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01 mars 2008

Les époux Arnolfini - VAN EYCK Jan, 1434

Mariage italien à Bruges

 

 

     Jan avait posé les oranges sur le rebord de la fenêtre, tiré vers lui la petite table, et déposé le panneau en bois de chêne sur celle-ci. Il était passé en voisin pour nous montrer le résultat de son travail.

     - La peinture est bien sèche, avait-il dit. Je vous la laisse quelques semaines. Vous aurez tout le temps de l’étudier.

     Avant de sortir, il m’avait adressé un sourire complice et gratifié d’une caresse sur le museau, un peu trop appuyée à mon goût.

 

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     C’est mon portrait qui m’avait intéressé en premier. Curiosité : je ne m’étais encore jamais vu, peint. Au fil des jours, à force de me regarder, j’avais fini par détester ce double placé par le peintre aux pieds des époux, tout petit, la queue en l’air, le poil long, l’œil morne.

     Aujourd'hui, je n’accepte plus ce quadrupède dont le regard amorphe surveille tous mes mouvements. Le pire, c’est le soir ! Mes maîtres sont couchés dans le grand lit rouge et moi sur le tapis d’orient le long du lit, face au portrait : à la lueur des bougies, mes petits yeux colorés, inexpressifs, brillent bizarrement et mon épaisse moustache s’enflamme de lueurs orangées.

 

      Chaque début d’après-midi, lorsque le soleil pénètre par les petits carreaux tout en haut de la fenêtre et inonde la pièce d’une lumière dorée, j’ai pris l’habitude de m’allonger sur la couverture du lit. J’observe le couple immobile, un peu raide, sur la toile. Je revois la cérémonie...

 

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Jan van Eyck : Le portrait des époux Arnolfini, 1434 - Londres, National Gallery

    

      C’était au printemps dernier. Mes maîtres ne s’étaient pas mariés à l’église. Ils préféraient l’intimité de leur demeure. Seuls, deux témoins, dont Jan le peintre, avaient été conviés. Mes maîtres s’étaient administrés eux-mêmes les sacrements du mariage.

     Peu de temps auparavant, ils avaient passé commande de leur portrait. Une fois les festivités terminées, quelques jours passèrent. Un matin, Jan arriva avec son matériel. L’artiste demanda aux époux de revêtir à nouveau les habits du mariage et de refaire les gestes de la cérémonie. Le panneau en bois posé sur le chevalet, il commença à peindre. Il revenait souvent. Un jour, il annonça qu’il avait terminé et finirait les détails dans son atelier.

     Je me suis pris d'affection pour ce Jan van Eyck. Il a toujours un mot gentil pour moi lorsqu’il vient. Ce n’est pas n’importe quel peintre. Il est célèbre : peintre de la cour de Philippe le Bon, notre duc de Bourgogne. Les bourgeois de Bruges se l’arrachent. Ils veulent tous avoir leur portrait les représentant installés dans leur cadre quotidien.

 

     Je suis seul. Ce matin, ils sont sortis en ville, l’un chez le barbier, l’autre chez une amie. Habitués à mes escapades à l’extérie1015166093.jpgur, ils m’ont soigneusement enfermé. Les lâches !

     Désoeuvré, je me suis étalé nonchalamment sur le lit. J’ai bien tenté de tourner le dos au panneau pour l’éviter, mais, à quoi bon... il s'obstine à rester constamment dans mon champ de vision.

     Cette peinture m’horripile ! Je ne supporte plus de voir ma maîtresse, passive, presque servile, posant sa main dans le creux de celle de cet homme qui va devenir son mari.

  

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     Lui, c’est Giovanni Arnolfini. Il est riche et le montre. Ce n’est pas trop difficile lorsque l’on est le fils d’une famille de commerçants et banquiers italiens ! Conseiller financier du duc de Bourgogne, c’est un personnage important à Bruges où ses affaires sont prospères.

