Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les époux Arnolfini - VAN EYCK Jan, 1434

 

peinture,van eyck,époux arnolfini

 

RÉÉDITION

 

        A la veille de la grande migration estivale, je suis heureux de publier à nouveau, dans son intégralité, texte et iconographie revus, une de mes premières nouvelles publiée en mars 2008.

       Les époux Arnolfini est le tableau le plus connu du peintre flamand Jan van Eyck. Il a fait l'objet d'un grand nombre de publications. Sa qualité et les nombreux symboles qu'il renferme en font une toile qui est beaucoup étudiée et analysée dans les écoles.

       J'ai laissé les nombreux commentaires qui m'avaient été adressés, dont plusieurs venaient d'étudiants ou leurs parents. Surprise ! : j'ai retrouvé avec plaisir la toute première visite de Richard sur mon blog ; elle coïncidait avec l'ouverture de son propre blog Égyptomusée. J'en profite d'ailleurs, ne le sachant pas, pour lui souhaiter aujourd'hui un bon anniversaire et une longue vie à Égyptomusée.

         Bonne lecture et excellentes vacances.

 

 

Mariage italien à Bruges

 

 

    Jan était passé en voisin pour nous montrer le résultat de son travail. Il avait posé les oranges sur la fenêtre, tiré vers lui la petite table, et déposé le panneau en bois de chêne sur celle-ci. « La peinture est sèche, avait-il dit. Je vous abandonne le panneau quelques semaines. Vous aurez tout le temps de l’étudier. »

    Avant de sortir, il m’avait adressé le sourire complice habituel et gratifié d’une caresse énergique sur le museau.

    C’est mon portrait qui m’avait intéressé en premier : je ne m’étais encore jamais vu présenté peinture,van eyck,époux arnolfiniainsi… Puis, au fil des jours, à force de me regarder, ce double placé par le peintre aux pieds des époux, tout petit, la queue en l’air, le poil long, me dérangeait. Je n’acceptais plus ce quadrupède dont le regard amorphe surveillait tous mes mouvements. Le pire moment était le soir ! Mes maîtres couchent dans le grand lit rouge et moi sur le tapis d’orient le long du lit, face au portrait. À la lueur des bougies, mes petits yeux colorés, inexpressifs, s’allumaient bizarrement et mon épaisse moustache s’enflammait de lueurs orangées.

 

     Je suis seul ce matin. Mes maîtres sont sortis en ville, l’un chez le barbier, l’autre chez une amie. Se méfiant de mes escapades à l’extérieur, ils m’ont soigneusement enfermé. Les lâches ! Le soleil traverse les petits carreaux tout en haut de la fenêtre et inonde la pièce d’une lumière dorée. Désœuvré, je me suis étalé nonchalamment sur le lit. J’ai bien tenté de tourner le dos au panneau pour ne pas le voir, mais celui-ci s’obstine à revenir constamment dans mon champ de vision…

     J’observe le couple immobile, un peu raide. Je repense à la cérémonie…

    C’était au printemps dernier. Préférant l’intimité de leur demeure, mes maîtres ne s’étaient pas unis à l’église, mais avaient souhaité s’administrer eux-mêmes les sacrements du mariage. Seuls, deux témoins, dont Jan le peintre, avaient été conviés.

   Quelques jours plus tard, les festivités terminées, Jan était arrivé avec son matériel afin d’attaquer la première esquisse du portrait qui venait de lui être commandé. Les époux durent revêtir à nouveau les habits du mariage et refaire les gestes de la cérémonie. Puis, le panneau en bois posé sur son chevalet, Jan avait commencé à peindre. Il était revenu chaque jour. La caresse quotidienne qu’il me prodiguait sur l’épaisse toison de ma tête, accompagnée d’un petit mot gentil, était mon plaisir de la journée. Un soir, il nous annonça que son travail était terminé. Il finirait les détails dans son atelier.

     Je ressens de l’affection pour Jan. Mes maîtres parlent souvent de lui et je sais que son nom est Van Eyck. Un artiste célèbre : peintre de la cour de Philippe le Bon, notre duc de Bourgogne ! Les bourgeois de Bruges se l’arrachent. Tous veulent avoir leur portrait les représentant installés dans leur cadre quotidien.

    …Décidément, cette peinture m’horripile ! Je ne supporte plus de voir ma maîtresse, passive, presque servile, posant sa main dans le creux de celle de cet homme qui va devenir son mari.

     Lui, c’est Giovanni Arnolfini. Il est riche et le montre. Fils d’une famille de commerçants peinture,van eyck,époux arnolfiniet banquiers italiens, conseiller financier du duc de Bourgogne, il est devenu un personnage important à Bruges où ses affaires sont prospères.

     Je le trouve laid : profil chevalin, gros nez aux narines dilatées, yeux peu francs. De plus, il est maigrelet, les épaules étroites et tombantes. Ses mains blanches sont aussi fines que celles de sa femme. Je la plains... 

   Revêtu d’une tunique en velours fourrée de vison, la teinte foncée du vêtement le rend encore plus triste… même macabre. Je n’ai jamais vu rire ce sombre personnage… Pourquoi s’est-il affublé de ce chapeau noir cylindrique beaucoup trop grand pour lui ?

