie.

Écrit par : Louvre-passion | 07 avril 2008

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C’est bien ça le problème de certains artistes : le manque de modestie.
Quand à Chardin, c’était un pastelliste hors pair qui se mit à cette technique sur la fin de sa vie à cause, semble-t-il, de problèmes visuels. Il égala son ami Quentin de la Tour que tu as dû rencontrer également au Louvre

Écrit par : Alain | 08 avril 2008

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Ma-gni-fi-que !!! J'en reste sur le valseur ! Pour bibi, le pastel n'était qu'une technique très scolaire, qui ne m'a pas spécialement accrochée (mais c'était dû aux visites des clubs "artistiques" locaux, fort peu fournis en vraies productions, marre du pissenlit dans son verre d'eau et du paysage de pêcheur de tanche sur fond de roseau !) Là, on frise les nuées, si tu vois ce que je veux dire... j'en reste la mâchoire verrouillée en position basse (mais je retiens le filet de salive envieux hé, hé)
Etonnant comme ce texte me rappelle autre chose... Mes débuts (ça fait des "lampadaires", pour ne pas dire lustres) en musique. J'avais opté, enfin relativement contrainte par ma génitrice en mal d'activités "bourgeoises" pour ses gamins, j'avais opté donc pour le violon à la place du tutu et des demi-pointes (toujours eu l'impression d'être "déguisée en fille" alors jouer les Gisèle, très peu pour moi !)
Ma déception frisant le désespoir quand j'ai entendu un vrai violoniste pour la première fois m'a fait ranger définitivement mon faux-Guarnerius (plus que faux, je confirme !) pour privilégier l'écoute, j'aime trop la musique pour la massacrer... En peinture, je conçois que ça soit la même chose.
Pour te dire, je rentre dans des crises de rage folle (vi, je ne sais pas être triste) devant mon incapacité à avoir réalisé ça moi-même, donc je pige d'autant mieux ce que ressent ton "héros" !
Bonne journée Alain et merci encore de ce morceau de choix, j'aime Chardin, ça se confirme !

Écrit par : sieglind la dragonne | 08 avril 2008

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Je ne pourrai jamais écrire comme toi. Moi aussi je suis envieux, mais je ne salive pas (trop bien éduqué…). Je dois reconnaître que tu es beaucoup plus drôle que moi. A chaque fois, je ris bêtement devant mon écran et ma femme me demande si je n’ai pas les neurones qui commencent à se décrocher (tu vois, je commence à te copier !).
Plus sérieux… Et bien, je ne suis pas d’accord avec mon héros François et avec toi. Lui, aurait dû continuer le pastel (je pense qu’il reprendra plus tard) et toi, le violon, même s’il est difficile d’atteindre des niveaux himalayens.
Comme nous disions avec Marie Claude, seul le plaisir compte. Il n’y a pas que des génies dans le monde artistique ! Enfin… dommage pour le violon qui a peut-être perdu une musicienne dont le talent ne demandait qu’à s’épanouir ? Le tutu s'était pas mal aussi...
Le pastel n’est pas uniquement une technique scolaire. Il a été utilisé par les plus grands. Je repense aux merveilleux pastels pleins de tendresse de Berthe Morisot. Malheureusement, sa fragilité ne peut lui permettre de rattraper l’huile. Mais cela reste un vrai plaisir.
Quand à Chardin, lui, c'est l'Himalaya.

Écrit par : Alain | 08 avril 2008

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Bonjour Alain,

Tristounet, oui, certes, ce récit, mais tellement empreint de poésie et de sensibilité que je reste admiratif à chaque fois que je te lis.

Et de plus en plus, je me dis que, chacun ayant sa personnalité propre, ses centres d'intérêt, ses passions, c'est pour moi un vrai bonheur d'ainsi lire vos blogs, tous ces mots d'inconnus - qui le deviennent de moins en moins -, qui au fil des jours m'apportent tout autre chose que ce que je suis moi-même, tout en restant accrochés, peu ou prou, à mes domaines de prédilection.