     Je le trouve laid: profil chevalin, gros nez aux narines dilatées, yeux pas francs. De plus, il est maigrelet, les épaules étroites et tombantes. Ses mains blanches sont aussi fines que celles de sa femme. Je la plains…

     Revêtu d'une tunique en velours fourrée de vison, cette couleur sombre le rend encore plus triste… même macabre… Je n’ai jamais vu rire ce sombre personnage. Pourquoi s’est-il affublé de ce chapeau noir cylindrique beaucoup trop grand pour lui ?

  

 

      Elle, c’est  la fille d’un banquier italien. Encore des banquiers !

133411403.jpg Ces affairistes ont envahi Bruges où le commerce est florissant. Elle a presque le même prénom que lui : Giovanna. Je doute qu’elle sera heureuse avec cette brute qui me donne sans cesse des coups de pieds dès qu’il me voit.

     Le peintre a su la mettre en valeur. Elle porte une superbe robe verte ourlée d’hermine. Notre servante avait soigneusement drapé sa traîne sur le sol. Son joli visage poupin est éclairé par la coiffe blanche. Dommage qu’il y ait ces cornes brunes qui  dépassent au-dessus de chaque oreille… on dirait un navire toutes voiles dehors ? Consciente de l’importance du moment, elle esquisse un léger sourire. Posée sur son ventre, sa main laisse indiquer ce que je pressentais déjà depuis longtemps… Pourvu que l’enfant ne ressemble pas au père !

     Mon portrait est complètement raté ! Si je pouvais parler, j’en ferais la remarque à Jan… Ce regard ?... Niais ! Jan m’avait croqué séparément sur une feuille de papier et m’avait rajouté ensuite sur le panneau. Il paraît que les chiens sont un symbole de fidélité et aussi de prospérité. Je leur souhaite...

     Chère Giovanna ! Je l’aime. Toujours joyeuse, elle chantonne toute la journée malgré la mine sombre de son nouveau mari. Heureusement, il n’est jamais là. Elle seule sait me caresser. J’adore lorsque ses doigts fins et souples me chatouillent le creux situé juste derrière les oreilles. Elle m’arrache des petits jappements de plaisir. Ensuite, elle masse longuement l’arrière de ma tête puis, savamment, soulève les poils de mon dos pour me gratter avec la pointe des ongles. Elle termine en caressant délicatement avec le revers de la main mes flancs et mes pattes. Quel délice !

     Je voudrais dormir. Par moment, j’ai l’impression que les visages du tableau s’animent un court instant face à moi. Ils reprennent leur position inerte, figée, immobilisée comme par magie.

      Je ne m’explique pas pourquoi Giovanni tend maladroitement la main gauche à sa femme. Dans les mariages auxquels j’ai assisté, les hommes utilisent toujours la main droite pour faire ce geste rituel ? Son autre main est étrangement levée à hauteur de sa poitrine : serment de mariage ?

      Je n’avais pas encore remarqué que les époux étaient pieds nus ? Leurs patins de bois et pantoufles traînent sur le sol en désordre… Ce n’est pas dans les habitudes de Giovanna, elle qui ne supporte pas le moindre grain de poussière ou objet qui traîne ?

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       J'attends toujours leur retour. La fenêtre s’assombrissait. Ne pouvant dormir, je décide d’examiner les autres détails du tableau pour 1189160792.jpgm’occuper.  

     Notre lustre en métal a six bougies. Sur le tableau, une seule bougie est allumée. Cette semaine, les époux en parlaient entre eux : la flamme serait un symbole du Christ, témoin du mariage, paraît-il ?

     Pendant les séances de pose, Jan disait souvent que les objets parlaient. Lorsqu’il peint des couples, il délivre des messages symboliques un peu partout dans le tableau en signe de bonheur conjugal : la bougie unique sur le lustre, la statuette de sainte Marguerite, patronne des futures mères, dominant le haut dossier de la chaire derrière le lit avec son petit balai accroché, ou le chapelet suspendu à côté du miroir évoquant la foi des mariés. Même les oranges posées sur la table ont un sens, semble t-il ?