 

    Elle, c’est la fille d’un banquier italien. Encore des banquiers ! Ces affairistes ont envahipeinture,van eyck,époux arnolfini Bruges où le commerce est florissant. Son prénom est presque le même que son mari : Giovanna. Sera-t-elle heureuse avec cette brute qui ne cesse de me donner des coups de pieds dès qu’il me voit ? J’en doute…

     Le peintre a su la mettre en valeur : superbe robe verte ourlée d’hermine que notre servante avait soigneusement drapée sur le sol, coiffe blanche éclairant son joli visage poupin. Dommage que les cornes brunes de sa coiffure dépassent au-dessus de chaque oreille ! Consciente de l’importance du moment, elle esquisse un léger sourire. Posée sur son ventre, sa main laisse indiquer ce que je pressentais déjà depuis longtemps… Pourvu que l’enfant ne ressemble pas au père !

 

 

     Jan ne m’a pas avantagé dans ce tableau, pensai-je ! Si je pouvais parler, je lui en ferais la remarque… Et ce regard ?... Niais ! Les chiens sont un symbole de fidélité et de prospérité, paraît-il…

    Chère Giovanna ! Je l’aime. Toujours joyeuse, elle chantonne toute la journée malgré la mine funèbre de son homme. Heureusement, il n’est jamais là. Elle seule sait me caresser. J’adore lorsque ses doigts fins et souples me chatouillent le creux situé juste derrière les oreilles. Cela m’arrache des petits jappements de plaisir. Ensuite, elle masse longuement l’arrière de ma tête, puis, savamment, soulève les poils de mon dos pour me gratter avec la pointe des ongles. Elle termine en caressant délicatement avec le revers de la main mes flancs et mes pattes. Quel délice !

     Impossible de dormir ! Face à moi, les visages du tableau paraissent s’animer par moment, puis reprennent ensuite leur position figée, sans vie.

peinture,van eyck,époux arnolfini

     Je ne m’explique pas pourquoi Giovanni tend maladroitement la main gauche à sa femme ? Dans les mariages auxquels j’ai assisté, les hommes utilisent toujours la main droite pour effectuer ce geste rituel… Son autre main est étrangement levée à hauteur de sa poitrine : serment de mariage ? Je m’aperçois que les époux sont pieds nus : leurs patins de bois et pantoufles traînent sur le sol en désordre. Dire que Giovanna ne supporte pas le moindre grain de poussière ou objet qui traîne…

 

     Les petits carreaux de la fenêtre s’assombrissaient lentement. Pourquoi Giovanna n’est-elle pas encore de retour, me dis-je, inquiet ? Les rues de la ville sont dangereuses le soir avec tous ces vagabonds…

    Au fond de la pièce, des éclats de jour se déposent sur le grand lustre en métal découpé. Sur les six bougies du lustre, une seule est allumée dans le tableau. J’ai eu l’explication cette semaine : « la flamme est un symbole du Christ, témoin du mariage », se disaient les époux entre eux en examinant la bougie. « Les objets parlent » ne cessait de répéter Jan durant les séances de pose. Ainsi, j’appris que, lorsqu’il peignait des couples, il délivrait de nombreux messages symboliques sur sa toile en signe de bonheur conjugal : la bougie unique sur le lustre ; la statuette de sainte Marguerite, patronne des futures mères, dominant le haut dossier de la chaire derrière le lit avec son petit balai accroché ; le chapelet suspendu à côté du miroir évoquant la foi des mariés. « Même les oranges posées sur la table ont un sens, s’amusait le peintre ». 

peinture,van eyck,époux arnolfini

 

     Curieux miroir ? Un miroir de sorcières dont la forme convexe, parait-il, agrandit le champ de vision. Les époux sont montrés de dos dans le reflet du verre. Les poutres du plafond et la fenêtre éclairée apparaissent également. Ma déception fut grande en voyant que ma présence dans le tableau, aux pieds du couple, avait disparu dans le reflet.

   Toutes ces histoires de symboles se mélangeaient dans ma tête… Toujours pas de Giovanna ? Mon corps s’assoupissait lentement. La dernière vision que j’avais de Jan m’apparut dans un léger brouillard. Récemment, le peintre était passé prendre des nouvelles du tableau. Il avait plaisanté avec Giovanni au sujet du miroir.

     - J’espère que vous ne m’en voudrez pas, avait-il dit en riant. Je n’ai pu résister au plaisir de me peindre, en pleine cérémonie, à vos côtés dans le reflet du miroir : les témoins du mariage entrent dans la pièce, moi habillé d’une tunique bleu, et mon ami Peter, d’une tunique rouge.

     Giovanni avait eu un sourire hideux, déformant sa bouche. Je m’en souviens encore…

   - Maître Jan, cette peinture me plait ! Votre panneau fait déjà des envieux parmi les bourgeois de la ville auxquels je l’ai montré. La robe verte de Giovanna contre le tissu rouge du lit… superbe ! Votre maîtrise picturale a fait merveille une nouvelle fois.

     - Le nouveau vernis que j’utilise me satisfait, avait répondu Jan simplement. Il m’a fallu du temps avant d’arriver à une telle perfection. Grâce à une préparation spéciale à base d’huile de noix et de graines de lin, les couleurs sèchent plus vite. Ainsi, elles ne craignent plus l’humidité et brillent d’elles mêmes.

     En partant, comme à l’accoutumée, Jan avait secoué amicalement ma tignasse.