Un grand merci à toi ...

(Oups ! Désolé ... Dans l'envolée, j'ai employé le tutoiement ... Pas envie de corriger ...)

Cordialement
Richard

Écrit par : Richard LEJEUNE | 08 avril 2008

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Bonjour Richard

Pas de problème pour le tutoiement. Je pense que tu me permettras d’en faire de même.
Ce qui est sympa dans les blogs, c’est que, sans se connaître, on se parle souvent comme si on était des amis de longue date.
Comme tu le dis, ce sont nos passions, nos centres d’intérêts, souvent communs, qui nous réunissent. Ces conversations nous permettent de rencontrer des personnes que notre vie courante n’aurait pas permis. Merci à Internet qui, malgré des défauts, rapproche les hommes, et çà c’est épatant.
Je suis heureux de voir que tu apprécies mes histoires. C’est ma façon de percevoir l’art en tentant de trouver une atmosphère pour le rendre plus abordable.
Bravo pour ton jeune blog (moi j’ai déjà un an…). Il nous rend plus savant sur cette civilisation d’exception que fut l’Egypte ancienne.

Amicalement

Écrit par : Alain | 09 avril 2008

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Plaisir de la lecture et plaisir des yeux en venant vous rendre visite, Alain !
François lui, ne devrait pas bouder son plaisir de dessiner avec des pastels. Quelle importance s'il n'est pas Chardin ... au contraire, il lui reste le plaisir d'admirer et d'apprendre en plus de celui de faire ...
Votre amie MC a raison, chacun donne ce qu'il a ... mais il peut recevoir beaucoup aussi!

Je ne pratique pas l'art du pastel, mais j'ai deux trois amis, qui le font fort joliment et si j'en ai l'occasion, j'aime chez eux, admirer leur collection de bâtonnets ou même les manipuler ... c'est quelque chose de très sensuel ...

Écrit par : lady_en_balade | 09 avril 2008

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C’est exact que la manipulation des bâtonnets de pastel sec est très sensuelle. Il en existe de tous les modèles : carrés, ronds plus ou moins gros, durs, tendres, très tendres, et le plaisir tactile n’est jamais le même suivant les marques.
Le début de l’histoire de François est un peu la mienne (pas la fin) et je connais bien tous ces types de coffrets qui sont indispensables pour bien s’exprimer dans cette technique.
Le plaisir de sentir le pigment s’écraser sur le carton…

Écrit par : Alain | 11 avril 2008

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Je vous souhaite de continuer à prendre longtemps du plaisir avec vos pastels, Alain !

Peut être pourriez-vous exceptionnellement délaisser les "célèbres" et nous livrer une histoire autour d'Alain et de ses pastels ? Ce qui nous permettrait de partager un peu vos goûts ...
Mais je ne voudrais pas me montrer intrusive ... pardon !

Écrit par : lady_en_balade | 11 avril 2008

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Mon histoire vous l’avez, en gros, dans le récit.
Mes pastels ne présentent aucun intérêt. J’ai arrêté pour cause de problèmes visuels et cette poussière…
Comme François, j’ai fait des paysages dans le style impressionniste que j’aime. Comme lui, j’ai couvert les murs de la maison et j’ai exposé dans ma région. J’étais très loin du « national » et de « l’international »… C’était ce pauvre François qui le croyait.
Mes goûts, comme Monet, Renoir, Berthe Morisot et beaucoup d’autres peintres de cette période, sont la couleur pure (avec le pastel on est gâté), la touche fragmentée, le fugitif et, surtout, la lumière.