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516856117.jpg     Curieux miroir ? C’est un miroir de sorcières dont la forme convexe agrandit le champ de vision. J'aperçois Les époux montrés de dos dans le reflet du verre. Même les poutres du plafond apparaissent. Curieusement, ma présence entre le couple, à leurs pieds, a disparu ? Evidemment, un chien !...

     Récemment, Jan était passé prendre des nouvelles du tableau. Il avait plaisanté avec Giovanni au sujet du miroir :

     - J’espère que vous ne m’en voudrez pas, avait-il dit en riant. Je n’ai pu résister au plaisir de me peindre dans le reflet du miroir : les témoins du mariage entrent dans la pièce ; moi, habillé d’une tunique bleu, et mon ami Peter d’une tunique rouge.

      Giovanni avait répondu en tordant sa bouche d'un sourire hideux dont je me souvenais encore :

     - J’avais remarqué ces deux minuscules silhouettes au centre du miroir. Maître Jan, cette peinture me plait ! Elle fait déjà des envieux parmi les bourgeois de la ville à qui je l’ai montrée. Vous avez su saisir l’instant solennel de notre mariage. La brillance des couleurs est étonnante : la robe verte de Giovanna explose sur le tissu rouge du lit !

     - Le nouveau vernis que j’utilise me satisfait, avait répondu Jan, fièrement. Il m’a fallu du temps avant d’arriver à une telle perfection. Grâce à une préparation spéciale à base d’huile de noix et de graines de lin, les couleurs sèchent plus vite, elles ne craignent plus l’humidité et brillent d’elles mêmes.

     En sortant, Jan avait secoué ma tignasse et s’était exclamé :

     - Ah ! Un dernier détail ! J’ai modifié ma signature placée entre le miroir et le lustre. J’ai inscrit : « Johannes de eyck fuit hic » au lieu de « fecit » (« était là » au lieu de « l’a fait »). C’est ma signature en tant que témoin de votre mariage.

 

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 Vaincu de fatigue, mes paupières se fermèrent brusquement.

                                                                                                                                           Alain

 

 

     Au 15e siècle, la peinture flamande devient moins religieuse et les peintres sont très demandés par les bourgeois pour des portraits individuels les représentant dans le monde où ils vivent. Ce sont les premières représentations de scènes de genre qui feront le succès des peintres néerlandais du 17e. 

     L’utilisation de la peinture à l’huile était récente. Les frères van Eyck (Hubert et Jan) améliorèrent son usage ce qui donna aux couleurs l’éclat et la solidité que n’avait pas l’ancienne technique de la tempera à base d’œuf et de colle.

     Ce nouveau procédé pour peindre permit à Jan van Eyck de se démarquer des peintres des décennies précédentes. Son travail était millimétré, méticuleux, fait avec des pinceaux extrêmement fins, ce qui lui permettait de rendre chaque matière avec une grande habilitée dans les détails.

 

 

Commentaires

Vu par le chien c'est original, cela me rappelle un roman de Jacques Sadoul où certaines scènes sont racontées par un chat. C'est vrai que, à bien regarder, le mari à une drôle de tête mais sa femme aussi. Ne dirait on pas deux poupées de porcelaine ?
Les histoires sont toujours aussi agréables à lire et nous font découvrir les tableaux en détail.

Écrit par : Louvre-passion | 02 mars 2008

Bonjour

Bravo à vous : j'ai beaucoup apprécié l'originalité de votre approche de cette oeuvre de Van Eyck.

Et puisque vous y évoquez quelque peu son côté symbolique, permettez-moi de vous donner le lien d'un autre compatriote, le docteur Michel Cautaerts qui en a réalisé une analyse "jungienne" très intéressante.

http://www.jung.asso.fr/articles/Couple_miroirs.html


Bonne lecture.
Cordialement.