     - Ah ! Un dernier détail avait-il lancé avant de reprendre le panneau ! En tant que témoin de votre mariage, j’ai modifié ma signature placée entre le miroir et le lustre. J’ai inscrit : « Johannes de Eyck était là », au lieu de la mention habituelle « Johannes de Eyck l’a fait ». *

 

peinture,van eyck,époux arnolfini

 

     La nuit était tombée. Vaincu de fatigue, mes paupières se fermèrent brusquement.

 

* « Johannes de Eyck fuit hic » au lieu de « fecit »

  

 

Commentaires

  • Vu par le chien c'est original, cela me rappelle un roman de Jacques Sadoul où certaines scènes sont racontées par un chat. C'est vrai que, à bien regarder, le mari à une drôle de tête mais sa femme aussi. Ne dirait on pas deux poupées de porcelaine ?
    Les histoires sont toujours aussi agréables à lire et nous font découvrir les tableaux en détail.

  • Bonjour

    Bravo à vous : j'ai beaucoup apprécié l'originalité de votre approche de cette oeuvre de Van Eyck.

    Et puisque vous y évoquez quelque peu son côté symbolique, permettez-moi de vous donner le lien d'un autre compatriote, le docteur Michel Cautaerts qui en a réalisé une analyse "jungienne" très intéressante.

    http://www.jung.asso.fr/articles/Couple_miroirs.html


    Bonne lecture.
    Cordialement.

    Richard

  • Louvre-passion :

    Vu par le chien et aussi par moi, j’avoue que la femme est quand même beaucoup plus agréable d’apparence que son mari. Elle ressemble effectivement à une poupée de porcelaine joufflue.
    La peinture de Van Eyck est très ciselée et fine dans les détails. La récente utilisation de la peinture à l’huile y est pour quelque chose avec, en plus, un brillant et une solidité incomparable.

    Richard Lejeune :

    Ouf ! C’est une analyse extrêmement fouillée sur un plan analytique et symbolique. Excellent, mais difficile à suivre…
    Il est vrai qu’à cette époque les symboles étaient partout dans la peinture, toujours en rapport avec le sacré. Ce tableau a déjà fait l’objet de très nombreuses interprétations. En particulier au sujet d’une éventuelle représentation d’un mariage morganatique (la main gauche tendue par l’homme au lieu de la droite) ou d’une scène de fiançailles.
    Tout cela me paraît bien compliqué et je tente de parler de peinture simplement sans me perdre dans des études complexes que je laisse aux spécialistes. L’émotionnel me paraît plus important que le scientifique dans l’art.

    Merci pour la visite.

  • Cher Alain.
    encore une fois, je suis suspendue aux lignes de cet article... Une machine à remonter le temps . Avec un peu d'imagination , on entendrait japper ce petit chien intelligent.
    N'as-tu jamais pensé à faire éditer toutes ces histoires qui expliquent la peinture? Je verrai bien en librairie un recueil illustré ...
    Merci.

  • Tes commentaires enthousiastes sont toujours un plaisir. Ce sont ceux d’une amoureuse des mots et des couleurs.
    Editer ? Je ne suis pas sûr d’avoir le talent nécessaire. Par contre, ce dont je suis sûr, c’est que la peinture est tout de suite mieux comprise si on en parle avec une touche émotionnelle. Il suffit de faire revivre les personnages du tableau ou les peintres en les replaçant dans leur atmosphère historique.
    Merci Edith. Quand je repense à ton histoire qui m’a fait pleurer récemment… Encore l’émotion…

  • Merci pour le passage sur mon blog et le commentaire chez Edith avec les autres musées. J'en prends bonne note. Je vais maintenant explorer ton blog qui a l'air de correspondre à tout ce que j'aime: les mots et la peinture!

  • J'admires votre blog et aimerai le signaler dans mes liens. me le permettez-vous ? L'art (dans son ensemble) est ma passion, c'est ce qui me permet de vivre mieux....

  • Après lecture, je m'avoue conquise par cette approche originale de la peinture. Edith a raison, tu devrais publier, celà marcherait car accessible au commun des mortels. Il y a des blogs sur la beauté de l'art dont je me suis approchée mais qui me laissent de marbre à cause de leurs articles hermétiques et réservés aux seuls initiés et dont même les commentaires sont incompréhensibles. Vraiment bravo pour ton blog.

  • Colette :

    Si je peux vous faire partager ma passion qui est aussi la vôtre, c’est avec grand plaisir que j’accepte votre lien. Merci.
    A bientôt.


    Cat :

    L’art peut être expliqué savamment mais c’est effectivement souvent incompréhensible pour les non-initiés.
    Je tente, bien modestement, d’exprimer avec des mots simples ce que m’inspire un tableau ou un peintre. Si cela plait, c’est gagné !
    Quant à éditer, c’est du commerce. Ce n’est pas mon but. Je suis un pur autodidacte en matière d'art. L’édition d’art est une chose compliquée, car coûteuse, et les éditeurs ne prennent pas de risques. Ils ne s’adressent qu’à des historiens d’art ou journalistes spécialisés. Il faut être savant !