Écrit par : Alain | 11 avril 2008

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il faut parfois être lucide et ne pas chercher à égaler les grands..faire de son mieux et y prendre du plaisir...On peut avoir une âme d'artiste sans avoir un grand talent...Je me demande si je ne parle pas de moi !!!lol
J'ai grossièrement copié l'autoportrait de Chardin ... on dirait un travelo déguisé en vieille femme!mais je m'obstine quoique la poussière me gêne aussi .
Ce joli texte est d'une tristesse infinie...mais d'une justesse digne d'un amateur éclairé du pastel sec

Écrit par : edith | 15 avril 2008

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La première chose que tout le monde me dit : "C’est triste ton histoire ! ».
Je n’avais pas remarqué cela en écrivant. De toute façon, mon propos, comme dans tous mes récits, était de parler du pastel sec et de ses qualités artistiques et, surtout, de montrer les œuvres des grands pastellistes comme pouvaient l’être Degas et Chardin. L’histoire de François est secondaire car j’aurais pu en faire un humble pastelliste sans problème comme je l’ai également été.
Merci pour ta visite. J’espère ne pas t’avoir attristée car j’ai vu dans ton blog que tu faisais encore des séjours de soins. Courage, et continue à nous faire rire comme récemment

Écrit par : Alain | 16 avril 2008

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Je découvre ton récit seulement aujourd'hui, je ne vois pas du tout le temps passer, et comme tu avais dit qu'une histoire te prend du temps, je pensais donc que nous en avions bien, du temps ! J'ai une bonne surprise aujourd'hui !
Héhé, je crois que tous les peintres du dimanche connaissent ce spleen ! Bon, cela ne me décourage pas, je continue d'explorer les musées, et me garde autant que possible de montrer mes oeuvres sur internet. Déjà, je vais exposer en juin prochain, ça me terrorise !
Sennelier, l'entreprise est bretonne, bravo pour la pub !
Les pastels roulent dans les musées, car une trop longue exposition est néfaste, deux mois d'exposition à la lumière, tamisée, par an , est la durée maximale pour une conservation optimale, alors il faut en effet aller souvent au musée pour tomber sur son pastel favori .
Bonne semaine à toi !

Écrit par : grillon | 23 avril 2008

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L’histoire de François est de la fiction. Tous les peintres du dimanche peignent par plaisir.
C’est étonnant que tu sois terrorisée par cette expo à venir ? Personnellement, j’ai bien aimé tes paysages marins d’une belle sensibilité. Ils seront certainement appréciés par les visiteurs.
Tu m’apprends deux choses : que Sennelier est breton (c’est un super pastel, fin, onctueux, velouté et lumineux) et qu’il y avait une rotation des pastels dans les musées (je pensais qu’une lumière tamisée suffisait pour les protéger… A Orsay, je les vois toujours… ne serait-ce pas les mêmes ?).
Nous allons enfin pouvoir profiter du jardin ce week-end. Ouf !

Écrit par : Alain | 25 avril 2008

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Bonjour, votre écriture m'a captée. Je dessine un peu, mais surtout je recherchais sur le net un conte autour de l'autoportrait, un thème imposé pour une prochaine fête du livre. Un thème que je n'ai jamais vu abordé dans les contes. Et voilà qu'il apparait au travers de ces deux pastels de Chardin. M'autorisez vous à mettre en paroles vos mots écrits ? Au plaisir, je crois que je m'en vais retourner vous lire, car c'est une belle balade que vous nous proposez.
Amicalement
Anne-Gaëlle

Écrit par : Anne-GAëlle | 09 février 2012

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Bonjour Anne-Gaëlle

Si cette nouvelle centrée autour des deux autoportraits au pastel de Chardin vous a plu, c’est avec grand plaisir que je vous autorise à utiliser ce récit. Si vous faites une simple copie, mentionnez seulement l’origine du texte.
Il est vrai que je suis un des seuls dans les blogs, à ma connaissance, à raconter des histoires sur les peintres et la peinture.
Si vous le pouvez, allez voir les deux pastels de Chardin au Louvre, ils sont superbes.
Donnez-moi des nouvelles de votre fête du livre.
Amitiés.

Écrit par : Alain | 10 février 2012

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