Richard

Écrit par : Richard LEJEUNE | 02 mars 2008

Louvre-passion :

Vu par le chien et aussi par moi, j’avoue que la femme est quand même beaucoup plus agréable d’apparence que son mari. Elle ressemble effectivement à une poupée de porcelaine joufflue.
La peinture de Van Eyck est très ciselée et fine dans les détails. La récente utilisation de la peinture à l’huile y est pour quelque chose avec, en plus, un brillant et une solidité incomparable.

Richard Lejeune :

Ouf ! C’est une analyse extrêmement fouillée sur un plan analytique et symbolique. Excellent, mais difficile à suivre…
Il est vrai qu’à cette époque les symboles étaient partout dans la peinture, toujours en rapport avec le sacré. Ce tableau a déjà fait l’objet de très nombreuses interprétations. En particulier au sujet d’une éventuelle représentation d’un mariage morganatique (la main gauche tendue par l’homme au lieu de la droite) ou d’une scène de fiançailles.
Tout cela me paraît bien compliqué et je tente de parler de peinture simplement sans me perdre dans des études complexes que je laisse aux spécialistes. L’émotionnel me paraît plus important que le scientifique dans l’art.

Merci pour la visite.

Écrit par : Alain | 03 mars 2008

Cher Alain.
encore une fois, je suis suspendue aux lignes de cet article... Une machine à remonter le temps . Avec un peu d'imagination , on entendrait japper ce petit chien intelligent.
N'as-tu jamais pensé à faire éditer toutes ces histoires qui expliquent la peinture? Je verrai bien en librairie un recueil illustré ...
Merci.

Écrit par : edith | 04 mars 2008

Tes commentaires enthousiastes sont toujours un plaisir. Ce sont ceux d’une amoureuse des mots et des couleurs.
Editer ? Je ne suis pas sûr d’avoir le talent nécessaire. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est que la peinture est tout de suite mieux comprise si on en parle avec une touche émotionnelle. Il suffit de faire revivre les personnages du tableau ou les peintres en les replaçant dans leur atmosphère historique.
Merci Edith. Quand je repense à ton histoire qui m’a fait pleurer récemment… Encore l’émotion…

Écrit par : Alain | 04 mars 2008

Merci pour le passage sur mon blog et le commentaire chez Edith avec les autres musées. J'en prends bonne note. Je vais maintenant explorer ton blog qui a l'air de correspondre à tout ce que j'aime: les mots et la peinture!

Écrit par : Cat | 06 mars 2008

J'admires votre blog et aimerai le signaler dans mes liens. me le permettez-vous ? L'art (dans son ensemble) est ma passion, c'est ce qui me permet de vivre mieux....

Écrit par : colette | 06 mars 2008

Après lecture, je m'avoue conquise par cette approche originale de la peinture. Edith a raison, tu devrais publier, celà marcherait car accessible au commun des mortels. Il y a des blogs sur la beauté de l'art dont je me suis approchée mais qui me laissent de marbre à cause de leurs articles hermétiques et réservés aux seuls initiés et dont même les commentaires sont incompréhensibles. Vraiment bravo pour ton blog.

Écrit par : Cat | 06 mars 2008

Colette :

Si je peux vous faire partager ma passion qui est aussi la vôtre, c’est avec grand plaisir que j’accepte votre lien. Merci.
A bientôt.


Cat :

L’art peut être expliqué savamment mais c’est effectivement souvent incompréhensible pour les non-initiés.
Je tente, bien modestement, d’exprimer avec des mots simples ce que m’inspire un tableau ou un peintre. Si cela plait, c’est gagné !
Quant à éditer, c’est du commerce. Ce n’est pas mon but. Je suis un pur autodidacte en matière d'art. L’édition d’art est une chose compliquée, car coûteuse, et les éditeurs ne prennent pas de risques. Ils ne s’adressent qu’à des historiens d’art ou journalistes spécialisés. Il faut être savant !