  • Au tout début je n'ai pas bien compris qui parlait, quelle surprise ! quelle bonne idée, de l'humour pour parler d'art, personne je crois n'y avait pensé ! merci de nous apprendre tant de choses et de mettre en évidence tant de détails. J'ai a d o r é. MERCI encore.
    Amicalement
    Marie Claude

  • C’est un petit chien qui a de l’esprit. Cà arrive…
    Il nous permet de découvrit Van Eyck avec un autre regard, plus naïf.
    Ce peintre a marqué une grande évolution dans l’histoire de la peinture : faire entrer cet art dans les intérieurs bourgeois et améliorer la technique de la peinture à l’huile.
    Content qu’il vous ait plu.

  • Merci Alain pour votre commentaire, c'est assez rare que j'en reçoivent d'innconnu. Je suis d'autant plus heureuse que je voulais vous mettre dans mes liens, car je vous avais remarqué ! Me le permettez-vous ?
    Mais comme c'est long de mettre quelque chose qui se tient, je sais, et ce n'est pas toujours ce que les autres attendent.
    A bientôt vous lire.

  • Je ne suis pas un inconnu Colette car vous m’aviez déjà laissé un message sur le blog la semaine dernière. Vous n’avez pas vu ma réponse dans laquelle j’acceptais avec grand plaisir votre proposition de lien. J’en fais de même pour vous sur mon blog.
    Vos articles sur l’art sont originaux même si évidemment tout n’est pas parfait dans la présentation. Mais cela viendra avec l’expérience. L’essentiel est d’avoir des choses à dire. Et vous semblez être une passionnée.
    A bientôt.

  • Merci de m'avoir fait découvrir ce superbe tableau, que je connaissais un peu pour l'avoir déjà vu par ailleurs. Le visage improbable de notre ami Giovanni avait déjà marqué mon esprit à ma première découverte du tableau.
    Ce que je trouve fabuleux, ce sont les détails et surtout l'apparition du peintre dans le reflet du miroir. C'est amusant d'imaginer un grand peintre comme Jan van Eyck s'accorder quelques fantaisies.

    A bientôt.

  • Comme tu le dis, Valérie, le visage de cet homme est vraiment improbable. On ne sait pas trop bien ce qui se cache derrière ce masque.
    Les peintres adoraient se représenter, faire sentir leur présence dans un miroir ou se peindre carrément comme un des personnages du tableau.
    J’en ai déjà parler dans la toile « La leçon de musique » de Vermeer où l’artiste montre le bas de son chevalet au-dessus d’une jeune femme apparaissant dans un miroir (voir Vermeer. L’expo… 3 / 4). Dans « Les Ménines » Vélasquez se représente en train de peindre les enfants royaux. Je ne parle pas des autoportraits où ils se représentent seul.
    En fait, ces représentations au hasard d’un tableau sont une sorte de signature discrète du peintre, une façon de montrer que c’est lui qui en est l’auteur.
    A bientôt

  • Wouf, chouette , ce récit canin !
    Je me suis une fois demandé ( dans mon blogue ) pourquoi le rideau du lit formait ainsi une boule sur un seul des quatre coins. Ce doit être une réserve de croquettes pour le chien ... oui, ça doit être ça, non ? !

    A propos du commentaire précédent, dans la Ronde de Nuit de Rembrandt, ce serait l'oeil du peintre qu'on voit apparaître à l'arrière plan au centre, selon le film de Greenaway qui est sorti récemment. Je n'avais jamais remarqué !

  • Cela pourrait être une réserve de croquettes ! A moins que ce ne soit un rideau que l’on déplie la nuit pour se protéger de la lumière et des voyeurs ?
    Je n’ai jamais entendu parler de cet œil du peintre apparaissant dans « La ronde de nuit ». Tous ces hommes sont des bourgeois membres d’une association de tireurs. Leurs portraits, non figés comme cela se faisait habituellement, ne leur a guère plu car ils avaient payés 100 florins chacun pour être joliment représentés. Sacré Rembrandt !

  • c'est tellement plus simple ce genre d'explications ! A encourager, dans tous les domaines !
    Mais oui, éditer est une excellente idée, jeunes et moins jeunes s'y retrouveraient
    tellement plus facilement !
    Merci beaucoup, je m'en suis servie pour un travail de ma fille sur van Eyck. Il nous manque
    encore cependant la "composition" du tableau :
    avant - plan, plan intermédiaire, arrière plan, lignes horizontales, lignes verticales, lignes
    obliques, courbes, ceci pour un travail d'histoire de fin d'année. Quelqu'un pourrait il nous aider ?
    Merci et encore félicitation.

  • Chère Dominique,

    L'art de la composition est définitivement oublié depuis le milieu du XIXème siècle. Le dernier initié était sans doute Ingres. Depuis, c'est la barbarie, ma brave Dame !

  • Bonjour
    Je tente de parler des tableaux à ma manière, simplement et de façon agréable à lire. Et surtout je les montre !
    Tant mieux si cette histoire a pu aider votre fille.
    J’ai parlé un peu de la composition du tableau. Pour les lignes et autres renseignements très techniques, je laisse la place aux historiens d’art. Il existe de nombreux livres sur ce tableau et les peintres flamands du 15e. Renseignez-vous dans internet. A moins que vous ne soyez près d’une grande bibliothèque comme la BNF où l’on peut consulter des livres. Sur le site de la BNF vous pouvez aussi collecter des titres de livres.
    Bon week-end

  • L'histoire est amusante ... mais la jeune femme représentée n'est pas enceinte... elle est juste représentative de la mode de la renaissance, cette proéminence était formée avec de coussinets ! Pour ce qui est de la composition... il y en a une... la perspective du plancher et la mise en abîme de la scène grâce au reflet du miroir....

  • Jan Van Eyck se serait représenté dans le miroir. Une forme de signature dans le tableau courante autrefois.
    Il n’y a pas de certitude sur la grossesse ou non de la jeune femme. Il est exact que les femmes à cette époque se mettaient des coussinets à la taille. Alors… Personnellement, je trouve que la grossesse lui irait bien…
    Bonne journée Anne-Sophie

  • Il se trouve que ce tableau est un de mes favoris.
    La paire de socque gisant au pied des époux m'évoque irrésistiblement un autre des mes tableaux préférés "Les pantoufles" de Samuel van Hoogstraten.
    Par ailleurs, vous allez rire, le visage de l'époux m'a toujours fait penser à Jacques Dutronc !
    Et, comme vous, je pense que la posture de la mariée est typiquement celle d'une femme enceinte.
    Autre chose : le pan de rideau du lit relevé qui ressemble à un sac suspendu au baldaquin. On le retrouve dans nombre de tableaux des maîtres flamands et hollandais, je me suis toujours interrogée à ce sujet.
    Ces parures de lit étant rouges la plupart du temps, j'ai pensé à une mode basée sur le symbolisme de cette couleur, l'amour, la sexualité, la fécondité...

    Tilia (yvelinoise)
    PS : vous aussi vous êtes dans mes favoris, j'espère que vous n'y voyez pas d'inconvénient ;-)

  • Les "pantoufles" d’Hoogstraten ont longtemps été attribuées à De Hooch ou Vermeer. Curieux tableau exprimant certainement un symbole.
    Dutronc ressemble un peu à Arnolfini, en mieux. L’enfant de la mariée a souvent été contesté, mais, personnellement, je la vois bien attendant un heureux événement de Dutronc…
    On retrouve toujours le rideau dans ces lits qui étaient relevés le jour et ressemblaient à des sacs qui pendent. A cette époque, le lit était souvent dans la pièce principale de la maison et servait aussi de fauteuil. La couleur rouge peut être encore un de ces nombreux symboles qui sont souvent des énigmes à nos yeux modernes plus réalistes.
    Pas de problème pour le lien et longue vie à votre nouveau blog.
    Bon dimanche

  • Merci Alain, bon dimanche à vous aussi.
    Concernant la couleur de la robe de mariée, elle a évolué au fil des siècles. Dans ses interview accordées à l'Express au cours de l'été 2004, Michel Pastoureau affirme "Le rouge restera aussi la couleur de la robe de mariée jusqu'au XIXe siècle." :
    http://expositions.bnf.fr/rouge/rencontres/03.htm

    Les liens sur cette page de la BNF pointant vers les interview de l'Express sur les autres couleurs sont morts.
    Les liens actifs (7 pages au total) sont à retrouver en effectuant une recherche "Michel Pastoureau" sur les pages styles du magazine :
    http://www.lexpress.fr/styles/

  • Intéressante cette interview de Michel Pastoureau ! J’ai appris pas mal de choses sur la couleur rouge.
    C’est d’ailleurs une couleur que j’apprécie dans certains tableaux « froids » car, placée au bon endroit, elle réchauffe et donne un centre d’intérêt pour l’œil qui renforce la toile.
    Van Gogh le faisait superbement avec des coquelicots.

  • Si vous n'avez pas lu les nouvelles du jour, votre commentaire est d'un à propos renversant !

  • J'ai vu les nouvelles, mais je ne pensais pas aux coquelicots de ce tableau mais à d'autres comme ceux de "champ de coquelicots" peints en 1889 et 1890.

  • Heureux d'avoir pu vous instruire !

  • Tous ces détails symboliques étaient souvent utilisés dans la peinture à cette époque.

  • Dans un des intervieuw dans une des videos de luc thuymans au bozar-bxl actuellement, peintre néerlandophone de notre pays belge, grand admirateur de Jan van Eyck, il à parlé de ce portret, et de la flamme de la bougie qui était allumée,...à l'époque en évoquant que la flamme symbolisait le temps au delà de la mort, comme si la flamme aurait permis de rendre éternel la vie, donc la présence de cette femme (qui semblait être décédée déjà ??).

  • Les symboles dans la peinture de cette époque étaient tellement nombreux et diversement interprétés qu’il est difficile de lire les tableaux. Il vaut mieux en apprécier la technique et la qualité picturale.