Écrit par : Alain | 07 mars 2008

Au tout début je n'ai pas bien compris qui parlait, quelle surprise ! quelle bonne idée, de l'humour pour parler d'art, personne je crois n'y avait pensé ! merci de nous apprendre tant de choses et de mettre en évidence tant de détails. J'ai a d o r é. MERCI encore.
Amicalement
Marie Claude

Écrit par : marie claude | 10 mars 2008

C’est un petit chien qui a de l’esprit. Cà arrive…
Il nous permet de découvrit Van Eyck avec un autre regard, plus naïf.
Ce peintre a marqué une grande évolution dans l’histoire de la peinture : faire entrer cet art dans les intérieurs bourgeois et améliorer la technique de la peinture à l’huile.
Content qu’il vous ait plu.

Écrit par : Alain | 11 mars 2008

Merci Alain pour votre commentaire, c'est assez rare que j'en reçoivent d'innconnu. Je suis d'autant plus heureuse que je voulais vous mettre dans mes liens, car je vous avais remarqué ! Me le permettez-vous ?
Mais comme c'est long de mettre quelque chose qui se tient, je sais, et ce n'est pas toujours ce que les autres attendent.
A bientôt vous lire.

Écrit par : colette | 11 mars 2008

Je ne suis pas un inconnu Colette car vous m’aviez déjà laissé un message sur le blog la semaine dernière. Vous n’avez pas vu ma réponse dans laquelle j’acceptais avec grand plaisir votre proposition de lien. J’en fais de même pour vous sur mon blog.
Vos articles sur l’art sont originaux même si évidemment tout n’est pas parfait dans la présentation. Mais cela viendra avec l’expérience. L’essentiel est d’avoir des choses à dire. Et vous semblez être une passionnée.
A bientôt.

Écrit par : alain | 12 mars 2008

Merci de m'avoir fait découvrir ce superbe tableau, que je connaissais un peu pour l'avoir déjà vu par ailleurs. Le visage improbable de notre ami Giovanni avait déjà marqué mon esprit à ma première découverte du tableau.
Ce que je trouve fabuleux, ce sont les détails et surtout l'apparition du peintre dans le reflet du miroir. C'est amusant d'imaginer un grand peintre comme Jan van Eyck s'accorder quelques fantaisies.

A bientôt.

Écrit par : Valérie | 17 mars 2008

Comme tu le dis, Valérie, le visage de cet homme est vraiment improbable. On ne sait pas trop bien ce qui se cache derrière ce masque.
Les peintres adoraient se représenter, faire sentir leur présence dans un miroir ou se peindre carrément comme un des personnages du tableau.
J’en ai déjà parler dans la toile « La leçon de musique » de Vermeer où l’artiste montre le bas de son chevalet au-dessus d’une jeune femme apparaissant dans un miroir (voir Vermeer. L’expo… 3 / 4). Dans « Les Ménines » Vélasquez se représente en train de peindre les enfants royaux. Je ne parle pas des autoportraits où ils se représentent seul.
En fait, ces représentations au hasard d’un tableau sont une sorte de signature discrète du peintre, une façon de montrer que c’est lui qui en est l’auteur.
A bientôt

Écrit par : Alain | 18 mars 2008

Wouf, chouette , ce récit canin !
Je me suis une fois demandé ( dans mon blogue ) pourquoi le rideau du lit formait ainsi une boule sur un seul des quatre coins. Ce doit être une réserve de croquettes pour le chien ... oui, ça doit être ça, non ? !

A propos du commentaire précédent, dans la Ronde de Nuit de Rembrandt, ce serait l'oeil du peintre qu'on voit apparaître à l'arrière plan au centre, selon le film de Greenaway qui est sorti récemment. Je n'avais jamais remarqué !

Écrit par : grillon | 21 mars 2008

Cela pourrait être une réserve de croquettes ! A moins que ce ne soit un rideau que l’on déplie la nuit pour se protéger de la lumière et des voyeurs ?
Je n’ai jamais entendu parler de cet œil du peintre apparaissant dans « La ronde de nuit ». Tous ces hommes sont des bourgeois membres d’une association de tireurs. Leurs portraits, non figés comme cela se faisait habituellement, ne leur a guère plu car ils avaient payés 100 florins chacun pour être joliment représentés. Sacré Rembrandt !