  • bonjour , pour mon age ( 15 ans ) ses rare s'intéresser a l'art surtout quand on a la réputation d'un adolescent sportif. j'ai récemment louer un livre , "les 1001 tableaux qu'il faut avoirs vue dans sa vie" , et il explique , sur cette toile , que la femme n'est pas en ceinte mais qu'elle fait juste tenir sa robe avec une ampleur a la mode dans ses temps la . c'Est l'une des hypothèses , sincèrement , en lisant votre désinscription j'hésite a croire entre la votre et celle du livre qui n'est pourtant pas écrie pas des écrivain qui ni connaisse rien . ce livre explique aussi que ce tableau soi un portrait posthume réalisé après la mort de giovanna . je m'intéresse de plus en plus a l'art et ses grâce a des gens comme vous que j'apprends a l'apprécier . il est difficiles pour moi de connaitre des chose car au canada ( Québec ) l'Art n'est pas médiatiser et peux de gens s'en intéresse .

    alexandre bussière étais la 2011

  • Bonjour Alexandre

    Il n’y a pas qu’au Canada que l’art est peu médiatisé. En France, on commence seulement à donner un début d’enseignement scolaire artistique dans les lycées et collèges. J’espère qu’un jour les choses de l’art seront considérées comme essentielles à notre épanouissement personnel.
    En ce qui concerne la toile de Van Eyck et la jeune épouse Giovanna, chaque spécialiste y va de son hypothèse sur le fait qu’elle soit enceinte ou bien porte une robe à coussinets courante à cette époque. Personnellement, il me plairait bien qu’elle attende un enfant, ce que l’expression apaisée de son visage me transmet…
    La représentation posthume de ce portrait est également une nouvelle hypothèse d’un historien faite en 1994. Je n’en ai aucune idée. Ce tableau a tellement été analysé par les spécialistes de l’art que l’on ne s’y retrouve plus. A mes yeux, le plus important est la qualité de cette peinture flamande de Van Eyck en 1434 qui voyait l’utilisation récente de la peinture à l’huile.
    Merci de votre visite. Continuez à vous intéresser à l’art et à l’utilisation du français cette belle langue que nous partageons.

  • Très chouette angle, mais Giovanna n'est pas enceinte, elle relève sa robe en signe de fertilité. Mais c'est vraiment super!

  • J’ai déjà eu plusieurs commentaires sur la grossesse éventuelle de Giovanna. Les avis sont contradictoires et, n’étant pas un spécialiste du Moyen-Âge, je ne saurais trancher. Néanmoins, j’aimerais que cette jolie jeune femme attende un heureux événement.
    Merci Yaël de votre passage et de votre appréciation.

  • je recherche un livre écrit en 1997/98/99 par un professeur dont j'ignore le nom, qui a présenté son ouvrage à l'émission de Michel Field à la télé vers minuit dans les mêmes années.Cet écrivain, étudiant avait dans sa chambre un poster du tableau des époux arnolfini, fasciné, interrogatif, notamment par le miroir sorcière,il en a fait un livre.. ce sont les élèments dont je me souviens . Merci aux internautes qui pourrait me renseigner sur le nom de l'auteur et le titre du bouquin.

  • Merci beaucoup pour vos explication , très claires et précis sa m'aide beaucoup a avancée dans mes recherches ! :) Peace !

  • Je suis heureux d’avoir pu vous aider dans vos recherches. Ce tableau est plein de symboles souvent difficiles à déchiffrer.
    Bonne journée

  • je ne suis pas éxperte ni en tableau ni en blog mais je sais reconnaitre les choses bien faites et j'aime ce tableau ainsi que votre blog...Grâce a vous j'ai eu une exellente note sur mon contrôle :).

  • C’est bien pratique Internet pour les étudiants !
    12 ans, c’est le meilleur âge pour commencer à s’intéresser aux arts. Cet enseignement devrait être une discipline majeure dans le cursus scolaire.
    Je vous souhaite beaucoup de réussite dans vos études.

  • Heureux qu'il vous ait plu.

  • Quel plaisir de relire cette superbe relation canine, Alain !
    J'ai essayé de retrouver l'originale de 2008, - ne fût-ce que pour comparer et voir ce que tu as ajouté -, mais n'y suis pas parvenu.
    Sauf à penser que ce serait peut-être le texte qui apparaît en gris plutôt qu'en noir, autour de l'avant-dernière image, celle centrée sur le lustre et le miroir.

    Plaisir de relire aussi les commentaires qui, je m'en aperçois aujourd'hui, se sont succédé pendant plusieurs années après la parution de cet article.

    Mais je m'interroge aussi de savoir ce que sont devenus ceux qui maintenant ne se manifestent plus.
    Je ressens la même interrogation concernant mon blog ...

  • Tu ne retrouveras pas l’ancien texte, Richard, car je l’ai remplacé par le dernier pour ne garder que les commentaires anciens. Je le possède encore dans word.
    En fait, je n’ai absolument rien changé sur le fond du récit. Seuls, la forme, tournures de phrases et paragraphes ont été modifiés. J’ai repris la version qui avait été insérée dans mon recueil de nouvelles publié plus récemment dans Calaméo : « Conter la peinture » que tu peux voir dans la colonne de droite du blog. Mais l’ancienne version n’était pas mauvaise. Je suis un peu perfectionniste…
    Ce que tu as vu en gris autour de l’avant-dernière image n’était qu’un loupé dans la couleur du texte. J’ai rectifié.
    Cette nouvelle sur les Epoux Arnolfini est celle qui a engendré le plus de commentaires en 10 années de mon blog. Cela est dû à l’intérêt constant suscité par ce tableau et, peut-être, à l’originalité que j’ai tenté de donner à ce récit en faisant parler un chien.
    Certains lecteurs qui m’avaient écrit ont arrêté leurs blogs, d’autres étaient de passage comme ces jeunes étudiants qui s’interrogeaient sur le fait que Giovanna était enceinte ou non. Même Valérie, ma fille, avait laissé un commentaire à cette époque…
    Peut-être que ce genre de récit pourrait intéresser, maintenant ou plus tard, ton petit-fils, pour l’initier de façon ludique à l’art. Avec toi il est à bonne école.
    J’ai appris ton anniversaire et viens de rajouter une ligne au début de l’article.

  • Merci Alain, c'est très gentil mais le simple détail de mon anniversaire ne nécessitait nullement d'être ici mentionné ...

  • Voila un chien un peu cabot... avec toi on entre dans le tableau sans même s'en rendre compte, tellement tu contes bien, et tellement est familière cette peinture flamande intime à mille lieues de la grandiloquence des scènes antiques et bibliques. Il est dommage que désormais la photographie nous prive de ce genre de peinture amoureuse et fouillée.

    et toujours je pense à ce poème de F Jammes, déjà cité, "J’ai vu, dans de vieux salons, des tableaux flamands..."

    Elles ne doivent pas être très confortables ces mules de bois tarabiscotées, Giovanna ne veut pas de chaussures dans sa maison, encore heureux qu'elle n'impose pas des patins de feutre, cela ferait bizarre. Quant à lui, ne serait ce cette tunique luxueuse, on le verrait bien en bigot confit en austérité

    "Johannes de Eyck fuit hic" , c'est touchant ce genre de petit message malicieux qui traverse les siècles. j'aimerais croire que la dame est enceinte (protégerait elle des coussinets de sa main tendre, comme elle le fait ? ), mais ce devait être alors condamné hors mariage

    une question saugrenue, mais qui touche beaucoup à l'amour de l'art, as tu lu le merveilleux "chardonneret" de Dona Tartt ? il me semble que je t'ai déjà posé la question

    bel été à toi si tu fais la pause... (et même si tu ne la fais pas)

  • Je pense que ce petit chien intelligent aurait pu s’exprimer dans un des tableaux que tu nous montres régulièrement. Tu pourrais, toi aussi, faire parler ce coq majestueux que tu nous offres sur ton blog.
    J’aime cette peinture de Van Eyck que l’on discute beaucoup dans les écoles et fait l’objet de nombreux livres. J’ai écouté l’année dernière sur France Culture l’émission Les regardeurs, consacrée au curieux livre de Jean-Philippe Postel « L’affaire Arnolfini ».
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-regardeurs/les-epoux-arnolfini-1434
    Je me demande comment ce Giovanni, avec cet aspect funèbre repoussant, a pu faire un enfant à la jolie Giovanna. Ce ne doit pas être lui le père. Giovanni avait des relations cordiales avec Louis XI en France et devint même, plus tard, un de ses conseillers. Il se ressemblait d’ailleurs assez physiquement.
    Je n’ai pas lu le livre de cette romancière américaine Dona Tartt. Elle parle dans son roman du vol d’un Chardonneret de Carel Fabritius se trouvant au Metropolitan Museum à New-York. Moi j’ai vu ce tableau en vrai mais il était au Mauritshuis à La Haye. Beau peintre ce Fabritius qui mourut jeune dans l’incendie de Delft. Il aurait pu être le formateur de Vermeer…
    Bonnes vacances estivales.

  • en regardant plus attentivement ce tableau, je me dis que la jeune femme n'est pas encore enceinte mais relève les pans de sa robe pour montrer sa soumission de futur mère! le mari d'un air revêche lui explique très bien en levant sa main qu'il en serait ainsi puisque à cette époque, il en était le propriétaire!!! Oui, je ne me souviens plus de ce post mais je connais bien le tableau!!Bisous Fan

  • Il est vrai que la femme à cette époque était dans un rapport de soumission avec le mari. Toutefois la grande médiéviste Régine Pernoud écrit que les femmes étaient plus indépendantes qu’on ne le croit aujourd’hui. Les femmes mariées pouvaient souvent agir par elle-même et exercer des métiers d’hommes : commerce, artisanat, etc. Elles pouvaient même voter dans certaines assemblées urbaines ou communes rurales.
    Tu avances donc, Fan, une nouvelle interprétation sur l’enfant éventuel portée par Giovanna. Jusqu’ici les hypothèses les plus courantes étaient celle de : la grossesse (la mienne) ou l’apparence de grossesse par le port de robes larges avec coussinets laissant croire à un heureux événements. Ton interprétation est donc qu’elle relève les pans de sa robe pour montrer au mari qu’elle s‘apprête à devenir mère en soumission à celui-ci. Il confirme son attente impérieuse de l’événement en levant la main. C’est ton avis. Pourquoi pas ?
    Belle journée Fan