Écrit par : Alain | 23 mars 2008

c'est tellement plus simple ce genre d'explications ! A encourager, dans tous les domaines !
Mais oui, éditer est une excellente idée, jeunes et moins jeunes s'y retrouveraient
tellement plus facilement !
Merci beaucoup, je m'en suis servie pour un travail de ma fille sur van Eyck. Il nous manque
encore cependant la "composition" du tableau :
avant - plan, plan intermédiaire, arrière plan, lignes horizontales, lignes verticales, lignes
obliques, courbes, ceci pour un travail d'histoire de fin d'année. Quelqu'un pourrait il nous aider ?
Merci et encore félicitation.

Écrit par : claus dominique | 22 mai 2008

Chère Dominique,

L'art de la composition est définitivement oublié depuis le milieu du XIXème siècle. Le dernier initié était sans doute Ingres. Depuis, c'est la barbarie, ma brave Dame !

Écrit par : Yvo Jacquier | 12 juillet 2009

Bonjour
Je tente de parler des tableaux à ma manière, simplement et de façon agréable à lire. Et surtout je les montre !
Tant mieux si cette histoire a pu aider votre fille.
J’ai parlé un peu de la composition du tableau. Pour les lignes et autres renseignements très techniques, je laisse la place aux historiens d’art. Il existe de nombreux livres sur ce tableau et les peintres flamands du 15e. Renseignez-vous dans internet. A moins que vous ne soyez près d’une grande bibliothèque comme la BNF où l’on peut consulter des livres. Sur le site de la BNF vous pouvez aussi collecter des titres de livres.
Bon week-end

Écrit par : Alain | 23 mai 2008

beau tableu on a du fair un traivail d'art --"

Écrit par : raphy | 20 novembre 2009

L'histoire est amusante ... mais la jeune femme représentée n'est pas enceinte... elle est juste représentative de la mode de la renaissance, cette proéminence était formée avec de coussinets ! Pour ce qui est de la composition... il y en a une... la perspective du plancher et la mise en abîme de la scène grâce au reflet du miroir....

Écrit par : Anne-Sophie | 19 février 2010

Jan Van Eyck se serait représenté dans le miroir. Une forme de signature dans le tableau courante autrefois.
Il n’y a pas de certitude sur la grossesse ou non de la jeune femme. Il est exact que les femmes à cette époque se mettaient des coussinets à la taille. Alors… Personnellement, je trouve que la grossesse lui irait bien…
Bonne journée Anne-Sophie

Écrit par : Alain | 19 février 2010

Il se trouve que ce tableau est un de mes favoris.
La paire de socque gisant au pied des époux m'évoque irrésistiblement un autre des mes tableaux préférés "Les pantoufles" de Samuel van Hoogstraten.
Par ailleurs, vous allez rire, le visage de l'époux m'a toujours fait penser à Jacques Dutronc !
Et, comme vous, je pense que la posture de la mariée est typiquement celle d'une femme enceinte.
Autre chose : le pan de rideau du lit relevé qui ressemble à un sac suspendu au baldaquin. On le retrouve dans nombre de tableaux des maîtres flamands et hollandais, je me suis toujours interrogée à ce sujet.
Ces parures de lit étant rouges la plupart du temps, j'ai pensé à une mode basée sur le symbolisme de cette couleur, l'amour, la sexualité, la fécondité...

Tilia (yvelinoise)
PS : vous aussi vous êtes dans mes favoris, j'espère que vous n'y voyez pas d'inconvénient ;-)

Écrit par : Tilia | 21 août 2010

Les "pantoufles" d’Hoogstraten ont longtemps été attribuées à De Hooch ou Vermeer. Curieux tableau exprimant certainement un symbole.
Dutronc ressemble un peu à Arnolfini, en mieux. L’enfant de la mariée a souvent été contesté, mais, personnellement, je la vois bien attendant un heureux événement de Dutronc…
On retrouve toujours le rideau dans ces lits qui étaient relevés le jour et ressemblaient à des sacs qui pendent. A cette époque, le lit était souvent dans la pièce principale de la maison et servait aussi de fauteuil. La couleur rouge peut être encore un de ces nombreux symboles qui sont souvent des énigmes à nos yeux modernes plus réalistes.
Pas de problème pour le lien et longue vie à votre nouveau blog.
Bon dimanche

Écrit par : Alain | 22 août 2010

Merci Alain, bon dimanche à vous aussi.
Concernant la couleur de la robe de mariée, elle a évolué au fil des siècles. Dans ses interview accordées à l'Express au cours de l'été 2004, Michel Pastoureau affirme "Le rouge restera aussi la couleur de la robe de mariée jusqu'au XIXe siècle." :
http://expositions.bnf.fr/rouge/rencontres/03.htm

Les liens sur cette page de la BNF pointant vers les interview de l'Express sur les autres couleurs sont morts.
Les liens actifs (7 pages au total) sont à retrouver en effectuant une recherche "Michel Pastoureau" sur les pages styles du magazine :
http://www.lexpress.fr/styles/

Écrit par : Tilia | 22 août 2010

Intéressante cette interview de Michel Pastoureau ! J’ai appris pas mal de choses sur la couleur rouge.
C’est d’ailleurs une couleur que j’apprécie dans certains tableaux « froids » car, placée au bon endroit, elle réchauffe et donne un centre d’intérêt pour l’œil qui renforce la toile.
Van Gogh le faisait superbement avec des coquelicots.

Écrit par : Alain | 23 août 2010

Si vous n'avez pas lu les nouvelles du jour, votre commentaire est d'un à propos renversant !

Écrit par : Tilia | 24 août 2010

J'ai vu les nouvelles, mais je ne pensais pas aux coquelicots de ce tableau mais à d'autres comme ceux de "champ de coquelicots" peints en 1889 et 1890.

Écrit par : Alain | 24 août 2010

Trés instructif

Écrit par : Amandine | 17 décembre 2010

Heureux d'avoir pu vous instruire !

Écrit par : Alain | 18 décembre 2010

Merci pour cette analyse détaillée... difficile de remarquer tous ces détails...

Écrit par : Un voyageur qui passe | 19 mars 2011

Tous ces détails symboliques étaient souvent utilisés dans la peinture à cette époque.

Écrit par : Alain | 20 mars 2011

Dans un des intervieuw dans une des videos de luc thuymans au bozar-bxl actuellement, peintre néerlandophone de notre pays belge, grand admirateur de Jan van Eyck, il à parlé de ce portret, et de la flamme de la bougie qui était allumée,...à l'époque en évoquant que la flamme symbolisait le temps au delà de la mort, comme si la flamme aurait permis de rendre éternel la vie, donc la présence de cette femme (qui semblait être décédée déjà ??).

Écrit par : martens | 11 mai 2011

Les symboles dans la peinture de cette époque étaient tellement nombreux et diversement interprétés qu’il est difficile de lire les tableaux. Il vaut mieux en apprécier la technique et la qualité picturale.

Écrit par : Alain | 12 mai 2011

bonjour , pour mon age ( 15 ans ) ses rare s'intéresser a l'art surtout quand on a la réputation d'un adolescent sportif. j'ai récemment louer un livre , "les 1001 tableaux qu'il faut avoirs vue dans sa vie" , et il explique , sur cette toile , que la femme n'est pas en ceinte mais qu'elle fait juste tenir sa robe avec une ampleur a la mode dans ses temps la . c'Est l'une des hypothèses , sincèrement , en lisant votre désinscription j'hésite a croire entre la votre et celle du livre qui n'est pourtant pas écrie pas des écrivain qui ni connaisse rien . ce livre explique aussi que ce tableau soi un portrait posthume réalisé après la mort de giovanna . je m'intéresse de plus en plus a l'art et ses grâce a des gens comme vous que j'apprends a l'apprécier . il est difficiles pour moi de connaitre des chose car au canada ( Québec ) l'Art n'est pas médiatiser et peux de gens s'en intéresse .