  • Bonsoir Alain,
    Je me suis « posée » confortablement pour lire votre nouvelle qui m'a confortée dans ce que je savais déjà, ayant apprécié, profondément, votre portrait si vivant de Van Gogh, vous avez beaucoup de talent.
    La voix du petit chien et celle de l'homme s'entremêlent avec brio, exprimant les non dits avec finesse et traquant avec flair les petits détails, les expressions qui construisent l'histoire.
    Vous êtes pour moi l'homme qui fait parler les tableaux, vous donnez une autre dimension à la matière colorée, vous la faites rire, pleurer, s'alarmer, conter, crier, chuchoter...
    Les tableaux ont toujours une dimension émouvante et celui-ci n'est pas en reste, émotion de l'intimité dans laquelle on entre comme des petites souris, observant la scène en se léchant les pattes ou en fronçant le museau avant de filer se cacher si l'ombre d'un matou gardien se profile !
    D'accord, ici il s'agit d'un petit chien, emblème de fidélité certes bien que vu le côté peu avenant du mari un amant se dissimule peut-être dans l'armoire, j'extrapole...
    Quand je parle de côté peu avenant, ce n'est pas le physique du mari qui me dérange, tout homme et toute femme ont du charme en dépit des traits dont la Nature les a affublés. Ce qui m'agace c'est ce côté coincé, atrocement coincé... Je sais, l'époque... il n'empêche qu'il y a toujours des êtres comme ça de nos jours et qu'ils me désespèrent, étant aux antipodes de cette nature là..., et hélas ça ne changera pas. Je souhaite à la belle d'avoir su trouver quelque dérivatif ou réussi à éveiller quelque peu ce que Molière appelait avec tant de drôlerie sa « grimace de mari »... Fichtre, le pauvre homme... je préférerais aller à une rave party avec le Nosferatu de Murnau !!!
    Le talent de Van Eyck est indiscutable. Une merveille cette culture du détail, ce sens de la lumière et du brillant ! J'adore le jeu des ornements, les petits détails, le miroir de sorcière où tremblent savamment les images...
    Votre nouvelle m'a invitée à replonger avec bonheur dans la trame de ce tableau, merci à vous. Cette réédition est une idée excellente.
    Amitiés chaleureuses et pensées de Joyeux Anniversaire pour Richard
    Cendrine

  • Ouf ! Je rougis de confusion, Cendrine, devant les compliments que vous m’adressez. Heureusement que je peux me cacher derrière l’écran de l’ordinateur. Néanmoins, je prends vos mots avec grand plaisir, surtout lorsqu’il vienne de vous.
    Le petit chien attend toujours sa maîtresse qui n’est pas encore rentrée… Il symbolise effectivement la fidélité et j’espère pour Giovanna qu’aucun amant ne se cache derrière l’armoire. Il pourrait lui en coûter si l’hypothèse de Fan se confirme : une femme totalement soumise à son mari faisant des gestes avec sa robe pour lui montrer qu'elle attend le bon vouloir de l’homme pour l’arrivée de l’enfant.
    Je connaissais Dracula mais pas Nosferatu. J’ai regardé quelques extraits de ce film de 1922. Impressionnant. De quoi faire des cauchemars. Je ne voudrais pas le rencontrer même dans une rave party… Giovanni avec sa face étrange aurait certainement fait un excellent comédien vampire.
    Le tableau de Van Eyck est toujours autant commenté de nos jours et fait l’objet de nombreuses interprétations par les spécialistes : sur la symbolique, les gestes du mariage, les personnes représentées, le lieu et la date de celui-ci s’il s’agit bien d’un mariage.
    L’utilisation de la peinture à l’huile était récente. Les frères van Eyck (Hubert et Jan) améliorèrent son usage ce qui donna aux couleurs l’éclat et la solidité que n’avait pas l’ancienne technique de la tempera à base d’œuf et de colle.
    Cette technique permis à Jan van Eyck de se démarquer des peintres des décennies précédentes. Son travail était millimétré, méticuleux, peint avec des pinceaux extrêmement fins, ce qui lui permettait de rendre chaque matière avec une grande habilitée dans les détails.
    Ainsi, en ce 15e siècle, la peinture flamande devint moins religieuse et les peintres comme Van Eyck étaient très demandés par les bourgeois pour des portraits individuels les représentant dans le monde où ils vivaient. Il s'agissait des premières représentations de scènes de genre qui feront le succès des peintres néerlandais du 17e.
    Belle journée Cendrine

  • Il était là, dans le miroir. Et je crois qu'il y est toujours, bien vivant.
    J'ai eu la chance de voir ce beau tableau à Londres.
    Vous rendez parfaitement compte de son extrême subtilité. Tous les détails s"y "donnent la main", à l'image des époux.

  • je suppose que vous voulez parler du chien qui serait présent dans le miroir, Carole. Sur les photos du tableau j'avais du mal à le trouver. Mais je n'ai pas vu le tableau original.
    Que de détails et symboles... A cette époque, les peintres devaient passer plus de temps à n'en oublier aucun qu'à peindre la toile.
    Belles vacances si vous partez bientôt.

  • Sourire en lisant...
    Une belle idée que d'avoir fait parler le chien.
    C'est un tableau que j'aime bien, parce que l'attente est bien là, même si l'époux aurait pu être autre.
    En tout cas, tes interprétations me plaisent toujours autant.
    Merci, Alain.
    Passe une douce journée. Bel été à toi aussi.

  • Je me suis amusé à écrire ce texte. Le petit chien comprenait si bien le tableau que je n’avais qu’à suivre son raisonnement. Simple…
    Giovanna, si jolie, devrait se trouver un autre homme car sa vie risque d’être compliquée avec ce sbire peu avenant. Enfin, le gout des femmes parfois est indéchiffrable…
    Heureux que cela t’ait plu. Deux siècles plus tôt, Van Eyck introduisit les scènes de genre qui allaient faire le succès des peintres hollandais.
    L’été sera chaud, je crois. Belles vacances.

Écrire un commentaire

Optionnel