alexandre bussière étais la 2011

Écrit par : alexandre bussiere | 04 novembre 2011

Bonjour Alexandre

Il n’y a pas qu’au Canada que l’art est peu médiatisé. En France, on commence seulement à donner un début d’enseignement scolaire artistique dans les lycées et collèges. J’espère qu’un jour les choses de l’art seront considérées comme essentielles à notre épanouissement personnel.
En ce qui concerne la toile de Van Eyck et la jeune épouse Giovanna, chaque spécialiste y va de son hypothèse sur le fait qu’elle soit enceinte ou bien porte une robe à coussinets courante à cette époque. Personnellement, il me plairait bien qu’elle attende un enfant, ce que l’expression apaisée de son visage me transmet…
La représentation posthume de ce portrait est également une nouvelle hypothèse d’un historien faite en 1994. Je n’en ai aucune idée. Ce tableau a tellement été analysé par les spécialistes de l’art que l’on ne s’y retrouve plus. A mes yeux, le plus important est la qualité de cette peinture flamande de Van Eyck en 1434 qui voyait l’utilisation récente de la peinture à l’huile.
Merci de votre visite. Continuez à vous intéresser à l’art et à l’utilisation du français cette belle langue que nous partageons.

Écrit par : Alain | 04 novembre 2011

Très chouette angle, mais Giovanna n'est pas enceinte, elle relève sa robe en signe de fertilité. Mais c'est vraiment super!

Écrit par : Yaël | 03 mai 2012

J’ai déjà eu plusieurs commentaires sur la grossesse éventuelle de Giovanna. Les avis sont contradictoires et, n’étant pas un spécialiste du Moyen-Âge, je ne saurais trancher. Néanmoins, j’aimerais que cette jolie jeune femme attende un heureux événement.
Merci Yaël de votre passage et de votre appréciation.

Écrit par : Alain | 04 mai 2012

je recherche un livre écrit en 1997/98/99 par un professeur dont j'ignore le nom, qui a présenté son ouvrage à l'émission de Michel Field à la télé vers minuit dans les mêmes années.Cet écrivain, étudiant avait dans sa chambre un poster du tableau des époux arnolfini, fasciné, interrogatif, notamment par le miroir sorcière,il en a fait un livre.. ce sont les élèments dont je me souviens . Merci aux internautes qui pourrait me renseigner sur le nom de l'auteur et le titre du bouquin.

Écrit par : frezouls | 01 juin 2012

Désolé, mais je n'en ai aucune idée.

Écrit par : Alain | 01 juin 2012

Merci beaucoup pour vos explication , très claires et précis sa m'aide beaucoup a avancée dans mes recherches ! :) Peace !

Écrit par : nabila | 04 juin 2012

Je suis heureux d’avoir pu vous aider dans vos recherches. Ce tableau est plein de symboles souvent difficiles à déchiffrer.
Bonne journée

Écrit par : Alain | 04 juin 2012

je ne suis pas éxperte ni en tableau ni en blog mais je sais reconnaitre les choses bien faites et j'aime ce tableau ainsi que votre blog...Grâce a vous j'ai eu une exellente note sur mon contrôle :).

Écrit par : ines | 28 novembre 2012

PS: je ne suis qu'en 5eme j'ai 12 ans...

Écrit par : ines | 28 novembre 2012

C’est bien pratique Internet pour les étudiants !
12 ans, c’est le meilleur âge pour commencer à s’intéresser aux arts. Cet enseignement devrait être une discipline majeure dans le cursus scolaire.
Je vous souhaite beaucoup de réussite dans vos études.

Écrit par : Alain | 29 novembre 2012

Ce tableau est très bien fait.

Écrit par : perrine salton | 02 janvier 2015

Heureux qu'il vous ait plu.

Écrit par : Alain | 03 janvier 2015

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